Pseudo-Advaïta : fausse réalisation, faux guru, faux maîtres

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ॐ भूर्भुव: स्व: तत्सवितुर्वरेण्यं । भर्गो देवस्य धीमहि धीयो यो न: प्रचोदयात् ।।

Om Bhūr Bhuvah Svaḥ
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Pseudo-Advaïta : fausse réalisation, faux guru, faux maîtres

Messagepar Jagannath » Dim Déc 30, 2012 21:46 pm

[pseudo-advaïta, neo-advaïta, faux guru, fausse réalisation]
Pseudo-Advaïta : fausse réalisation, faux gurus, faux maîtres

Un webmaster avait fait un site sur la spiritualité, un jour il fit un article sur le pseudo-advaïta, qui reçut plus de visiteurs que tout le reste de son site. Beaucoup de sites avaient fait un lien vers son article, chacun se réjouissant de savoir démasquer les faux maîtres spirituels. Ce pauvre webmaster en a été très déçu, telle n'était pas son intention. Le plus drôle, c'est que bien entendu, tous les faux-maîtres qui sévissent sur l'internet et parlent de non-dualité à tort et à travers, on évidemment envoyé un lien vers cette page, afin de montrer qu'ils sont du côté "des vrais", il n'y a évidement pas de meilleure preuve qu'on est un vrai maître que lorsqu'on dénonce les faux c'est bien connu!

Avertissons donc tout de suite qu'il n'est pas question ici de donner aux lecteurs la joie de pouvoir rejeter tel ou tel enseignement et de se réjouir de savoir que tel ou tel maître est un faux maître. Ce que nous allons dire ici est bien plus intéressant, mais les joies que cela peut procurer sont trop subtiles pour ceux qui désirent ce genre de petits plaisirs, revanches mesquines dues à la jalousie ou à l'orgueil de se sentir "au-dessus".

Mais il faut quand même savoir que beaucoup de gens s'improvisent "maîtres spirituels" en n'ayant à peu près rien compris et égarent leurs disciples. Ils ne disent pas de grosses bêtises, en fait, ils répètent en croyant les avoir compris, des enseignements. Sont-ils des escrocs? Les escrocs véritables sont très rares, nous n'aborderons pas ce sujet. Nous parlons ici de la vaste majorité des maîtres autoproclamés qui sont en vérité d'absolue bonne foi.

Comment peut-on être de bonne foi quand on se proclame "Maître Réalisé" si on ne l'est pas? Il va nous falloir étudier un petit peu ce qui se produit sur le chemin spirituel. Il y a plusieurs étapes au cours desquelles le pèlerin risque de se croire parvenu à la Réalisation. "Risque" est d'ailleurs un mot bien faible. Seuls de rares yogis dotés de prédispositions exceptionnelles resteront inaffectés et continueront la route en gardant seulement le but ultime en vue.

Le premier piège se situe au tout début du chemin pour ceux qui s'intéressent à la philosophie de la non-dualité. La contemplation des vérités philosophiques de la non-dualité peut mener à une expérience de contemplation qui dure quelque peu et dans laquelle toutes les angoisses semblent avoir disparu. On pense "avoir compris" intellectuellement et on pense que la compréhension intellectuelle est en-elle-même la réalisation. Cette erreur n'est pas durable, parce que d'une part, l'état de contemplation prend fin et d'autre part il suffit de lire avec attention les textes authentiques pour s'apercevoir du malentendu. Cependant, de nos jours, de nombreuses personnes font preuve d'un excès d'enthousiasme, et en plus, les textes authentiques sont souvent remplacés sur internet par des textes issus de piètres enseignants. Certains pèlerins sont donc amenés à annoncer leur "réalisation" à qui veut l'entendre avant d'avoir pu expérimenter le retour à la misère quotidienne d'un mental agité. Et c'est là que le bât blesse. Car autant se croire réalisé est une illusion comme une autre qui peut venir, trois petits tours et puis s'en va, y'a rien de grave. Autant une fois qu'on a raconté à tout le monde qu'on est réalisé, le terrible orgueil rend difficile de s'en dédire par la suite. Et c'est là que commence le montage branlant d'argumentation intellectuelle, et d'utilisation du savant vocabulaire de la philosophie de l'Advaïta Védanta ("je ne vois pas de dualité, il n'y a pas d'individu, il n'y a que le Soi" etc.) pour maintenir la façade. Un tel individu n'est pas bien dangereux, mis à part qu'il tend à décrédibiliser aux yeux des gens sérieux toute la philosophie de l'Advaïta Vedanta. On voit cependant ce genre d'individus sur les forums. Ils maintiennent l'illusion quelques temps pour se rassurer puis changent de forum pour aller parler de leur réalisation ailleurs auprès de gens plus aptes à les comprendre... Ils ne sont pas bien méchants, ils sont comme des gens névrosés, au fond ils savent bien qu'ils n'ont aucune réalisation, mais comme ils pensent que leur connaissance intellectuelle du sujet est suffisante, ils se disent qu'ils méritent bien d'être considérés comme tels, et comme ils se croient brillants, ils pensent que la réalisation viendra à force de répéter tout ça. Evidemment, c'est une impasse grossière et sans issue vu qu'il n'y même pas de pratique spirituelle pour sortir de l'impasse. La seule solution ici est l'humilité et reprendre la route.

Le second piège est la première expérience du samâdhi, c'est à dire l'extase mystique (समाधि). Dans cette expérience le sujet qui médite fusionne avec l'objet de la méditation. Le sentiment de séparation individuelle s'évanouit. Un pèlerin mal informé pourra prendre cette expérience pour la réalisation. Bien entendu, l'expérience prend fin à la fin de la méditation, mais il croit ensuite que le souvenir de cette expérience équivaut à l'expérience elle-même. Cette confusion est due à l'identification au mental. Celui qui croit être le mental croit que s'il pense à l'expérience du samâdhi, il est pareil qu'en samâdhi. Bien entendu cette position ne tient pas non plus, un tel chercheur est au fond comme le précédent, simplement aux prises avec une névrose. Mais comme il a une certaine expérience (superficielle mais c'est toujours ça) et un souvenir bien réel, il peut s'autopersuader plus facilement et se mettre dans la situation embarrassante de s'être proclamé Eveillé à qui veut l'entendre, bref pris dans le même piège dont l'orgueil empêche ensuite de sortir. Le même piège peut se produire avec le développement de pouvoirs occultes qui peuvent parfois apparaître après des expériences répétées d'extase mystique : clairvoyance, ouverture du troisième oeil, ouverture partielle du chakra coronal, etc. Toutes sont de nouvelles occasions pour sombrer dans la névrose. Comme nous l'avons expliqué par ailleurs il y a plusieurs stades dans la dissolution de l'ego par l'extase du samadhi. Bien souvent on voit des prétendus "témoignages d'éveil" de la part de personnes qui ont tout de même fait l'expérience de la vacuité ou qui l'ont reconnue comme étant la lumière du coeur - après ce genre d'expérience on peut passer des jours dans un état d'amour universel. Ce sont de belles expériences mais il ne faut pas les prendre pour la réalisation du Soi. Certains sont parvenus à la claire lumière d'exemple initial, mais là non plus cela ne suffit pas pour initier la réalisation qui demande la claire lumière d'exemple ultime.
De tels faux-maîtres ne représentent pas un danger sérieux pour le chercheur qui a un peu de clairvoyance, cependant, dans de rares cas, la névrose se transforme en psychose, et le maître devient un faux-guru-paranoïaque comme on en connait quand même beaucoup, qui nage en plein délire et finit parfois dans sa fuite de la réalité par organiser des suicides collectifs ou à orchestrer des fins tragiques. Dans tous les cas les membres de ce genre de sectes subissent de plein fouet la folie mégalomane du "pseudo-guru".

