Les 7 étapes de la sagesse selon le Varaha Upanishad

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ॐ भूर्भुव: स्व: तत्सवितुर्वरेण्यं । भर्गो देवस्य धीमहि धीयो यो न: प्रचोदयात् ।।

Om Bhūr Bhuvah Svaḥ
Tat Savitur Varenyam
Bhargo Devasya Dhīmahi
Dhīyo yo naḥ prachodayāt.


Au cœur de l'expérience de la vie, C'est « Cela »,
La nature essentielle irradiant l'existence, Qui est l'adorable UN.
Puissent tous les êtres percevoir, par un intellect méditatif,
le magnifique éclat de la conscience illuminée.
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Les 7 étapes de la sagesse selon le Varaha Upanishad

Messagepar Jagannath » Jeu Aoû 25, 2011 0:31 am

Les sept étapes (Bhumikas) de la sagesse selon le Varaha Upanishad et le Yoga Vasishtha

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1. Subheccha : le désir de la vérité

La première étape est la naissance d'un intense désir de démêler le vrai du faux et de trouver la suprême vérité, en mettant en pratique les enseignements spirituels. Lorsque ceci a clairement émergé, c'est réellement la réalisation qui commence à poindre. Mais c'est seulement plus tard qu'il sera clair que cette décision était déjà la manifestation du Soi réalisé.

2. Vicharana : l'investigation approfondie

C'est l'étape où les enseignements sacrés sont effectivement mis en pratique de façon soutenue : le chercheur s'efforce de faire coïncider sa vie avec les enseignements spirituels sans faiblir (pratique de la voie juste) et étudie auprès des maîtres dont il recherche la présence. La grâce d'origine, qui était déjà une manifestation du Soi réalisé, s'enracine de plus en plus solidement.

3. Tanumanasi : le mental atténué (absorbé par le but)

Maintenant que par la pratique soutenue, l'esprit n'est plus tiraillé en tous sens par les hauts et les bas des émotions, maintenant que l'intérêt pour les mondanités et les passions a décru, le mental s'est transformé et la recherche spirituelle est devenue sa préoccupation majeure en toute circonstance, ce qui le protège de la distraction. Cette stabilité du mental devenu subtil est un signe avant-coureur de la réalisation.

4. Sattvapatti : le mental purifié

Le mental est devenu pur et conscient du divin sans discontinuer (la transe divine est permanente). De toutes les qualités du mental ne subsistent plus que les qualités subtiles, l'obscurité et les passions sont désormais déracinées ou transformées en pureté et conscience ininterrompue, qui peut aussi prendre la forme de la présence permanente de Dieu si la voie était dévotionnelle (le chercheur ne se sent plus jamais éloigné de Dieu et un sentiment fusionnel avec la divinité domine), ce qui est identique à la conscience permanente du Soi (Atman).
C'est la première étape de la réalisation. A cette étape, le chercheur ne perçoit plus le monde que comme une sorte de rêve et expérimente sans discontinuer la béatitude d'être.
Un tel sage est nommé Brahma-vid (le connaisseur du brahmane).

5. Asamsakti : le détachement total

La conscience permanente du Soi ou de la présence de Dieu est désormais perçue aussi en chaque chose, pas seulement parallèlement comme c'était le cas à l'étape précédente, mais dans tout ce qui est vu qui apparaît naturellement comme Dieu ou le Soi. Alors toutes les attirances et répulsions du mental s'effacent, un état de totale équanimité (l'adepte accueille indifféremment succès et échec, plaisir et douleur etc.) se fait jour accompagné d'une félicité complète et ininterrompue.
Cette étape se nomme aussi jivanmukti, c'est à dire "libéré vivant".
Un tel sage est nommé Brahma-vid-vara (celui qui est supérieur dans la connaissance du brahmane).

6. Padartha : l'immersion totale dans l'absolu

La perception du divin pénètre désormais tout, chaque atome est lumière divine et toute conception d'intérieur et extérieur est abolie, par conséquent toute relation avec les objets s'évanouit entièrement sans sujet ni objet. A ce stade l'action volontaire n'existe plus, mais le service des autres continue éventuellement de façon automatique, sans être conscient d'agir.
Un tel sage est nommé Brahma-vid-variya (Le meilleur dans la connaissance du Brahmane).

7. Turyaga : seule subsiste la conscience extatique de l'être pur

Lorsque la lumière divine toute pénétrante n'est plus que la seule chose perçue, effaçant jusqu'aux dernières traces de sentiment individuel, c'est l'étape finale. Quoique pour un observateur extérieur, il y a toujours un corps qui a ses activités, le sage, lui, ne perçoit plus le monde ni son corps mais seulement l'être pur où qu'il regarde. C'est l'état naturel du Soi. C'est synonyme de videhamukti, de moksha.
Une telle grande âme est nommée Brahma-vid-varishta (Le tout meilleur dans la connaissance du Brahmane).
    Notes :
    - Quelle que soit la valeur que peut avoir ce document pour le chercheur, toutes ces séparations n'apparaissent nullement pour le sage.
    - Dans le Varaha Upanishad, le seigneur Ribhu s'exprime à peu près ainsi : les trois premiers stades connaissent la différence parce que le pèlerin croit que l'univers qu'il voit existe réellement, mais lorsque l'esprit est solidement accroché au Un non-duel, et que le sens de la dualité est abattu, alors il perçoit l'univers comme un rêve dans l'union de la réalisation.
    - Chacun des stages se produit par la pratique soutenue des stages précédents. A partir de Sattvapatti, la pratique, l'effort, est automatique (l'effort est sans effort) car il n'y a plus rien à atteindre, puisque rien n'est perçu comme séparé du Soi. Le sage peut sembler se démener, mais lui ne perçoit plus d'effort. Pour un observateur extérieur, l'effort semble parfois toujours intense ; il serait erroné d'en conclure qu'il n'est pas un être réalisé.
    - Le présent document ne fait que regrouper et résumer des passages du Varaha Upanishad (Chapitre IV), du Yoga Vasishtha et des commentaires qu'en ont fait Ramana Maharshi, Swami Krishnananda et d'autres ; pratiquement aucune de ces explications n'étaient traduites en français sur internet.
    - Ces sept bhumimka (étapes) de la sagesse sont indiquées avec leurs noms en sanscrit parce cette langue les définit avec rigueur, néanmoins une vaste correspondance peut être établie avec toutes les grandes voies spirituelles du monde.
    - Varaha Upanishad - Upanishad de l'Homme-Sanglier : Cette longue Upanishad présente, de façon approfondie et clairement structurée, la science de Brahman, Brahmavidya, et la technique d'éveil de Kundalini, l'énergie sacrée. Dans les trois premiers chapitres, l'enseignement est donné par le dieu Vishnu, sous son avatar de Sanglier, au sage Ribhu. Dans les deux chapitres suivants, c'est Ribhu lui-même qui instruit le sage Nidagha. Varada Upanishad en français
    - Yoga Vasishtha : Long poème de 29000 vers présentant un discours entre Vasishtha et le jeune prince Râma. Yoga Vasishtha en français
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Messagepar Jagannath » Jeu Aoû 25, 2011 10:06 am

1. Subheccha : le désir de la vérité

<< Le désir qui s'élève à la faveur du pur détachement après que l'on ait résolu la question “Resterai-je dans l'ignorance ? Je vais étudier les Écritures et aller trouver les sages”, est nommé désir de libération (Shubheccha) par les sages. >> VU IV-3
[détachement traduit ici le mot sanscrit Vairagya : 1) le non-attachement, le détachement, l'absence de désirs matériels et de passions, l'indifférence et le dégoût des affaires et des plaisirs du monde; 2) l'abnégation, le renoncement absolu (cf. tyaga et sannyasa).]

Ce verset nous indique que sous l'apparence d'un nouveau désir, celui de comprendre la vérité, cette étape est en réalité une étape de pur détachement. C'est pourquoi elle est bel et bien déjà une expression du Soi réalisé. Comme une sorte de signe avant coureur. C'est le Soi lui-même qui commence à se révéler sous la forme de la détermination à obtenir la Connaissance (jñana).

Lorsque cette révélation du profond désir d'accomplissement est apparue, une lumière s'est allumée dans le coeur du pèlerin. Il devra faire beaucoup d'efforts pour l'entretenir et ce jusqu'à ce que cette lumière ait détruit l'ignorance.

Le pèlerin commence naturellement à rechercher la présence des sages et à étudier les enseignements sacrés. Cette pratique soutenue par un effort régulier mène naturellement à la seconde étape : vicharana.
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Messagepar Jagannath » Jeu Aoû 25, 2011 10:15 am

2. Vicharana : l'investigation approfondie

<<La fréquentation des sages et des Écritures, allant de pair avec la poursuite de la voie juste, qui précèdent l'accomplissement du détachement, est nommée l'investigation (Vicharana).>> VU IV-4.

Le pèlerin ressent désormais une attirance profonde pour les sages, et, cela va de pair, il ne se contente plus de réfléchir ou mettre en pratique occasionnellement les préceptes de la sagesse : il s'efforce de les mettre en pratique en permanence, et d'y revenir aussi vite qu'il peut lorsqu'il se perd en distractions.

En s'accrochant ainsi avec détermination à la voie juste et en développant sa relation intime avec les sages, le pèlerin transforme rapidement son mental ce qui le mène naturellement à la troisième étape : tanumanasi.

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Messagepar Jagannath » Jeu Aoû 25, 2011 10:24 am

3. Tanumanasi : le mental atténué (absorbé par le but)

<<Cette étape où le fort désir des objets des sens est minimisé à la faveur des deux premières étapes, est nommée l'affinement du mental (Tanumanasi).>> VU IV-5

Par la pratique assidue de vicharana, le mental s'est transformé. Les bruits des passions apparaissent maintenant comme assourdis. Même lorsqu'il est pris dans l'agitation, le pèlerin garde toujours dans son coeur allumé le désir d'accomplissement spirituel et même dans la difficulté ou l'échec, il s'accroche avec amour à la voie juste qu'il ne perd plus de vue. Ne La perdant plus de vue, Elle le protège et ôte peu à peu les obstacles.
A ce stade, le pèlerin doit vraiment s'accrocher à cette voie juste, à sa foi, et s'y oublier lui-même. Le pèlerin est désormais en paix une grande partie du temps, il est déjà capable de rester indifférent aux agitations du monde en temps normal, mais son détachement est testé sévèrement. Il chute encore lorsqu'il rencontre des difficultés ou des sentiments violents. Cependant, en s'accrochant, il finit par triompher et parvenir à la réalisation, la pure conscience, sattvapatti.

