[Chamanisme] Expérience chez les Indiens Conibos d'Amazonie

Occultisme, kabbale, alchimie, hermétisme, arts divinatoires etc. On y aborde aussi les groupes initiatiques, occultes, et les sociétés secrètes, bref, les voies mystiques.

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Serval.T
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[Chamanisme] Expérience chez les Indiens Conibos d'Amazonie

Messagepar Serval.T » Mar Déc 30, 2008 19:02 pm

Ce que les plantes sorcières d'Amazonie m'ont fait voir

Expérience chamanique chez les Indiens Conibos d'Amazonie péruvienne. Par Michael Harner.

Michael Harner, anthropologue américain, a fait le récit de son séjour chez les Indiens jivaros d'Amazonie péruvienne dans "Chamane" en 1982, (traduction, par Zéno Bianu, de l'ouvrage original "The Way of the Shaman"), dont le texte ci-dessous est un extrait adapté.
Il a également écrit "The Jivaro: People of the Sacred Waterfalls" et "Hallucinogens and Shamanism".

Ce que j'ai vu
J'ai mené mes premières recherches anthropologiques, il y a maintenant quarante ans, chez les Indiens jivaros, ou Untsuri Shuar, sur les pentes boisées des Andes équatoriales. A cette époque, les Jivaros étaient célèbres parce qu'ils réduisaient les têtes, une coutume qu'ils ont pratiquement abandonnée depuis lors, mais aussi parce qu'ils pratiquaient le chamanisme, une habitude qu'ils maintiennent vivante de nos jours. Durant les années 1956 et 1957, je recueillis de nombreuses informations sur la culture des Jivaros, mais restai un observateur extérieur du monde des chamanes.

Deux ans plus tard, le Musée Américain d'Histoire Naturelle m'ayant proposé d'entreprendre une expédition en Amazonie péruvienne pour y étudier la culture des Indiens conibos de la région d'Uyucali, j'acceptai, enchanté par l'idée de conduire de plus amples recherches sur les cultures fascinantes des forêts de la Haute-Amazonie. Je menai ces recherches en 1960 et 1961.

À l'origine de ma découverte de la voie du chamane, il y a une expérience que je fis avec les Conibos et que j'aimerais partager ici avec vous.

J'avais déjà passé près d'une année dans un village conibo situé sur les rives d'un lac proche de l'un des affluents du Río Ucayali. Les recherches que je menais sur la culture des Conibos me donnaient pleine satisfaction, en revanche mes efforts pour obtenir des informations sur leur religion ne rencontraient guère de succès. Certes, les gens étaient amicaux, mais ils hésitaient à me parler de surnaturel. Finalement, ils me dirent que si je voulais vraiment apprendre, il fallait que je boive la boisson sacrée des chamanes, une potion à base d'ayahuasca, " la plante de l'âme". J'acceptai avec curiosité et inquiétude, car ils m'avaient averti que l'expérience allait être effrayante.

Le lendemain matin, mon ami Tomás, l'ancien du village, partit cueillir les plantes dans la forêt. Avant de me quitter, il me dit de manger très peu : un déjeuner léger et pas de lunch. A midi, il revint avec assez de plantes d'ayahuasca et de feuilles de cawa pour remplir une marmite d'une soixantaine de litres, qu'il mit à bouillir tout l'après-midi, jusqu'à ce que ne restent plus que trois ou quatre litres d'un liquide noirâtre, dont il versa une partie dans une vieille bouteille, pour qu'il refroidisse jusqu'au crépuscule,moment où, disait-il, nous le boirions.
Je vis des dragons noirs
échappés de l'espace
qui dirent être les maîtres
de toute vie sur la Terre

Les Indiens muselèrent les chiens du village pour les empêcher d'aboyer parce que le bruit, m'expliquèrent-ils, peut rendre fou un homme ayant pris de l'ayahuasca. Ils recommandèrent en outre aux enfants de se tenir tranquilles. Si bien qu'au coucher du soleil, la petite communauté se trouva plongée dans le silence.

A l'instant où le bref crépuscule équatorial fit place à l'obscurité, Tomás versa un tiers de la bouteille dans une calebasse, et me tendit cette dernière. Les autres Indiens nous observaient. Je me sentais comme Socrate acceptant la ciguë au milieu des Athéniens - et soudain je me rappelai que les populations de l'Amazonie péruvienne donnent aussi à l'ayahuasca le nom de "petite mort". Je bus la potion d'un trait. Son goût était étrange, légèrement amer. Puis j'attendis que Tomás bût à son tour, mais il me déclara qu'il avait finalement décidé de s'abstenir.

Les Indiens m'avaient fait allonger sur la plate-forme de bambou sous le grand toit de chaume de la maison communautaire. On n'entendait aucun bruit, hormis le grésillement des criquets et l'appel d'un singe hurleur loin dans la jungle.

Alors que je regardais vers le haut, dans l'obscurité, des traits de lumière à peine perceptibles m'apparurent. Brusquement, ils augmentèrent de netteté et de complexité, puis éclatèrent en couleurs brillantes.
Je vis un crocodile géant
dont les mâchoires
laissaient échapper
un flot tumultueux

De très loin, un son me parvint semblable à celui d'une chute d'eau. Il augmenta progressivement, jusqu'à m'emplir les oreilles. Quelques minutes auparavant j'éprouvais de la déception, persuadé que l'ayahuasca n'aurait aucun effet sur moi. Mais à présent, le bruit du torrent impétueux inondait mon cerveau. Mes mâchoires commençaient à s'engourdir. L'engourdissement gagna mes tempes.

