[Article] MAGIE : Un étude de fond pour bien comprendre

Articles et discussions sur La Magie, la spiritualité et la sorcellerie.

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ॐ भूर्भुव: स्व: तत्सवितुर्वरेण्यं । भर्गो देवस्य धीमहि धीयो यो न: प्रचोदयात् ।।

Om Bhūr Bhuvah Svaḥ
Tat Savitur Varenyam
Bhargo Devasya Dhīmahi
Dhīyo yo naḥ prachodayāt.


Au cœur de l'expérience de la vie, C'est « Cela »,
La nature essentielle irradiant l'existence, Qui est l'adorable UN.
Puissent tous les êtres percevoir, par un intellect méditatif,
le magnifique éclat de la conscience illuminée.
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[Article] MAGIE : Un étude de fond pour bien comprendre

Messagepar Jagannath » Jeu Fév 03, 2011 4:27 am

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|| PREMIERE PARTIE : THEORIE ||
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Il existe trois grandes voies magiques qu'il faut connaître. La magie est une subtile combinaison de ces trois voies.

I Méthode dialectique

Certains affirment que la magie peut être obtenue sans rituels. Encore faut-il être initié à sa forme la plus subtile. Nous allons donc commencer par cette voie la plus directe qui ne sera comprise véritablement que par des personnes matures mais que tout le monde doit lire.

La première voie est la voie directe pour résoudre les problèmes en allant à leur source. On l'appelle aussi méthode dialectique ou solaire ou encore voie interne. La méthode consiste à vous demander d'abord réellement et en toute honnêteté pourquoi vous voulez obtenir un résultat magique. Souvent les autres moyens ont échoué. Supposons que vous n'arrivez pas à avoir d'enfant et souhaitez utiliser la magie, voilà comment procéder : si vous voulez des enfants c'est pour combler un besoin, quel est ce besoin? Il faut le trouver et le formuler correctement. Pour certaines personnes, cela peut être dans le but de faire comme les autres. Pour certaines, ça peut être le désir que notre oeuvre soit continuée ou encore de laisser quelque chose après la mort etc... Il y a plein de raisons possibles, mais il ne faut pas s'arrêter à la façade qui consiste à faire des jolis sentiments et dire comme tout le monde : "parce que j'aime les enfants". Vous aimez les enfants, évidemment, mais le désir d'en avoir un de votre sang est là parce que vous ressentez un besoin et un manque. Trouvez ce besoin. Une fois que ce besoin racine est trouvé, voyez si vous n'avez pas une façon directe et efficace de le combler, sachant que vous n'arrivez pas à avoir d'enfant, peut-être que ce besoin racine peut être comblé facilement par une autre manière que vous n'avez pas imaginée et que vous serez ainsi tout aussi heureux, sinon plus encore, qu'avec des enfants (car parfois ils ne comblent pas le besoin parce qu'on avait mal calculé, parce qu'ils créent à leur tour d'autres besoins tout aussi difficiles à satisfaire et des difficultés inattendues).
Si vous n'avez pas de solution plus directe pour combler ce besoin, répétez l'opération en cherchant la source du besoin que vous avez découvert. Il doit exister un "super-besoin" quelque chose de plus important encore et fondamental, qui est la racine du besoin que vous avez découvert. On doit pour cette méthode aller au fond des choses et être prêt à reconsidérer toutes nos croyances, car pour trouver les vrais racines de nos besoins, cela nécessite des remises en questions de tous nos aprioris. Bref, en montant un degré de plus vers la source, vous trouverez peut-être le moyen de combler ce besoin plus haut dans le système racinaire de cette arborescence des besoins. Pour combler le besoin, il faut "se bouger", on est pas ici dans un processus intellectuel, mais dans une mise en pratique active! Comprenez qu'en comblant un besoin à sa racine, on parvient à être aussi heureux et comblé, sinon plus encore (car d'autres choses trouvent leurs solutions du même coup) qu'en s'entêtant à combler le besoin sur lequel on se bloque; mais cela demandera des efforts conséquents, c'est certain, comme toute voie magique. Cette première voie est la voie la plus directe, la plus subtile et la plus spirituelle, de plus, cette pratique est très instructive et nous amène à découvrir les secrets du bonheur rapidement et à développer la sagesse.
En suivant cette méthode, on renonce de fait à ce que le désir primaire soit comblé. Ce qui n'empêche pas que grâce à cette méthode, il est très souvent lui aussi comblé, comme une cerise sur le gâteau, c'est même cette méthode qui marche le mieux.

Tout le monde n'est pas qualifié pour ces pratiques, cela demande une maturité importante, celle de faire clairement la différence entre notre paraitre et notre être. Le travail se fait au niveau de l'être, pas du paraître : ne croyez pas qu'il s'agit ici d'une méthode intellectuelle où il suffit de penser quelque chose. C'est une méthode où l'on s'investit entièrement, où le renoncement (renoncement à la forme qu'on désirait pour se diriger vers une solution au niveau du besoin racine) est un renoncement intérieur effectif, pas une parole en l'air, et c'est une méthode où on se met sérieusement au travail -acharné s'il le faut- pour parvenir à combler nos désirs racines. Alors cette magie est la plus puissante, celle qui fait des miracles et prodiges rapidement, sans tambour ni trompette.
Je vous donne un exemple car c'est parfois difficile à croire. Un homme que je connais, ici en Inde, avait un maître spirituel auquel il était tout dévoué. Il désirait ardemment apprendre à jouer un instrument de musique (l'harmonium) car il adorait chanter des chants dévotionnels et souhaitait fortement pouvoir s'accompagner d'un instrument. Il ne savait pas *du tout* en jouer. Or chaque fois qu'il voulait se mettre à la tâche pour apprendre, le maître ne tardait pas à venir lui donner des tâches à accomplir. Cet homme ayant une dévotion ferme, il renonça chaque fois à apprendre l'harmonium et à son rêve de savoir en jouer. Il se disait que son désir de jouer de l'harmonium était cher, mais que le maître était capable de combler ses désirs à un plus haut niveau et que pour cela, il fallait lui obéir. La situation dura ainsi longtemps, le problème se représentant encore et encore sans qu'il n'ait la moindre opportunité faire le moindre progrès à l'harmonium, renonçant à chaque fois à son rêve sans dire un mot et de bon gré parce qu'il faisait confiance à son maître pour le combler d'une manière plus vaste. Un jour cependant, le maître le fit venir auprès d'un harmonium et lui dit de s'installer. Il fut très heureux d'abord en voyant que le maître avait pensé à lui et avait compris son désir secret : il allait maintenant lui apprendre -en personne- à en jouer. Cependant sa joie fut de courte durée : après que le maître lui ait fait poser les doigts sur chaque touche, il fit mine d'être ennuyé et demanda au disciple de partir. Il faut croire qu'il a su par la même méthode passer outre cette dure déception car le lendemain il réussit à trouver un moment pour se mettre sur un harmonium pour essayer d'apprendre. Pour sa plus grande stupéfaction, il s'aperçut qu'il jouait désormais sans difficulté et sans avoir jamais appris ni pris la moindre leçon. Cette histoire n'est pas un simple racontar, la vie était en communauté autour de ce maître et les autres disciples peuvent témoigner de ce miracle surprenant (pour mémoire apprendre à jouer un instrument, c'est des années de travail). Du reste, j'ai pu observer des choses similaires au moins aussi surprenantes et ainsi attester que c'est amplement possible.

La dialectique (approche exotérique)

II La voie mystique

La seconde méthode est la méthode indirecte ou externe, dévotionnelle ou mystique, la voie lunaire. C'est la plus belle, la plus douce, la plus charmante et c'est celle dont nous parlons le plus sur ce site. Tout le monde peut la pratiquer car elle est intuitive et se développe toute seule. C'est celle avec laquelle le plus grand nombre a le plus de chance d'avoir des résultats sans trop de difficultés.

Elle est basée sur la prière et l'invocation d'une divinité apte à vous combler par rapport à vos objectifs. C'est la magie mystique ou haute magie classique où vous faites un rituel ou des prières régulières selon un rite prédéterminé et choisi par vous. Il y a un large éventail de choix et il faut être d'accord pour laisser la divinité choisir la façon de vous combler. En vérité, il est nécessaire de commencer là une relation intime avec la divinité à qui vous demandez cette faveur. Les pratiques régulières que vous ferez vous permettront de recevoir des grâces inattendues et un soutien subtil très précieux. Bien souvent, les voeux sont accordés directement, dans le cas contraire, le bonheur souhaité est apporté d'une autre manière au mystique sincère, et cela sans aucun doute. Sans aucun doute, cette méthode dévoile elle aussi peu à peu de manière douce, charmante et fascinante, le secret du bonheur et de la sagesse.

C'est aussi la magie la plus douce, celle qui nous comble à tous les niveaux dès le début de la pratique car elle est très intuitive, c'est celle qui fait les prodiges les plus plaisants et apporte des solutions inattendues ainsi que des nombreuses bonnes surprises. C'est celle qui apporte la joie d'une intimité délicieuse avec le divin et qui ouvre les portes des autres mondes, celle qui ouvre votre coeur et le fait rayonner aux yeux du monde. C'est la plus sûre, celle où l'on avance sous la protection et la bénédiction de notre divinité d'élection. C'est celle que nous recommandons au plus grand nombre car elle développe automatiquement les qualités requises telles que l'intuition et le discernement.