Note : bien qu'encore rare à ce stade, c'est en tanumanasi que turya (l'expérience du silence intérieur) commence à pouvoir être expérimenté. Lorsque ce stade avancé de samadhi est atteint, la réalisation du Soi est assez imminente, et c'est d'ailleurs durant cet état de paix que le Soi se révélera car cette transe a un effet dissolvant sur les vasana si fort qu'elle ne peuvent pas s'accrocher très longtemps, quelques expériences suffisent souvent. Les premières fois que cette expérience se produit, le pèlerin n'est pas capable de l'identifier, car le "je" supposé en faire l'expérience n'est pas là pour en témoigner, l'état est trop subtil pour être identifiable rationnellement. Comme dans cet état le détachement est total, néanmoins, par similitude, sachant que dans son expérience, seul le pur amour est capable de créer une telle capacité de renoncement, le pèlerin parle en général de l'expérience du pur amour. Tout n'est plus qu'amour et il n'existe rien qui ne soit pas pur amour.
Plus tard, turya sera reconnu naturellement (et compris comme état véritablement la dissolution de la pensée racine dans sa source) lorsqu'après plusieurs expériences, cette transe deviendra plus familière.
Modifié en dernier par Jagannath le Lun Déc 16, 2013 11:36 am, modifié 2 fois.

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Messagepar Jagannath » Jeu Aoû 25, 2011 11:39 am

4, 5 ,6 ,7.
    Image
<<Après avoir développé l'indifférence aux objets des sens à la faveur des trois premières étapes, la substance mentale (Chitta) repose sur l'Atman, lequel est de la nature de Sat, l'Existence pure; cette étape est nommée l'obtention de la pure Conscience (Sattvapatti).>> VU IV-6

Durant sa pratique de tanumanasi, le pèlerin est sévèrement testé. De nombreuses fois il aura l'occasion de suivre son idéal, mais il devra pour cela abandonner son égoïsme. Ces occasions sont des entraînements; il lui faudra s'y employer fermement car lorsqu'il suivra la voie sans une seule hésitation, il deviendra apte à un test plus délicat, le test "surprise". Car ses réactions seront testées dans la difficulté inattendue, là où il est difficile de rester dans la contemplation et où le sens de l'ego refait surface. Par la pratique assidue de tanumanasi, cependant, il arrivera finalement que lors du test, lorsqu'une difficulté qui normalement le touche et le perturbe fortement se produira, le pèlerin ne s'en apercevra même pas, tant il est heureux dans la contemplation du Soi ou de Dieu. Au lieu de se laisser abattre ou de se plaindre, il acceptera ce qui se produit et fera son devoir sans même y penser. Alors la divinité sur laquelle il est tout entier concentré dans la contemplation lui accordera la vision juste. La lumière qui s'était allumée la première fois lors de la première étape (shubbeccha) se révèlera rayonnante, tout-pénétrante, et comme étant le Soi lui-même ou Dieu sans forme. Il est difficile ou impossible de décrire le bonheur dans lequel cette révélation va plonger le pèlerin. C'est l'expérience directe de la Vérité, de Dieu ou du Soi qui cause une éternelle gratitude à la Voie, aux maîtres et aux sages, au divin, au Soi etc.

C'est désormais Sattvapatti, la pureté. A ce stade, il peut se produire au début des rechutes qui seront vaincues par un nouvel effort. Il faut quelques temps pour que l'expérience soit véritablement stabilisée, le pèlerin constatant que cet effort vers la Vérité est sa propre nature de manière de plus en plus claire, l'état de béatitude s'établira finalement définitivement.

Nous avons parlé des tests sévères qui se produisent pendant l'étape de tanumanasi. J'aimerais faire une petite excursion dans une histoire splendide qui est racontée à la fin du Mahabharata (14.92 & 14.93)
    Image==> Pour célébrer la victoire, de grands et riches sacrifices sont offerts à la divinité.
    A la fin du sacrifice, une mangouste, qui avait la moitié du corps changé en or, se plaint : ce sacrifice ne vaut pas une mesure d'orge offerte par un brâhmane !
    On l'interroge : le sacrifice n'a-t-il pas été mené selon toutes les règles ? Les offrandes voulues n'ont-elles pas été offertes ? Qu'elle s'explique clairement !
    La mangouste raconte un fait dont elle a été témoin :
    Au Kurukshetra, durant une famine, vivait un brahmane, lui et sa famille souffrent de la faim, pendant des jours il n'ont rien à manger. Un jour, cependant, il réussit à récolter une mesure d'orge
    Il la réduit en farine et en fait quatre petites boulettes, pour lui et les siens, comme seul repas depuis des jours.
    Un hôte se présente alors. En Inde, l'hôte est prioritaire, : telle est la voie juste. Le brahmane mourant de faim lui offre donc sa boulette. L'hôte a toujours faim, voyant cela, l'épouse du brahmane, mourante de faim, demande à son mari de lui offrir sa part. Le brahmane, qui a pitié d'elle, refuse, mais elle le convainc. Le fils du brahmane, sa belle-fille qui meurent de faim eux aussi donnent à leur tour leur boulette pour l'hôte qui a toujours faim.
    L'hôte n'est autre que la voie juste elle-même venue les tester. Il félicite le brahmane, et lui annonce qu'il a conquis le ciel : et pourtant la porte du ciel est difficile à atteindre ! Elle est cadenassée par la cupidité, le désir et les passions. Ce n'est pas ce qu'on donne qui compte : il revient au même de donner cent quand on possède mille que de donner un quand on possède dix. Rien ne vaut un don, même modeste, s'il est acquis loyalement. Ainsi le fruit de cette offre d'une seule mesure d'orge sera-t-il plus grand que celui de nombreux sacrifices.
    Qu'il monte dès maintenant au ciel, avec sa femme, son fils et sa belle-fille, un char divin l'attend.
    La mangouste sort de son trou, et par le parfum seulement de ces boulettes la moitié de son corps a été transformée en or. Depuis, elle fréquente les brahmanes et les sacrifices des rois, pour que le reste de son corps devienne également en or, mais elle n'a jamais retrouvé même dans les plus grands sacrifices, la pureté de celui du brahmane.

    ImageImageImage
Cette histoire touchante nous indique que le pèlerin sera testé et même parfois durement. Et il nous indique comment se produit la réalisation : lorsque l'hôte est entré dans la demeure, le brâhmane n'a pas hésité à donner son repas alors qu'il meurt de faim. Il agit ainsi car il a appris à considérer tout ôte comme étant Dieu lui-même et c'est pour lui un bonheur de donner son repas, il va sans doute mourir de faim, mais il n'y pense même pas. Il ne l'a pas fait en pensant à lui-même ni en attendant des fruits de cette bonne action, cela s'est fait naturellement car le brâhmane avait entrainé son mental depuis longtemps à suivre la voie juste sans se poser de questions. Lorsqu'il fut prêt, c'est Dieu lui-même qui est venu le tester et qui voyant que le brâhmane n'a pas une seule seconde pensé à lui-même, étant même heureux d'offrir sa pitance, la réalisation lui fut accordée sur le champ.
Il y a de nombreuses autres histoires qui indiquent comment lorsque la contemplation de Dieu, son service désintéressé ou la contemplation du Soi devient si innocente et ferme que l'individu oublie totalement sa propre misère, survient alors la réalisation.
Il faut certainement un long entraînement pour que, lorsque le test se présente, le mental ne soit pas agité du tout par les circonstances et reste imperturbablement dans la contemplation du divin. Cela peut même sembler impossible. Pourtant, Dieu lui-même aide le pèlerin à le réaliser. A ceux qui y croient et le désire ardemment, il donne assurément la force le moment venu. Tout ne vient finalement que par Sa grâce. Dès que le pèlerin est prêt, le test a lieu et la réalisation est accordée sur le champ.