Le troisième piège concerne des pratiquants plus avancés. Le pèlerin sincère qui a mis en pratique de tout son coeur l'enseignement spirituel par une sadhana intense (sadhana = ensemble de pratiques qu'on adopte avec la détermination d'arriver à la réalisation) et ininterrompue, qui réussit à rester pleinement concentré sur son but seul sans se laisser distraire par rien, ni les plaisirs ni les malheurs, s'établit peu à peu en niddhidyasana (s'accrocher à l'expérience de méditation et ne plus s'en détourner). De cette pratique, il en ressort que le samâdhi (extase obtenue en méditation mais qui pour le débutant s'interrompt quand les activités quotidiennes sont reprises), pourra continuer pendant les activités quotidiennes et indépendamment d'elles. Il n'y a pas de critère pour savoir quand, en général le pèlerin est testé et parfois durement avant que la grâce se révèle. Lorsqu'elle se révèle, il est troublé, il parle généralement d'immersion dans l'amour pur, puis fait l'expérience de la vacuité (l'expérience semble complète ici mais elle n'est qu'un reflet) il faut un certain nombre d'expériences avant que le pèlerin réalise la source de ce samâdhi (extase mystique) comme étant le sans-forme, éternel, tout-pénétrant. Il parvient à la claire lumière d'exemple ultime, entre en état de turîya, ce mot n'est pas traduisible, c'est un état de joie naturelle, parce qu'il ne se sent plus jamais séparé de la source éternelle de joie. Turîya correspond à la Claire Lumière d'Exemple Ultime chez les bouddhistes, à l'accomplissement valide de l'Oeuvre au Noir chez les hermétistes, c'est l'état qui est le support de tous les autres états du mental. Lorsque turîya est réalisé, le pèlerin est en permanence au-delà des états de veille, de rêve, de sommeil profond. Ils voit désormais ces états comme des modifications intérieures au mental, mais lui se situe par-delà. Il perçoit les changements d'état du mental comme des événements à l'intérieur de lui-même, mais ne se sent plus modifié lui-même par ces modifications du mental. En d'autres termes, il ne ressent plus des états de conscience, mais plutôt la conscience des états où les états changent mais la conscience reste toujours inchangée. A ce stade, il y a de très grandes chances pour que le pèlerin pense être parvenu à la réalisation. Jusqu'à présent, les étapes supérieures du chemin spirituel n'étaient pas compréhensibles pour lui. On lui a dit que la réalisation c'est lorsque le samâdhi devient naturel, et il a trouvé lui-même la source du samâdhi et y reste naturellement accroché. Que demander de plus? Pourtant il ne connait encore à ce stade que les expériences superficielles du samâdhi. De plus, il y a encore des rechutes. Il est vrai qu'elles se feront de plus en plus rares puis disparaîtront, mais ce n'est évidemment pas l'état de réalisation sans retour. Selon les bouddhistes, à ce stade, l'individu ne reconnait plus le corps physique comme son corps principal, il n'a donc plus la peur panique de la mort puisqu'il est identifié à un corps subtil appelé le "corps illusoire divin". Mais ce n'est pas encore le "corps illusoire pur" des Bouddha.
On voit ici comme la menace de se croire réalisé est grande. Pourtant est-ce une menace? En pratique, un tel pèlerin est parvenu à ce qui était jusque là son but : la félicité ininterrompue. Pourquoi devrait-il en être insatisfait? Il a toutes les raisons d'être satisfait. Un tel pèlerin de plus a déjà beaucoup travaillé, il est peu probable à ce stade qu'il crie sur tous les toits sa réalisation, parce qu'il a bien d'avantage le désir d'aider autrui que de développer son ego. Son ego d'ailleurs a été tronqué de toute sa dimension grossière. Il est devenu impersonnel. Un tel chercheur peut-il vraiment causer du tort? Justement parce que son ego est tronqué, il ne s'en méfie plus. L'ego impersonnel reste le support d'un orgueil subtil et encore tout à fait dangereux. Il est vrai que ce pèlerin est souvent très généreux, il ne pense qu'à aider autrui, mais il transmet l'enseignement de façon incomplète, très incomplète même et s'imagine pourtant que c'est l'enseignement complet. S'il s'autoproclame réalisé et commence à donner un enseignement, il faut dire honnêtement la vérité, c'est un médiocre enseignement, parfois même néfaste qui encourage chez les étudiants le même orgueil qui perdure chez l'enseignant. Il n'y a pas de mal à donner ce qu'on peut, le problème est que s'il veut enseigner en étant parvenu à ce stade, il faut qu'il réalise que son enseignement n'est pas celui d'un maître, que c'est juste un partage avec ses semblables. S'il n'enseigne pas et ne se proclame pas maître, alors il n'y a aucune objection à ce qu'il se considère lui-même comme "réalisé". Cela n'est pas un obstacle. D'ailleurs c'est considéré comme pertinent pour que toute une école traditionnelle (et védique) de la non-dualité (école de la réalisation progressive) de l'admette (j'ai écrit l'article Les sept étapes de la sagesse selon cet enseignement), et il est courant de nommer cela "réalisation". C'est seulement s'il se met à enseigner et à donner des initiations qu'un tel pèlerin non seulement trompe insidieusement ses disciples, mais en plus, se bloque toute possibilité de progresser d'avantage. Cependant, des maîtres autoproclamés qui sont à ce stade de réalisation incomplète, il y en a énormément. Leur expérience est suffisante pour faire illusion facilement, y compris pour eux-mêmes. Même si une telle mégalomanie reste impersonnelle, il peut se développer tout de même une mégalomanie et de nombreux problèmes. La secte des allumés de Krishna par exemple a souffert d'un tel individu. Cette secte est source de raillerie à cause de ses doux-rêveurs qui chantaient "Hari-Hari..." dans les rues car tout le monde sait comment leur "guru" s'est moqué d'eux a détourné l'argent etc. Pourtant celui qui a développé ce mouvement était un sage exceptionnel. A sa mort, il a désigné un disciple dont il estimait qu'il avait la capacité de prendre la suite, mais qui a "mal tourné". Enfin, ce genre d'histoire se termine moins mal que celle des guru-paranoïaques. Même si l'orgueil est encore dangereux à ce stade, la lumière est plus forte au fond. Le maître en question chez les "allumés de Krishna" a finalement admis son aveuglement et s'est excusé humblement pour tout le tort qu'il avait causé. Il n'empêche que le préjudice fut énorme pour un mouvement spirituel d'une grande authenticité qui était devenu un vrai phénomène, rempli d'espoir, aux Etats-Unis, et qui a été réduit en cendres par cette négligence. De nos jours, on trouve sur internet beaucoup de ce genre de chercheurs qui se disent "réalisés", beaucoup aussi écrivent des livres sur la spiritualité, qu'elle soit occidentale, bouddhiste, ou relevant de la philosophie de l'advaïta, il n'y a pas de mal à écrire pour essayer d'aider autrui, mais il y a un grand préjudice si on se fait passer pour ce qu'on n'est pas. Malheureusement leur expérience leur permet de faire illusion d'autant mieux qu'ils sont persuadés de leur réalisation. A cause de ces faux-guru, toute la spiritualité se retrouve suspectée et rejetée par des gens intelligents, qui se rendent compte qu'on se moque d'eux. Beaucoup de belles traditions spirituelles et religieuses ont décliné et perdu leur sens à cause de ces individus qui peu à peu, involontairement, isolent le message de sa source véritable en le faisant passer dans toute sa merveilleuse beauté pour leur propre expérience partielle. Généralement, c'est seulement si l'expérience arrive trop vite qu'elle mène à des déboires. La tempérance évite les problèmes.

Le quatrième piège : lorsque l'état de turîya est devenu très stable, le pèlerin peut commencer à faire des expériences de samadhi (extase) bien plus puissantes. Dans beaucoup de cas d'ailleurs ce n'est qu'à partir de là que les maîtres parlent vraiment de samadhi (en fait, tout dépend des sources). Ces expériences d'extases plus avancées (qui correspondent pour les bouddhistes à la la Claire Lumière du Sommeil) lorsqu'elles sont maintenues, ou bien par la présence et la grâce du maître réalisé, mènent finalement à l'expérience directe de la vacuité : la Claire Lumière de Signification (pour les bouddhistes) et pour les hermétistes à l'Oeuvre au Blanc, et on l'appelle turyâtîta dans les textes indiens. Turyâtîta signifie au-delà de turya. On qualifie cela d'état par manque d'un terme adéquat, mais il n'est plus ici question d'état. Il n'existe plus de différence. Turyâtîta est disons l'état ou plutôt le non-état dans lequel se trouve en permanence l'être parfaitement réalisé. Ce qui cause le quatrième piège : cet état est confondu avec la réalisation, même certains textes sacrés peuvent entretenir cette confusion (parce qu'ils sont mal compris) du fait que c'est bel et bien l'état (ou plutôt le non-état) du Bouddha. Ce qui se passe ici, c'est que toutes les vasana (les habitudes du mental) sont désactivées presque totalement à leur source même car l'individu qui en est le support a lui-même disparu à tous les niveaux perceptibles (formels) même subtils. La conscience est pure, il n'y a plus aucune conscience identitaire, ni sous forme individuelle, ni sous forme subtile comme dans turîya (impersonnelle).
Cependant nombre de yogis parviennent au terme de leurs longues années de pratiques et d'étude, à stabiliser plus ou moins fermement l'état de turyâtîta. Il est très difficile à ce stade de ne pas se croire réalisé. Comme il n'est plus perçu de "je", la question est sans objet et il n'existe aucun signe clair de non-réalisation. Si on lui demande, un tel être répondra en toute sincérité que l'individu qui cherchait la réalisation a disparu. Ce qui pour beaucoup est la définition même de la réalisation. Le seul problème : il n'a pas disparu, il a juste été désactivé. Il existe à l'état de graine presque morte en apparence, mais qui vit encore au niveau causal (dans l'enveloppe de félicité) prête à germer de nouveau. Et à ce stade il devient bien difficile pour un pèlerin ordinaire, de le distinguer des vrais éveillés. Ils en ont beaucoup de qualités apparentes. D'ailleurs leur enseignement est généralement très valable, quoi qu'incomplet. De tels maîtres ne sombrent plus dans les affres de la mégalomanie, même s'ils délirent parfois un peu, leurs visions ont beaucoup de justesse. Ils peuvent aussi accorder des initiations très puissantes et dégager une paix très puissante, similaire (à vue de nez) à celle des êtres pleinement réalisés. La différence est qu'elle n'est pas totalement ininterrompue et moins puissante, mais surtout qu'elle est moins subtile. Au niveau le plus subtil du plus subtil, la fréquentation d'une être authentiquement et pleinement réalisé effectue un travail que ne peut pas avoir lieu ici. Le bénéfice est donc très inférieur car le travail qui n'est pas fait est en fait le plus difficile. Tous les maîtres vraiment sérieux de ce niveau méritent cependant la plus grande considération. Leur mérite est incomparable. Si tous les gourous intellectuels américains ou occidentaux qui écrivent tant de livres sur l'advaïta et la réalisation étaient parvenus à ce stade, ce serait déjà merveilleux. En Inde, il est plus difficile de faire illusion qu'en occident. Seuls les maîtres de ce genre d'envergure (ou au-delà) bénéficient vraiment d'une très large reconnaissance.