Questions/Réponses sur la voie mystique
Magie et foi
Magie et Dieu
Remercier sa divinité d'élection

III La Sorcellerie

La troisième méthode est la sorcellerie. C'est une voie très indirecte, lunaire mais sans la lumière (nouvelle lune) qui peut ou non être assimilée à de la magie noire selon les cas, et qui a pour but d'obtenir que le désir soit comblé, ni plus, ni moins et sans tergiverser. Cette méthode est basée sur des recettes demandant parfois des ingrédients rares, ou sur des pactes, ou sur l'appel de familiers ou d'esprits divers et variés, ou sur la maitrise et la canalisation des énergies vitales; une magie qui demande parfois un sacrifice en échange. Cette magie a une efficacité plafonnée dans certains cas, car le destin de l'individu ne peut être remodelé complètement. Dans certains cas aussi, le sacrifice à consentir peut-être important, ce qui signifie par exemple le gain d'une chose et la perte d'une autre, parfois sans trop que le pratiquant n'en ait bien conscience. Le phénomène est connu pour les rituels qui augmentent la chance : ils fonctionnent bien, mais la période de chance ainsi obtenue est toujours suivie d'une période de malchance. D'autres fois, et c'est quand même souvent, cette magie fonctionne ni plus ni moins et du premier coup, car elle est directement opérative tout en étant accessible (même aux personnes qui ne comprennent rien au mysticisme ni à la dialectique que nous avons vues précédemment) sans même demander de sacrifice ou de contrepartie autre que symbolique.

C'est une magie fascinante et mystérieuse remplie de charmes et de secrets. C'est aussi une magie plus dangereuse où on doit être prudent et vigilant car il n'y a guère de garde-fou.

Le vrai sens du sacrifice et sa beauté
L'offrande

IV Corolaires

A) Efficacité des méthodes

Croyez bien que les méthodes magiques décrites ci-dessus résument l'ensemble des pratiques très effectives et traditionnelles et qu'elles ont toutes bel et bien le pouvoir de changer le cours des évènements de manière spectaculaire, comme en témoignent les nombreux pratiquants de par le monde.

B) Synergies des méthodes

Les trois méthodes ne sont pas incompatibles entre elles. Elles font même très bon ménage malgré leur dissemblances. Une divinité d'élection par exemple aide considérablement pour la pratique de la première méthode (directe) : il est évident par exemple dans le cas que j'ai raconté du disciple qui a miraculeusement appris l'harmonium, que la voie de la dévotion se mêlait intimement à la voie dialectique, les deux faisant la paire et se renforçant l'une l'autre. Et réciproquement : on devrait absolument toujours, pour éviter des contres-sens et des échecs simplement dus à une demande contradictoire, utiliser la méthode dialectique avant de pratiquer un rituel mystique ou sorcier quel qu'il soit. Il faudrait systématiquement identifier le désir racine de notre souhait *avant* de commencer un travail magique, on parviendrait ainsi à des résultats bien plus fiables. Bref, on a tout intérêt à faire cohabiter harmonieusement ces trois grandes branches de la Magie.

C) Les limites des méthodes selon le Karma

Revenons sur le destin de l'individu (prarabdha karma) : trois cas peuvent se présenter :
1) Le karma est déjà "en suspens", car l'individu a une vie vertueuse et que ce karma n'est pas indispensable à son évolution.
Dans ce cas les trois méthodes marchent facilement.
2) Le karma est solidement ancré, car des actes passés qui en sont la cause sont encore irrésolus dans le chemin de vie de l'individu. Dans ce cas, les 3 méthodes sont efficaces mais demandent respectivement :
- pour la première une concentration accrue et la nécessité de reconsidérer des aprioris solides - pas tout le monde en sera capable.
- pour la seconde une régularité et une durée suffisante pendant laquelle les prières et rituels devront être faits avec sincérité.
- pour la troisième, un sacrifice doit être consenti, c'est à dire un mal pour un bien, et bien souvent le demandeur n'est pas conscient qu'il procède à un tel commerce.
3) Un cas plus rare mais à prendre en compte : le karma est indestructible, car c'est un pilier fondamental du chemin de vie de l'individu.
- la première méthode permettra de trouver le bonheur malgré les difficultés après un travail d'introspection vraiment volontaire et approfondi; on obtient intérieurement des bénéfices identiques à la satisfaction du désir, même si le souhait restera indubitablement non exaucé dans sa forme.
- la seconde méthode semblera inefficace, mais des contreparties ou consolations très sérieuses apparaîtront qui rendront bien plus facile pour le pratiquant de passer outre les difficultés qu'il rencontre. Cette aide sera très précieuse au milieu des difficultés malgré son apparent échec.
- la troisième méthode sera tout simplement inopérante, quels que soient les efforts et sacrifices consentis.

D) Le but ultime

Quelle que soit la méthode que l'on pratique, il est fort logique qu'une personne en arrive un jour ou l'autre à la réflexion que si la magie peut combler des désirs, les désirs sont comme l'hydre dont des têtes repoussent chaque fois qu'on lui en coupe une. Pourquoi ne pas chercher alors directement la résolution de tous les désirs? S'il est possible d'en combler un, ne peut-on pas les combler tous d'emblée?

Les pratiquants qui se lancent sur cette voie s'intéressent moins aux prodiges qu'à l'accomplissement final de l'existence.

Méthode 1 : Appliquée au but final, la méthode dialectique après une certaine pratique finira par nous mettre à la recherche de la racine de tous nos désirs. La dialectique poussée à son plus subtil niveau est appelée la voie de l'investigation du Soi.

Méthode 2 : La voie mystique appliquée à la recherche ultime est une voie de dévotion pure où l'on ne demande plus de faveurs particulière à la divinité à part celle de faire un avec elle. Au début il s'agit de pratiquer l'adoration pure et sans attente de contrepartie aucune, puis cette voie devient peu à peu celle de l'abandon total de notre ego pour fusionner et se fondre dans la divinité bien aimée.

Méthode 3 : La voie sorcière est aussi opérationnelle pour le but ultime. C'est la voie des offrandes et sacrifices. Elle peut être douce, avec l'offrande de fleurs chaque jour, le don d'argent ou de soi, de son propre temps et de ses propres efforts, mais elle a aussi ses équivalents en magie noire : on m'a décrit en Inde la scène d'une personne se coupant sa propre jambe lui-même pour l'offrir à sa divinité. Bref dans tous les cas, en progressant sur cette voie, elle finit par mener au sacrifice ultime, c'est à dire celui de l'ego, soit de toute sa personnalité. Alors l'adepte finit par renoncer à toute personnalité propre sur l'autel du dieu vénéré et s'en trouve libéré de tous les fardeaux.

Dans cette quête ultime, seules de rares personnes sont qualifiées pour la méthode directe tout de suite. Selon le caractère de chacun, il sera nécessaire de faire une combinaison entre ces différentes méthodes, en respectant les bons dosages de chacune. Il est en particulier primordial de ne pas négliger la méthode de basse magie, celle du sacrifice, car des pans entiers de nos personnalités se sont construits sur le matérialisme et ont besoin de cette purification pour être nettoyés. La façon la plus douce et universelle de progresser selon cette voie, c'est de donner son temps à autrui dans un service désintéressé régulier.

Vivez vos rêves! (la voie magique mode d'emploi)
La libération
Le monde : une illusion?
Mystique et recherche du Soi

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|| SECONDE PARTIE : PRATIQUE ||
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La Magie et la loi de l'action et de la réaction.

La théorie est belle, mais quand il s'agit de rendre effectivement opérationnel un rituel ou un acte magique, elle ne suffit pas. Il faut soit recevoir l'initiation qui permet de s'y prendre correctement, soit avoir une claire compréhension des mécanismes pour en respecter le fonctionnement.

Que l'approche soit occidentale ou orientale, il y a une loi fondamentale de la magie que l'on appelle loi de l'action et de la réaction en occident et karma en orient. Bien d'autres lois magiques sont connues sous divers noms (loi de similarité, du retour etc.), mais sont toutes des cas particuliers de celle-là. Tout phénomène magique comme toute production de prodige est issu d'une gestion astucieuse de cette loi qui est universelle (et ne concerne pas seulement la magie : elle est au centre aussi de la physique et de la mécanique). Dans la première partie, nous avons à peine effleuré cette notion de karma, mais pour la mise en pratique elle est essentielle et nous devons développer.

Observons : toute production de prodige nécessite une austérité préalable. Un rituel demande qu'on y consacre un temps, des ingrédients, souvent le jeune ou l'abstinence et, ce qui est encore le plus important, notre attention. Ce processus accumule une énergie qui doit ensuite être canalisée par une concentration maintenue. Qu'est-ce que cette énergie? D'où vient-elle? La compréhension de ce point peut grandement aider la pratique.

Revenons à notre loi de l'action et de la réaction (karma). Tout ce qui se produit dans le monde est le résultat de ce qui s'y est produit auparavant. Y compris nous et ce que nous faisons. Il n'y a ici pas la moindre place pour le libre arbitre, puisque si nous commettons une mauvaise action, c'est parce que nous en avons nous-même subis, et si nous en avons subis c'est que nous en avons commis etc. On voit là un monde déterministe où même ce que nous appelons "je" est seulement un élément d'une cascade de causes et de conséquences, sans aucune place pour la magie. Ce monde cyclique où même nos choix que nous imaginons "libres" ne sont que la conséquence de faits précédents dans un enchaînement sans fin s'appelle Assiah en occident (kabbale) et samsara en orient. Dans le langage courant, on nomme cela "le monde".
Ce monde déterministe n'existe en vérité pas, mais nous l'imaginons parce que nous y sommes attachés. C'est cet attachement et lui seul qui fait se succéder causes et conséquences mécaniquement, cet attachement à un monde rigide et "réel" siège en malkuth selon la tradition occidentale (kabbale), et dans muladhara (le chakra racine) selon la tradition orientale (ces concepts sont équivalents).