Au-dessus de ma tête, les traits de lumière devinrent plus brillants. Ils s'entrelacèrent, jusqu'à former une voûte semblable à la mosaïque géométrique d'un vitrail. Un camaïeu de violet éclatant forma au-dessus de moi un toit qui ne cessait de s'étendre. Au coeur de cette caverne céleste, le bruit de l'eau devint de plus en plus fort, et je percus de pâles figures se mouvant comme des ombres.

Comme si mes yeux s'accoutumaient aux ténèbres, cette scène mouvante se transforma en une sorte de foire, en un carnaval surnaturel de démons. Au milieu, présidant aux activités, regardant droit dans ma direction, une gigantesque tête de crocodile grimaçait, dont les mâchoires caverneuses laissaient jaillir un flot torrentiel. Lentement, les eaux et la voûte s'élevèrent, jusqu'à ce que la scène se métamorphosa en une simple image divisée en deux: le ciel bleu en haut, la mer en bas. Toutes les créatures s'étaient évanouies.

Alors, d'une position proche de la surface de l'eau, je commençai à apercevoir deux bateaux étranges qui flottaient dans l'air et qui, tout en se balançant d'avant en arrière, se rapprochaient de plus en plus de moi. Alors, lentement, ils se fondirent l'un dans l'autre pour devenir un seul vaisseau, orné à sa proue d'une énorme tête de dragon, un peu comme sur les navires vikings. Au milieu du bateau, se dressait une voile carrée. A mesure que le bateau flottait doucement, en avant, en arrière, au-dessus de moi, j'en vins à entendre un chuintement rythmé. Je me rendis compte qu'il s'agissait du bruit cadencé de centaines de rames qui faisaient avancer une galère géante.

Dans le même temps, je pris conscience du plus beau chant que j'aie entendu de ma vie, aigu, éthéré. Il émanait de myriades de voix à bord de la galère. En examinant plus attentivement le pont du navire, je pus discerner un grand nombre de personnages à tête de geai bleu et corps d'être humain, semblables aux dieux à tête d'oiseau figurant sur les peintures anciennes des tombes égyptiennes. Dans le même temps, une sorte d'essence-énergie commenca à sortir de ma poitrine et à flotter vers le navire. Moi qui me croyais un athée, j'éprouvai à cet instant la certitude absolue que j'étais en train de mourir et que les personnages à tête d'oiseaux étaient venus afin d'emporter mon âme sur leur navire.

Alors que les flots de mon âme continuaient à me sortir de la poitrine, je sentais que mes bras et mes jambes s'engourdissaient et que mon corps se transformait en béton. Je ne pouvais plus ni bouger ni parler. Lorsque l'engourdissement commença à gagner ma poitrine et mon coeur, j'essayai d'ordonner à ma bouche d'appeler à l'aide, de demander aux Indiens de me donner un antidote. Mais j'eus beau essayer, je ne parvins pas à rassembler suffisamment de forces pour prononcer un seul mot. Simultanément, il me sembla que mon abdomen se transformait en pierre, et je dus faire des efforts démesurés pour que mon coeur continue à battre. Je me mis à parler à mon coeur, à l'appeler "mon ami", "mon ami le plus cher", et, de toute l'énergie qui me restait, à l'encourager de continuer à battre.

Je pris conscience de mon cerveau. Je sentais - physiquement - qu'il avait été divisé en quatre niveaux distincts. Sur le niveau élevé, la plus proche de la surface, se trouvait l'observateur-commandant, conscient de la condition de mon corps et responsable de la tentative de continuer à faire battre mon coeur. Ce niveau percevait, en tant que spectateur uniquement, les visions émanant de ce qui semblait être les niveaux inférieurs de mon cerveau. Juste au-dessous du niveau le plus élevé, je sentais une couche engourdie, qui paraissait avoir été mise hors service par la drogue; elle était tout simplement absente. Mes visions, y compris mes visions du bateau aux âmes, émanaient du niveau juste en dessous de celui-là.

Oui, à ce moment-là, j'étais pratiquement certain de mourir. Mais alors que j'essayai de me faire à cette idée, un niveau de mon cerveau encore plus profond commença à me transmettre d'autres visions, d'autres informations. J'entendis que l'on me "disait" que je pouvais recevoir ces révélations sans risque de les trahir puisque j'étais en train de mourir. J'entendis que l'on me "disait" que ces secrets étaient réservés aux mourants et aux morts. Je percevais très confusément que ces pensées m'étaient inspirées par des créatures reptiliennes géantes reposant mollement sur les couches les plus profondes de mon cerveau, là où ce dernier rejoint le sommet de la colonne vertébrale.

Je discernais vaguement ces créatures au coeur de gouffres lugubres et ténébreux. Elles projetèrent alors une scène devant mes yeux. Elles commencèrent par me montrer la planète Terre telle qu'elle était il y a une éternité, avant que n'y apparaisse la vie. Je vis un océan, une terre aride, et un ciel bleu lumineux.