Que peut-on dire de l'expérience de ceux qui sont parvenus à la vision juste?
La règle c'est qu'il n'y a pas de règle. On dit des êtres réalisés qu'ils sont entièrement libres. Seraient-ils libres s'ils devaient obéir à un modèle précis? L'histoire des grands philosophes, les textes sacrés, l'histoire des saints, toutes montrent une grande diversité apparente d'expression de la même expérience de l'Un. Parfois l'expression est opposée, comme entre Socrate et Diogène. Les sages de l'Inde ont aussi donné des enseignements d'apparences très différentes. Mais il y a bien d'autres cas et je peux seulement témoigner de ce que j'ai vu en Inde :
- Les éveillés fous : Lorsqu'ils se sont établis dans l'expérience de la pure conscience puis dans l'équanimité parfaite, ils ont perdu tout sens des besoins classiques et des valeurs. Des esprits libres qui vivent au jour le jour sans se préoccuper du lendemain ni de ce qu'on pense d'eux, qui vivent nus dans le dénuement total et ne prennent pas la peine de paraitre sages à qui que ce soit. Ils ont cependant un effet très bénéfique sur leur entourage. Certains ont vaguement conscience d'être parvenus à un relatif accomplissement spirituel, d'autres l'ignorent totalement. Un chercheur qui en reconnaitrait un comme tel et déciderait de l'approcher pour en recevoir un enseignement, en recevrait pourtant un tout à fait authentique, mais par des voies absolument improbables. Parfois il pourrait même y reconnaitre les étapes classiques décrites par les écritures saintes précisément, sans même que le saint en ait conscience. On appelle ces saints "fous" des avadhuta en Inde, il parait qu'il y en a presque un dans chaque petit village de l'Inde. En occident il en existe aussi, certains sont dans des asiles et vivent parfaitement heureux, apportant volontairement ou non une aide profonde aux autres internés, le plus souvent sans que les médecins s'en aperçoivent le moins du monde. Le fait est que malgré leur apparence, leur expérience intérieure est exactement la même et tout aussi profonde que celle des maîtres traditionnels.
- Ceux qui ignorent intellectuellement (l'expérience directe n'est pas intellectuelle mais est permanente et ininterrompue) qu'ils sont à considérer comme des sages : ils sont plus nombreux qu'on croit. Ils vivent parfaitement heureux, mais le sens individuel qui désire atteindre un achèvement s'étant évaporé, ils ne se sont jamais posé la question et pour leur plus grande joie, ignorent totalement que le bonheur permanent qu'ils expérimentent est ce qui est décrit dans les écritures saintes comme un stade de réalisation. Ils peuvent vivre tout à fait normalement et ils ont assurément aussi une influence extrêmement favorable sur tous ceux qui les approchent. Bien entendu ils peuvent être reconnus comme des êtres avancés par d'autres personnes éclairées ou par des chercheurs avisés. Cependant, il n'y a aucune raison que quelqu'un le leur dise. Ce cas est assez courant chez les pèlerins qui emploient la voie du service de l'humanité. Ils finissent par se perdre eux-mêmes en aidant les autres, et comme ils ne pensent plus qu'aux autres et pas à eux-mêmes, il n'y a pas de processus intellectuel. Chacun s'en aperçoit quand il est malheureux, mais lorsque le bonheur n'est jamais interrompu, a-t-on la moindre raison de s'en inquiéter et d'intellectualiser le phénomène?
- Ceux qui continuent comme si de rien n'était : Ils ont étudié auprès d'un maître et lorsqu'ils transcendent finalement la perspective individuelle, il n'y a pas de différence entre le "je", le maître, Dieu et son service, d'ailleurs ils considèrent eux-mêmes qu'ils veulent progresser. Ils continuent donc à servir dans leur communauté comme si de rien n'était, le maître évidement le sait, mais les autres disciples n'en savent rien, voyant toujours leur frère prier et servir le maître comme s'il en attendait la grâce. J'ai vu des pèlerins dans cette situation défendre avec aplomb que non, ils n'ont pas réalisé Dieu et qu'il faut prendre seulement le maître en exemple. Quel est le besoin lorsqu'il n'y a plus que l'Un, d'être reconnu comme sage? Ils sont tout à fait au-delà de ce genre de désir et préfèrent donner aux autres le chemin qui les a menés eux-mêmes à la paix.
- Ceux qui sont appelés ailleurs : Ils quittent le maître car ils sont appelés ailleurs par un autre destin. Certains se mettent à enseigner, d'autres commencent une vie de famille et s'intègrent comme si de rien n'était dans la société, en général pour accomplir comme il se doit le chemin de vie prévu.
- Ceux qui décident de transmettre l'enseignement : parfois le Maitre donne une tape-au-cul à un de ses dévots déjà éclairé et lui dit d'aller voir ailleurs si j'y suis. Il alors fait comme dit le maître, quoi que parfois, il traine les pieds par jeu. Puis il transmet le message de par le monde parce que le maître lui a dit. La plupart ne disent jamais qu'ils sont plongés dans l'expérience de félicité, mais certains le disent. Il n'y a pas de règle à ce propos.Il n'a nul besoin d'être révéré comme un maître. Si jamais il le confesse, ce n'est donc pas pour son plaisir, mais soit par un élan de dire la vérité de cette façon, soit par une sorte de folie qui le pousse à se mettre à nu alors qu'il n'en a pas besoin. Je dis folie car il sera certainement jugé, testé et critiqué alors qu'il pouvait bien se passer de tous ces ennuis. C'est donc un don de soi.
- Les Maîtres "officiels" : Pour une raison quelconque, ils sont connus au moins dans certaines communautés en tant que Maîtres spirituels. Cela ne se produit pas tellement de leur fait, voyons pourquoi : -- Certains se comportent directement de manière tout à fait identifiable, pas forcément volontairement. Soit leur situation les oblige à tout laisser derrière eux et ils s'en vont en renonçant à tout et vivent d'une façon telle que n'importe quel étudiant sérieux les identifie comme des saints (parce qu'ils ont tourné la page de toute possession, de toute forme d'attachement apparent ou parce qu'ils supportent des austérités tout simplement au-delà de tout ce qui est supportable par un homme attaché au corps, mais en plus parce que leur exemple se met dans son ensemble à illustrer la voie spirituelle) alors sans qu'ils l'aient programmé, une foule finit par venir autour d'eux, des disciples zélés commencent à les servir etc. -- Certains vivent assez normalement, parfois en donnant un enseignement, mais sans jamais prétendre à une quelconque illumination. Cependant, parmi les personnes qui les ont approchés, certains ont aussi été touchés par la grâce et se sont mis à leur service à leur tour. Ce sont eux qui finissent par présenter le maître comme un maître aux nouveaux arrivants parce qu'ils souhaitent que la grâce qui les a touchés se répande aussi sur autrui. Le maître laisse faire et finit par devenir un enseignant connu et réputé sage.
- Il y a aussi les Siddha, des êtres particulièrement transcendants qui sont aux stades très avancés de la réalisation et ont développé des pouvoirs occultes exceptionnels. Ils vivent sans doute à mi-chemin entre les mondes divins et le notre et ne restent pas visibles ici durablement. A Arunachala où je suis en ajoutant ces lignes, de nombreuses légendes existent qui sont régulièrement confirmées par des faits divers. De nombreux Siddha habitent dit-on cette montagne (à l'intérieur ou autour). Ils peuvent à leur grès prendre forme animale ou apparaître comme des mendiants, voyager dans le temps et l'espace, allonger leur vie voler etc. Certains chercheurs que j'ai connus disent en avoir vu et en avoir eu confirmation, une petite vieille de plus de 150 ans ayant parfois été vue dans un village proche de leur monastère qui cause par exemple des guérisons miraculeuses avec d'étranges techniques yoguiques puis part sans dire un mot. Je n'en ai jamais rencontré du moins consciemment, mais ils n'ont guère l'habitude de s'annoncer. J'ai tout de même un sentiment troublant au sujet d'une de mes rencontres à Chennai (une grande ville du Tamil Nadu) - je ne sais pas si j'ai déjà raconté cette rencontre, jamais en détail en tous cas, je le ferai peut-être. Pour revenir à Arunachala, Ramana Maharshi qui était certainement au stade final de l'illumination totale les reconnaissait aisément car il donnait parfois des conseils qui se rapportait à leur présence, sans pour autant préciser ce qu'il savait. Très occasionnellement il a raconté des histoires d'animaux (un léopard, une mangouste...) qui laisse clairement penser à des siddha de ce type rencontrés autour de la montagne, seulement il n'a que rarement précisé clairement ce dont il s'agissait. Mais il a toujours bien affirmé la présence de ces siddha autour de la montagne et à l'intérieur et bien d'autres saints ont aussi attesté la présence des siddha. De mon côté je sais que la vision divine que j'ai déjà racontée prenait sans ambiguïté place à l'intérieur de la montagne Arunchala, mais je n'ai pas cru y voir des siddha pour autant.
- Le cas des bodhisattva est encore différent, car ils peuvent choisir des incarnations non humaines ce qui implique des animaux ou des plantes.

Je ne sais pas s'il est utile de revenir sur les divers degrés de sagesse qui se présentent après les premiers stades et jusqu'à la réalisation totale (illumination). Comme nous l'avons vu précédemment, ils existent surtout pour l'observateur extérieur*. Une longue pratique de chaque stade ouvre la porte du stade suivant. Pour le dernier stade, Turiyaga, il est précisé qu'une extrêmement longue pratique est nécessaire. En vérité les maîtres les plus exceptionnels vu par nous, sont généralement établis en Turiyaga et pour les plus exceptionnels, cela s'est parfois produit assez vite, mais Ma Anandamayi précise que cette réalisation "totale" est extrêmement rare : un cas sur dix millions. Cet état de Turiyaga est celui d'où surgissent tous les siddhis (pouvoirs occultes). Un tel sage du niveau suprême est donc capable de tous les prodiges, miracles et autres, quoi qu'il n'en est pas conscient au sens où nous l'envisageons et ne perçoit pas les miracles comme provenant de lui, mais ne voit que l'Un. De nombreuses histoires indiquent que de tels sages peuvent disparaître dans la lumière sans laisser de corps derrière eux.

* Pourtant selon le Bouddhisme Tibétain, il est nécessaire de continuer le travail pour atteindre la réalisation totale durant la vie humaine. La raison invoquée est qu'il est bien plus long et difficile de l'atteindre une fois que l'on a rejoint les mondes divins - il faut donc profiter de la chance extrême d'une vie humaine et continuer le travail. Ces points de vue sont contradictoires en apparence seulement ; ultimement, ils reviennent au même.


<<La lumière de la pure Conscience (Sattva) qui s'est profondément enracinée en soi, allant de pair avec l'absence de désirs pour les fruits de ses actes, à la faveur des quatre premières étapes, est nommée l'indifférence, notamment aux pouvoirs surnaturels (Asamshakti).
Cette étape où, à la faveur des cinq premières étapes, on gagne la félicité de l'Atman, sans plus avoir de relations avec les objets intérieurs ou extérieurs, bien qu'ils restent présents, et se contente d'accomplir les actes requis par notre entourage, est nommée la totale dévotion à l'objet suprême, Brahman (Parartha-Bhavani).
Cette étape où, à la faveur d'une pratique extrêmement longue des six premières étapes, on demeure immuablement attaché à la contemplation de l'Atman, et Lui seul, sans prendre conscience des différenciations composant l'univers, est la septième et dernière, nommée l'obtention de l'état quatrième ou transcendantal (Turyaga).>>
VU IV-7-10
Modifié en dernier par Jagannath le Mer Aoû 15, 2012 18:37 pm, modifié 18 fois.

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Messagepar Jagannath » Jeu Aoû 25, 2011 19:36 pm

Après le Varaha Upanishad

L'histoire raconte qu'après que le maître Ribhu a expliqué la non-dualité à son disciple Nidagha, celui-ci n'était pas totalement convaincu de la Vérité.
La maître décide alors de se déguiser en pauvre ignorant et rejoint Nidagha sous cette forme alors que celui-ci regarde une procession royale. L'ignorant sous son aspect rustre s'adresse ainsi à Nidagha : <<C'est une procession royale mais où est le roi?
- Le roi est celui qui se trouve sur l'éléphant répond Nidagha.
- Je vois deux êtres, mais s'il vous plait, pouvez-vous m'indiquer lequel est le roi et lequel est l'éléphant? demande le rustre.
- Comment?! Tu ignores que l'homme qui est au-dessus est le roi et l'animal en dessous est l'éléphant?
- Je vous implore, répond le rustre, de m'indiquer ce que vous entendez pas "dessus" et "dessous".>>
Alors avec patience, Nadagha explique les termes "dessus" et "dessous" par l'exemple. Il demande au rustre de se mettre à genoux, lui monte sur le dos et dit : <<Regarde, moi je suis celui qui se trouve au-dessus, comme le roi, et toi tu es celui qui se trouve en-dessous, comme l'éléphant. Comprends-tu?
- Avec vos explications, je comprends les termes "dessus" et "dessous". Mais je vous en prie, expliquez-moi maintenant ce que signifient "moi" et "toi".>>
Nidagha est alors confronté à une insurmontable difficulté d'expliquer le "moi" et le "toi". Il comprend en un flash que la vérité se trouve sous les explications superficielles. Il saute du dos de Ribhu et se prosterne, en disant : <<Personne d'autre que mon maître Ribhu aurait pu libérer mon mental des superficialités de l'existence humaine pour l'amener à la réalité du Soi>>.

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Messagepar Jagannath » Ven Aoû 26, 2011 20:14 pm

Comment reconnaitre le sage illuminé?

Nous avons vu hier que les sages illuminés peuvent adopter des comportements extrêmement variés. La question qui suit presque toujours c'est de savoir alors comment les reconnaître?

Dans la Bhagavad Gîta, Arjuna pose la question à Krishna qui indique l'état de détachement du sage, mais ne répond pas du tout à la question d'Arjuna sur la manière de les reconnaître. A vrai dire, beaucoup de sages esquivent la question de la même manière que Sri Krishna, et Swami Suddhananda nous donne cette explication : si Krishna avait dit "le sage parle fort et uniquement en sanscrit", le lendemain, tout le monde se serait mis à apprendre le sanscrit et à parler fort. Si Krishna avait répondu "le sage se reconnait à ses mouvements lents", le lendemain, tout le monde aurait commencé à tout faire très lentement. Etc. Les autres maîtres font en général à peu près la même réponse : "Oui, il y a des indices très forts, mais je ne peux vous en faire la liste, sans quoi vous vous mettrez tous à les mimer". Tant que nous confondrons la sagesse et l'apparence de la sagesse, ils nous feront la même réponse. Il y a un seul indice sur lequel ils s'entendent : la seule signature véritable d'une telle grande âme, c'est la paix profonde que l'on ressent en sa présence.