Le cinquième piège c'est rebelote : lorsque turyâtîta est devenue stable, l'expérience de samadhi la plus profonde peut avoir lieu. C'est l'expérience ultime de dissolution avant la réalisation. Elle est tellement ultime qu'il n'en faut pas beaucoup pour brûler totalement les derniers vestiges d'identification les plus subtils. Parfois une seule suffit. Mais pas toujours et c'est là le dernier piège. Les écritures sacrées associent si intimement la réalisation et cette expérience d'extase absolue que bien souvent les disciples en concluent sans la moindre hésitation que celui qui raconte cette histoire est pleinement réalisé. Or il n'est pas toujours assez lucide apparemment pour infirmer. Cette extase suprême est appelée nirvikalpa samâdhi en Inde, et Claire Lumière de la Mort pour les bouddhistes.. C'est l’auto-dissolution la plus ultime et subtile de l'ego. Après quelques expériences de ce genre, parfois dès la première, la graine causale première et unique de l'ego et de toutes les vasana est définitivement détruite. C'est la réalisation totale. Ceux qui sont parvenus à nirvikalpa samadhi et se croient pleinement réalisés sont un certain nombre. A vrai dire ceux pour qui l'expérience est complète sont des sages très avancés, leur enseignement est excellent. Un cas étonnant est par exemple U.G. Krishnamurti (ancien théosophe) qui décrit des phénomènes occultes à l'oeuvre avant l'expérience de nirvikalpa samadhi. Il est difficile de dire s'il y a les signes de la réalisation totale, mais assurément un enseignement très original et clairement inspiré.

Dans tous les cas, le Maître qui a le pouvoir d'aider pleinement chacun de façon parfaite est celui qui est parfaitement réalisé. Celui qui a définitivement détruit la graine causale originelle de l'ego. Cela se nomme Moksha en Inde, Bouddhéité chez les bouddhistes, c'est la dernière étape (Oeuvre au Rouge) du Grand Oeuvre des alchimistes. Les autres sont des compagnons, des maîtres aussi, mais sans la majuscule. Nous avons donné une correspondance approximative (il y a toujours des différences de connotation, et parfois des écoles différentes qui n'utilisent pas les mêmes mots ou pas pour la même chose) avec le bouddhisme et l'hermétisme. Il est entendu que les mêmes confusions et fausses réalisations existent dans toutes les voies spirituelles du monde.

Maintenant que nous avons fait tout ce chemin pour démonter et disséquer les vrais et faux maîtres, les causes de fausse réalisation et les divers niveaux d'expériences des maîtres en question, il me faut faire le travail inverse car tout cela ne vaut pas un clou. Je ne dis pas que vous avez eu tort de lire jusque là. J'ai essayé de faire au plus clair, car c'est somme toute assez clair si on prend la peine de bien lire les paroles des sages. Je ne sais pas si ce que je vais dire va vous faire plaisir maintenant, mais tout ce bla-bla, ce long discours si important pour discerner le vrai du faux, parle de choses totalement irréelles. Toutes ces distinctions existent seulement pour celui qui n'est pas réalisé et cette préoccupation est par elle-même non-réalisation. Une illusion bien disséquée reste une illusion. Pour le sage réalisé, toutes ces distinctions n'ont aucune existence, il n'y a pas d'étape, pas de réalisation, pas de chemin, pas de niveau.

Aborder la voie spirituelle par ce chemin fait d'étapes précises est une erreur. Cela revient à vouloir rejoindre le grand océan de la liberté en restant amarré au port. La plupart des chercheurs s'inquiètent de savoir si tel ou tel maître est réalisé etc. C'est prendre le problème complètement à l'envers. Le Maître n'est pas extérieur. Il n'y a rien d'extérieur qu'on puisse appeler "maître". Celui qui cherche la vérité vraiment, de tout son coeur, c'est à dire en appliquant tout ce qu'il sait d'Elle (mettre en pratique toutes les vertus divines de toutes ses forces) n'a strictement aucune raison de s'inquiéter du Maître. Il n'a pas besoin de chercher le maître car le Maître est déjà à sa recherche. Le Maître n'est pas prisonnier de la forme et limité par elle comme nous le croyons toujours, nous prenons à tort le maître pour un corps physique, mais le Maître est totalement transcendant. La forme est au contraire son serviteur zélé, elle lui obéit de manière occulte et totale. Le Maître est omnipotent. Le Maître arrivera par où Il doit arriver, la forme n'a pas d'importance pour Lui, il les embrasse toutes. Par conséquent, la seule chose que doit avoir en tête le pèlerin, ce n'est pas de disséquer le chemin spirituel pour reconnaître le Maître, c'est de mettre toujours en pratique de tout son coeur la spiritualité et la Vérité et ainsi s'abandonner au Maître. Par cette attitude authentique, tout sera résolu, finalement, le maître se révélera TEL QU'IL EST. Celui qui a compris ce seul point essentiel peut faire l'économie de tout le reste, ainsi il voyagera léger et se sentira libre comme l'air...!

Qu'est-ce alors que le Pseuso-Advaïta? Cette fausse doctrine? Dès qu'un être, même parvenu à la suprême réalisation, parle de cette réalisation, c'est seulement un discours pour le mental. C'est donc déjà du Pseudo-Advaïta, ce ne peut pas être l'expérience elle-même. Le discours sur l'Advaïta est comme une noix. Les mots sont la coquille. Il ne faut pas l'avaler, il faut manger seulement la noix. La coquille est là pour contenir la noix, c'est le seul rôle ici des mots. Mais le véritable enseignement est entre les mots, il est dans le silence.
Modifié en dernier par Jagannath le Lun Avr 08, 2013 20:25 pm, modifié 8 fois.

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Messagepar Jagannath » Lun Déc 31, 2012 0:00 am

Pour cet article, c'est vrai, j'ai résisté à donner des noms et des liens vers certaines illustrations criantes des divers cas présentés ici. Notamment, vous vous doutez que j'ai lu des tas de blogs et forums ou tout un tas de personnes "réalisées" (!) racontaient leur expérience. J'ai aussi eu trop souvent l'occasion d'écouter les confessions de compagnons de route en Inde, auprès de tel ou tel enseignant, qui m'ont confié que voilà, ça y est, ils sont réalisés! Et j'ai mis plus de temps à m'apercevoir que certaines personnes considérées comme des maîtres réellement (avec ashram et disciples) ont des lacunes énormes. Au début on n'ose pas y croire, on pense à une stratégie mystérieuse. Mais à la fin il faut se rendre à l'évidence. Quant aux écrivains de tous pays, cela ne demande pas aussi longtemps pour s'en apercevoir car ceux là on un mobile : gagner leur vie. Pourtant, la chose étrange, c'est leur sincérité dans cette affaire. Après une analyse attentive, il est évident qu'ils pensent vraiment être parvenus au sommet ultime de la spiritualité. Tout cela laisse quand même une impression de tristesse et de perplexité. Cet article avait un peu pour but d'éviter aux lecteurs sur la voie de tomber dans ce trop gros panneau. Si quelqu'un affirme qu'il est réalisé, il ne fait que discréditer la spiritualité dans son ensemble, et de toutes façons personne ne le croit. Chacun se pense plus malin que lui et l'attend au tournant. Une telle position est intenable. Puissent les visiteurs de ce site qui s'engagent dans une pratique sérieuse et désirent la réalisation, faire preuve d'humilité et donner ainsi un vrai bon exemple, quelles que soient les transes merveilleuses qu'ils expérimentent.

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Messagepar Odin » Lun Déc 31, 2012 2:09 am

Je suis Réalisé.

Ah pourquoi j'entends un "LOOOOLLL" perpétuel et non plus "ÔMMM" ??

C'est en plein dans la conversation que j'ai eu au tel avec Meje.
La seule chose que peut faire le maître, c'est nous pousser à travailler. Donc il faut travailler dès maintenant, sinon que ferons nous devant le maître ? On n'est pas parfait mais l'important c'est de faire comme on peut, mais de le faire.
Il faut commencer par le début, choisir un enseignement, et bosser.

Un jour j'étais désespéré et je gémissais (c'est le mot que j'avais en tête). Je prends mon livre fétiche de spiritualité et là je lis "Du fond de l'abîme, tu gémis, mais tu es le moyen."

Combien de messages ne recevons nous pas chaque jour que nous ignorons par manque de confiance ??

Rigueur. C'est ce qui manque à tout le monde. On a tous la passion, il manque la rigueur. Quand on usera de rigueur, on aura besoin de plus de passion, et bizarrement c'est la rigueur qui va en maintenir la flamme car le mental devient fort et habitué.