Puis, par centaines, des grains noirs se mirent à tomber du ciel sur le paysage désolé en face de moi. Je vis alors que ces "grains" étaient en réalité de grandes créatures noires et brillantes aux larges ailes de ptérodactyle et au corps de baleine. Je ne pouvais voir leur gueule. Elles s'affalèrent, épuisées par leur voyage, reposant pour une éternité. Elles m'expliquèrent en une sorte de langage mental qu'elles fuyaient quelque chose situé loin dans l'espace. Qu'elles étaient venues sur Terre pour échapper à leur ennemi.

Elles me montrèrent de quelle manière elles avaient créé la vie sur la planète afin de se cacher au sein de formes multiples et dissimuler ainsi leur présence. Devant moi, la magnificence de la création et de la différenciation des animaux et des plantes en espèces - le résultat de centaines de millions d'années d'activité - s'imposa avec une force et un éclat impossibles à décrire. J'appris que les créatures-dragons résidaient à l'intérieur de toutes les formes de vie, homme y compris. Je dirais en rétrospective qu'elles étaient presque comme de l'ADN, mais en ce temps-là, en 1961, je ne savais rien de l'ADN.

Elles étaient les vraies maîtresses de l'humanité et de la planète, m'expliquèrent-elles. Nous autres humains n'étions que leurs réceptacles et leurs serviteurs. C'est pourquoi elles pouvaient me parler de l'intérieur de moi-même.

Ces révélations, jaillissant des profondeurs de mon esprit, alternaient avec les visions de la galère dont l'équipage à tête de geai bleu avait presque fini de hisser mon âme à bord. Le bateau s'éloignait peu à peu vers un large fjord flanqué de collines arides et usées, entraînant ma force vitale. Je savais qu'il ne me restait qu'un instant à vivre. Etrangement, les hommes à tête d'oiseau ne me faisaient pas peur ; je n'avais pas d'objection à ce qu'ils prennent mon âme, s'ils étaient capables de la garder. Mais je craignais que d'une façon ou d'une autre, mon âme ne pût demeurer sur le plan horizontal du fjord, mais que, par un processus inconnu, mais pressenti et redoutable, elle fût capturée ou recapturée par les dragons habitant les profondeurs.
J'appelai mon coeur
"mon ami le plus cher"
et le suppliai de
continuer à battre

Je ressentis brusquement ce qui faisait mon humanité, le contraste entre mon espèce et nos lointains ancêtres reptiliens. Je commençai à me battre pour ne pas retourner chez eux; je les ressentais de plus en plus comme étrangers, et peut-être malfaisants. Chaque battement de mon coeur représentait pour moi un effort énorme. Je cherchai une aide humaine.

Au prix d'un effort inimaginable et ultime, je parvins à murmurer aux Indiens un mot: "médicament". Je les vis se précipiter pour préparer un antidote, mais savais qu'ils n'y parviendraient pas à temps. J'avais besoin d'un gardien capable de défaire les dragons et essayai frénétiquement de faire surgir un être puissant qui me protège des créatures reptiliennes étrangères. Un tel être apparut devant moi; c'est le moment où les Indiens ouvrirent ma bouche de force et me contraignirent à boire l'antidote. Progressivement, les dragons retournèrent dans leurs profondeurs; le navire des âmes et le fjord s'étaient évanouis. Je me détendis, soulagé.

L'antidote m'apaisa complètement, mais j'eus néanmoins de nombreuses autres visions, d'une nature plus superficielle, maîtrisables et agréables. Je fis à volonté des voyages fabuleux à travers des régions lointaines, aux confins mêmes de la galaxie; je créai d'incroyables architectures; j'utilisai des démons grimaçants et sardoniques pour réaliser des fantasmes. Souvent, je me surpris à rire de l'incongruité de mes aventures.
Enfin, je m'endormis.

Lorsque je me réveillai, les rayons du soleil perçaient le toit de palme au-dessus de moi. J'étais toujours allongé sur la plate-forme de bambou, et entendais les bruits usuels du matin: les Indiens parlant entre eux, des bébés en pleurs, un coq qui chantait. Je fus surpris de me découvrir revigoré et paisible. Alors que je reposais là, contemplant le magnifique réseau tissé du toit, les souvenirs de la nuit précédente dérivèrent à travers mon esprit. Cessant momentanément de solliciter ma mémoire, j'allai chercher un magnétophone dans mon sac marin. Comme je fouillais dans le sac, plusieurs Indiens me saluèrent en souriant. Une vieille femme, l'épouse de Tomás, me donna comme déjeûner un bol de soupe de poisson et de plantain. Le goût en était extraordinaire. Puis je retournai sur la plate-forme, impatient d'enregistrer mes expériences de la nuit avant d'oublier l'un ou l'autre détail.

Le travail de remémoration fut aisé, sauf pour une période de la transe que je n'arrivais pas à me rappeler : elle restait vide, comme si la bande avait été effacée. Je luttai des heures pour me souvenir de ce qui s'était produit durant cette partie de l'expérience; je dus littéralement extraire cette évocation de force des profondeurs de ma conscience. Ce dont j'avais tant de peine à me souvenir, c'étaient les révélations que m'avaient faites les créatures à forme de dragon, sur leur rôle dans l'évolution de la vie sur cette planète et sur leur contrôle inné de toute matière vivante, homme compris. La remémoration de cet épisode me mit dans un état de grande excitation, et je ne pus m'empêcher de ressentir que je n'aurais peut-être pas dû le rapporter des régions inférieures de mon esprit.