La tradition de l'Inde indique aussi que pour les pèlerins qui cherchent leur maître, s'ils ont un doute du à une prudence légitime mais sont véritablement prêts et dignes, ils pourront tester le maître, et que celui-ci leur donnera la preuve qu'il est bien Celui dont ils sont à la recherche. J'ai reçu des témoignages qui confirment que cela se produit et que c'est un moment très intense. A part dans ce cas là (lorsque c'est la saine prudence du pèlerin qui l'impose car il ne peut faire autrement) la tradition déconseille bien entendu fermement de tester le maître en vain.

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Messagepar Jagannath » Lun Nov 21, 2011 1:25 am

Comment savoir où on en est?

Je sais que c'est l'inévitable question qui vient lorsqu'on entre dans les considérations sur l'évolution spirituelle. Et je désirais l'aborder ici, quand l'occasion m'a été offerte par une question d'Artemis. C'est une belle question que chacun se pose sans oser la formuler.

Avant d'aborder ce sujet, je demande aux lecteurs consciencieux, ceux qui ont compris que dans notre manière d'aborder la spiritualité se joue un drame très profond qui déterminera notre capacité à parvenir à la Vérité et à rester dans l'équilibre du divin, de méditer avec sérieux sur certaines choses avant de lire la suite.
J'estime que cette méditation est absolument requise pour toute personne de quelque niveau qu'elle soit, avant d'entamer cette lecture. Je fais donc appel à votre sens des responsabilités vis à vis de vous-mêmes, il est rare que je fasse des avertissements aussi sérieux que celui-là, et il ne doit pas être pris à la légère. Un minimum de 5 minutes de méditation est requis avant de lire la suite.

    Méditons cinq minutes sur cet aphorisme de Sri Aurobindo :
    "Celui qui veut parvenir à un haut rang spirituel doit passer par des épreuves et des examens sans fin. Mais la plupart des candidats sont seulement anxieux de soudoyer l'examinateur."

    Image 5 minutes SVP ImageVous pouvez lire l'aphorisme en boucle en méditant sur son sens véritable. Respectez intégralement les 5 minutes en consultant votre horloge de PC.


ARTEMIS [à Bertrand] : "Voilà, j'ai remarqué que depuis votre retour de voyage, vous semblez être plus humble, plus respectueux et plus joyeux. Mon idée est que la poursuite de vos rencontres avec des personnes exceptionnelles en INDE, qui n'ont rien matériellement mais qui ont tout spirituellement, vous a bouleversé ou du moins fait comprendre autre chose, vous a ouvert une porte, fait avancer, ..."

J'ai un fort désir de donner à autrui l'aspiration spirituelle. Il est tout à fait exact que j'ai fais une rencontre qui m'a convaincu par l'exemple que les attentions personnelles sont une aide pour transmettre cela. Il est très probable que tu as très bien identifié cette évolution et qu'inconsciemment ou consciemment, j'ai beaucoup reproduit depuis ce que j'ai observé chez cette personne, dans ce but là.
Ce n'était pas en Inde cependant, mais en Hollande. Il est toujours prévu que je fasse un petit message en l'honneur de cette rencontre spéciale. Dans tous les cas, j'ai la chance de faire des rencontres merveilleuses, et si cela a pu me permettre d'améliorer un peu mon comportement grâce à leur exemple, alors je considère que c'est un grand honneur pour moi.

Artemis : "Peut-être que comme elle vous vivez maintenant en votre coeur et âme cette infinie lumière, amour de la Divinité qui vous accompagne constamment quelque soit votre apparence et vos biens... Cela irradie et fait rayonner votre être de sorte que chaque jour, quand le soleil se lève, vous vous levez avec le soleil dans l'âme et le coeur, avec l'énergie décuplée pour accomplir vos devoirs et aimer..."

Chère Artemis, il y a une certaine malice dans ta question! On m'a demandé à un certain nombre de reprises si j'avais réalisé Dieu. J'ai toujours répondu : "non", en expliquant que ce qui motive mes interventions et mon site web, c'est une sorte de coeur d'enfant, que j'ai toujours eu et qui me pousse à toujours essayer de partager les cadeaux merveilleux que je recevais de la vie, mais qu'il n'y a aucune prétention à la réalisation.
Je sais bien que ta question est une sorte de façon adroite de demander confirmation que j'aurais réalisé Dieu ou quelque chose de ce genre. Je ne ferai pourtant pas une réponse différente de ce que j'ai toujours dit, même si la question est posée avec une malicieuse adresse!

J'ai hélas rencontré pas mal de gens qui pensent avoir réalisé Dieu et qui s'en gonflent d'orgueil. Je crois aussi avoir rencontré des personnes qui ont réalisé Dieu mais n'en tirent aucune forme d'orgueil et ne le disent jamais. Il me semble évident que ceux-ci montrent un excellent exemple et ceux-là un exécrable exemple. Les personnes qui affirment avoir réalisé Dieu, à moins que leur vie entière en soit l'illustration, en général on ne les croit pas. Bien souvent on a tout à fait raison d'ailleurs! Quelle triste scène de voir un dévot tout enthousiaste qui raconte qu'il a réalisé Dieu, et de voir dans le regard de ses interlocuteurs une incrédulité mêlée de pitié! Celui qui a réalisé Dieu aspire naturellement à partager, il serait étonnant qu'il ne comprenne pas qu'en parlant de la sorte il sème le doute et non pas l'espoir dans l'esprit de ceux qui l'écoutent! Tu sais Artémis, la plupart de nos interlocuteurs estiment qu'ils sont plus avancés que nous. Sur Pandore, cela ne fait pas exception, et connaissant un tout petit peu l'âme humaine, je n'ai aucun doute sur le fait que la plupart de mes lecteurs considèrent naturellement que si par quelque hasard je donne dans de rares moments quelques bons tuyaux, c'est par malentendu ou par accumulation de savoir, mais que eux sont bien plus avancés que moi. Tout le monde pense être plus avancé sur la voie spirituelle que les autres. Il est probable que ce sentiment ne finit par disparaître qu'à la fin. En conséquence, si je disais que j'ai réalisé Dieu, je serais simplement ridicule, personne ne me croirait. Du reste tous me scruteraient, attendraient un faux pas qui ne saurait tarder, et se moqueraient avec raison de moi et de ma prétention pitoyable.

Il me faut ajouter ceci : même ceux qui ont vraiment réalisé Dieu, lorsqu'on leur pose la question, répondent généralement par la négative.

- La première raison c'est qu'ils n'ont pas du tout le sentiment d'avoir réalisé quoi que ce soit. Ceux qui ont réalisé Dieu, ils voient Dieu en chacun, ils voient tout les êtres comme réalisés mais se sont entièrement oublié eux-mêmes. Ils n'ont donc réellement aucune prétention d'avoir réalisé Dieu.
- La seconde raison, c'est qu'ils savent que les hommes ont besoin d'exemples irréprochables. Ils préfèrent donc, dans l'intérêt des personnes qui les écoutent, affirmer qu'ils n'ont pas réalisé Dieu, et ils leurs disent : "si tu cherches un maître réalisé, va voir une personne fiable". Il vaut bien mieux envoyer les chercheurs authentiques auprès de ces quelques rares maîtres dont la vie entière est une illustration irréprochable, ceux dont la réalisation a porté les fruits les plus élevés, la destruction de toute trace karmique, et qui manifestent Dieu de façon complète ; ce sont les maîtres parvenus au statu de Bouddha véritable, les Avatars, les grands Mahatma. La réalisation de Dieu est la fin de l'empire de l'ego, avec elle vient la Libération. Mais l'illumination (réalisation totale), cependant, est le stade final, le terme définitif, rarement atteint de leur vivant même par les sages réalisés qui dans le cas général ont encore des traces à leur mort et doivent d'abord terminer d'épuiser leur karma dans les plans divins, avant de détruire les derniers vestiges d'individualité et de se fondre définitivement dans l'Esprit éternel. Seuls quelques rares exceptions atteignent ce point de non retour, et deviennent l'incarnation totale et sans aucune entrave de la Liberté. C'est vers eux qu'il faut envoyer les chercheurs, car ils rayonnent une gloire bien plus vaste. Si un être réalisé veut aider un chercheur sincère, il perçoit en général que son aide personnelle ne sera pas aussi effective que celle d'un Bouddha, d'un sage du niveau ultime. N'ayant pas de vanité, il en est très satisfait et (sauf consigne différente émanant directement d'un Bouddha) conseille au chercheur sincère de s'adresser directement à ces êtres d'exception.
- La troisième raison, c'est que bien souvent, celui qui pose une telle question ne la comprend pas. Il imagine que le sage réalisé est un individu doté d'un savoir spécial et de pouvoirs spéciaux. Le sage réalisé lui répond "non" car de ce point de vue ignorant, c'est la réponse correcte. Le sage réalisé ne se perçoit pas comme un individu ayant un savoir spécial, il ne perçoit plus aucun individu ni pouvoir spécial, ni savoir particulier. Le "Non" est donc bien plus adapté du point de vue de celui qui pose la question.
- Pour finir, même en répondant "non", si la question émane d'une personne sincère aspirant vraiment à une réponse, si le chercheur qui pose cette question est réellement à la recherche d'un enseignant qualifié, le sage s'assurera de lui donner au niveau subtil la preuve tangible qui répond vraiment à la question. Le chercheur recevra la certitude en son coeur qu'il est face à un sage réalisé, alors même que le sage a répondu "non". Le langage subtil n'a aucun secret pour les sages réalisés, ils savent parler au coeur directement et ce langage caché trouvera son chemin aussi surement qu'une flèche puissante dans le coeur du chercheur.

Attention, lorsque je dis que les sages réalisés gardent en général une trace d'individualité et ne parviennent pas au stade de Bouddha durant leur vie terrestre, je n'entends pas du tout par là que ces sages réalisés sont restés des êtres ordinaires. L'individualité n'a en réalité plus d'empire sur eux. Cependant, leurs habitudes pour cette vie ne sont pas épuisées, pour cette raison, ils continuent de manifester extérieurement la continuation de leur destinée. Ceci peut être comparé à un ventilateur. Lorsqu'on débranche le ventilateur, le moteur s'arrête complètement d'entrainer le mécanisme. C'est l'image d'un sage réalisé qui a déraciné l'ignorance à sa base même et n'est plus du tout soumis à l'illusion. Mais les pales continuent de tourner et le ventilateur continue d'envoyer de l'air. Il faut longtemps pour que le ventilateur s'arrête entièrement et avant cela, un observateur peut croire que le ventilateur est toujours branché. Lorsque le ventilateur est finalement à l'arrêt complet, tout à fait immobile, l'observateur extérieur voit de façon claire que le moteur est totalement immobile. De même, pour le sage réalisé parvenu à l'illumination finale, les observateurs attentifs qui ont la vision subtile sont capables de percevoir, même si le corps agit, qu'il est dans une paix totale, intérieurement absolument immobile et établi dans l'éternité. C'est pourquoi ce sage exceptionnel aura sur le chercheur sincère un effet foudroyant que n'a pas celui à qui il reste les vestiges de l'ignorance à épuiser. Ces rares êtres nous donnent l'exemple du sage parfait, il convient donc de les considérer comme les maîtres parfaits et de se montrer très humble vis à vis d'eux, quel que soit le niveau spirituel qu'on pourrait soi-même avoir. La paix qui en émane nous gagnera alors certainement et nous bénéficiera. Même les sages apprécient et recherchent la présence de ces rares éveillés dont l'accomplissement est total et totalement manifesté à nos yeux.