J'ai trouvé un lexique de sanskrit je sais pas si ça servira à grand chose mais voilà : http://www.moncelon.com/LexiqueSanskritIAST.pdf
Fais de l'Amour ta magie

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Messagepar Jagannath » Lun Déc 31, 2012 9:09 am

Odin : "Il faut commencer par le début"

Oui et le début est ici et maintenant. Nous croyons peut-être savoir bien peu sur la spiritualité, mais nous pouvons mettre en pratique le peu que nous avons. Sans cela, il ne se passera rien.

Odin : "Rigueur. C'est ce qui manque à tout le monde. On a tous la passion, il manque la rigueur. Quand on usera de rigueur, on aura besoin de plus de passion, et bizarrement c'est la rigueur qui va en maintenir la flamme car le mental devient fort et habitué."

Les deux piliers ne peuvent tenir l'un sans l'autre.

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Messagepar Jagannath » Lun Déc 31, 2012 13:05 pm

L'expérience (complète ou seulement très avancée?) d'U.G. Krishnamurti
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U.G. Krishnamurti (Uppaluri Gopala Krishnamurti 9 juillet 1918 – 22 mars 2007) est un penseur Indien qui rejetait la base même de la « pensée » en termes de Réalité Ultime ou de Vérité. Ce faisant, il niait tout système de pensée ou de connaissance s'y référant. Affichant son détachement aux accents de cynisme parfois un peu nihiliste comme ou peut trouver chez Diogène ou Nietsche, il n'a pas laissé indifférent, créant des opinions vivement divisées : considéré comme un éveillé par les uns ou comme un vulgaire charlatan par les autres. La vérité est peut-être entre les deux. (Il ne faut pas confondre U.G. Krishnamurti et un autre ex-théosophe du même nom : Jiddhu Krishnamurti dont nous avons parlé par ailleurs en abordant la théosophie.)

D'abord, évitons de penser qu'U.G. Krisnamurti n'est qu'un intellectuel. Il suffit de se pencher un peu sur sa biographie pour s'apercevoir qu'il a été un chercheur extrêmement sérieux, accumulant des années de yoga auprès d'un maître, d'autres années de recherches au sein d'une société ésotérique, des pèlerinages et des échanges avec des saints, le tout animé par un désir intense de compréhension. Puis il y eut l'expérience de mort en pleine conscience, a partir de laquelle il a bénéficié de cette aura d'Eveillé pour beaucoup de chercheurs, tenant un discours un peu nihiliste, très intéressant. Quel est le fond de son enseignement? Qu'il n'y a pas d'enseignement. Que la seule chose qu'il puisse faire c'est détruire une certitude, puis ensuite détruire la certitude qui a détruit la précédente etc, mais que finalement, l'expérience qu'il a eu est sans rapport avec tout cela, même avec la spiritualité, les pratiques etc.

« Je n'ai pas d'enseignement. Il n'y a rien à préserver. Enseigner implique quelque chose qui peut être utilisé pour apporter le changement. Désolé, il n'y a pas d'enseignement ici, juste des phrases décousues, déconnectées. Ce qu'il y a là n'est que votre interprétation, rien d'autre. Pour cette raison il n'y a pas maintenant, pas plus qu'il n'y aura jamais, la moindre sorte de copyright pour quoi que ce soit que je dise. Je n'ai pas de revendications. »
« Je suis forcé par la nature de votre écoute de toujours nier la première affirmation par une autre affirmation. Puis la seconde affirmation est niée par une troisième et ainsi de suite. Mon but n'est pas quelque thèse dialectique confortable mais la négation totale de tout ce qui peut être exprimé. »


Avant d'en arriver là, quelle a été son expérience? Il y a un évènement qu'UG a raconté, mais qu'il ne semble pas mettre vraiment en rapport avec son expérience. Pourtant! Suivez mon regard :

En 1939, à l'âge de 21 ans, U.G rencontre Ramana Maharshi. U.G raconte lui avoir alors demandé : « Cette chose appelée moksha [Illumination], pouvez-vous me la donner ? ». Ce à quoi Ramana Maharshi aurait répondu : « Je peux la donner, mais peux-tu la prendre ? ». Cette réponse a complètement transformé les perceptions qu'avait U.G du « chemin spirituel » et de ses pratiquants, et il ne rechercha jamais plus le conseil de « ces gens spirituels ». Plus tard, U.G dira que la réponse du Maharshi (qu'il avait perçue comme « arrogante ») l'a remis « dans le droit chemin » [source : http://www.inner-quest.org/UG_R.htm ].

Des années plus tard, UG subit une série de transformations physiques (il semble selon certaines source qu'il a beaucoup rajeuni, en tout cas lui ressentait des changements importants aussi divers que variés certains ont attesté ces changements). Et tout ces changements semblent déboucher sur l'expérience dont nous parlions plus haut de l'extase la plus avancée (nirvikalpa samadhi) :
    Quelque chose se produisit en moi: l'énergie vitale issue des diverses parties du corps convergeait vers un point focal. Je me dis alors: « Te voici maintenant parvenu au terme de la vie. Tu vas mourir ! ». J'appelai Valentine et je lui dis: « Je vais mourir, Valentine, et il te faudra disposer de mon corps. Remets-le aux médecins; ils pourront peut-être l'utiliser. Je ne crois pas à l'incinération, ni aux funérailles, ni à tout ce bazar. Dans ton intérêt, tu devras en disposer. Il en viendrait un jour à sentir mauvais... Alors pourquoi ne pas t'en débarrasser ? ». Elle me dit: « Tu es étranger. Le gouvernement suisse ne voudra pas de ton corps. Laisse tomber !... », et elle sortit. Et la même histoire reprit: cet effrayant mouvement d'une force de vie, convergeant, semblait-il, vers un point donné... J'étais étendu sur le sofa. Le lit de Valentine était vide. J'allai m'y étendre, prêt à tout évènement. Valentine allait et venait sans me prêter la moindre attention. Elle me disait: « Un jour, tu dis que telle chose a changé, le lendemain, c'est encore une autre chose et ainsi de suite ! Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? ». Elle n'avait jamais pris le moindre intérêt aux questions religieuses... « Tu dis que tu vas mourir. Tu ne vas pas mourir. Tu es bien, tu es gaillard et en pleine forme ! »... Le phénomène continua de suivre son rythme. Toute l'énergie vitale avançait vers quelque point focal situé je ne sais ou. Tout se passait comme si l'objectif d'une caméra essayait de se refermer— c'est la seule comparaison qui me vienne. En fait, ma description est tout à fait différente de ce qui se passait réellement parce qu'il n y avait alors personne pour employer mentalement ces termes. Tout cela fait partie de mon expérience vécue, sinon je ne pourrais pas en parler. Je constatais donc que l'objectif tentait de se refermer et qu'une certaine force tentait de le maintenir ouvert. Au bout de quelques temps cette résistance cessa, et soudain la fermeture s'opéra. Je ne sais ce qui arriva par la suite.
    Le processus de cette « mort » avait duré quarante-neuf minutes. C'était comme un mort physique. Cela m'arrive encore maintenant: mes pieds, mes mains refroidissent, les battements du coeur ralentissent, le souffle également et il y a suffocation. Jusqu'à un certain point, vous êtes présent. Vous en arrivez, semble-t-il, à votre dernier souffle et c'est la fin... Ce qui arrive ensuite, personne n'en sait rien.
    Quand je sortis de cet état, quelqu'un m'apprit qu'on m'appelait au téléphone. Je descendis répondre. J'étais hébété. Je ne savais pas ce qui m'était arrivé. La mort physique ?... Ce qui me rendit à la vie, je n'en sais rien. Combien de temps cela dura ? Je n'en sais rien... Je ne peux rien en dire parce que l'expérimentateur n'existait plus: il n'y avait personne pour faire l'expérience de cette mort. C'était donc fini... Et je me mis debout...
On aura tout d'abord noté que cette extase a été vécue par UG comme une calamité. Non pas pour lui, il avait apparemment le détachement suffisant, mais il la nommait ainsi en référence à ce que cela lui semble être dans des critères courants. C'est une expérience de mort. Comme Earyndil a fait remarquer (sur un autre forum) une autre observation intéressante est qu'UG décrit avant cela la purification des 5 vents des 5 sens de façon précise, ce qui indique probablement l'authenticité de l'expérience, comme il est indiqué dans la doctrine secrète bouddhiste. Earyndil dit : "il décrit exactement le processus de dissolution des vents dans un point d'entrée du canal central, et l'impression de mourir qui en résulte." On notera ensuite que c'est la même expérience presque identique à celle que décrit Ramana Maharshi.

Or comment ne pas relier cet évènement à la discussion qu'il eut avec Ramana Maharshi? "Je peux te la donner, mais peux-tu la prendre?" La réponse du Maître semble en quelque sorte prendre vie ici. Il est curieux qu'ensuite UG nie tout lien entre son expérience et sa recherche spirituelle préalable. Il y a un point de vue où c'est exact, mais cette affirmation d'UG en contradiction apparente complète avec ce qui semble être véritablement la grâce de Ramana Maharshi pose un problème. Il semble clair ici que la réalisation d'UG est incomplète, même si l'expérience de Nirvikalpa est réelle et inspire puissamment son enseignement. Et elle est parfaitement exprimée ici.