J'éprouvais même une sentiment étrange de crainte pour ma sécurité, puisque je possédais à présent un secret dont les créatures m'avaient indiqué qu'il était réservé aux mourants. Je décidai sur-le-champ de partager cette connaissance avec d'autres afin que le "secret" ne réside pas chez moi seul et éviter que ma vie soit mise en péril. Je fixai mon moteur hors-bord sur une pirogue et partit pour une mission évangélique américaine proche du village, où j'arrivai vers midi.
Athée complet, j'eus
en vérité, et sans le savoir,
les mêmes visions que
Jean dans l'Apocalypse...

Le couple qui tenait la mission, Bob et Millie, accueillants, pleins d'humour, compatissants, sortait du lot des évangélistes ordinairement envoyés par les Etats-Unis. Je leur racontai mon histoire. Lorsque j'en vins à la description du reptile de la gueule duquel jaillissaient des flots, ils échangèrent un regard, prirent leur Bible et me lurent le verset suivant, extrait du chapitre XII de l'Apocalypse :
Alors le serpent vomit comme un fleuve d'eau.

Ils m'expliquèrent que dans la Bible le mot "serpent" était un synonyme des mots "dragon" et "Satan". Je continuai mon récit. Lorsque j'en arrivai aux créatures à forme de dragon fuyant des ennemis situés au-delà de la Terre et atterrissant sur notre planète pour s'y cacher, Bob et Millie, surexcités, me lurent à nouveau un extrait du même passage de l'Apocalypse :

Il y eut alors un combat dans le ciel : Michaël et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon lui aussi combattait avec ses anges, mais il n'eut pas le dessus; il ne se trouva plus de place pour eux dans le ciel. Il fut précipité le granddragon, celui qu'on nomme Diable et Satan, le séducteur du monde entier, il fut précipité sur la terre et ses anges avec lui.

J'écoutais avec surprise et émerveillement. Les deux missionnaires semblaient impressionnés, quant à eux, par le fait qu'un breuvage de "sorciers" ait apparemment pu révéler certains éléments sacrés de l'Apocalypse. Lorsque j'eus terminé mon récit, je me sentis soulagé d'avoir partagé ma nouvelle connaissance, mais j'étais aussi épuisé. Je m'endormis sur le lit des missionnaires, les laissant poursuivre leur conversation à propos de mon expérience.

Ce soir-là, alors que je retournais au village, ma tête commença à battre au même rythme que le bruit du hors-bord; je pensai que je devenais fou; je dus me boucher les oreilles pour que cette impression cesse. Je dormis bien, mais le lendemain matin, remarquai un engourdissement, une sorte de pression dans ma tête.

J'étais à présent pressé de solliciter l'opinion professionnelle de l'Indien le plus informé de ces choses surnaturelles, un chamane aveugle qui, à l'aide de l'ayahuasca, avait fait maintes incursions dans le monde des esprits. Il me semblait judicieux qu'un aveugle fût mon guide au pays des tenèbres.

Je me rendis dans sa hutte et, à l'aide de mes notes, lui décrivis mes visions point par point. Au début, je lui parlai seulement des moments les plus spectaculaires; en évoquant les créatures à forme de dragon, j'omis donc de lui dire qu'elles arrivaient de l'espace et expliquai seulement : "C'étaient des animaux noirs géants, quelque chose comme de grandes chauves-souris, plus longues que la longueur de cette maison. Ils disaient être les vrais maîtres du monde." En conibo, il n'y a pas de mot pour dragon; "chauve-souris géante" me semblait être l'image la plus précise pour décrire ce que j'avais vu.
Oeuf Cosmique

Le chamane leva vers moi ses yeux aveugles et dit avec un sourire narquois: "Oh, ils disent toujours ça. Mais ils sont seulement les Maîtres des Ténèbres Extérieures." Désinvolte, il désigna le ciel de la main. Je sentis un frisson monter dans ma colonne vertébrale : je ne lui avais pas encore dit que j'avais vu, dans ma transe, les dragons venir de l'espace intersidéral.
J'étais abasourdi. Ce que j'avais éprouvé était déjà connu de cet aveugle aux pieds nus, qui l'avait découvert en explorant le même monde où je venais de m'aventurer. C'est à ce moment que je décidai d'apprendre tout ce qu'il me serait possible d'apprendre sur le chamanisme.
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Jagannath
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Messagepar Jagannath » Mar Déc 30, 2008 19:33 pm

Et bien il me semble qu'on est dans un cas assez typique de transe chamanique.
C'est un bon sujet :)

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chaostiks
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Messagepar chaostiks » Dim Jan 04, 2009 17:58 pm

Moi je n'ai aucune expérience chamanique et je pense que la plus part d'entre nous non plus.
Mais peu être que ensemble,sans chamane, ce seras plus révélateur.

Je me demande si ce que les dragons on dît est exacte, sa ne vas pas à l'encontre de mais croyance mais tout les chrétiens doivent être outrer, les dragons disent qu'on n'a en nous un démon.
je voudrais vos avis surtout d'un chretiens ou d'un juif.
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Messagepar Jagannath » Dim Jan 04, 2009 19:57 pm

Je suis un chrétien, et pas outré du tout...
Je vois mal pourquoi je serais outré d'ailleurs ni en quoi cela remettrait en question la croyance dans l'enseignement et le message du Christ?