Artemis : "Si je vous dis et demande cela c'est ce que je ressens aussi depuis environ 2 mois"

Il n'est pas dans mes attributions de dire d'une personne si elle est réalisée ou non. Les textes sacrés indiquent que seule une personne réalisée sait reconnaître une autre personne réalisée de façon certaine. Donc je suis assurément incompétent à ce sujet et cela je te l'ai déjà dit lorsque cette idée t'était déjà venue il y a plusieurs mois de cela. Je n'ai pas changé à ce propos! En revanche je peux répéter ce que j'ai un peu compris de par mes lectures : tant qu'il y a le sentiment d'être parvenu à la réalisation, c'est qu'il reste de l'ignorance.
Je l'ai déjà dit : beaucoup de personnes pensent être réalisées et s'en gonflent d'orgueil. On ne peut pas donner de règle définitive concernant la réalisation qui permette d'en juger à partir de critères tangibles car c'est un phénomène indicible et transcendant. Cependant on peut au moins dire que tant que le moindre orgueil du genre "je suis ceci / je suis parvenu à ceci" existe, on peut en tirer deux conclusions :
- il existe encore dans le mental un sens de l'ego donc du travail à accomplir.
- il est dangereux de proclamer qu'on est réalisé.

A propos de ce danger il me faut l'expliquer : j'ai observé l'aura subtile de nombreuses personnes, cela se voit clairement lorsque le chakra coronal est déployé et que le mental commence de se dissoudre par ce canal dans le mental cosmique. Mais j'ai aussi pu observer à quelques reprises des personnes avec une aura subtile qui indique clairement l'ouverture stable du chakra coronal et qui pourtant développent un orgueil spécial à l'idée d'être parvenues à la réalisation. Ces personnes sont certainement dans un état instable, ou stable seulement en apparence. Si elles parviennent à ce stade à vaincre l'orgueil, il est à mon sens probable que cet état finisse par devenir stable et puisse un jour être qualifié de "réalisation". Si cependant elles développent de l'orgueil, elles vont (selon les enseignements) chuter probablement, ce sera très douloureux et tout sera à refaire. Pour aborder l'aspect technique et tantrique, on peut dire que beaucoup de chercheurs pensent avoir atteint la réalisation lorsque la kundalini commence à s'unir à l'énergie cosmique par le chackra coronal, mais cela ne constitue pas une réalisation stable : à ce stade, la kundalini n'est pas encore remontée à la source, le coeur, dans l'union éternelle et irréversible.

Voilà, à défaut de réponse à ton interrogation, les éléments qui me semblent utiles, piochés dans mon expérience. J'espère qu'ils te seront profitables!

Artemis : "Aujourd'hui, si je fais de brefs passages, c'est parce que je vous aime tous sur Pandore et surtout vous Bertrand, qui a été le premier a m'encourager à venir ici, apprendre et partager pour m'aider à accepter la présence de la Divinité à mes côtés..."

Oui, j'ai l'espoir cependant que tu restes fidèle encore longtemps, en nous faisant profiter de tes admirables interventions, comme ces petits chefs d'oeuvres que tu as écrits sur les saints qui t'inspirent, et qui sont certainement une motivation exaltante pour moi et pour tous les chercheurs sincères qui te lisent.
Et dans tous les cas, je te remercie profondément d'avoir partagé avec nous ces perles de ton coeur.

= = = = = = = =

Tu sais déjà que j'estime que les interrogations des membres sont toutes pertinentes au-delà de la relation personnelle que j'ai avec eux. Je crois, moi, que tes questions, bien d'autres membres se les posent. D'autant plus qu'elle sont justement difficile à aborder, il est probable que cet entretien intéresse énormément les autres lecteurs du forum.

Artémis : "Je pense que vous pouvez faire profiter les autres Pandoriens de cet échange car vous répondez ainsi richement et parfaitement à ma question de savoir où j'en suis."
Modifié en dernier par Jagannath le Ven Oct 04, 2013 22:57 pm, modifié 5 fois.

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Messagepar Odin » Lun Nov 21, 2011 12:42 pm

ça m'évoque un peu l'image suivante :
Dieu est derrière une porte ouverte, et devant cette porte il y a une multitude de sentiers. Nous passons sans cesse devant cette porte, et il nous interpelle parfois : viens ici !
Mais nous le regardons avec dédains en lui disant que la route est longue. On regarde ici ou là, sous une pierre, derrière une fougère.
Au fond qu'apporte le soulagement de savoir où on en est, alors qu'il n'y a aucune progression linéaire ? On peut avoir une idée globale mais personne ne sait quand nous réaliserons enfin ce qui Est.
On confond chemin et but, tout ça pour ne pas mettre en application les enseignements. C'est comme penser à Dieu, puis se dire, tiens, j'ai une de ces envie de lire un gros grimoire qui va m'apporter plein de connaissances dont j'ai besoin ! Et pouf, on se met à lire des pages et des pages, perdant son temps dans de nouvelles pensées inutiles. Je pense qu'il faut discipliner son esprit, jusqu'à ne penser qu'à Dieu, et là, le mental devient comme une flèche qui ne se laisse distraire par rien sur son chemin.

C'était ma réflexion du jour. ^^
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Messagepar Jagannath » Lun Nov 21, 2011 19:46 pm

Odin, je pense à certains fils de discussion que tu avais entamé à propos des personnages d'exception, ou aux histoires des saints racontées par Artémis sur un autre fil de discussion.

Il y a tellement de gens, dans l'histoire de l'humanité, qui ont donné leur vie pour servir les autres, pour défendre la vérité, ou simplement pour faire leur devoir malgré les difficultés quotidiennes... Tellement de vies ont été soumises aux drames, aux catastrophes, aux guerres, aux injustices terribles... Et dans ces moments de profonde détresse, tellement de gens se sont montrés dignes et ont par leur abnégation incarné le vrai visage d'une humanité réelle! Il y a aussi cette multitude de héros discrets qui n'ont jamais laissé un nom ni même voulu en laisser un. C'est grâce à ces personnes qui au lieu de poursuivre des ambitions personnelles ont suivi leur devoir et montré le vrai exemple d'être humain, qu'aujourd'hui le monde n'est pas réduit en cendres sous les assauts répétés de l'égoïsme, de la haine, de la guerre et des profits.

De l'autre côté, parmi ceux qui n'ont jamais eu à affronter les vraies difficultés de l'existence, un petit groupe d'occidentaux qui sont nés et ont vécu toute leur vie dans des pays en paix, n'ont pas connu de drame vraiment majeurs, sont restés à l'abri de la famine, de la misère, de la guerre et des catastrophes naturelles, a un comportement bien curieux : il se prend pour une élite spirituelle, il parle de l'ultime vérité et prétend avoir trouvé l'éveil, la quintessence de l'être humain, sur des forums électroniques, s'imaginant être de grands exemples pour tous! N'est-ce pas pitoyable? Certains vont plus loin et écrivent des livres sur le sujet, parlent d'advaïta et justifient leurs mauvais penchants en affirmant : "j'ai réalisé Dieu, tout ce que je fais est donc juste."!

Il me semble qu'on devrait penser à tout ça. A vrai dire il est normal lorsqu'on suit une voie où la réalisation est mentionnée, que l'intellect, faible par nature, en arrive par moment à fantasmer sur son propre état d'hypothétique accomplissement. C'est un des dangers des voies orientales qui mentionnent l'état de réalisation. Lorsque ces idées, typiques de la faiblesse du mental égocentrique, nous assaillent, il me semble que le mieux à faire est de penser à tous ces hommes et femmes qui depuis la nuit des temps se sont dévoués pour que l'humanité continue de vivre dans un minimum de dignité. Et de rester très humble par rapport à tous ces êtres d'exception. Nous sommes extrêmement vulnérables à l'orgueil, mais nous avons à notre disposition des outils fidèles pour ne pas y sombrer si nous voulons bien épargner à notre âme cette déroute accablante. Garder en tête l'histoire des saints, des héros et des divers serviteurs de l'humanité est l'un de ces outils, ne le négligeons pas.

Image
Le martyr de Saint Etienne
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Messagepar Odin » Lun Nov 21, 2011 22:30 pm

Tellement vrai ! :)
J'ai commencé à nourrir une forme d'admiration pour ces personnes grâce à une de mes connaissances que j'ai dans mes contacts depuis longtemps. On ne se parle pas souvent, mais je la vois connectée quelques fois, et dans des moments clefs de ma vie, je vais lui parler. Elle sait toujours trouver les mots justes, débloquer le truc qui va me faire avancer. J'ai appris qu'un jour, elle avait aidé une amie commune quand elle a su qu'elle n'allait pas bien : elle est allé la voir à l'hôpital, l'a soutenue... Elle ne m'en a jamais rien dit, c'est l'autre personne qui m'en a parlé des mois plus tard. Petit à petit, je me suis rendu compte que c'était une personne qui accomplissait, dans le plus grand secret, quelque chose de formidable pour les personnes qu'elle croise sur son chemin.
Pour moi, elle fait partie de ces femmes et ces hommes de l'ombre qui sont de vrais guerriers.
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Messagepar Wuxia » Lun Nov 21, 2011 23:38 pm

Un proverbe chinois dit : quand on a dix pas à faire, neuf font la moitié du chemin

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Messagepar Opale » Mar Nov 22, 2011 15:30 pm

Une personne réalisé ce pose-t-elle la question si elle l'est?

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Messagepar Jagannath » Mar Nov 22, 2011 17:37 pm

Opale : "Une personne réalisée se pose-t-elle la question si elle l'est?"

Surtout, pourquoi nous posons-nous cette question?
Le fait est : une personne réalisée est établie dans la paix et la félicité.
Qu'elle pense être réalisée ou pas n'y change rien, et qu'elle se pose cette question non plus.