Le fait est : l'affirmation comme quoi cette expérience de nirvikalpa samadhi est sans cause... n'est qu'intellectuelle. Il y a aussi ce leitmotiv central de son non-enseignement : « Je suis forcé par la nature de votre écoute de toujours nier la première affirmation par une autre affirmation. Puis la seconde affirmation est niée par une troisième et ainsi de suite. Mon but n'est pas quelque thèse dialectique confortable mais la négation totale de tout ce qui peut être exprimé. » Là aussi c'est intellectuellement brillant, une magnifique phrase issue du point de vue intellectuel le plus avancé possible, celui où l'intellect s'est réellement dissout dans sa source en pleine conscience. Mais dans la pratique, ce comportement n'a rien à voir avec celui auquel on s'attend auprès des Eveillés authentiques. (Quoique les Eveillés mettent toujours en défaut nos attentes). Cette phrase d'UG d'une grande beauté en tant que construction mentale, ne sort généralement pas de la bouche des êtres parfaitement accomplis, parce qu'elle n'apporte aucune aide. Ils préfèrent à mon sens faire réellement vivre progressivement cet expérience aux pèlerins qui viennent prendre refuge auprès d'eux. Qu'on questionne les disciples et ils vous diront que cette destruction systématique de toute certitude est bien l'opération que le véritable Eveillé fait sans cesse sur eux. Le dire est une chose inutile, le faire pour de vrai dans l'expérience du disciple est l'acte par lequel l'expérience peut se transmettre. Dire cela ne transmet rien.
Ainsi, alors que Ramana Maharshi a répondu "Je peux te la donner" et manifestement l'a même fait de toute évidence, UG a toujours dit qu'il ne pouvait donner cette expérience à personne. UG a parfaitement intégré intellectuellement cette expérience et il l'a peut-être mieux exprimée que quiconque. Mais cette expression semble selon notre point de vue privée de l'immense compassion des sages qui n'ont pas d'intérêt pour l'expression intellectuelle qui n'est qu'une coquille vide, mais qui en revanche, transmettent leur expérience réellement. Notre point de vue cependant est-il pertinent? Dans tous les cas, UG est un exemple exceptionnel, qui est parvenu plus loin que la plupart des "maîtres" du pseudo-advaïta. S'il est arrivé si loin, c'est grâce à sa rigueur exceptionnelle, rejetant toute forme d'illusion ou de confort intellectuel provisoire. Son témoignage est édifiant en tout cas intellectuellement. Cependant peut-on ici conseiller de s'intéresser à un tel enseignement alors qu'il existe des sages parfaitement réalisés qui peuvent mener réellement le disciple à la réalisation? Ou bien doit-on considérer que pour UG, le pseudo-advaïta est justement de l'autre côté, dans les religions et croyances spirituelles... Parfois, comprendre et expérimenter sont deux choses inconciliables. Seule l'expérience amène la véritable compréhension, l'autre, la compréhension relative, aussi loin qu'on aille, est en elle-même non-expérience et non-réalisation. D'un autre côté, UG est allé plus loin que beaucoup des "maîtres" qu'on trouve ici ou là, du point de vue purement intellectuel, c'est bien plus intéressant ici que la grande majorité des textes du pseudo-advaïta. Ca a au moins le mérite de mettre en branle nos certitudes eu lieu d'en rajouter de nouvelles comme les neuf dixièmes des auteurs. Ce mérite ne doit pas être sous-estimé.

Qui peut dire ce qu'il en est vraiment? Et il ne serait pas correct d'aborder à nouveau ici le sujet du pseudo-advaïta sans rappeler la conclusion de l'article. Le pseuso-advaïta n'est pas le problème en lui-même. Il suit l'advaita comme une ombre suit un homme au soleil. Personne ne pourra jamais séparer l'homme au soleil de son ombre. Même s'il court très vite, son ombre le suit. Laissons l'ombre où elle se trouve et embrassons l'homme.
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Messagepar Jagannath » Mer Jan 02, 2013 10:22 am

Les pensées : le point de vue du pseudo-advaïta

Un artifice de l'enseignement du pseudo-advaïta, concerne les pensées. Les Maîtres parfaitement réalisés indiquent que le mental est vide de pensées, ou plutôt, que penser est une activité inutile "difficile" (tandis que pour nous c'est le fait de ne pas penser qui demande un gros effort).

La pensée est en elle-même sentiment de séparation. Elle est en elle-même non-réalisation.

Mais les maîtres du pseudo-advaïta, de "l'éveil impersonnel", ne peuvent pas admettre cela puisque leur mental est toujours rempli de pensées. A un certain stade, il est vrai, les pensées ne sont plus l'objet d'attachement grossier. L'attachement grossier, l'identification grossière au mental a été rompue. Lorsque cela est pris pour la Réalisation, ces maîtres-là pervertissent l'enseignement authentique en disant qu'il y a bien des pensées mais que simplement elles ne sont pas l'objet d'attachement. Ou bien ils différencient les pensées individuelles et impersonnelles. Ils justifient cela par le fait que s'il n'y avait pas de pensée, il ne serait pas possible d'organiser la vie quotidienne, de discuter etc. Un tel discours est la preuve grossière de leur manque d'expérience. Toutes les activités peuvent être accomplies sans qu'il n'y ait jamais l'usage des béquilles que sont les pensées. Celui qui est libre, il parle et agit librement, sans être lié par les pensées, sans en avoir besoin, sans s'appuyer dessus. Je parle de la preuve grossière d'un manque d'expérience parce que de simples pèlerins sincères peuvent faire l'expérience que les pensées ne sont pas du tout nécessaires. (Ceux qui ont fait la série d'exercice proposée sur notre forum on même pu entamer une approche rationnelle dans ce sens). Voilà le témoignage édifiant d'une étudiante auprès de Gurumayi Chidvilasananda ; cette étudiante est sa traductrice officielle et elle raconte l'histoire dans nous nous sommes déjà rencontrés :
    "Alors que j'étais debout à côté d'elle, au moment où elle commençait à parler, j'ai ressenti une chaleur intense dans ma colonne vertébrale -comme si j'étais transpercée par un fer rouge, du bas jusqu'en haut. J'avais l'impression que mes sens étaient annihilés, spécialement l'ouie, et cela juste au moment ou Gurumayi prononçait ces paroles : "Avec un grand respect et un grand amour, je vous accueille tous de tout mon coeur".
    Alors, je me suis tournée vers elle: je voyais ses lèvres, je les voyais formuler des mots, mais je n'entendais rien! Je tendais l'oreille au maximum... mais en vain. Pendant ce temps, je ressentais cette chaleur qui brûlait mon dos, et une pensée m'a traversé l'esprit: "Comment vais-je traduire si je n'entends rien? Qu'est-ce qui va se passer?". J'avais l'impression d'être dans une bulle. J'essayais d'entendre avec mes yeux, car mes oreilles ne fonctionnaient plus. Gurumayi termina alors sa phrase, se tourna vers moi et me regarda, attendant que je traduise. Mon esprit était complètement vide, je n'avais pas la moindre idée de ce qu'elle avait pu dire. A ce moment précis, mon individualité s'est évanouie, mon esprit s'est vidé de toute pensée et j'ai perdu toute sensation de mon corps. Ce feu dans mon dos me consumait, et pourtant j'ai réalisé subitement que mes lèvres étaient en train de finir de traduire ce que Gurumayi venait de dire!".
Il est clair que l'accomplissement de la destinée de l'individu peut se produire sans le soutien, la dépendance, aux pensées. L'argument de la nécessité des pensées est donc irrecevable. Il est à ajouter au fatras de contresens du pseudo-advaïta et des confusions qu'il cause pour les étudiants.
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Messagepar Odin » Sam Jan 05, 2013 20:31 pm

Bertrand a écrit :Or comment ne pas relier cet évènement à la discussion qu'il eut avec Ramana Maharshi? "Je peux te la donner, mais peux-tu la prendre?" La réponse du Maître semble en quelque sorte prendre vie ici.


Effectivement, il semble qu'une réponse soit souvent apportée, d'une façon concrète. Dans ma propre expérience, j'ai eu une réponse (au delà des mots) à la question que je voulais poser même si je n'ai pas physiquement formulé la question. Ce n'est que temporaire et partiel, une clef pour pouvoir ensuite suivre le chemin indiqué, en abandonnant notre ego.
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Messagepar Jagannath » Dim Jan 06, 2013 1:01 am

Ben il y a une différence quand même entre le fait de poser une question intérieure et d'avoir une réponse extrêmement claire du maître (ce que nous expérimentons tous auprès d'un maître à longueur de temps) et le fait de demander la Réalisation, de se retrouver des années plus tard avec tout un tas de phénomènes biologiques incompréhensibles (tout le corps qui rajeunit, il était redevenu physiquement comme un adolescent) et recevoir quand cela est prêt l'expérience suprême du Nirvikalpa Samadhi. Tu sais, arriver à cette expérience, cela demandait vraiment toutes ces transformations. Là dans le cas précis d'U.G. Krishnamurti, il semble que la grâce a agit de façon très poussée! On dirait vraiment dans cette affaire que Ramana Maharshi a répondu "Ok, tu veux la connaître, tu vas la connaître, avec tout ce que cela implique. Voyons si tu sauras l'accueillir". Cette expérience là semble réservée à quelques rares élus, ceci dit, U.G. indique clairement que pour le commun des mortels, ce serait perçu comme une calamité. Il y a un cas chez Amma de personne ayant beaucoup insisté pour obtenir cette expérience. De ce que j'en ai entendu il n'a pas été jusqu'à nirvikalpa, simplement turyâtîta je pense, mais il l'a suppliée d'arrêter "ça".