Là où apparaissent notre libre arbitre et la magie (qui ne sont pas différents), ce n'est pas dans le choix d'une action pour obtenir des conséquences (le choix lui-même est un conséquence de ce qui nous est arrivé avant, il est déjà déterminé) mais dans le détachement par rapport à l'action de celui qui agit et vis à vis des fruits de l'action (renoncement). La pratique de ce détachement et de ce renoncement diminue la rigidité du monde et permet l'apparition de prodiges.
# Qu'est-ce en fait que ce détachement?
Nous allons prendre une approche consensuelle entre la formulation orientale et occidentale avec la notion de "mérite". Vous comptiez passer votre journée à la plage en charmante compagnie, à profiter du soleil... Mais votre voisin a eu une inondation et a besoin d'aide pour réparer les dégâts. Vous annulez la plage et passez une journée les pieds dans la boue à nettoyer son salon. Ici vous avez renoncé à votre plaisir personnel pour aider, vous avez fait preuve de renoncement et de détachement. Vous gagnez du mérite et ce n'est pas un mot en l'air, car ce détachement est l'essence de votre divinité, de la magie, et de votre libre-arbitre. C'est ce genre de mérite qui doit être obtenu pour faire fonctionner un rituel. Dans le cas de la magie noire il est consenti comme un sacrifice (sacrifice de sa propre santé mentale et plus) mais nos lecteurs se contenteront de sacrifice joyeux, comme celui d'aider le voisin, qui finalement nous emplira d'une joie beaucoup plus durable que l'après-midi à la plage et le coup de soleil qui fait mal toute la nuit. Un point essentiel est de ne pas exiger de retour. Si vous avez fait tout cela parce que vous désirez l'aide du voisin le mois prochain pour réparer votre toiture, il n'y a aucun mérite car vous avez effectué tout cela dans l'attachement aux fruits de l'action.
La notion de "mérite" que nous développons ici n'est pas du tout morale : ce n'est pas jugé par une sorte de dieu qui dit "ca c'est bien, ça non etc.", c'est juste un état intérieur de détachement, de lâcher-prise. Avoir une bonne moralité est une aide au détachement, mais ne doit pas être confondu. La morale est en fait une interprétation vulgaire (un peu partielle et incomplète) de la doctrine spirituelle.
# Comment obtient-on ce détachement ou ce renoncement?
Il ne s'agit pas de dire "je suis détaché" ou de penser qu'on l'est, ni ne prendre un air concentré en faisant une grimace. Il ne s'agit pas d'un détachement apparent, mais intérieur. Il est trop subtil pour être obtenu de force, tout simplement parce qu'essayer de l'obtenir est en soi un attachement. Le paradoxe ici souligné semble sans issue, mais la spiritualité donne des réponses pratiques, et de nombreuses voies spirituelles ont développé des techniques visant à amener à cet état de contemplation, puis les ont intégrées sous des formes adaptées pour les rituels magiques.
Un exemple très simple est la magie des pactes, c'est très épuré : on demande une faveur à la divinité, en échange on lui promet une chose : un don matériel ou un temps de prière etc. On accepte de se détacher d'un côté et on satisfait un autre désir de l'autre. En simplifié, c'est le modèle de base. Mais des techniques développées par diverses traditions vont considérablement approfondir ce modèle et donner des outils puissants. L'outil de loin le plus puissant pour l'extrême majorité d'entre nous est la dévotion. S'en remettre à la divinité mène à renoncer au fruit de nos actions. C'est pourquoi la majorité des rituels que vous trouverez contiendra sous une forme ou une autre du mysticisme et l'appel d'une divinité. Cet appel doit être sincère comme celui d'un enfant appelant sa mère, dans cet appel l'opérant s'oublie lui-même et ce lâcher-prise diminue la rigidité de l'emprise du monde. Dans l'espace de liberté ainsi créé, la divinité apparaitra véritablement sous forme de prodige, de vision, etc. D'autres techniques existent mais sont moins directes, telles que l'usage du corps énergétique ou astral (visualisations), et les actions physiques ritualisées qui sont cependant dans l'immense majorité des cas un support ou un complément indispensable pour l'étape délicate de la canalisation de l'énergie ou du "mérite".
# Que dire de l'étape de "canalisation" qui a l'air si subtile lors d'un rituel magique?
L'espace de liberté créé par le lâcher-prise doit, dans le cas d'un rituel opératif, être utilisé pour le but poursuivi. Si la concentration sur le but n'est pas troublée ni par les visions ni par les pensées qui ne manqueront pas de surgir, c'est gagné. La difficulté ici n'est pas la capacité à atteindre un degré de détachement, mais de le maintenir. C'est subtil parce qui si on pense qu'on doit le maintenir, on est déjà en train de le perdre... On n'a donc par nous-même aucune prise sur cet aspect et de nombreux pratiquants buttent ici. Deux clés essentielles :
- La qualité de l'environnement : un autel propre et bien présenté, des ingrédients de qualité et correspondant strictement aux consignes, aucun trouble extérieur, une tenue et un corps propre, le dos droit.
- L'utilisation d'un rituel issu d'une tradition sérieuse. Beaucoup parlent ici de rituels à faire soi-même etc., ce n'est pas interdit, mais ces gens pour la plupart ne réalisent pas la force déjà présente dans les rituels qui ont déjà été effectués avec concentration par des milliers de pratiquants avant nous, selon des rites bien précis. En fait, la qualité et l'authenticité du rituel choisi, et son observation stricte, est l'aide la plus précieuse qu'on puisse trouver. Reliez-vous donc à une tradition. Si cela ne semble pas évident pour vous pour le moment, voyez par la pratique : la différence sautera vite aux yeux.
# Que devient le mérite si il n'est pas canalisé par l'opération magique?
S'il n'est pas gaspillé ou dispersé par un comportement égoïste, il participe alors à l'évolution spirituelle. Ceci est en fait le cas idéal, puisque la production de prodige par la magie revient à faire un gros effort de détachement pour finalement combler un désir (donc nourrir un autre attachement). Faire appel au divin pour nourrir nos attachements terrestres est plutôt contraire à notre intérêt spirituel, c'est intuitivement évident. Si un rituel fait avec foi sincère échoue, en fait il n'échoue pas, l'énergie n'a juste pas été amenée à l'endroit désiré lors de l'étape de canalisation, mais elle a suivi un chemin plus instinctif. Un résultat favorable aura lieu mais pas celui attendu.
# L'usage de la magie pour obtenir des prodiges n'est-elle pas alors néfaste pour notre évolution spirituelle si elle nourrit nos attachements?
Elle peut l'être en effet, c'est pourquoi certaines religions les ont interdites lorsque le contexte le nécessitait. La réponse correcte à cette question dépend toutefois des individus concernés, de l'époque dans laquelle on vit, de la culture, du lieu géographique etc. Utiliser le divin pour satisfaire le terrestre peut vraiment être une très mauvaise chose; mais le monde change et pour la plupart d'entre nous aujourd'hui, cela reste une pratique très favorable parce que :
- S'il n'y avait pas eu la motivation du prodige, peut-être serions-nous restés devant la télé avec un paquet de chips au lieu de prier Dieu.
- Pratiqués avec humilité, ces rituels nous aident à nous souvenir que nous ne sommes pas maîtres des fruits de l'action et à garder en mémoire que le divin préside véritablement à toutes nos affaires. L'humilité nous permet de savoir que c'est Dieu qui agit suite à notre prière mais que seuls nous restons impuissants.
- Peu de gens aujourd'hui croient en la magie et il y a peu de chance qu'on vous adule pour votre pratique... Vous devrez au contraire sans doute faire attention pour ne pas passer pour un fou. Cela dépend des époques : du temps où chacun y croyait, le pouvoir associé au rôle de sorcier était un point très handicapant, développant l'arrogance, qui justifiait que certaines religions les aient interdits. Le rationalisme actuel, par chance, nous préserve un peu de ce genre d'ambition, mais le vent peut tourner.
- Les rituels que nous faisons, nous essayons de les faire toujours pour de bonnes choses. Parce que nous évitons qu'ils servent des buts égoïstes, et à conditions que nous nous surveillons attentivement sur ce sujet souvent ambigu, nous évitons le gros du danger. Souvent, nous devenons même de plus en plus portés à faire de simples rituels d'adoration, sans demande de prodige, parce que nous réalisons peu à peu à force de répéter nos incantations, que la magie la plus forte devant notre autel est celle de l'intimité avec notre divinité, que celle-ci est en vérité bien plus miraculeuse encore que les prodiges qui nous sont accordés.
# Les mêmes pratiques rituelles sans l'objectif du prodige sont donc bonnes?
Oui, extrêmement bonnes, c'est ce que nous appelons ici les pratiques spirituelles. Ajoutons que la pratique assidue mène à des prodiges similaires selon le même principe que les rituels, mais hors du processus conscient. Lorsque les mérites deviennent extrêmement prédominants, l'adepte s'aperçoit qu'il n'a besoin d'aucune canalisation. Le monde semble s'évertuer à combler toutes ses aspirations secrètes. D'abord lentement, puis au fur et à mesure que les mérites prédominent, cette tendance devient très forte. Il lui suffit alors souvent de souhaiter (sans attachement) quelque chose pour que quelques instants plus tard le voeu soit exaucé. Telle est l'expérience troublante d'une personne dont la pratique spirituelle est devenue très intense : elle découvre avec stupeur que le monde entier semble aux petits soins avec elle. Bientôt des choses rationnellement impossibles se produisent tout aussi facilement, et pour les plus avancés dans cette voie mystique, les miracles commencent à se produire spontanément. Ils ne sont cependant jamais le but d'un tel pratiquant : lui prie Dieu du matin au soir avec grande intensité simplement parce que Dieu est son seul refuge, mais c'est parce qu'il est pris naturellement d'une immense compassion, pure de toute trace d'égoïsme, en voyant un malade, que des guérisons ou d'autres sortes de miracles se produisent tandis que pour lui des visions divines apparaissent de plus en plus fréquemment. Comme il n'a plus aucun désir égoïste qui vient dépenser/gaspiller ses mérites, les miracles se produisent spontanément autour de lui, parfois même sans qu'il en ait conscience. Lorsqu'un certain niveau de saturation sera atteint, il finira par avoir une vision directe et non voilée de sa divinité d'élection et obtiendra la fusion définitive qui est le but ultime de la voie mystique.
Comprendre ce cas extrême peut aider à concevoir quel genre mérite peut permettre de produire des prodiges, mais aussi quelles pensées parasites (toute forme d'égoïsme) peuvent les empêcher. Plus l'esprit sera pur de toute forme d'égoïsme, plus les prodiges se produiront facilement.
De tels mérites qui aident considérablement nos pratiques magiques peuvent être obtenus par la prière, les rituels d'adoration, la méditation, le service désintéressé d'autrui etc.
Puisse notre divinité nous aider à effectuer toutes ces pratiques avec intensité et un sentiment fusionnel capable de nous faire surmonter notre égoïsme et nos accorder ainsi la dévotion véritable.