Lorsqu'on est heureux, on ne se pose pas la question de savoir si on est heureux, c'est seulement lorsqu'on est malheureux qu'on désire être heureux. C'est seulement si on est ignorant qu'on espère être réalisé, cet espoir est le signe d'un sentiment de manque qui est justement l'obstacle (le sentiment de manque est sa propre cause). Si on ne manque de rien, en quoi aurait-on besoin d'être réalisé? Aussi, lorsque les doutes ont définitivement pris fin, il n'est pas obligatoire qu'on s'en aperçoive. L'histoire raconte que certains lamas tibétains qui étaient tellement dévoués au monde et aux autres qu'ils avaient tout à fait oublié leur propre existence, toujours plongés dans le service du Soi à travers autrui, ne remarquèrent pas qu'ils avaient réalisé le Soi. C'est seulement lorsque leur maître le leur dit qu'ils s'en aperçurent. Il y a aussi dans la tradition indienne des avadhuta plongés dans la béatitude, mais qui ne savent pas du tout que leur expérience est celle de la réalisation. Ils ne s'en soucient d'ailleurs pas du tout : comment peut-on avoir le moindre soucis de réalisation si on est parfaitement établi dans la paix du Soi?

Pourtant, si je veux être rigoureux, je devrais te répondre que oui, on peut être parvenu au stade de sattvapatti et se poser cette question. A ce stade, le mental est définitivement débranché, mais l'inertie qui constitue le mental peut encore se manifester sous forme de préférences bien qu'elles n'aient plus d'empire sur l'individu puisque l'individu n'est plus ressenti comme le Soi. C'est paradoxal, et si l'individu avait pour préoccupation de parvenir à la réalisation lorsque le mental était alimenté, il se peut que la question demeure encore un peu, avant que toute forme de préférence manifestée disparaisse totalement au stade suivant (asamskati / jivan-mukta). Seulement au stade asamskati, toute forme de préférence disparait et la question de la réalisation est éradiquée du mental. Si la question se pose, il faut bien comprendre que c'est parce que la préférence pour la réalisation demeure. Le sage abandonne évidemment ce genre de question, son mental étant apaisé par la réalisation permanente du Soi réel, par nature indépendant de toute préférence. Comme cette question est obligatoirement un vestige d'ignorance, même chez le sage, elle doit être considérée comme telle et méprisée à sa juste valeur! Un raisonnement correct serait de dire : "Tant que cette question se pose, il est évident que je ne peux pas prétendre être réalisé, donc il est inutile que je sache si je le suis ou non. Lorsqu'elle ne se posera plus, ce sera inutile aussi! Alors évitons de prétendre à quoi que ce soit, et n'accordons pas la moindre importance à cette question!"

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Les 7 étapes de la sagesse selon le Varaha Upanishad

Messagepar ARTEMIS » Mar Nov 22, 2011 18:05 pm

Proverbes arabes

"Le plus malheureux des hommes est celui dont l'appétit est grand, l'ambition démesurée, le savoir immense et le pouvoir immense."

"Mais dans le bien-être, sa raison rend malheureux celui qui pense; et même dans le malheur la brute est insouciante et heureuse."

"Heureux l'homme qui sait ce qu'il vaut."

"La valeur de chaque homme est dans ce qu'il fait de bien."


CONFUCIUS

"L'homme supérieur se tient dans le juste milieu."

"Le milieu est le point le plus voisin de la sagesse. Il vaut autant ne pas l'atteindre que le dépasser."


LAO TSEU

"La seule façon d'accomplir est d'être."
Je te vois

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Messagepar Odin » Mar Nov 22, 2011 18:08 pm

Simplicité. :)
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Messagepar Opale » Mar Nov 22, 2011 18:27 pm

:)

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Messagepar Jagannath » Mar Nov 22, 2011 19:42 pm

De plus pour celui qui a réalisé Dieu, si tout se passe comme il en a envie, c'est la grâce divine. Si des obstacles même considérables apparaissent, c'est aussi la grâce divine et c'est la source d'un bonheur inexprimable. Les secrets spirituels comme les grands mystères sont entièrement révélés et il ne fait plus aucun doute que rien ne sera jamais gagné ni perdu, donc plus aucune menace n'a de prise, même pas la perte des objets ou des êtres chers. Pour finir, tous les souhaits sincères se réalisent par la grâce divine. A ce compte là, quel besoin peut-on avoir d'obtenir la réalisation?

La réalisation n'est pas le genre de chose dont on a l'habitude, ce n'est pas un état qui s'acquiert, qui pourrait l'acquérir? La réalisation émerge lorsque le potentiel acquéreur a disparu. Personne n'a jamais atteint la réalisation! On appelle "Réalisation" la disparition de la croyance en un individu, mais ce mot est employé faute de mieux, aucun mot ne pouvant en parler. Le mental est bien incapable d'en percevoir la nature et il est donc normal qu'il soit vulnérable à la confusion, imaginant lorsqu'il expérimente un état particulier que c'est la réalisation. Aucun état n'est la Réalisation, la Réalisation est au-delà de tous les états, c'est leur support même.

La recherche de la réalisation est donc une problématique propre à l'ignorant, pas au sage réalisé, mais paradoxalement, elle est obtenue en la poursuivant, pas en l'abandonnant à cause de ce prétexte. Parce que c'est lorsque nos efforts vers Elle seront identifiés comme étant Elle, le but, et non le moyen, que l'ignorance disparaîtra.
Durant la recherche, nous sommes régulièrement trompés par ce piège d'imaginer que nous devons arrêter de chercher pour la trouver, alors que c'est seulement lorsque la recherche devient permanente et très intense que la méprise à propos de notre non-réalisation se dissipe. Ce qui se passe après la réalisation n'est pas exprimable, mais la formulation la plus utile est de voir les choses ainsi : la réalisation, c'est lorsque la quête est devenue si intense et ininterrompue qu'elle ne demande plus aucun effort, étant devenue si tellement naturelle qu'il n'y a rien d'autre. Par conséquent, nous pouvons rejeter les idées saugrenues qu'il faut arrêter de chercher pour stabiliser la paix, ces idées apparaissent à cause du désir de paix, pas à cause de la paix véritable qui ne cause rien, et particulièrement pas le désir d'arrêter de chercher Dieu.

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Messagepar Odin » Dim Fév 05, 2012 14:32 pm

On rencontre aussi les fameux Siddha fréquemment dans le folklore européen (celte, scandinave, russe...), ça me fait penser aux dessins animés de Miyazaki aussi où les humains les côtoient naturellement. :)
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Messagepar Jagannath » Dim Fév 05, 2012 14:43 pm

Ca dépend Odin, il ne faut pas confondre les siddha avec les deva. Dans Myazaki comme dans les contes Russes ou chez les Celtes, les deva (les dieux avec un "d" minuscule) sont souvent en contact avec les hommes mais ces deva ne sont pas automatiquement des êtres réalisés sous prétextes qu'il ont, de par leur naissance, des pouvoirs magiques très étendus. Les êtres réalisés sont très au-dessus de ces deva même si les deva impressionnent bien plus l'imaginaire du public. Dans leurs mondes les deva font usage de leurs pouvoirs couramment ce qui est propice à la poésie, tandis que la gloire des êtres réalisés, pourtant infiniment et incomparablement plus grande est trop subtile pour être perçue. Eux seuls en réalité connaissent l'étendue de leur gloire. A vue de nez comme ça, je dirais que chez les Celtes il y a les grands bardes, ceux qui ont atteint le talent de barderie magique aux niveaux suprêmes et qui voyagent librement dans les mondes des dieux qui correspondent très bien aux siddha. Il y a d'ailleurs des bardes parfaitement similaires dans les épopées de l'hindouisme qui sont aussi clairement des siddha.

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Messagepar Jagannath » Mar Fév 07, 2012 14:04 pm

Pour en revenir aux siddha d'Arunachala, en recherchant un peu dans les souvenir des disciples de Ramana Maharshi, il semble qu'il les connaissait bien et les sentait aisément même s'il était rare qu'il les mentionne. A plusieurs reprises il a clairement établi que certains événements leur étaient liés, le plus souvent, il se produisait que léopards ou autres animaux majestueux tombent sur des dévots qui chantaient des noms divins. Parfois les dévots se taisaient terrifiés et restaient immobiles avant que les animaux s'en aillent, mais Le Maharshi leur révélait à leur retour que ces animaux étaient des siddha descendus de la montagne sous cette forme pour écouter leurs chants et qui étaient repartis déçus qu'ils se soient tus. D'autres fois des animaux rendaient des visites à son monastère et il révélait plus tard, anecdotiquement qu'il s'agissait de jñani en visite. L'un dans l'autre il y a beaucoup d'histoires de ce genre autour du sage d'Arunachala.

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Messagepar Jagannath » Mar Fév 07, 2012 14:42 pm

Ma rencontre (avec un siddha?) à Chennai

Je crois que je vais aussi raconter l'histoire de ma rencontre à Chennai même si elle est très personnelle parce qu'elle est trop jolie pour que je la garde pour moi.

Depuis toujours en lisant les écrits hindouistes j'ai eu le désir de rencontrer ce genre de siddha inconnu et vivant incognito dans le monde, des saints "sauvages" hors de tout contexte monastique et des grands discours sur la spiritualité. Ceux qui sont entourés d'un grand mystère car personne ne les connait vraiment. Je n'avais à ce moment là jamais parlé de ça à personne.

Ce soir là j'ai su que j'avais été exaucé : c'était pendant un programme à Chennai de la sainte indienne Amma, moi j'étais dans le service, j'étais responsable de divers petits détails pendant les très longs darshan qu'impliquent un programme d'Amma dans une très grande ville de l'Inde. Une femme tout à fait passe-partout, d'apparence pauvre et manifestement seule vient directement me voir comme sachant exactement ce qu'elle a à faire et sans l'ombre d'une hésitation, ignorant le reste du monde alentours (c'est au beau milieu d'une grande foule qui se presse pour venir voir Amma). Cette femme me dit sans se présenter et de but en blanc, qu'elle est venue voir Amma il y a des années et qu'en recevant le darshan, elle est elle-même devenue la Déesse Kali. Instantanément je l'ai crue malgré l'incongruité de l'affirmation et pour plusieurs raisons :
- Alors qu'il est assez difficile de comprendre l'anglais des indiens qui ont un accent atroce, tout ce qu'elle me disait était très clair comme si elle me parlait en langue naturelle (même si la base était l'anglais) or elle ne semblait pas instruite. J'étais convaincu qu'un siddhi (pouvoir occulte) était à l'oeuvre.
- Une paix fascinante se dégageait d'Elle.
- Elle avait l'air de savoir exactement ce qu'il fallait me dire et à vrai dire elle parlait avec une sorte d'autorité magnifique malgré son apparence extrêmement banale.
- J'ai tout de suite ressenti que c'était un moment important pour moi, les doutes qui surgissent normalement dans ce genre de moment incongrus ne se sont pas présentés du tout.
Puis elle m'a donné une instruction personnelle que j'ai suivie sur le champ en toute confiance et que je ne peux pas dévoiler ici. Dès que ce fut fait elle m'a serré dans ses bras (chose à peu près impensable en Inde qu'une femme serre dans ses bras un étranger inconnu!) toujours avec cette autorité et cette absolue confiance en ce qu'elle faisait. Cette étreinte a causé chez moi un état de félicité et de profonde contemplation qui a duré trois jours, pendant lesquels je ne pouvais penser qu'à Kali avec adoration, et pendant lesquels je pouvais à n'importe quel moment me mettre à pleurer de bonheur et de dévotion abondamment sans aucun contrôle, et cela s'est produit n'importe où, dans la rue, dans le bus etc.
- J'étais tellement absorbé après l'étreinte que je n'ai pas vu la femme partir mais quelques instants plus tard elle n'était plus là de manière étonnante.
- Ce moment reste profondément gravé, il est inoubliable.
- Je note tout de même que l'affirmation "je suis devenue Kali" est osée. A vrai dire en langage spirituel rigoureux, cela signifie le stade suprême d'illumination. C'est à priori extrêmement rare, mais les évènements laissent peu de doute sur l'état de réalisation incontestable de cette femme, et dès lors il est peu probable qu'elle ait pu me mentir. C'est donc une rencontre rationnellement extrêmement rare, une grâce exceptionnelle.