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Messagepar Odin » Dim Jan 06, 2013 1:16 am

Oui, c'était une réponse tout à fait différente.
C'était différent de d'habitude, où je comprends les choses en étant confronté à une situation ou en recevant un "signe", etc. Là c'est clairement une réponse à une prière qui a modifié mon état de conscience.
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Messagepar Jagannath » Dim Jan 06, 2013 1:25 am

Odin : "Là c'est clairement une réponse à une prière qui a modifié mon état de conscience."

Oui oui bien entendu. Ce sont les seules réponses réelles : l'expérience directe. Mais nirvikalpa c'est une autre paire de manches. Pour des êtres ordinaires, on n'en revient pas, le corps est laissé pour mort et c'est tout. D'où ces années de transformation bizarres. U.G. était un chercheur très avancés déjà lorsqu'il a rencontré R.M., c'est parce que nous sommes pris dans la confusion que nous admettons une valeur aux expériences, ce que tu nommes "modifié mon état de conscience". U.G. était trop avancé pour s'intéresser à ça. Pour qu'il y ait un état de conscience il faut une conscience et un état. Un sujet et un objet. L'expérience de turîya s'apparente à une réalisation, c'est en effet un échos, on pourrait dire un signe précurseur, mais c'est un échos lointain. Il y a la même différence entre cette expérience et la réalisation qu'entre un mot et sa signification. Pourtant d'un autre point de vue cette différence n'existe plus! C'est tout le paradoxe.
Bref, nirvikalpa est bien réservé à des chercheurs très avancés. Tu peux, si tu veux t'en convaincre, essayer d'y parvenir par la méditation, tu verras ce qui se passe.

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Messagepar Odin » Dim Jan 13, 2013 17:26 pm

Oui pour mon cas j'ai simplement voulu faire bénir le pendentif de Ganesh (j'ai été admirablement ignoré) mais j'ai reçu une grâce bien plus grande, celle de pouvoir goûter au véritable esprit du sacrifice.
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Messagepar Jagannath » Lun Jan 14, 2013 3:44 am

Odin : "mais j'ai reçu une grâce bien plus grande, celle de pouvoir goûter au véritable esprit du sacrifice."

Oui mais pourquoi le dire? Cela fait plusieurs fois que exprimes ce fait de diverses façons et que je fais semblant de ne pas comprendre afin que tu identifies le désir qui préside à cela. Aucune de ces choses lorsqu'elles sont pleinement réalisées ne désire être formulée. Crois-tu que je ne vois pas? Ici ce qui est exprimé par les mots ne fait que tempérer d'une sorte d'ambiguïté ce qui n'avait nullement besoin d'être formulé et qui est évident dans le silence.

Les signes des divers accomplissements tels que turîya ou turyâtîta ici sont bien connus, les signes qui nuancent les accomplissements aussi, et la formulation des choses fait partie de ces signes de sévère "nuance". Dans ce domaine Odin, si je n'avais pas été capable de percevoir clairement les choses de façon innée et par le silence, alors sois certain que je serais forcément bien plus incapable encore de les percevoir dans les mots qui sont infiniment moins expressifs et clairs que le silence. Il est vain de désirer que ces signes soient reconnus officiellement, ce désir est en soi la preuve que les jutes conclusions de l'expérience n'ont pas encore été tirées comme il se doit. Aucune reconnaissance d'ailleurs ne sera jamais suffisante, dès qu'il y a mots, il y a doute. La vraie reconnaissance est dans le silence et l'indifférence. Si la reconnaissance est formulée, c'est un échec, cela montre que cet accomplissement est partiel et qu'on s'est entêté.

Autre chose : je veux bien céder à tous le caprices, je ne saurais résister aux demandes sincères des visiteurs s'ils se montrent opiniâtres et déterminés, c'est une loi divine. Celui qui fait suffisamment d'efforts pour que je reconnaisse quelque chose en lui... alors même si cette chose n'y est pas, je finirai par dire que je la vois pour accomplir son désir - même si c'est néfaste en réalité. Donc ma reconnaissance sous forme de mots n'a absolument aucune valeur.

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Messagepar Odin » Lun Jan 14, 2013 12:14 pm

Je pensais que tu n'avais pas compris ce que je voulais dire car ce dont je parle ne me semble pas être turîya ou turyâtîta, ces mots ne correspondent à rien pour moi mais d'après ce que je lis je m'en sens très très éloigné.
J'essayais de comprendre ce qui est arrivé, comme pour déterminer quelque chose de "reproductible", mais ça n'a aucune importance au final on en revient toujours au silence c'est vrai. :) Mais en y réfléchissant bien oui tu as raison c'est par ego.
Mâ disait "ne dites à personnes que vous êtes engagé dans une sadhana, considérez cela comme un secret entre Lui et vous." enfin quelque chose comme ça. Bref nous glissons vers le superflus recentrons nous sur le sujet qui intéresse les pandoriens. ^^'
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Messagepar Jagannath » Lun Jan 14, 2013 14:10 pm

L'observateur extérieur sait quelle expérience a eu lieu car il voit les vasana [tendances du mental] qui ont disparu entre temps ainsi que celles qui n'ont pas disparu. Mais le sujet lui-même, comment le saurait-il? Lorsque, durant l'expérience de turîya, il réalise que l'atman est naturellement pure conscience et que cela ne nécessite pas d'effort, alors rétrospectivement il peut sans trop de peine comprendre les expériences précédentes. Sans cela il manque la clé explicative alors ça ne peut pas être clair.

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Messagepar Odin » Lun Jan 14, 2013 14:50 pm

Il y a encore du boulot mdr !
Je vais fumer des joints à la sauge pour ne pas perdre courage.
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Messagepar Jagannath » Mer Jan 23, 2013 6:50 am

Odin, cette idée que la route est longue est elle-même une illusion factice.
Je vais pour te l'expliquer recopier une discussion qui a eu lieu par ailleurs avec Bernard K. (voir message ci-dessous).

Je signale en outre cet article intéressant (en anglais) qui rejoint fortement mon article ci-dessus.
http://www.advaita.org.uk/discourses/te ... morgan.htm
Mais il contient trois erreurs :
1) Lorsque Ramana Maharshi donne cette image d'un fort à propos de la réalisation, il parle de sahaja-nirvikalpa-samadhi [extase ultime naturelle], et non de sahaja-savikalpa-samadhi [extase relative naturelle]. L'auteur sous-estime ici le nombre des disciples de Ramana Maharshi qui avaient déjà atteint sahaja-savikalpa et ne s'intéressaient qu'à l'enseignement pour la réalisation totale. Dans un grand nombre des dialogues qu'on a conservés du Maharshi, c'est donc à Moksha [Illumination finale] qu'il est fait référence et non à la réalisation progressive - il faut lire chaque extrait du Maharshi dans son contexte pour comprendre à quoi les mots se réfèrent.
2) En sahaja-savikalpa [extase relative naturelle], les vasana [tendances du mental] ne sont pas détruites, elles cessent seulement de s'exprimer au niveau le plus grossier (individualiste) mais elles sont toujours présentes au niveau subtil (impersonnel) et même actives! C'est seulement en tuyâtita [conscience indifférenciée] qu'elles cessent complètement d'être actives même au niveau subtil et c'est seulement en sahaja-nirvikalpa [extase ultime naturelle] qu'elles sont définitivement déracinées et détruites pour toujours.
3) Il y a bien plus de yogi que ce que cet article prétend qui sont tout de même revenus de nirvikalpa-samadhi, mais tous n'ont évidemment pas atteint sahaja-nirvikalpa pour autant! Nous avons déjà donné l'exemple de U.G.K. et il y en a bien d'autres. Selon les écritures anciennes de l'Inde, des yogi de l'ancien temps sont restés plus de 1000 ans en kevala nirvikalpa [extase ultime obtenue par effort ou technique yogique] et pourtant en sont ressortis sans la réalisation finale, reprenant le cours de leurs pensées précédentes dès la fin de l'expérience.
Modifié en dernier par Jagannath le Mer Jan 23, 2013 12:08 pm, modifié 3 fois.

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Messagepar Jagannath » Mer Jan 23, 2013 6:51 am

Des critères objectifs

L'éveil impersonnel (réalisation incomplète) est à la l'Illumination totale ce que "goûter" le miel est à "devenir" le miel lui-même.

Accessoirement, vu le nombre de fois où j’ai eu la tristesse de voir de sympathiques chercheurs se croire parvenu à Moksha, il me semble utile de donner quelques pistes utiles pour se convaincre à un peu d’humilité.