La loi de l'action / réaction
Loi action / réaction et choc en retour
Modifié en dernier par Jagannath le Jeu Mai 10, 2012 22:55 pm, modifié 26 fois.

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Magie pratiquée : La voie du Coeur

Messagepar bastet » Dim Fév 06, 2011 21:28 pm

Pour ce soir, je ne peux aller plus loin, ayant été souvent dérangée dans mon travail de commentaires.
Bertrand, je te livre déjà le début, la suite à demain.


Que l'approche soit occidentale ou orientale, il y a une loi fondamentale de la magie que l'on appelle loi de l'action et de la réaction en occident et karma en orient. Bien d'autres lois magiques sont connues sous divers noms (loi de similarité, du retour etc.), mais sont toutes sont des cas particuliers de celle-là. Tout phénomène magique comme toute production de prodige est issu d'une gestion astucieuse de cette loi qui est universelle (et ne concerne pas seulement la magie : elle est au centre aussi de la physique et de la mécanique).

[Je ne sais pas si le rapprochement du karma avec la loi de l'action-réaction sera bien comprise. Pour la plupart des occidentaux le sens du karma se résume à destinée, fatalité, poids de la faute, etc... Faudrait-il éradiquer ce contre-sens dès le départ de cet article, même si tu y reviens plus loin?]

Observons : toute production de prodige nécessite une austérité préalable. Un rituel demande qu'on y consacre un temps, des ingrédients, souvent le jeune ou l'abstinence et, ce qui est encore le plus important, notre attention.

[Le jeune et l'abstinence sont des procédés de purification, nous sommes bien d'accord. Mais si ils ne sont appliqués que par méthodologie sans la foi, ils ont peu de résultats. Il y a aussi des jeunes et abstinences spirituelles (écarter les pensées parasites, pratiquer la tolérance, savoir se taire, accepter sereinement l'adversité...) qui amènent la production spontanée de prodiges.]

Ce processus accumule une énergie qui doit ensuite être canalisée par une concentration maintenue. Qu'est-ce que cette énergie? D'où vient-elle? La compréhension de ce point peut grandement aider la pratique.

Revenons à notre loi de l'action et de la réaction (karma). Tout ce qui se produit dans le monde est le résultat de ce qui s'y est produit auparavant. Y compris nous et ce que nous faisons. Il n'y a ici pas la moindre place pour le libre arbitre, puisque si nous commettons une mauvaise action, c'est parce que nous en avons nous-même subis, et si nous en avons subis c'est que nous en avons commis etc. On voit là un monde déterministe où même ce que nous appelons "je" est seulement un élément d'une cascade de causes et de conséquences, sans aucune place pour la magie. Ce monde cyclique où même nos choix que nous imaginons "libres" ne sont que la conséquence de faits précédents dans un enchaînement sans fin s'appelle Assiah en occident (kabbale) et samsara en orient. Dans le langage courant, on nomme cela "le monde".

[Assiah est appelée «la fiancée du Royaume». Ce n'est pas rien! Elle est le rêve de l'Aïn Sof faite chair et matière, la vasque réceptrice des autres neuf sephiroth qui ont replié la lumière de l'Aïn Sof Aur. Dans cette pénombre, car il a fallu que l'ombre soit inventée pour que la matière prenne forme (on peut penser au solve coagula des alchimistes), Assiah, fille de la lumière et de l'ombre, doit se déterminer entre la réintégration en remontant les sephiroth et la chute en plongeant vers les keliphoth (ou gliphoth). Ce n'est pas le sujet de ton article, Bertrand, mais c'est le cœur du choix donné à Malkuth. Est-ce que le Grand Rêveur doit renoncer à son rêve ou jusqu'au où acceptera-t-il que ce rêve devienne un cauchemar?]

Ce monde déterministe n'existe en vérité pas, mais nous l'imaginons parce que nous y sommes attachés. C'est cet attachement et lui seul qui fait se succéder causes et conséquences mécaniquement, cet attachement à un monde rigide et "réel" siège en malkuth selon la tradition occidentale (kabbale), et dans muladhara (le chakra racine) selon la tradition orientale (ces concepts sont équivalents).

[Dans les rapprochements analogiques, le chakra racine est bien en concordance avec Malkuth. L'éveil de la Kundalini évoque pour moi la remontée des sephiroth.
Le déterminisme peut avoir une connotation scientifique et psychologique dans le sens borné de la chose, partant du principe arbitraire que les choses sont telles qu'elles sont et qu'elles sont irréversibles.]


Là où apparaissent notre libre arbitre et la magie (qui ne sont pas différents), ce n'est pas dans le choix d'une action pour obtenir des conséquences (le choix lui-même est un conséquence de ce qui nous est arrivé avant, il est déjà déterminé) mais dans le détachement par rapport à l'action de celui qui agit et vis à vis des fruits de l'action (renoncement). La pratique de ce détachement et de ce renoncement diminue la rigidité du monde et permet l'apparition de prodiges.

[Le détachement par rapport à l'action est pour moi un point très important. Il ne s'acquiert pas comme ça, en deux coups de cuillers à pots.
Nous ne le voyons sur ce forum : la plupart des demandes d'aide à la magie et aux rituels sont sous le coup de l'émotion et du désir, de son désir égotique souvent.
Depuis fort longtemps, je ne fais plus de rituel d'aide de personnes malades sans demander l'accord du demandeur devant la meilleure issue, qu'elle soit guérison physique ou mort. C'est dans ce détachement que réside l'amour. Hélas, il est difficile d'en parler sur un forum, car la confusion est vite faite entre détachement et indifférence et froideur.]

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Messagepar bastet » Lun Fév 07, 2011 22:36 pm

Voilà la suite et fin de mes petits commentaires personnels.

# Qu'est-ce en fait que ce détachement?
Nous allons prendre une approche consensuelle entre la formulation orientale et occidentale avec la notion de "mérite". Vous comptiez passer votre journée à la plage en charmante compagnie, à profiter du soleil... Mais votre voisin a eu une inondation et a besoin d'aide pour réparer les dégâts. Vous annulez la plage et passez une journée les pieds dans la boue à nettoyer son salon. Ici vous avez renoncé à votre plaisir personnel pour aider, vous avez fait preuve de renoncement et de détachement. Vous gagnez du mérite et ce n'est pas un mot en l'air, car ce détachement est l'essence de votre divinité, de la magie, et de votre libre-arbitre.

[Oui et non. Il faut prendre en compte le déclencheur de la «bonne action».
L'acte est une chose qui peut se décrire simplement. C'est un constat.
La motivation de l'acte est beaucoup plus difficile à appréhender. Cela relève de l'analyse.
Dans un acte apparemment détaché du moi et honorable (méritant) dans l'apparence, il peut se cacher des zones d'ombres. Alors le mérite n'en ai plus un mais un mensonge.]


C'est ce genre de mérite qui doit être obtenu pour faire fonctionner un rituel. Dans le cas de la magie noire il est consenti comme un sacrifice (sacrifice de sa propre santé mentale et plus) mais nos lecteurs se contenteront de sacrifice joyeux, comme celui d'aider le voisin, qui finalement nous emplira d'une joie beaucoup plus durable que l'après-midi à la plage et le coup de soleil qui fait mal toute la nuit.

[Aider un voisin ne doit pas être ressenti comme un sacrifice mais comme un élan naturel pour lequel il n'y a pas lieu de faire des louanges. Aider est un cadeau proposé par son humanité reconnue et le divin (imbriqués). Pour le mage noir, je ne pense pas qu'il accepte un sacrifice personnel, pensant qu'il n'en a pas besoin. Il pense être plus fort que l'action du retour du boomerang en le déviant.]

Un point essentiel est de ne pas exiger de retour. Si vous avez fait tout cela parce que vous désirez l'aide du voisin le mois prochain pour réparer votre toiture, il n'y a aucun mérite car vous avez effectué tout cela dans l'attachement aux fruits de l'action.

[C'est même la base essentielle pour la réussite d'un rituel : le désintéressement.]

La notion de "mérite" que nous développons ici n'est pas du tout morale : ce n'est pas jugé par une sorte de dieu qui dit "ça c'est bien, ça non etc.", c'est juste un état intérieur de détachement, de lâcher-prise. Avoir une bonne moralité est une aide au détachement, mais ne doit pas être confondu. La morale est en fait une interprétation vulgaire (un peu partielle et incomplète) de la doctrine spirituelle.