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bastet
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Messagepar bastet » Dim Jan 04, 2009 20:19 pm

Je suis multicolore, chrétienne, chamanique, kabbaliste donc hébraïsante, égyptienne, magicienne, sorcière, révolutionnaire et anarchiste, humaniste profondément croyante, et encore d'autres choses, y compris athée quand je veux.

Le fameux "démon" est honoré de partout. Car il est notre force vive, dans sa permanence à travers les Traditions.

Un petit texte d'approche :
« Daïmôn » est un mot grec dont nous avons fait « démon », mot qui connote un seul aspect du « monde daïmonique » : un aspect d'ombre et de tentation. Cette réduction représente un appauvrissement considérable des expériences humaines que recouvre le terme grec.Toute culture a sa daïmonologie, c'est-à-dire une théorie et une expérience de puissances supra ou infrapsychiques (esprits, anges, archontes, archanges, génies, démons, démiurges, fravartis, djinns, chérubins, éons, fées...) dont l'apparition peut signifier pour l'être humain une rencontre avec son propre destin : salut, tentation, chute, oracle, conseil, guide, initiation, perte, présage... Ce polymorphisme ne signifie pas pour autant un illogisme. Au contraire, une phénoménologie de ces expériences montre qu'il s'agit d'une dimension humaine essentielle.
(Source : Universalis)
Bastet

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Messagepar chaostiks » Lun Jan 05, 2009 20:53 pm

Je me disais qu'une personne qui pense que nous avons commencer dans le jardin d'eden créé avec "de la boue" ne serais pas comptent de se voir révélé qu'il est en fait un démon chasser du paradis par archange.
mais je me dis maintenant que ces démons sont en faite les être créé par dieux et qu'il ont "gouter à la pomme".
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Messagepar Jagannath » Lun Jan 05, 2009 23:19 pm

chaostiks a écrit :Mais je me dis maintenant que ces démons sont en faite les êtres créés par Dieu et qu'il ont "gouté à la pomme".

Ne te dis pas! Etudie! Se dire des choses ne sert à rien car avoir des idées qui ne sont pas vraies est un fardeau plus qu'une assistance.

Et puis s'il te plait Chaostiks, soigne l'orthographe. Ca fait trop trop trop de fois que je te le demande, si tu continues, tu seras simplement exclu de notre forum car j'en ai marre d'effacer tes posts un par un.

L'orthographe ou la porte!

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Messagepar Serval.T » Mar Jan 06, 2009 9:11 am

Ha la la ... Mon pauvre enfant ... Tu as un regard bien trop étriqué ... Effectivement tu devrais ouvrir un livre ou deux ... Faire des recherches concrètes avant de dire des bêtises ... Ta jeunesse ne pardonne pas tout mon petit ...
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Messagepar markab » Mar Jan 06, 2009 12:54 pm

Pour les Amérindiens Sioux il n'y a pas de contradiction entre la religion chrétienne et leur pratiques chamanique.
Dans l'une de leur cérémonies c'est flagrant.
Ainsi dans la danse du soleil, l'on retrouve la mort de Jésus et sa résurrection, comment il soufre pour le peuple. Les Amérindiens ont absorbé et adapté ce qu'il avaient compris à l'époque du christianisme.
Le danseur du soleil offre son corps en sacrifice pour l'avènement de jours meilleurs.
Il perce ses chairs et durant plusieurs jours, sans boire ni manger, danse tourné vers le soleil, trainant des crânes de bison et relié à un mât central, soufflant dans une flûte pour se tenir courage d'aller jusqu'au bout.
Ils peuvent être plusieurs à danser ainsi au même mât.
Il quête sa vision, il offre ses chairs et sa vie, pour ses frères et sœurs.
Cette cérémonie ne peut être sortie du continent américain. De toute façon elle ne serait pas comprise ici.
Je sais que les danses du soleil se sont remultipliées ses dernière années dans les réserves.

Sinon j'ai assisté à des cérémonies diverse, une cérémonie de guérison publique avec un chaman Witschol, une cérémonie d'appel aux esprits avec un Sioux Lakota, dans le noir complet, seuls des sons divers induisent un état particulier. Des sacrées mise en scène en tout cas!

Et enfin, de loin celle que je préfère, la hutte à sudation, sans nulle doute la plus ancienne et universelle des pratiques.
Le rituel Amérindien est d'une telle richesse, que même si l'on est imperméable aux symboles, force est de constater, que leur présence suffit par leur puissance à nous envoyer dans un autre état de conscience.
Maintenant, c'est quand même éprouvant, les élément sont très forts.
On descend dans les racines de l'humanité, de la terre et des éléments.