Des critères non exhaustifs mais assez clairs de comment ça devrait être si on était vraiment parvenu à Moksha :
  • Aucune peur de la mort, indifférence totale si elle devait survenir ici et maintenant. Ce critère n’est pas très fiable parce qu’on peut facilement se convaincre que c’est notre cas même si c’est un mensonge.
  • Aucun attachement au sommeil, 2 ou 3 heures par jour suffisent pour que le corps soit en pleine forme. Les vrais éveillés dorment extrêmement peu et ne montrent aucun signe de fatigue même après des jours sans dormir. Un éveillé ne s’endort jamais par mégarde vu qu’il est toujours parfaitement conscient (même quand il dort) et ne connait pas la somnolence comme nous.
  • Conscience totale durant le sommeil tant en rêve qu’en sommeil profond.
  • Capacité innée à entrer en Nirviklpa Samadhi à volonté. Un Eveillé peut quand il le souhaite abandonner la conscience du corps pour s’immerger dans la pure conscience indifférenciée, il n’a besoin d’aucun effort pour cela (c’est absolument naturel pour lui il n’a pas besoin d’apprendre de technique), alors il cesse de respirer, son corps devient froid, sans aucun risque bien entendu pour sa santé même si cela dure longtemps. (Certains yogis très expérimentés en méditation savent entrer en Nirvikalpa Samadhi, cela ne signifie pas qu’ils sont Eveillés, le critère ici est : *sans effort*.)
  • Corollaire immédiat : l'être réalisé peut laisser son corps pour mort et le réintégrer ultérieurement. Même après la mort du corps, le Christ s'est matérialisé physiquement, ce phénomène est largement répendu aussi en Inde où les siddha [ceux qui ont atteint la perfection] du passé se matérialisent régulièrement!
  • Absence totale de désir.


Pour ne pas causer de confusion, précisons qu’il est inutile de vouloir développer ces « siddhi » en vue de devenir Eveillé grâce à eux, il est seulement indiqué ici que Moksha a (entre autre) ces conséquences, mais pas qu’on atteint Moksha en acquérant ces capacités La voie pour parvenir à Moksha étant largement explicitée par ailleurs, il n’est pas utile de s’étendre ici,mais ne confondons pas les symptômes avec la voie pour y parvenir, cette confusion est bien trop répendue et n'a aucune pertinence!

Bernard K : "Oui, effectivement, il est indispensable de préciser que chaque « signe » de Libération n’est pas un signe (au sens de signal à l’adresse d’un regard extérieur) car, par l’exercice ou quelque autre artifice, on peut tout imiter.
Et même vu de l’intérieur, les signes peuvent être sujets à caution dans la mesure où tant que la Maya est active, son boulot consiste précisément dans le travestissement.
Pour tout dire, même l’humilité peut être feinte.
Sauf chez moi, bien sûr, puisque, comme chacun sait, j’ai toujours été le meilleur en humilité !"


Non seulement l'humilité peut être imitée mais même, elle l’est assurément. En réalité il n’y a pas d’humilité réelle à ce stade. Cependant rappelons qu’il y a trois voies vers l’illumination. La meilleure est la connaissance directe et elle concerne les pèlerins les plus qualifiés. Le seconde est l’imitation, elle est plus lente mais plus facile. La troisième est la douleur.

A tout prendre l’imitation est donc très bonne mais il y a quelques conditions pour qu’elle soit effective :
- Ne pas s’y complaire. On ne doit pas s’en satisfaire et la prendre pour la réalité.
- Toujours la pousser plus loin. Cette voie est un effort permanent pour mener l’imitation plus loin en subtilité ce qui implique de toujours remettre en question les acquis précédents.
Sans ces deux conditions l’imitation ne mène à rien.

Ceci dit le dernier signe donné ici est quand même assez fiable : même les yogis très avancés dans leur art de pousser la méditation jusqu’au Nirvikalpa (et ils sont vraiment rares) doivent admettre qu’ils doivent faire des efforts pour cela. Dans tous les cas cet indice permet de dissiper les erreurs les plus courantes, la plupart de ceux qui se croient parvenus à Moksha n’ont jamais ne serais-ce que fait cette expérience de Nirvikalpa et ceux qui l’ont faite savent rarement la reproduire même avec effort… et si jamais elle se produit occasionnellement ou régulièrement sans effort, c’est de manière toujours inattendue/involontaire (U.G.K.).
Ce petit article de toutes façons n’a pas la prétention d’aider des pèlerins aussi avancés que ça qui sont fort rares, mais s’adresse à des pèlerins plus ordinaires qui souhaitent éviter de prendre des vessies pour des lanternes.
Modifié en dernier par Jagannath le Ven Mar 22, 2013 10:42 am, modifié 4 fois.

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Messagepar Jagannath » Mer Jan 23, 2013 6:59 am

Découragement devant l'ampleur de la tache?

Bernard K. : "cet article qui s’associera peut-être au glaive christique pour trancher entre ceux qui n’en retireront que découragement et ceux qui s’en inspireront pour ressentir la caresse de l’humilité."

Tu as souligné un point important en parlant de « découragement » devant l’ampleur de la tâche. Cela rejoint la remarque que faisait Odin un peu plus tôt.
Il est vrai que si on est dans une posture d’imitation, le travail à fournir semble sans fin. Il est vrai aussi que l’école de la réalisation progressive qui est prise en compte dans cet article donne une impression de longueur infinie de la tâche.
Il faut ici comprendre qu’il n’est pas nécessaire d’imiter en tout point l’Eveillé pour atteindre Moksha [Illumination] : cessons de prendre les conséquences pour la cause : supprimer l’ignorance suffit, il s’en suit les siddhi automatiquement. Et il faut aussi savoir que la réalisation n’est en fait pas progressive. L’école progressive semble pertinente car nous sommes enfermés dans cette croyance de progression vers quelque chose. Ce n’est pas pertinent de cultiver cette croyance et Ramana Maharshi par exemple a illustré de sa personne que la réalisation peut être instantanée et totale. Il n’y a donc pas lieu de se décourager puisque les signes annonciateurs de la difficulté sont tous en eux-mêmes des illusions factices.

Et une dernière chose : même si cela est je pense clair dans l’expression tout au long de mon exposé, nos tendances à l’auto-jugement sont si ancrées qu’il vaut mieux le souligner encore une fois :
Il n’est pas ici question de critiquer ceux qui étant parvenus à une certaine paix intérieure extatique (sahaja-savikalpa) se pensent « réalisés ». Il n’y a aucune objection à cela dans mon article. Je suggère simplement de ne pas confondre cet état avec « turiaga » ou « sahaja-nirvikalpa » ou encore « videhamukti » [tous trois synonymes d'Illumination] parce que j’ai vu de mes propres yeux le miracle incessant de ces rares enseignants parvenus à la destruction finale de la graine subtile de l’ego et cela n’a rien à voir avec la masse de plus-ou-moins-saints qui enseignement seulement à leur propre niveau d’expérience.

Ceux qui ont atteint sahaja-savikalpa [extase relative devenue état naturel] ont toutes les chances (selon les diverses traditions qui se rejoignent de façon à peu près cohérente sur ces points), d’éviter de nouvelles incarnations terrestres et de continuer leur voyage dans les sphères divines supérieures, celles d’où l’on ne tombe plus. S’ils sont parvenus à des niveaux de méditation plus avancés il peuvent même parvenir aux mondes du pur sans-forme. Ou bien, s’ils voient Dieu dans le service de l’humanité il peuvent continuer à s’incarner de manière terrestre en tant que bodhisattva*. L’école de la réalisation progressive appelle les êtres qui sont parvenus à sahaja-savikalpa, en fonction du niveau de méditation atteint, les connaisseurs du brahmane (brahma-vid, brahma-vid-vara, brahma-vid-varya) et ces pèlerins peuvent se référer à cette école et se considérer (quoique quelle utilité cela a-t-il et est-ce sans danger?) comme « réalisés » si ça leur chante. Il est seulement recommandé à ces stades si le pèlerin donne un enseignement quel qu’il soit, de se souvenir du fait et de ne pas cacher ce fait, que le vrai enseignant parfait qui peut embrasser chacun et lui donner l’aide la plus puissante, pénétrant jusqu’au fond de chaque atome et de chaque pensée la plus subtile, est et reste le maître parfaitement réalisé (brahma-vid-varishta [le tout meilleur dans la connaissance du Soi]) établi en « sahaja-nirvikalpa-samadhi » [extase absolue devenue l'état naturel] ou « videhamukti » ([réalisation avec disparition de tout processus d'identification (corps physiques ou subtils)]. Sans ce souvenir et une attitude franche, le maître égare ses étudiants et se bloque à lui-même toute progression.

A propos du devenir dans l'au-delà des êtres qui sont parvenus à un état naturel de samadhi [extase mystique], je rappelle le petit article ici :
http://pandore.net/agora/topic10566.html

* le boddhisattva est un enseignant qui après avoir obtenu une réalisation partielle s'est engagé dans le service de l'humanité en tant qu'amour divin, il se réincarne donc et généralement continue de progresser en retrouvant la réalisation partielle durant ses incarnations successives et en la précisant encore d'avantage.
Modifié en dernier par Jagannath le Mer Mar 20, 2013 19:31 pm, modifié 1 fois.