[Le mot moralité me dérange autant que le mot morale. Bon on peut parler de «morale naturelle» qui en fait se rapproche du seul concept salvateur : l'amour.]

# Comment obtient-on ce détachement ou ce renoncement?
Il ne s'agit pas de dire "je suis détaché" ou de penser qu'on l'est, ni ne prendre un air concentré en faisant une grimace. Il ne s'agit pas d'un détachement apparent, mais intérieur. Il est trop subtil pour être obtenu de force, tout simplement parce qu'essayer de l'obtenir est en soi un attachement.

[Excellent!]

Le paradoxe ici souligné semble sans issue, mais la spiritualité donne des réponses pratiques, et de nombreuses voies spirituelles ont développé des techniques visant à amener à cet état de contemplation, puis les ont intégrées sous des formes adaptées pour les rituels magiques.

Un exemple très simple est la magie des pactes, c'est très épuré : on demande une faveur à la divinité, en échange on lui promet une chose : un don matériel ou un temps de prière etc. On accepte de se détacher d'un côté et on satisfait un autre désir de l'autre. En simplifié, c'est le modèle de base.

[Il ne faut donner non plus l'impression au lecteur que c'est «donnant-donnant». Cela ne fonctionne pas vraiment comme ça, pour on peut l'accepter pour des débutants, pour inculquer le sens du remerciement.]

Mais des techniques développées par diverses traditions vont considérablement approfondir ce modèle et donner des outils puissants. L'outil de loin le plus puissant pour l'extrême majorité d'entre nous est la dévotion. S'en remettre à la divinité mène à renoncer au fruit de nos actions. C'est pourquoi la majorité des rituels que vous trouverez contiendra sous une forme ou une autre du mysticisme et l'appel d'une divinité.

[Le mot «dévotion» peut être mal interprété, mais je n'en ai aucun autre à proposer.
Faire un rituel sans croire en rien ne rime à rien, est une source d'échec et ne peut que décevoir au mieux, à rendre aigri au pire.]


Cet appel doit être sincère comme celui d'un enfant appelant sa mère, dans cet appel l'opérant s'oublie lui-même et ce lâcher-prise diminue la rigidité de l'emprise du monde. Dans l'espace de liberté ainsi créé, la divinité apparaitra véritablement sous forme de prodige, de vision, etc.

[«Sincérité» est un mot-clef. Redevenir le petit enfant...]

D'autres techniques existent mais sont moins directes, telles que l'usage du corps énergétique ou astral (visualisations), et les actions physiques ritualisées qui sont cependant dans l'immense majorité des cas un support ou un complément indispensable pour l'étape délicate de la canalisation de l'énergie ou du "mérite".

[Avant de se passer de ces techniques de visualisation et de gestuelles, il faut faire un très-très long chemin. Ces techniques sont bonnes, et doivent être soigneusement analysées et pratiquées. Elles sont des portes ouvertes vers...]

# Que dire de l'étape de "canalisation" qui a l'air si subtil lors d'un rituel magique?
L'espace de liberté créé par le lâcher-prise doit, dans le cas d'un rituel opératif, être utilisé pour le but poursuivi. Si la concentration sur le but n'est pas troublée ni par les visions ni par les pensées qui ne manqueront pas de surgir, c'est gagné.

[Il faut entrer en rituel de façon neutre, ayant laissé ses valises à la porte. D'où l'importance de la méditation en mode vacuité.]

La difficulté ici n'est pas la capacité à atteindre un degré de détachement, mais de le maintenir. C'est subtil parce qui si on pense qu'on doit le maintenir, on est déjà en train de le perdre... On n'a donc par nous-même aucune prise sur cet aspect et de nombreux pratiquants buttent ici.

Deux clés essentielles :
La qualité de l'environnement : un autel propre et bien présenté, des ingrédients de qualité et correspondant strictement aux consignes, aucun trouble extérieur, une tenue et un corps propre, le dos droit.

L'utilisation d'un rituel issu d'une tradition sérieuse. Beaucoup parlent ici de rituels à faire soi-même etc., ce n'est pas interdit, mais ces gens pour la plupart ne réalisent pas la force déjà présente dans les rituels qui ont déjà été effectués avec concentration par des milliers de pratiquants avant nous, selon des rites bien précis.

[Nous sommes dans l'égrégore. Les rituels, invocations, prières, pratiqués depuis longtemps par de nombreux pratiquants, ont une charge exceptionnelle. De nouvelles formes ne sont pas à proscrire, mais ne prendront leur force qu'au fil du temps et du nombre. C'est une loi naturelle de l'égrégore.]

En fait, la qualité et l'authenticité du rituel choisi, et son observation stricte, est l'aide la plus précieuse qu'on puisse trouver. Reliez-vous donc à une tradition. Si cela ne semble pas évident pour vous pour le moment, voyez par la pratique : la différence sautera vite aux yeux.

# Que devient le mérite i il n'est pas canalisé par l'opération magique?
S'il n'est pas gaspillé ou dispersé par un comportement égoïste, il participe alors à l'évolution spirituelle. Ceci est en fait le cas idéal, puisque la production de prodige par la magie revient à faire un gros effort de détachement pour finalement combler un désir (donc nourrir un autre attachement).

Faire appel au divin pour nourrir nos attachements terrestres est plutôt contraire à notre intérêt spirituel, c'est intuitivement évident. Si un rituel fait avec foi sincère échoue, en fait il n'échoue pas, l'énergie n'a juste pas été amenée à l'endroit désiré lors de l'étape de canalisation, mais elle a suivi un chemin plus instinctif. Un résultat favorable aura lieu mais pas celui attendu.

[Aucun rituel n'échoue. Il y a toujours un résultat, parfois pas où l'attendait, ou beaucoup de temps après. L'acte, l'intention, sont partis dans l'Univers et il y aura toujours un résultat.]

# L'usage de la magie pour obtenir des prodiges n'est-elle pas alors néfaste pour notre évolution spirituelle si elle nourrit nos attachements?
Elle peut l'être en effet, c'est pourquoi certaines religions les ont interdites lorsque le contexte le nécessitait.

La réponse correcte à cette question dépend toutefois des individus concernés, de l'époque dans laquelle on vit, de la culture, du lieu géographique etc.
Utiliser le divin pour satisfaire le terrestre peut vraiment être une très mauvaise chose; mais le monde change et pour la plupart d'entre nous aujourd'hui, cela reste une pratique très favorable parce que :
- S'il n'y avait pas eu la motivation du prodige, peut-être serions-nous restés devant la télé avec un paquet de chips au lieu de prier Dieu.
- Pratiqués avec humilité, ces rituels nous aident à nous souvenir que nous ne sommes pas maîtres des fruits de l'action et à garder en mémoire que le divin préside véritablement à toutes nos affaires. L'humilité nous permet de savoir que c'est Dieu qui agit suite à notre prière mais que seuls nous restons impuissants.

[Humilité : attitude indispensable à l'action votive, rituelle, magique. Humilité plus amour...]

- Peu de gens aujourd'hui croient en la magie et il y a peu de chance qu'on vous adule pour votre pratique... Vous devrez au contraire sans doute faire attention pour ne pas passer pour un fou. Cela dépend des époques : du temps où chacun y croyait, le pouvoir associé au rôle de sorcier était un point très handicapant, développant l'arrogance, qui justifiait que certaines religions les aient interdits. Le rationalisme actuel, par chance, nous préserve un peu de ce genre d'ambition, mais le vent peut tourner.

- Les rituels que nous faisons, nous essayons de les faire toujours pour de bonnes choses. Parce que nous évitons qu'ils servent des buts égoïstes, et à conditions que nous nous surveillons attentivement sur ce sujet souvent ambigu, nous évitons le gros du danger. Souvent, nous devenons même de plus en plus portés à faire de simples rituels d'adoration, sans demande de prodige, parce que nous réalisons peu à peu à force de répéter nos incantations, que la magie la plus forte devant notre autel est celle de l'intimité avec notre divinité, que celle-ci est en vérité bien plus miraculeuse encore que les prodiges qui nous sont accordés.

[Oui. Avec le temps et la relation instaurée avec le divin, tout devient simple et épure.]


# Les mêmes pratiques rituelles sans l'objectif du prodige sont donc bonnes?
Oui, extrêmement bonnes, c'est ce que nous appelons ici les pratiques spirituelles. Ajoutons que la pratique assidue mène à des prodiges similaires selon le même principe que les rituels, mais hors du processus conscient. Lorsque les mérites deviennent extrêmement prédominants, l'adepte s'aperçoit qu'il n'a besoin d'aucune canalisation.

[L'adepte est devenu canal.]

Le monde semble s'évertuer à combler toutes ses aspirations secrètes. D'abord lentement, puis au fur et à mesure que les mérites prédominent, cette tendance devient très forte. Il lui suffit alors souvent de souhaiter (sans attachement) quelque chose pour que quelques instants plus tard le vœu soit exaucé. Telle est l'expérience troublante d'une personne dont la pratique spirituelle est devenue très intense : elle découvre avec stupeur que le monde entier semble aux petits soins avec elle.
Bientôt des choses rationnellement impossibles se produisent tout aussi facilement, et pour les plus avancés dans cette voie mystique, les miracles commencent à se produire spontanément.

[Je suis un témoin de cette bénédiction. Pour les choses essentielles et non vaines, je suis protégée, consolée, portée. Les petits miracles font partie de mon quotidien. Au moins je demande, au plus je reçois.]