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Messagepar Odin » Mar Jan 06, 2009 16:52 pm

Dans la transe, tout est question de symbole. Les forces de la nature nous apparaissent tel que nous voulons les voir ; par définition, un esprit humain est formaté. Donc il produit des images. Des images, donc, issues d'une mémoire "collective". Mais derrière les images, il y a la même chose, la même signification.
Le livre des morts tibétain nous apprend que lors des différentes étapes du parcours de l'âme après sa mort, là où elle va errer ou non, se libérer du cycle des incarnations, ou non, elle rencontre tour à tour des manifestations "noires", "déchaînée" des dieux, ainsi que leur manifestation "calme", "apaisée". L'âme ne doit pas s'en effrayé, sinon elle ne passe pas.
Je trouve ce récit étrangement similaire.
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Messagepar Serval.T » Jeu Jan 08, 2009 9:42 am

Lol et si vous voulez aller plus loin ... vous verrez qu'en réalité ces rituels sont la base de la magie ... livre des morts Égyptiens et Tibétain sont similaire et le Véda aussi …
Comme c’est étrange rajoutons les Incas … enfin bon la liste est trop longue …

En finalité la méditation puis la transe est la communion des êtres avec l’univers … ou la mort ouvre et dévoile ses secrets … et les souffrances physiques livrant la substance qui met le réceptacle en état de réception …

Mais je ne sais pourquoi la souffrance est utile ...

Peut être pour déposséder l’homme et l’arracher au matériel auquel il se raccroche avec acharnement … et quand les souffrances nous submergent nous revenons a la base de la réalité Vrai …
Ce qui est en haut est comme

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Messagepar bastet » Jeu Jan 08, 2009 19:17 pm

Odin a écrit :Dans la transe, tout est question de symbole.

Cher Odin,
Je crois, pour ma part, que dans la transe, il n'y a pas que des symboles mais aussi un voyage corporel, où le symbole laisse la place à une autre réalité bien physique.

J'aimerais vos avis.
Bastet

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Messagepar bastet » Jeu Jan 08, 2009 19:27 pm

Pour continuer sur la dernière intervention de notre ami Serval, vous savez sans doute que les rites initiatiques de multiples confréries ésotériques et/ou occultistes passent par des épreuves et une mort symbolique.

Cependant, dans une très large majorité (je mets ce bémol car je n'ai pas la prétention de tout connaître), il n'est pas question de mutilations profondes comme la crucifixion, ou quoi que ce soit pouvant porter atteinte à l'intégrité du corps.

La souffrance doit être plus conçue comme la "passion", avant la libération de son être nouveau.

Bastet

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Messagepar Jagannath » Jeu Jan 08, 2009 20:37 pm

Etrange idée de chercher une utilité à la souffrance.
Observons ce raisonnement :

A quoi sert la grande flaque de vin répandue par terre? -> A s'apercevoir que la bouteille est renversée.

Il y a là une erreur de logique. Même si il est vrai au final que pour celui qui n'a pas vu la bouteille renversée, la grande flaque peut le mener à comprendre, la flaque n'est pas là pour ça.

La souffrance est le résultat de l'ignorance. Elle peut certes forcer à ouvrir les yeux comme elle peut au contraire donner la tentation de les fermer d'avantage. Mais elle n'est pas là pour ça. Elle est une conséquence, non un outil.

On en revient au sujet de notre enquête avec Odin, sur l'origine première de l'incarnation. La tendance nouvel-âge est de lui donner un rôle merveilleux : oui on va souffrir mais c'est pour découvrir quelque chose.
Ce que j'en déduis : pour les adeptes du nouvel âge, il apparaît naturel de considérer que c'est une bonne chose de souffrir pour découvrir l'absence de souffrance. Et bien moi je dis à l'exact opposé d'eux : pour découvrir l'absence de souffrance il faut non pas : souffrir, mais : ne pas souffrir. J'oppose le bon sens à la sophistique délirante!

Et en cela je suis de l'école traditionnelle qui indique de ne pas chercher vainement un pourquoi, mais plutôt de s'occuper à retrouver le divin.
Retrouver la divinité plutôt que chercher des raisons à se complaire dans notre aveuglement, avec les rassurants arguments sophistiqués des new-âge, qui pour moi vont parfaitement à l'encontre le bon sens.

markab
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Messagepar markab » Jeu Jan 08, 2009 21:05 pm

Je pense que tu as raison, Bastet, en majorité les épreuves sont symboliques.
Mais dans la plupart des peuples animistes elles n'en sont pas moins très physiques.
La danse du soleil dont je parlais plus haut est en fait très récente (3 siecles au plus), elle date de la colonisation.
L'aspect mutilation a bel et bien été apportée par les "blancs", par l'intermédiaire de l'histoire du Christ.
Il n'en reste pas moins que le danseur est sincère et en offrant sa vie, en acceptant de mourir en souffrance, émeut le peuple qui est très souffrant (il faut remettre dans le contexte des réserves). Un danseur du soleil représente l'espoir.
Initié, il etait déjà avant, par d'autres épreuves, mais là il gagne encore une autre dimension., lorsque sorti de son évanouissement final ( eh ouais la danse s'arrête quand il est térrassé de fatigue), il revient à la vie.
Il revient à l'espoir.
C'est ainsi que cela m'a été raconté par un Amérindien lui même, alors que je faisais une mine dégouttée de tant de barbarie.

Sinon une autre épreuve de mort initiatique consiste en la quête de vision.
Le jeune aspirant s'isole dans la nature, s'entourant de symboles sacrés, et reste là, sans boire ni manger pendant autant de jours qu'il lui faut pour renaître à lui même.
Il redescend parmis ses frères et soeurs lorsqu'il a reçu sa vision, celle qui guidera sa vie. Car les Amérindiens s'appellent tous entre eux frère et soeur.
C'est de la même façon, que lorsque devenu agé, il acceptera que la mort vienne le chercher. Dans l'isolement et la nature.
Mais l'Amérindien au sein de la Terre n'est jamais seul, il a sa Mère sous ses pieds et son Père au dessus de la tête. Ses deux bras et jambes et sa tête étant ses frères les plus proches.
Telle est la philososophie Amérindienne.