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Messagepar bastet » Mer Jan 23, 2013 20:16 pm

Pourquoi nous compliquons-nous ce qui est simple ?
Il faut lire entre les lignes des textes, car c'est entre les lignes que se trouvent la réponse, qui est toujours simple, pour ceux qui œuvrent vers cette simplicité.
Et après, la tâche est aussi toute simple, et de plus elle n'est plus un tâche ou un devoir, mais un mode de pensée et de vie, une voie simple de la compréhension innée du Cœur.

Bonne route à nous.

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Messagepar Jagannath » Sam Fév 14, 2015 2:11 am

Sujet apparenté :
Eveil de la kundalini (et démystifications...)
http://pandore.net/agora/topic13655.html

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Expériences d'éveil impersonnel

Messagepar Jagannath » Lun Jan 02, 2017 2:39 am

La tentation de Google m'a conduit à ouvrir un site où sont des témoignages d'éveil.


Je sais qu'il ne faut pas que j'ouvre d'autres forums sur la spiritualité parce que je suis chaque fois pris d'un vertige devant le gouffre de l'inversion des valeurs et de la prolifération de l'ignorance sous forme d'orgueil et de vraies fausses compréhensions intellectuelles si remplies de certitudes qu'on est plongé dans un sentiment d'impuissance total. On a beau savoir parler on sent bien qu'il n'y a aucune approche raisonnable pour essayer de tempérer les sentiments dramatiques qui se déroulent, témoignant de ces "fabuleuses expériences" et concluant plus ou moins inévitablement que le monde est aveugle mais que eux maintenant ont compris. Pas la moindre chance avec les mots de semer pour eux des balises de rigueur dans les mots et dans la pensée.

On y lit des expériences -tout à fait authentiques et sincères- de personnes qui sont parvenus à un état méditatif et ont pris cela pour l'éveil.
Et tous s'empressent de le raconter, et de s'attrister sur l'ignorance du monde et la frustration de ne pas pouvoir partager leur amour infini avec tous ces ignorants.

Dur.

Je viens donc passer la mienne (de frustration ;) ) ici en me disant qu'à défaut de pouvoir mettre de la rigueur dans ces foires à l'éveil (ce site est un parmi d'autres) je peux peut-être faire un peu de prévention.

La première fois qu'on parvient à une claire lumière, comme je l'ai déjà raconté, on se sent libre pour la première fois. Je conçois donc que des expériences de ce genre ou plus avancées encore, puissent apparaître comme une révolution dramatique à des individus qui les rencontrent sans y être préparés. J'ai donné des pratiques pour en faire l'expérience si on veut, bien que tout le monde n'y parvient pas au début (et ce n'est pas un mal de ne pas y parvenir : le progrès ne se mesure pas du tout à ça mais à l'enthousiasme qu'on met à apaiser le mental d'abord, et ensuite à la rareté/faiblesse des pensées, puis la durée de leur disparition etc).
La claire lumière de méditation n'est donc pas un droit mais elle survient parfois, pour certains facilement après 30 minutes de concentration sans relâche, pour d'autres c'est rare ou bien ils ne l'ont jamais expérimentée (ou pas reconnue, oui c'est paradoxalement possible au début). Ce qui est certain c'est que : qu'on n'y arrive ou pas, il ne faut pas en faire une grande affaire, simplement essayer de pratiquer régulièrement.
Au-delà il existe des expériences plus profondes et/ou qui impliquent plus de choses. Ce n'est pas toujours par la méditation ou des techniques qu'il est le plus facile d'y parvenir, car il faut que le mental soit pris sur un sujet unique pendant bien plus longtemps ou qu'une grâce s'en mêle. Beaucoup des expériences racontées sont de ce type, une claire lumière plus intense, et surtout qui arrive sans pratique ou effort conscient. Certains par exemple étaient dans une souffrance intérieure très forte qui les a tenus concentrés sans le vouloir. Certains ont ainsi fait l'expérience de la vacuité, et certains y ont même reconnu l'expression du coeur et ce genre d'expérience mène souvent à passer plusieurs jours dans la félicité et le sentiment d'amour universel.

Mais aucun de ces témoignages ne manifeste les signes d'une réalisation du soi, même pas fugitive. Ni même l'expérience du silence préalable : tous témoignent des pensées qu'ils avaient durant l'expérience : "j'ai compris que" etc. Et tous manifestent rapidement les signes évidents que l'expérience n'a servi à rien ou presque :
- Désir irrépressible de raconter l'expérience et d'être reconnus pour cette expérience unique. (Donc frustration de ne pas avoir d'écoute et d'admiration).
- Sentiment que les autres ignorent ce qu'eux savent. Alors que le premier symptôme d'une réalisation même partielle c'est de réaliser que tous sont réalisés. (Si on voit l'autre comme un individu c'est qu'on se voit soi-même comme un individu). Et ces gens là expliquent que leur ego à disparu. *sigh*

L'objet ici n'est pas de dévaloriser leurs expériences. Leur sentiment d'amour était authentique, beaucoup après ces expériences ont fait de très belles choses. Ils sont pile au moment où il faudrait leur donner un peu de rigueur et leur expliquer leur expérience. Mais au lieu de ça ils arrivent sur des forums où on leur dit en substance "c'est l'Eveil!". Pire, là où la gène chez moi atteint son paroxysme c'est quand je lis de façon récurrente au milieu de ces témoignages des grandes déclarations comme quoi "de plus en plus d'expériences de ce genre se produisent", comme quoi "de plus ne plus de gens s'éveillent"...

Soyons clairs, toutes ces expériences ont toujours existé et elles n'étaient pas moins fréquentes avant. Mais dans le passé, si un étudiant avait le malheur de prétendre être parvenu à la Connaissance après ce genre d'expérience, un maître bienveillant venait lui taper sur les doigts, parfois sans ménagement ou bien tout simplement si ça culture était correcte, le pèlerin savait très bien interpréter ces expériences sans se prendre pour le nouveau bouddha. Des tas de poètes et philosophes ont eu ce type d'expériences, parfois bien plus avancées, et au lieu de faire une affaire de leur expérience, ils ont cherché ce qu'elle signifiait, ils l'ont exprimée sans orgueil, tout en subtilité. Mais depuis que tout cet enseignement de pseudo-advaïta a pris le devant de la scène, les pèlerins se pensent sur le champ parvenus à la suprême réalisation. Certains lorsqu'ils perdent ce sentiment de paix, au lieu de conclure que (puisqu'il peut être perdu) ce n'était nécessairement pas l'état éternel (par définition), concluent plutôt *en toute simplicité* que les sages s'étaient trompés : en fait la réalisation peut être perdue! Comment pourraient-ils faire preuve de rigueur puisque les livres qui pullulent maintenant sur le sujet sont écrit par des gens qui n'ont pas plus d'expérience qu'eux (juste plus de talent pour vendre du papier)?

Il y a des signes très clairs à chacune des étapes de la dissolution progressive de l'ego. Pour ceux qui sont passés par ces étapes ces signes sont très faciles à reconnaître. Voilà la vérité, tous ces gourous vendeurs de papier qui pour entretenir leur propre délire d'être devenus bouddha ont vendu des vessies pour des lanternes font tourner la sauce de façon dramatique pour tous ces gens qui ont de belles expériences qui pourraient les mener sur la voie spirituelle et qui au lieu de ça les précipite vers l'orgueil. Devant cet immense gâchis, je me dis que c'est pas une mauvaise idée d'en parler, de prévenir les pèlerins de ces erreurs de perspectives et de leur dire que le plus grand bonheur n'est pas dans les expériences extraordinaires à raconter mais dans la rigueur quotidienne.

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Re: Pseudo-Advaïta : fausse réalisation, faux guru, faux maîtres

Messagepar Fugius » Lun Jan 02, 2017 3:21 am

Euuhhh, j'ai lu en diagonale (parce que fatigue, je lirai tout plus tard), mais je me posais une question.

J'ai tendance a penser que tous les "maîtres" qui s'auto-proclament "maîtres" ne le sont pas, par contre je ne saurais pas exactement dire pourquoi, je peu faire cette généralité ou je fais erreur ? ^^

-- (ce que j'ai lu en diagonale c'est le post originel pas la dernière réponse x)

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Re: Pseudo-Advaïta : fausse réalisation, faux guru, faux maîtres

Messagepar Jagannath » Lun Jan 02, 2017 3:46 am

Μία χελιδὼν ἔαρ οὐ ποιεἶ

Socrate a passé sa vie à aller voir ceux qui se prétendaient maîtres pour apprendre d'eux et il les a tous ridiculisés en leur posant simplement les questions de façon assez rigoureuse pour qu'ils ne puissent pas s'en sortir sans énoncer cette vérité qu'ils prétendaient savoir, de façon claire et rigoureusement logique.

Una hirundo non facit ver

Il n'y allait pas pour les ridiculiser : Socrate était de toute bonne foi, il était l'innocence même! Mais il était rigoureux pour de vrai, il savait comment poser les questions pour faire émerger la vérité. Il a finalement conclu : "tout ce que je sais c'est que je ne sais rien".

Una rondine non fa primavera

Mais il ne suffit pas qu'une personne le répète pour être adoubée Maître par Socrate ou par qui que ce soit, une hirondelle ne fait pas le printemps ;)


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