Ils ne sont cependant jamais le but d'un tel pratiquant : lui prie Dieu du matin au soir avec grande intensité simplement parce que Dieu est son seul refuge, mais c'est parce qu'il est pris naturellement d'une immense compassion, pure de toute trace d'égoïsme, en voyant un malade, que des guérisons ou d'autres sortes de miracles se produisent tandis que pour lui des visions divines apparaissent de plus en plus fréquemment. Comme il n'a plus aucun désir égoïste qui vient dépenser/gaspiller ses mérites, les miracles se produisent spontanément autour de lui, parfois même sans qu'il en ait conscience. Lorsqu'un certain niveau de saturation sera atteint, il finira par avoir une vision directe et non voilée de sa divinité d'élection et obtiendra la fusion définitive qui est le but ultime de la voie mystique.
Comprendre ce cas extrême peut aider à concevoir quel genre mérite peut permettre de produire des prodiges, mais aussi quelles pensées parasites (toute forme d'égoïsme) peuvent les empêcher. Plus l'esprit sera pur de toute forme d'égoïsme, plus les prodiges se produiront facilement.

[Ce sont des cas extrêmes et rares, et la grande majorité n'y arrivera jamais dans leur vie présente. Ils ne faut pas que ces beaux exemples puissent devenir aussi un but ambitieux, car cela va être totalement contre-productif.]

De tels mérites qui aident considérablement nos pratiques magiques peuvent être obtenus par la prière, les rituels d'adoration, la méditation, le service désintéressé d'autrui etc.

[De tels mérites peuvent parfois ne pas être obtenus par toutes ces pratiques sacrées. Seul le Divin peut en décider, selon sa Sagesse. Il peut donner la grâce à un mécréant et à un bourreau.]

Puisse notre divinité nous aider à effectuer toutes ces pratiques avec intensité et un sentiment fusionnel capable de nous faire surmonter notre égoïsme et nos accorder ainsi la dévotion véritable.

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Messagepar Jagannath » Mar Fév 08, 2011 4:36 am

B : "C'est dans ce détachement que réside l'amour. Hélas, il est difficile d'en parler sur un forum, car la confusion est vite faite entre détachement et indifférence et froideur."

C'est difficile d'en parler et on sera peut-être mal compris parfois, mais pourtant il faut le faire. On ne peut pas rester sans expliquer des choses aussi essentielles sous prétexte que notre société dans son ensemble y est aveugle. Le devoir de transmettre ne peut pas être repoussé sous prétexte que "c'est dur". Si cela échoue, au moins il ne sera pas dit qu'on n'a pas essayé. Ce disant, nous avons conscience que le forum public permet d'inviter à une conception plus subtile, mais que l'enseignement proprement dit a besoin d'un cadre initiatique.

B : "Le déterminisme peut avoir une connotation scientifique et psychologique dans le sens borné de la chose, partant du principe arbitraire que les choses sont telles qu'elles sont et qu'elles sont irréversibles."

Ni l'approche déterministe/fataliste, ni la croyance dans la liberté de nos actions ne sont exactes. A défaut d'avoir pour le moment la vision subtile de la nature de l'action et des évènements du monde, on utilisera chacune de ces deux approches pour chasser l'autre selon un processus dialectique en attendant que la perception subtile directe émerge d'elle-même et mette fin à ces erreurs. Du fait que dans la société actuelle, c'est la croyance en la liberté d'action qui domine et non la vision déterministe, il est correct d'enseigner la vision déterministe pour l'équilibrer.

B : "Aider un voisin ne doit pas être ressenti comme un sacrifice mais comme un élan naturel pour lequel il n'y a pas lieu de faire des louanges."

C'est le seul vrai sens du mot sacrifice. Je sais qu'il est mal compris et pris dans un sens négatif par la plupart, mais je préfère l'utiliser en le réhabilitant dans son vrai sens que de lui substituer un autre mot moins adapté. Un sacrifice est toujours une joie. S'il est fait dans le but de recevoir autre chose en échange ou de manipulation, ce n'est plus un sacrifice (= rendre sacré ce qu'on offre à la divinité) mais du commerce hypocrite qui n'apporte que des ennuis. Les pensées du genre "après tout ce que j'ai fait pour lui" etc. trahissent cette hypocrisie. Le chercheur sincère sais intuitivement que ce genre d'hypocrisie est la pire chose pour lui et il s'en préserve soigneusement.

Si le but est de donner de manière désintéressée, nous ne sommes pas assez purs pour le moment pour le faire sans que ce soit teinté d'intéressement à un niveau plus ou moins subtil. Ce qui compte c'est d'essayer. A force on y parviendra, et en attendant, il est correct de faire encore preuve d'hypocrisie pourvu qu'on garde le but de s'en débarrasser comme priorité. De même lorsqu'on est enfant, on apprends à dire "merci" et à être poli pour ne pas se faire gronder, mais plus tard cela rend grand service. Les grandes vertus commencent toujours à se développer de manière petite et intéressée. Il faut être patient avec notre tendance à l'intéressement et très compréhensif lorsqu'on la voit en action chez les autres.

B : "Le mot moralité me dérange autant que le mot morale. Bon on peut parler de «morale naturelle» qui en fait se rapproche du seul concept salvateur : l'amour."

Le mot moralité apparaît lorsqu'on a rigidifié l'esprit de la spiritualité sous forme de règles sans vie. Lorsque l'observation d'une morale ou d'une tradition est faite avec amour, c'est une aide, mais cet élément moral peut aussi être détourné et il finit même toujours par l'être.
Tant que nous n'avons pas purifié notre esprit nous avons cependant besoin de ces éléments. Ils sont donc une aide mais à double tranchant : essayons toujours d'en comprendre l'esprit et de ne pas en faire un dogme.

B : "Le mot «dévotion» peut être mal interprété"

C'est vrai mais là aussi je préfère utiliser le bon mot. Certains lecteurs seront troublés. Ils doivent aller au-delà du trouble et comprendre le vrai sens du vocabulaire spirituel. Ce travail est nécessaire pour leur recherche.
La dévotion n'est rien d'autre que la perte de l'égoïsme au profit d'un principe supérieur, sans que la question religieuse entre en compte.

B : "Ce sont des cas extrêmes et rares, et la grande majorité n'y arrivera jamais dans leur vie présente. Ils ne faut pas que ces beaux exemples puissent devenir aussi un but ambitieux, car cela va être totalement contre-productif."

Cela dépend des voies, du caractère du prétendant.
Une chose est sûre : cet obstacle doit être éradiqué à la fin, mais cette tendance mégalomane à vouloir devenir un sage ne doit pas être considéré comme un obstacle comme les autres : il contient la graine de sa propre annihilation. Sans être souhaitable pour toutes les voies, cet aspect égotique est donc une étape intermédiaire majeure sur certains chemins qui offrent en parallèle les outils adéquats pour en préparer la dissolution. Un jour il faudra que le château s'écroule, on le fabrique même pour cela. Si la dévotion était sincère, le pouvoir suprême en prendra soin lorsque le moment sera venu, cela sans aucun doute, et le délire égotique de sagesse sera détruit par la sagesse. D'autres voies procèdent différemment voire de manière opposée : dans ce cas on doit procéder comme préconise notre propre tradition et pas s'amuser à prendre ce qui nous arrange dans chacune. Le catholicisme par exemple ne met pas la sainteté comme but, mais simplement la vie éternelle. Pas d'ambition de devenir saint pour cette vie-ci. Certaines traditions vont développer l'humilité comme préalable à toute autre chose. C'est bien. Dans les traditions orientales, au contraire, on doit avoir pour but la sainteté et y croire dur comme fer pour cette vie-ci. Du moins jusqu'à un certain degré d'avancement après lequel cette question devient sans objet. Il y a beaucoup de voies différentes car beaucoup d'individus différents aux besoins différents.

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Messagepar Jagannath » Mer Fév 09, 2011 6:20 am

B : "Je ne sais pas si le rapprochement du karma avec la loi de l'action-réaction sera bien comprise."

La notion de karma est mal comprise, tu dis vrai. Karma signifie seulement "action". Il n'y a donc pas de différence avec notre loi de l'action et de la réaction, sauf que la confusion a été semée dans l'esprit des gens par des interprétations profanes accompagnées de verbiage douteux et de notions superficielles de "bon" et "mauvais" karma. Une loi aussi subtilement universelle a forcément plusieurs degrés d'interprétation, chacun est bon pour son auditoire et je ne rechigne pas à parler moi-même de bon et de mauvais karma si ce discours peut aider. C'est ensuite à l'adepte de chercher l'esprit derrière la lettre. Les balises sont posées, que celui qui souhaite comprendre cherche et il trouvera.

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Messagepar Jagannath » Dim Mar 13, 2011 18:03 pm

Complètement remodelé, cet article. Toute la première partie est nouvelle et devrait être étudiée avec attention :) La seconde partie est en cours de remaniement.

Vos commentaires et questions sont plus que bienvenus : ils sont nécessaires pour que cet exposé soit un apprentissage et pas seulement un stérile étalage d'information!

Tous ceux qui posent une question bête auront une image et ceux qui n'en posent pas, un bonnet d'âne et au coin :P

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Messagepar Odin » Mar Mar 15, 2011 23:22 pm

Bon on va éviter le bonnet d'âne ! ^^'

J'ai du mal avec la notion de sacrifice ! On peut donc se libérer d'une certaine forme de karma par un acte sacrificiel ? En fait j'ai du mal à comprendre, car j'ai plus l'habitude des deux autres voies où on surpasse "consciemment" une mauvaise habitude, ce qui nous libère du karma liée à celle-ci ou au moins nous évite d'être attaché à ses fruits (c'est ça ?)... du coup je me demande comment on peut empêcher cette même habitude de se manifester de nouveau par un sacrifice qui n'y est pas directement lié j'ai bien compris ? lol). Même si ce karma n'est pas indispensable à son évolution.