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Messagepar bastet » Jeu Jan 08, 2009 22:24 pm

Ma chère Markab,

D'où le côté pernicieux d'évangéliser à tour de bras (pour les "missionnaires") et de prendre au premier degré les enseignements (pour les "évangélisés").

Quand on transmet (ou croit transmettre) sans pédagogie, sans tolérance, avec la seule volonté d'imposer des vérités non avérées, on arrive à des contre-sens.

Le message christique n'a jamais prêché la douleur ni le sacrifice sanglant. Bien au contraire.
Encore aurait-il fallu que les "missionnaires" l'aient compris eux-mêmes.

La spiritualité amérindienne n'avait pas besoin d'apports non conformes à leur culture profonde et ancestrale.
Encore aurait-il fallu qu'ils opposent plus de résistance. Mais que peut-on faire contre des balles de fusils quand on a que des flèches ?

Les deux courants auraient surtout eu besoin d'échanges et de partage. Là ils se seraient vivifiés l'un l'autre.

Douce nuit,
Bastet

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Messagepar markab » Ven Jan 09, 2009 0:03 am

Oui, bien sur tout ça.
Mais, que dire, quand moi même ai ouvert les yeux sur les symboles proposés?
J'ai vu un homme écartelé sur une croix partout. Tous les croisements de chemin, tous les temples, partout l'homme torturé est vénéré. Quelle horreur!
Heureusement que j'ai été élevée sans religion , ni dogme.
Comment aurais je pu, sans recherche profonde, penser que le message est d'Amour?
Rien n'a été clair.
La souffrance a prédominé.
Je comprend les Amérindiens qui dans leur détresse, on leur a dit que c'était le Sauveur, et bien ils ont calquer, ils ont cru.
Car détresse véritable dans laquelle ils étaient, ils ne savaient plus quoi faire, eux qui étaient dans un Eden, avant.
Enfin, c'est ce que j'ai compris de ce que l'on m'a raconté.

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Messagepar Serval.T » Ven Jan 09, 2009 10:03 am

Quel sujet! Mes amis ??? Hé Hé c'est ce genre de conversation que je recherche donc merci Markab de nous faire voyager dans la source abondante ...
Et toi Bastet de nous rappeler ce lointain souvenirs qui se dévoile avec Vérité ...
Et évidement nostre cher Philosophe Socrate ... nan pardon donc nostre cher Philosophe Bertrand ;)

Je crois que ces questions et réponses sont une recherche profonde car le chamanisme se conçoit de différentes façons par la différence démographique et aussi une continuité de rites ancestraux ...
Donc sans parler des différentes colonisations ayant causé ou forcé un peuple en communion avec son environnement ... a changer contre une histoire sombre et sanglante que je désapprouve totalement ...

Au lieu de montrer la paille qui est devant les yeux de ton voisin regarde donc l'arbre qui se dresse devant toi Religieux de peu de "foi" ...

L'arbre est la vie et qu'en fais-tu?

Vous savez ... la première fois que j'ai vu Jésus sur la croix ... j'ai ressenti ... comment dire ... de la Honte ... et j'ai dit :

Mais quel peuple peut véhiculer cette image de désolation de son propre prophète?

Cette image ... Horrible ... J'ai commencé à verser des larmes d'injustice pour cet homme ... et l'ignorance de ceux qui ont profané son sang et massacré ce Saint ! (sans compter les autres Saints qui ont fini en martyrs) … Mais pourquoi en réalité … possédaient-ils une chose qu’il fallait détruire?

Alors j'ai cherché la chose ... car tout comme une formule mathématique tout a une explication …
J’ai parcouru un long voyage jusqu’ici et aujourd’hui je continue à chercher en tout lieux et en chaque période …
Et quand on cherche (évidement selon sa conscience et les questions que l'on se pose, donc il ne faut se poser n'importe quelles questions, mais se poser les bonnes Hé Hé là est la difficulté) on trouve LOL …

Cet environnement est l'éducateur de l'homme ... enfin à mon sens ... je continue sur le même fil ...


Il est vrai sans mensonge que les peuples Amérindiens ont changé leur culte par la force des choses avec la venue et le vol de leurs propres cultes …
Je m'explique: car quelle est la source, la base du Christianisme?
Une copie d’une copie copié d’une autre qui celui-ci aussi copié …
Mais ceci n’engage que moi … ;)

Serval
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Ce qui est en bas...

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Messagepar Odin » Ven Jan 09, 2009 14:07 pm

Celà me rappel le film (Les Brumes d'Avalon) qui a contribué à mon Initiation par la Mère Nature. Le choix de la nature, de la Vieille Religion, ou The Hold Way : la vénération de la nature, en tant que mère, donneuse de vie, dans la mesure du respect que nous lui rendons. Là où la Vieille Religion est morte, elle subsistait par delà le monde connu, de l'autre côté des mers, car aucun des peuples qui n'y vivait n'avait songé à la dominer pour y tracer des routes et défier les montagnes sacrées.