En parallèle il y a un autre détail marquant. Durant les quelques mois que j'ai passés dans le service d'Amma durant ses tours ou dans son monastère, il ne s'est produit que deux fois seulement que je rate un darshan où j'étais invité, pour des raisons indépendantes de ma volonté (et durant les tours, on a très peu d'occasion d'aller au darshan d'Amma quand on est dans le service, c'est donc très précieux pour nous) or ces deux fois, j'ai reçu une autre sorte de darshan. L'une des deux fois était lors de ce programme à Chennai où j'étais absent lorsqu'Amma nous a appelés inopinément pour le Darshan. L'autre fois était à Amritapuri, où j'avais une mauvaise information sur l'heure de mon darshan, alors que mon tour était en train de passer, j'étais innocemment dans mon dortoir en train de chanter des chants dévotionnels à Krishna et j'étais tout seul, absorbé dans mes chants pleins d'amour pour le seigneur. Subitement j'ai senti la présence de Krishna là dans ma chambre et j'ai été saisi d'une joie mystique incomparable, les pleurs de félicité n'arrêtaient pas de couler et le bonheur était si immense que je ne pouvais plus tenir debout et encore moins chanter, un tel profond immense bonheur est comme une grande douleur au niveau du corps, c'est très intense ; après on sent comme une très vive et très pure lumière intérieure. Seulement plus tard je me suis aperçu que le darshan d'Amma était fini et que je ne pouvais y aller. Ces deux évènements laissent penser qu'Amma n'oublie jamais Ses enfants qui attendent Son darshan avec dévotion et qu'Elle le leur donne d'une façon ou d'une autre lorsque les circonstances les empêchent de s'y rendre.
Modifié en dernier par Jagannath le Ven Avr 13, 2012 10:37 am, modifié 2 fois.

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Messagepar Odin » Mer Fév 08, 2012 23:42 pm

Magnifique.
A propos du darshan, j'avais lu quelque chose sur Ramana Maharshi qui disait qu'on lui demandait souvent sa bénédiction, mais que nous l'avions déjà, c'est simplement nous qui ne la voyons pas.
Une femme que j'ai rencontré à Toulon m'a porté le même message quand je lui ai dit que j'avais renoncé au dernier moment à faire bénir par Amma mon pendentif de Ganesh, elle m'a dit : il est déjà béni.
Je crois que c'est le sens de la rencontre avec Amma, découvrir que Dieu est en nous. J'ai lu les discours de Shiva-Shakti en anglais, ça a l'air d'aller dans le même sens. :)
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Messagepar Jagannath » Jeu Fév 09, 2012 13:41 pm

Odin : "quelque chose sur Ramana Maharshi : il disait qu'on lui demandait souvent sa bénédiction, mais que nous l'avions déjà, c'est simplement nous qui ne la voyons pas."

Ce n'est pas propre à Ramana Maharshi mais c'est l'enseignement profond de la spiritualité. C'est nous qui nous fermons à la grâce par nos attachements au monde mais elle est toujours là. Cependant Ramana Maharshi n'a pas contesté que c'est bien plus facile pour nous de s'ouvrir au moins un petit peu dans la présence physique d'un saint.

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Messagepar Jagannath » Lun Nov 19, 2012 11:45 am

Nettoyage en cours, quelques erreurs entre "Edit" et "Reply" ont causé d'étranges phénomènes dans ce fil de discussion, mais cela semble réparé :P

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Margotland
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Messagepar Margotland » Lun Déc 16, 2013 0:04 am

Je remonte, pour tout lire à tête reposé...


Bonne nuit tout le monde.

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Messagepar bastet » Lun Déc 16, 2013 0:45 am

Essaie de ne pas trop lire quand même, sauf à petites doses.
Sinon on peut prendre une migraine en mélangeant les lectures au détriment de la pratique quotidienne tranquille et sereine.

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Messagepar Totem » Lun Déc 16, 2013 18:27 pm

Des tas de livres ont été écrits pour conter les diverses étapes de la réalisation avec description de l'état à chaque étape, et si cette description a pu avoir lieu c'est que des personnes les ayant vécu, les ont rapportées..............Donc il a bien fallu qu'elles se jettent à l'eau, sinon personne ne saurait rien aujourd'hui.

Quelque chose donc me chiffonne........ quand on sait que tous les êtres humains sont différents et donc les réalisations seront différentes, en plus ne peut on penser qu'ils aient été un peu orgueilleux en contant leur réalisation??? et pourquoi avoir inventé ces mots : REALISATION, EVEIL pour décrire un état indescriptible si ce n'est pour en avoir une toute petite idée?.

D'ailleurs quand on regarde bien le mot éveil n'est pas celui qu'on emploi pour les Saint occidentaux alors que leur parcours est du même acabit.

D'autre part lorsque quelqu'un parle d'expériences d'éveil bien souvent il est vu comme un orgueilleux, mais est-ce vraiment connaître ce qui le motive dans ce sens, ça pourrait tout aussi bien être un besoin d'être rassuré sur ce qu'il vit, qu'il n'est pas fou ou autre. L'adepte supervisé par un maître peut se sentir en sécurité et encore je ne suis pas sûre que ce soit toujours le cas car au niveau psychique personne ne sait comment il peut réagir, car le mental de l'un n'est pas le mental de l'autre, certains sont plus farceurs que d'autres.

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Messagepar Jagannath » Lun Déc 16, 2013 19:46 pm

Totem : "Quelque chose donc me chiffonne........ quand on sait que tous les êtres humains sont différents et donc les réalisations seront différentes, en plus ne peut on penser qu'ils aient été un peu orgueilleux en contant leur réalisation?"

Non les textes en question ici ne sont pas issus de descriptions d'une expérience. D'abord la réalisation n'est pas une expérience. Ensuite la réalisation totale éclaire la totalité, cela donne l'omniscience. Donc les textes ici présentés sont issus de cette connaissance absolue et divine, elles ne sont pas l'histoire d'une réalisation.
D'autre part ce texte est seulement un jeu divin. C'est juste un jeu de mot. Les ignorants ne le comprennent pas et le prennent très au sérieux, ils classifient, font des projets, visent telle ou telle chose et fantasment sur leur propre situation, mais surtout, ils critiquent en trouvant à redire (ils savent toujours tout mieux). En fait les auteurs de ces textes plurimillénaires sont simplement des petits plaisantins, ils font des plaisanteries divines. Pourtant si au lieu de tout découper avec le mental on savait être un peu plus enthousiaste et positif, on pourrait beaucoup bénéficier de cette plaisanterie. Mais enfin, l'homme moderne préfère toujours dire qu'il sait, il préfère tout critiquer, il ne sait plus jouer de manière innocente, il croit simplement tout savoir. C'est ridicule et surtout, tragique.

Totem : "Et pourquoi avoir inventé ces mots : REALISATION, EVEIL"

Ces mots ne concernent pas l'Eveillé, ils concernent l'ignorant.

Totem : "D'ailleurs quand on regarde bien le mot éveil n'est pas celui qu'on emploi pour les Saint occidentaux alors que leur parcours est du même acabit."

Oh non, les saints occidentaux ne sont pas au stade de réalisation complète à de très rares exceptions près. Ce ne sont pas des Bouddha ou des Eveillés dans l'immense majorité des cas, simplement des saints (qui correspondraient selon les cas en Orient à des boddisattva, ou des avatars). A vrai dire les auteurs utilisent tous ces mots au petit bonheur la chance, soit parce qu'ils n'ont pas saisi la différence, soit parce que cela n'a aucune importance. Mais la réalisation complète est extrêmement rare.

Totem : "D'autre part lorsque quelqu'un parle d'expériences d'éveil bien souvent il est vu comme un orgueilleux"

Il est vu comme un fangouliste, et à juste titre car il n'y a pas d'expérience d'Eveil. Ceux qui claironnent comme tous ces auteurs occidentaux (et orientaux tout autant), qu'ils sont éveillés sont simplement des imbéciles. Ce mot est pour les ignorants qui imaginent ce qu'ils seraient si il ne leur manquait rien. Si ils supprimaient le manque à sa racine ils réaliseraient alors qu'il ne leur a jamais rien manqué, c'est tout. Eveil est simplement synonyme du Soi. Il n'y a pas d'expérience du Soi pour les uns et pas pour les autres : chacun est déjà le Soi.

Note : ne pas confondre Eveil/Eveillé (le terme qui désigne chez nous un Bouddha) avec les expérience d'éveil impersonnel (sans majuscule) qui sont simplement des expériences du mental cosmique. La quasi-totalité des auteurs occidentaux confondent cela et pensent être des Eveillés, c'est simplement ridicule, mais ils induisent des grandes masses de gens dans une erreur tragique qui leur coupe toute possibilité d'évolution. Il y a besoin de lucidité pour supprimer l'ignorance, ceux qui se pensent réalisés sont bien trop embourbés dans leurs concepts pour pouvoir progresser, ils sont littéralement pris au piège.

Totem : "mais est-ce vraiment connaître ce qui le motive dans ce sens, ça pourrait tout aussi bien être un besoin d'être rassuré sur ce qu'il vit, qu'il n'est pas fou ou autre."

Le sage n'a aucun besoin d'être rassuré et il est très satisfait d'être fou. Nous, Totem avons besoin d'être rassurés, c'est pour cela qu'on dit que nous ne sommes pas Eveillés. Tu vois Totem par tes remarques tu montres à quel point mes avertissements à propos des expériences sont absolument cruciaux. Tu imagines que l'Eveil est une expérience, tu as beau jurer que ce n'est pas ton cas, ton seul mode de pensée est celui là, celui d'une relation entre un individu qui fait une expérience et cette expérience. Mais ce n'est pas une expérience spéciale l'Eveil, ce n'est même pas une expérience du tout, ou alors c'est simplement l'expérience de chacun, l'Eveil c'est simplement être. Chacun est déjà le Soi. Celui qui le sait n'a plus besoin de rien savoir d'autre, étudie la vie des Eveillés, Bouddha, le Christ etc. Ont-ils cherché à se rassurer? Quelle blague! C'est parce que nous sommes obnubilés de façon complètement égocentrique sur notre propre expérience que nous pensons que l'Eveillé parle d'une expérience et nous interprétons tout à la lumière de notre propre incomplétude. Cette interprétation dans laquelle un individu fait une expérience est précisément le signe de la non-réalisation. Ca ne sert à rien de spéculer comme nous faisons sur un être Eveillé, seulement en mettant fin à ce sentiment j'ai une expérience, tous ces doutes se dissiperaient. Le reste est du blabla.