Et du coup, quand on parle de karma indispensable à l'évolution, on induit une notion morale nan ? Ou alors c'est moi qui interprète mal ?
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Messagepar Schae » Mer Mar 16, 2011 0:18 am

Dans la religion chrétienne, le sacrifice est le plus grand acte qui soit pour se libérer, il n'est pas question de surpasser quoi que se soit pour y arriver, il n’y a pas à aller au-delà de ce que nous pouvons être. Il a été mainte fois vu que le sacrifice d'un seul homme permet la libération de tous les autres.

Jésus étant descendu aux enfers à ses risques et périls -il est très incertain d'y revenir-, est parvenu à libérer la plupart des damnés par cette action et donc à alléger de par cet amour de l’Homme, le karma global de l’humanité...

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Messagepar Odin » Mer Mar 16, 2011 0:34 am

Hmm je ne sais pas, je ne vois pas Jésus comme "quelqu'un" qui fasse un sacrifice ou un don, c'est au delà... inexprimable. :p Mais quand on donne une jambe par exemple, on le fait pour une raison et on attend quelque chose en retour, c'est ça qui me trouble... pourquoi on n'entre pas dans un cercle vicieux ?
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Messagepar Schae » Mer Mar 16, 2011 0:38 am

Parce que c'est un acte totalement désintéressé, et pour Jésus je suis de ton avis, son acte étais bien au-delà.

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Messagepar Jagannath » Mer Mar 16, 2011 1:22 am

Odin,

Il n'y a aucune notion de morale dans l'affaire du Karma. Chaque acte a une conséquence, mais personne n'est là pour vous dire que vous devez être bon : c'est vous qui voyez. Si les blessures qu'on vous fait vous font souffrir, alors n'en faites pas aux autres, vous éviterez d'être blessé en retour. La morale suppose un bien et un mal prédéfini. Mais qui le définit? C'est forcément arbitraire, il est impossible de définir le bien et le mal et chacun le voit à sa façon. Toute forme de morale est donc arbitraire. Quelle légitimité y aurait-il à imposer telle vue plutôt que telle autre? Tant qu'on ne comprend pas la notion de Karma, avoir une moralité peut aider, mais c'est à double tranchant. Il faut du temps, beaucoup d'observation, avant de comprendre la réalité incontournable et mécanique de cette loi du karma, mais le jeu en vaut la chandelle : une fois qu'elle est comprise, on n'a plus besoin d'aucune moralité, on sait ce qu'on veut et on agit en conséquence sans jugement moral sur soi-même. C'est un grand pas en avant, sans aucun doute!
Dans la loi du karma il n'y a aucune morale, juste une description des lois qui implique que si tu prends par la force, on te prendra par la force, si tu donnes on te donnera etc. Exactement comme un chat devant un miroir : s'il fait le gros dos, l'image lui fera le gros dos, s'il attaque, elle l'attaque etc.
Rappelle-moi de te donner les videos de Swami Suddhananda sur le Karma.

Le sacrifice en lui-même ne fait rien, mais il constitue un support efficace pour développer le détachement. C'est pourquoi le sacrifice est efficace en magie : il développe le détachement qui est comme nous l'avons vu dans l'article la condition sine qua non pour que magie il y ait.

Là non plus, aucune morale, il n'y a aucun dieu qui réclame des sacrifices, Dieu n'a besoin d'aucun sacrifice! Le sacrifice est consenti pour notre propre bien, pas pour le bien de Dieu.
S'il y a attachement, il y aura souffrance et obstacle à la magie.
S'il y a détachement, il y aura paix et la place sera donnée à la magie.
Voilà c'est binaire et simple!

Il y a moyen d'obtenir le détachement sans sacrifice de type matériel, mais pour beaucoup de gens le sacrifice est une aide considérable qui aide vraiment à visualiser l'espace donné à la divinité, à faire du détachement une expérience réelle, pas un simple mot. On ne doit pas mépriser cet aspect dont on a tous besoin à un moment ou à un autre pour progresser, en revanche on doit garder à l'esprit que c'est une support qui aide au détachement, et non un mérite en tant que tel.

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Messagepar Odin » Mer Mar 16, 2011 17:09 pm

Ok merci à vous je comprends mieux. :)
C'est donc ça finalement chez les aztèques ou les mayas je ne sais plus, il y avait des personnes qui volontairement offraient leur vie pour les dieux (en sautant dans un gouffre sacré), c'est un peu le même genre de choses mais de façon plus... radicale ? J'avais vu ça dans un reportage il y a longtemps...
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Jagannath
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Messagepar Jagannath » Jeu Mar 17, 2011 2:01 am

Oui Odin, ce sont des personnes qui recherchent la réalisation par la voie tamasique, par l'offrande de leur être au travers de l'offrande de leur corps. Mais ce n'est pas seulement dans l'antiquité! La pratique est toujours courante de nos jours :
Il en va de même pour les bouddhistes tibétains qui s'arrêtent de manger et de respirer pour momifier leur propre corps, des kamikazes japonais dans la voie du guerrier, ou pour les chinois qui continuent de sauter régulièrement depuis une falaise sacrée et il en va de même des "martyrs" islamistes etc. Sans pratique magique spéciale, on peut penser aussi aux premières équipes qui sont descendues dans le réacteur après l'accident de Tchernobyl : ils savaient tous qu'ils allaient mourir à court terme mais y sont allés pour le bien de leur pays. Ou certains pompiers qui sont morts dans les décombres du world trade center, ou tout personne qui meurt en essayant d'en sauver d'autres. Le sentiment de devoir moral, même hors de toute conception religieuse, est une forme de dévotion. Pour ceux qui par une dévotion profane mais sincère et spontanée de ce type ont fait un tel sacrifice, sans penser à eux-mêmes (ils l'ont pas fait dans le but de progresser spirituellement, ça leur est venu tout seul par compassion) le bénéfice peut être immense. Très probablement qu'ils atteindront les mondes divins d'abord puis la libération.

Cependant l'offrande du corps n'est pas une condition suffisante pour atteindre le paradis. Il faut encore que ce soit fait sans attachement, sans attendre de retour, sans arrière-pensée. En gros il faut que ce soit fait dans une fusion avec la divinité et non pas dans l'espoir que cela règlera les problèmes. Beaucoup le font bien avant d'être prêt. Il faut avoir atteint une maturité spirituelle exceptionnelle ou être mu par une compassion véritable pour que cette offrande soit efficace, mais elle est souvent utilisée par ceux-là qui veulent éviter les efforts de compréhension nécessaires, ou de naïfs rêveurs qui croient au paradis sans travail... alors elle échoue totalement. C'est pourquoi nous recommanderons fortement d'éviter ce genre de recours. Il n'y a généralement aucun bénéfice.
En fait c'est même l'archétype de l'erreur grossière du débutant en spiritualité : on leur dit qu'il faut abandonner son individualité au divin, et comme par manque d'expérience ils croient être le corps, ils donnent le corps sans aucun esprit de réel renoncement. Il faut de plus une grande confusion mentale et une grande instabilité pour que les alertes de la raison soient rendues inefficaces.

Pour toutes ces raisons, nous recommanderons à ceux qui désirent vivre l'éternelle félicité du soi sans ego, comme à ceux qui veulent simplement apprendre la magie opérative, d'avoir une pratique équilibrée entre les trois voies. L'offrande matérielle et la dévotion véritable sont les deux ailes de l'oiseau, et la dialectique, la compréhension authentique, est la queue qui donne la direction pour éviter ce genre d'écueils. Donc sur pandore nous allons continuer à donner les explications des choses et à insister pour que les gens observent, étudient et comprennent. Il faut parvenir à éviter deux écueils qui ruinent les chances du chercheur spirituel :
- Eviter de se lancer corps et bien dans des pratiques sans aucune compréhension.
- Eviter de rester cloitré dans la compréhension intellectuelle seule non accompagnée d'expérience pratique, qui est une impasse désastreuse.
Hélas beaucoup ne font que l'un ou que l'autre...
Modifié en dernier par Jagannath le Jeu Mar 17, 2011 2:32 am, modifié 1 fois.

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Messagepar Jagannath » Jeu Mar 17, 2011 3:03 am

Deux personnes partent pour Minsk (motivées) l'une en vélo, l'autre en avion.
Celle qui part en avion peut avoir un problème technique ou encore l'avion sera peut-être détourné. Celle qui part à vélo arrivera peut-être la première. Tout dépend du destin de chacun.

Une histoire pour illustrer le fait que les voies réputées indirectes ne doivent pas être méprisées :
    Deux oiseaux décident de mesurer leur force à qui pourra voler le plus haut. Pour corser l'affaire ils emportent un gros sac chacun. Ils trouvent des sacs remplis de diverses choses et choisissent.
    L'un prend un sac rempli de sel, qui est très lourd, le second, plus malin, emporte un sac tout léger rempli de coton et prend l'avantage dès le début montant à toute allure. Arrivés à la hauteur des nuages cependant, le coton commence à se mouiller et devient de plus en plus lourd. Tandis que le sel au contact de l'eau se dissout et s'écoule au travers du sac qui se vide peu à peu tout seul. L'oiseau qui a emporté le sac de sel si lourd gagne finalement le concours.

Donc soyez intuitifs au lieu de raisonner sur les apparences. Si cela ne vient pas de façon naturelle et que vous hésitez, vous pouvez faire appel à l'astrologie (jyotish en particulier) pour déterminer ce qui convient, ou encore demander à un maître qualifié quelles voies vous correspondent le mieux. Le maître véritable sait exactement ce qui est bon pour chacun.
Modifié en dernier par Jagannath le Jeu Juil 07, 2011 10:08 am, modifié 1 fois.

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Messagepar Jagannath » Sam Mar 19, 2011 13:35 pm

MàJ :
- ajout de commentaires au début et à la fin de chacune des 3 voies dans la première partie pour préciser le contexte et les particularités de chacune
- mise en post-it
- liens

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Messagepar Jagannath » Dim Avr 10, 2011 8:40 am

Abaton : "Dans l'article, il est dis que le Karma peut-être "en suspens" "ancré" ou "indestructible". Comment peut-on savoir comment est notre Karma? (Parce que sa m'ennuierait de me couper la guibole pour rien.)"

Tout ce qui est offert à la divinité dans un esprit de sacrifice sincère est utile de toutes façons. Nous ne conseillons pas du tout cependant les mutilations de ce genre! Ce qui pourrait avoir eu un sens authentique à l'intérieur d'une culture particulière à certaines traditions d'Inde (et encore avec des réserves) serait pure folie en dehors de ce contexte précis.

Comment peut savoir l'état de ton karma?
1) Mental pur. Les personnes qui par leur ascèse et leurs pratiques ont développé un mental très pur, libre d'entraves et de pensées, savent, lorsqu'une chose leur arrive de quel genre de karma il s'agit. C'est une connaissance intuitive qui leur évite de se fatiguer à lutter contre ce qui est inévitable et leur permet d'éviter les autres petits ennuis aisément.
2) L'observation du phénomène du karma. Le phénomène du karma est très subtil. Il n'est pas possible de le cerner sans une réflexion profonde et déterminée. Il faut développer son observation et son esprit d'analyse pour comprendre l'évidence de la loi du karma. Lorsqu'elle est mieux cernée, il devient possible dans une certaine mesure de deviner à quel genre de karma on a affaire.
3) Le recours extérieur. Un saint voyant, un très bon voyant ou astrologue compétent (jyotish) peuvent lire les évènements importants de ta vie qui sont des faits du destin, c'est à dire le karma fixe, inévitable. Mais cela ne fait que reporter la question : comment savoir qui est un bon voyant? Retour au 1) ou à défaut au 2) etc.

Cette réponse est juste là pour satisfaire ta curiosité, mais il ne sert pratiquement à rien de savoir à quel karma on a affaire. Qu'on fasse dans tous les cas de son mieux selon sa conscience, sans se soucier des résultats. On ne peut pas faire de magie correctement tant qu'on est attaché aux résultats, et vouloir le connaître d'avance est typiquement le genre d'attachement dont on doit se libérer pour et par la pratique magique.

Abaton : "J'ai du mal à faire la différence entre un rituel de la voie mystique et la sorcellerie."

Le rituel de la voie mystique est basé sur une relation intime intérieure profonde et subtile avec une divinité. Il n'est possible qu'à celui qui a suffisamment purifié son activité mentale pour ressentir effectivement la réalité du divin. Le rituel sorcier fait aussi appel à des divinités, mais le sorcier ne les appelle que pour qu'elles lui exaucent ses souhaits.
Le mystique sait par ressenti intérieur que la divinité est là, qu'Elle est transcendantale et qu'Elle l'aime d'un amour infini. Aussi lorsqu'il s'adresse à Elle, il Lui confie ses désirs mais s'en remet à Elle à cent pourcent, comme un bébé s'en remet à sa mère. La divinité ayant déjà élu dominicle dans le coeur de l'adepte, a tout le loisir de lui exaucer ses voeux.
Dans le cas du sorcier, la nature divine des divinités invoquées n'est pas comprise ou seulement de façon très grossière. Le sorcier pur n'a pas ouvert son coeur à la divinité de façon aussi radicale, et il doit pour rendre ses rituels fonctionnels consentir un sacrifice en échange. Dans les cas les plus simples, le rituel lui-même est le sacrifice nécessaire et suffisant, dans d'autres il lui faut offrir une chose en signe de soumission ou d'abandon, et dans d'autres, son désir est si ardent que la divinité va lui accorder mais qu'un effet de balancier existera parce que le karma peut être déplacé, mais pas supprimé.

Si la divinité n'accorde pas de faveurs aussi spectaculaires au sorcier, ce n'est pas qu'elle l'aime moins, mais c'est que le sorcier lui-même lui laisse moins de place dans son coeur. Pour lui en laisser, il doit faire une offrande, un sacrifice, ou obtenir la concentration par un travail pénible. Tout cela est très louable, si la sorcier continue ses efforts et au lieu de tomber dans le piège du matérialisme, réfléchis au sens profond de tout ça, il deviendra rapidement un mystique.
Une fois devenu mystique, son amour pour la divinité devient si fort qu'il obtient les mêmes états de détachement presque sans effort, et s'il fait des offrandes c'est par pur amour de la divinité, pas pour obtenir quelque chose ne échange. Son mental se purifie et sa volonté devient très forte grâce à cet amour très fort pour la divinité. Les rituels du mystique ressemblent beaucoup à celui du sorcier, en fait, le mystique fait aussi des offrandes et des sacrifice, mais il les fait par pure amour et sans y ressentir le moindre sacrifice, il est fait cela dans le bonheur alors que le sorcier fait cela dans la peine. Cependant un observateur profane ne peut pas faire la différence entre les deux attitudes, car la différence est seulement intérieure.

Il est nécessaire de passer d'abord par la spiritualité sorcière pour parvenir à la spiritualité mystique, à moins d'avoir la chance merveilleuse d'être né avec déjà des dispositions mystiques. Par la pratique des offrandes à la divinité, le chercheur lui ouvre peu à peu son coeur jusqu'à ce que sa réflexion et ses efforts lui permettent de développer l'amour pur d'un dévot pour son Dieu. Une fois ce cap passé, toute son activité magique deviendra naturelle et spontanée, il ne se posera plus de questions sur le karma et le choc en retour ni rien de tel, faisant tout ce qu'il fait dans une attitude intérieure de félicité et d'amour et avec la certitude intérieure que sa divinité le guide. Encore plus tard seulement, il aura accès à la magie dialectique de façon aussi spontanée.

Tout cela est de la théorie donc tout est classifié. Mais dans la pratique, tout est mélangé et c'est très bien ainsi. Aucun sorcier raisonnable ne travaille sans au moins un peu de dévotion (les pires, les sorciers noirs, n'en ont pas en apparence parce qu'elle est présente sous forme déguisée/pervertie de peur) et peu de mystiques sont arrivés au point où leur état fusionnel avec leur divinité leur permet de faire des prodiges sans les efforts de concentration du sorcier.
Modifié en dernier par Jagannath le Dim Avr 10, 2011 9:38 am, modifié 2 fois.

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Messagepar Jagannath » Dim Avr 10, 2011 8:41 am

J'en profite pour rebrancher Bastet sur ce fil de discussion puisque l'article a été considérablement étoffé et que la discussion en cours avec elle a été laissée en suspens :)

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Messagepar Chihiro » Jeu Oct 18, 2012 17:17 pm

J'ai l'impression en lisant le passage sur la dialectique que nos besoins racine prendraient leurs source dans le divin, dans Dieu. Quelque soient nos besoins, le besoin unique serait de s'élever ou de retrouver Dieu. Mes mots sont peut être maladroits mais, j'ai voulu appliquer et c'est ce que je ressens.

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Messagepar Odin » Jeu Oct 18, 2012 21:44 pm

Le fameux miroir ou l'inversion. :)
Pour moi c'est l'un des sens du sceau de Salomon :

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Messagepar Jagannath » Ven Oct 19, 2012 9:52 am

Chihiro : "J'ai l'impression en lisant le passage sur la dialectique que nos besoins racine prendraient leurs source dans le divin, dans Dieu. Quelque soient nos besoins, le besoin unique serait de s'elever ou de retrouver Dieu. Mes mots sont peut être maladroits mais j'ai voulu appliquer et c'est ce que je ressens."

Oui Chihiro, cependant comprendre intellectuellement où la dialectique appliquée peut mener, n'y mène pas! Tu comprends donc ici qu'en mettant en pratique on peut faire l'expérience de Dieu. Ne te contente pas de le savoir, car savoir comment les abeilles fabriquent le miel n'est rien comparé à l'expérience de gouter le miel.

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Messagepar Celeste50 » Jeu Jan 10, 2013 15:49 pm

Merci pour ces développements. Je n'ai lu que le début pour le moment mais non seulement il est très développé mais "intelligent " bien que la notion d'intelligence soit autre chose. En tout cas j'y ai retrouvé certaines réponses et une certaine forme de pensée qui est "ouverte", instructive et qui fait paraitre certains articles sur la magie d'une simplicité navrante !

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Messagepar Huli » Lun Aoû 05, 2013 10:51 am

Super boulot.
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Messagepar Odin » Jeu Mar 20, 2014 1:40 am

Jagannath a écrit :Rappelle-moi de te donner les videos de Swami Suddhananda sur le Karma.


Trois ans après, je te le rappelle. LOL
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Messagepar Jagannath » Jeu Mar 20, 2014 3:31 am

C'est bien mais il faut me le rappeler quand je suis de retour chez moi, je dois fouiller dans mes CD en espérant les avoir toujours. Aussi c'est en anglais.

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Re: [Article] MAGIE : Un étude de fond pour bien comprendre

Messagepar StephaneG » Ven Déc 21, 2018 22:09 pm

Wow je prend une claque. Déjà je ne savais pas qu’il y avait 3 voies magiques, je n’avais jamais entendu parler de la dialectique. Super article, moi qui ne vient pas ce domaine j’avoue que cela me fait énormément réfléchir sur tout ce qui m’entoure.
Sincèrement,
Stéphane

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Re: [Article] MAGIE : Un étude de fond pour bien comprendre

Messagepar Odin » Ven Déc 21, 2018 23:19 pm

Cet article est une perle pour tous ceux qui cherchent des réponses, à lire et relire ! :p
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