Totem : "L'adepte supervisé par un maître peut se sentir en sécurité"

Le Maître se chargera de dissiper le sentiment de sécurité artificiel. Le seul qui soit en sécurité est celui qui a pris refuge entièrement en sa propre source. Il n'existe aucune autre sécurité nulle part. Celui qui a découvert qui il est, il n'a plus besoin d'aucune autre sécurité d'aucune sorte que ce soit.

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Messagepar Totem » Lun Déc 16, 2013 20:23 pm

Bertrand a écrit :
Tu vois Totem par tes remarques tu montres à quel point mes avertissements à propos des expériences sont absolument cruciaux. Tu imagines que l'Eveil est une expérience, tu as beau jurer que ce n'est pas ton cas, ton seul mode de pensée est celui là, celui d'une relation entre un individu qui fait une expérience et cette expérience. .


Tu vois Bertrand, tu ramène mon commentaire, donc ma façon de m'exprimer à moi-même, si j'utilise le mot expérience c'est que je m'exprime mal, je n'imagine pas l'éveil comme une expérience, loin de là, même si j'emploie ce terme à tout va mais je n'essaierai pas de te convaincre de quoi que ce soit sur ce sujet...

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Messagepar Jagannath » Lun Déc 16, 2013 21:38 pm

L'expression correcte n'est pas une question de savoir livresque. Lorsque l'ignorance a disparu, l'expression ne peut pas être faussée, même un analphabète qui n'a jamais été à l'école peut mettre fin à l'ignorance et alors, il ne peut plus faire le moindre contresens, c'est juste impossible.

Totem : "je n'imagine pas l'éveil comme une expérience"

Bien sûr que si puisque tu supposes qu'il a besoin d'être rassuré sur ce qu'il vit, rassuré de ne pas être fou : lorsque le "je" limité (celui qui peut avoir des qualités comme la folie) a disparu, il n'y a plus personne pour être fou. Ce contresens est tout simplement impossible, rigoureusement impossible lorsque l'ego (le sens de la séparation) est transcendé. Y'a pas moyen, juste absolument résolument impossible. Tous ces doutes seraient levés et même strictement impossibles si tu comprenais que l'Eveil n'est pas une expérience mais le support de toutes les expériences. Tu peux te tortiller dans tous les sens Totem, il serait plus productif d'essayer de mettre fin à ce contre-sens que de gesticuler en prétendant qu'il n'est pas là. Tu peux te duper seulement toi-même. Si un effort est consenti pour transcender les contresens, alors on peut discuter de façon constructive. Si on dit "je n'ai pas besoin car j'ai déjà tout compris", alors inutile de discuter, tu n'as qu'à te mettre toi aussi à écrire des livres en prétendant que tu as transcendé l'ego, tu gagneras beaucoup d'argent, je te donnerai si tu veux deux-trois tuyaux pour avoir l'air un peu plus crédible au cas improbable ou des lecteurs dotés d'un peu de bon sens tombent sur tes écrits. Tous ces auteurs sont aussi persuadés d'avoir transcendé l'ego. On peut voir des vidéos de leurs conférences sur youtube. Pitoyable.

Totem : "je n'essaierai pas de te convaincre de quoi que ce soit sur ce sujet..."

La plus belle prétérition de l'année!
Pourquoi n'admets-tu pas simplement que tu essayes de me convaincre? Tout le monde le voit, un petit enfant le verrait immédiatement! L'honnêteté vis à vis de soi-même permet de ressentir une grande paix, au lieu de résister on se dit : "ah ben oui, je suis si attachée que ça" on se rend compte que le simple fait de l'admettre nous libère et on se sent bien : que de tension qui s'envole et qu'on se sent bien d'être un simple ignorant, un petit pèlerin qui aspire à être libéré de ses chaines, qui aimerait connaître la félicité du Soi... au lieu de se croire accompli! Combien est plus proche celui qui est humble! Cette honnêteté vis à vis de soi-même est vraiment le b.a.-ba sans lequel aucun progrès n'est possible.

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Messagepar Totem » Mar Déc 17, 2013 1:12 am

Bertrand a écrit :
Tous ces doutes seraient levés et même strictement impossibles si tu comprenais que l'Eveil n'est pas une expérience mais le support de toutes les expériences. .


Heu!!! il y a longtemps que j'ai compris ça, d'ailleurs le mot éveil ne me parle pas, je ne le ressens pas tout comme le mot réalisation d'ailleurs, si j'ai la mauvaise idée de l'utiliser certaines fois c'est pour faire comme tout le monde.

De plus ça je n'ai jamais dit avoir transcendé l'égo, il est encore bien présent, je ne m'en suis jamais cachée et je ne pense pas que ceux qui l'ont transcendé sont nombreux. En tous les cas je ne risque pas d'écrire quoi que ce soit, il y a trop de blancs dans mon cerveau, ça n'imprime plus, peut être un début d'Alzheimer qui sait.......


Sinon tu dis : au lieu de se croire accompli! Combien est plus proche celui qui est humble! Cette honnêteté vis à vis de soi-même est vraiment le b.a.-ba sans lequel aucun progrès n'est possible.

Je n'ai jamais prétendu être accomplie et suis loin de croire à quoi que ce soit de ce genre. J'ai peut être des défauts mais pas dans ce sens, tu me connais mal sur ce point.

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Messagepar Jagannath » Mar Déc 17, 2013 15:46 pm

Totem : "Heu!!! il y a longtemps que j'ai compris ça"

C'est précisément cela l'obstacle, la croyance j'ai compris.
Le plus sage des hommes (dixit l'oracle de Delphes), Socrate, disait : "tout ce que je sais c'est que je ne sais rien". Comment des pauvres ignorants comme nous peuvent-ils prétendre savoir mieux que Socrate? Cette croyance qu'on sait quoi que ce soit, qu'on expérience quoi que ce soit etc, voilà l'obstacle lui-même. Abandonnons ces prétentions, et soyons heureux. On ne peut jamais être en paix tant qu'on pense "je sais" et c'est certainement plus difficile pour quelqu'un qui sait quelque chose d'entrer au royaume des cieux que pour un chameau de passer par le chas d'une aiguille.

Sinon ego ne prend toujours pas d'accent sur le E.

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Messagepar Totem » Mar Déc 17, 2013 18:43 pm

Bertrand a écrit :Totem : "Heu!!! il y a longtemps que j'ai compris ça"

C'est précisément cela l'obstacle, la croyance j'ai compris.Le plus sage des hommes (dixit l'oracle de Delphes), Socrate, disait : "tout ce que je sais c'est que je ne sais rien". Comment des pauvres ignorants comme nous peuvent-ils prétendre savoir mieux que Socrate? Cette croyance qu'on sait quoi que ce soit, qu'on expérience quoi que ce soit etc, voilà l'obstacle lui-même. Abandonnons ces prétentions, et soyons heureux. On ne peut jamais être en paix tant qu'on pense "je sais" et c'est certainement plus difficile pour quelqu'un qui sait quelque chose d'entrer au royaume des cieux que pour un chameau de passer par le chas d'une aiguille.

Sinon ego ne prend toujours pas d'accent sur le E.


Tu joues sur les mots là, si tu préfères je peux te le dire d'une autre façon genre je sais que je ne suis pas accomplie et très loin de là d'ailleurs et puis ce n'est pas une finalité, je vis tout simplement sans rien chercher, mais bon tu trouveras peut être un grain de sable encore......si, si...;)

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Messagepar Margotland » Lun Déc 23, 2013 19:14 pm

Du coup je n'ai pas tout lu....
La première étape suffisait à me dire que pas encore....
Au faite pour l'image symboliquement au dessus de sa tête de créature , c'est une lune qui porte une ville???

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Messagepar Margotland » Mar Mar 11, 2014 11:10 am

Avons nous le souci de plaire à Dieu, à gagner une place, à alléger son karma...?
L'action désintéressée est la plus simple preuve d'amour pour le plus pur.
Quant à nous, quant à moi, ne pas penser à un objectif n'est pas si simple, lorsqu'on est conditionné à agir pour....
Même si ce pour peut être légitime si je met pour... Ce n'est plus totalement désintéressée d'où l'importance du silence...
Ouvrir son cœur est si simple lorsque le mental se tais....

Bisous

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Messagepar Odin » Mar Mar 11, 2014 11:40 am

Il faut quand même agir pour se découvrir.
L'action n'est jamais complètement désintéressée mais elle tend à le devenir : c'est en forgeant qu'on devient forgeron.
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Messagepar Huli » Mar Mar 11, 2014 12:42 pm

Le non-agir, ce n'est pas rien faire.
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La Nuit Obscure de l'Âme (étape de réalisation)

Messagepar belladone » Ven Fév 10, 2017 21:25 pm

C'est quoi la nuit noire de l'âme?

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Re: Guérir de la dépression

Messagepar Jagannath » Lun Fév 13, 2017 6:44 am

La nuit obscure de l'âme est l'heureuse période où on apprend à vivre sans la béquille de l'espoir ou d'une divinité extérieure. Elle se produit généralement après avoir renoncé à ignorer la divinité intérieure (premier niveau d'expression de la réalisation : Sattvapatti). En apparence c'est très austère, cela s'apparente à une longue épreuve pendant laquelle la divinité prive totalement le dévot de tout soutien, de tout espoir, de toute manifestation magique, de toute période de satisfaction dans la méditation ou de paix intérieure. On ne raconte généralement pas ça sinon les pèlerins se disent qu'ils ne veulent jamais connaître ça - ou alors on dit que cela ne concerne pas tout le monde. La vérité c'est que c'est une période de grand bonheur qui commence un certain temps après Sattvapatti (quand le pèlerin est prêt tout simplement à faire cet apprentissage, ça peut intervenir rapidement ou très longtemps après et le pèlerin n'a pas à s'en inquiéter car cela ne lui arrivera que lorsqu'il en aura lui-même envie) et qui prend fin lorsqu'un beau jour la divinité déverse ses grâces sur le pèlerin qui, endurci par cette longue austérité, ne les saisit pas, n'en ressentant plus le besoin ni l'utilité. A ce stade le pèlerin ne fait plus de différence entre le bien et le mal, il a atteint Asamsakti (second niveau d'expression de la réalisation) : le détachement total ou l'équanimité parfaite. Il perçoit exactement de la même façon la grâce, le succès, les obstacles, les difficultés, les récompenses ou les punitions et son humeur n'est plus influencée par les circonstances. On appelle aussi cette étape la libération car le pèlerin n'a dès lors plus besoin de s'incarner dans le cycle du samsara - il peut continuer son chemin dans les mondes divins des âmes libérées s'il le souhaite.


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