Voici ce que dit Viviane, dans un extrait du film (si quelqu'un veut l'extrait du film, contactez moi par Message Privé) : "c'est tout dans la nature, et tout dans la nature est sacré. Regardez, c'est son visage. Ecoutez ! C'est sa voix... elle est en tout ce qui est d'une beauté infinie, et aussi bien en tout ce qui se décline. "

N'est-ce pas d'une fabuleuse poésie ?

Dans un autre extrait, elle dit ceci :

"La déesse créé un équilibre en tout : le Bien et le Mal, la Naissance, et la Mort, le Prédateur, et la Proie. Sans elle, tout ne serait plus que destruction, et chaos."

Je crois que, pour toute personne qui recherche une initiation, il est important de ne pas uniquement se tourner vers une Religion. Personnellement, je ne considère pas qu'il y ait plusieurs religions, mais une seule, avec de nombreux prophètes. Et tous répondent à un même Appel. Jésus, nous a enseigné l'amour. Tout comme Krishna. Mais cet amour, c'est aussi celui de la Nature. C'est l'Amour. L'amour de toute chose. Sans cet amour, on ne peut pas "vibrer". de cet amour, naît l'union avec le Tout, personnifié dans par Mère Nature.

Je voudrai aborder un autre point.
Jésus sur la croix, je ne considère pas que ce soit la représentation d'une souffrance. C'est la représentation de l'Amour, et de son refus, de sa négation. C'est Krishna, et Shiva : l'affrontement qui créé un équilibre, car sans le désamour, serions nous toucher par le message du Christ ? Peut être oui, mais nous n'aurions pas connaissance de ce que son absence peut provoquer, nous ne lui accorderions pas une valeur aussi importante.
Je tiens aussi à rappeler que si la religion chrétienne a réussi à se répandre de cette façon, c'est aussi parce que l'Amour en lequel ont foi les chrétiens, a toujours étonné les non-chrétiens ou non-croyants. Cette foi sincère, cet engagement envers et contre-tout, conduit à un questionnement : d'où vient cette force ? Les valeurs véhiculées semblent soudain justes, simples. Amour, compassion, paix, justice.
Celà explique l'engouement pour des personnalités comme Mère Theresa, Soeur Emmanuelle, L'abbé Pierre... Jésus.

Le sacrifice de soit n'est pas une souffrance, c'est un amour, que l'on a maltraité.

Bonne journée
Odin
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Messagepar Serval.T » Mar Jan 13, 2009 16:17 pm

Étymologie [modifier]

Le mot chamane ou chaman est connu dès le XVIIe siècle. Il entre officiellement dans la langue française en 1842[2].
Sam est une racine altaïque signifiant "s'agiter en remuant les membres postérieurs". "Saman" est un mot de la langue toungouse qui signifie "danser, bondir, remuer, s'agiter".
Ojun désigne le chamane chez les Yakoutes ; il signifie "sauter, bondir, jouer".
L'équivalent turc est kam d'où dérive en russe kamljat, "chamaniser", et kamlanie, "séance chamanique".
Chez les Bouriates, boo murgel signifie "encornement (ou affrontement) de chamane".
L'idée générale est celle d'imitation des espèces animales, notamment celles qui sont prisées à la chasse : les cervidés et les gallinacés[3].

Suivant Bertrand Hell[2] le shaman est soit "celui qui sait", soit celui qui "bondit, s'agite, danse".

Ethnologie et chamanisme [modifier]

La catégorie "chamanisme" pose problème aux anthropologues. Que peut-on appeler "chamanisme", quand on utilise ce terme tant pour parler des pratiques des Toungouses que de celles des urbains Européens ? Pour répondre à cette question, il faut revoir l'histoire du mot et ce qu'elle implique.

Le terme « chamane » est introduit au XVIIIe siècle et emprunté au toungouse (Sibérie) par l’Archiprêtre Avvakum. Roberte Hamayon (La chasse à l'âme, 1990) caractérise le chamanisme de Sibérie ainsi : il s’agit d’une « procédure de médiation, rudimentaire et bonne à tout faire supposant une conception spécifique de l'homme, du monde et de la société » ainsi que de leurs relations. La notion d'échange est au cœur de la pensée chamaniste : surtout il existe un lien fondamental entre la chasse, l’alliance et le chamanisme ; ainsi, Roberte Hamayon propose que le chamanisme en soi s'enracine dans la vie de chasse, en raison d'un rapport de nécessité fondé sur ce qui semble caractériser le chamanisme au niveau le plus général : la gestion de l’aléatoire. Celle-ci se réalise par un échange avec les esprits, lors de la transe.

Le chamanisme est donc une conduite, une efficacité, une technique, à restituer dans le tout de la société. Il remplit une fonction d'adaptation à des situations démunies et difficiles, par sa souplesse, son pragmatisme (contrairement aux religions instituées), et par sa disponibilité.

Les traits essentiels du chamanisme, dans les sociétés de chasse, sont : l’alliance avec les esprits de la surnature, le voyage de l'âme, la gestion de l’aléatoire par le rapport entre chamane et esprits, mais aussi la fluidité, car le chamanisme n’est pas quelque chose de figé puisqu’il intègre.

L’institution chamanique dépasse largement la région sibérienne. Tous les continents sont touchés et l'on assiste aussi à des mouvements du New-age en Amérique du Nord, en Europe et en France, avec l’émergence d’un néo-chamanisme.

Si l'on prend le terme "chamanisme" stricto sensu dans le sens toungouse, alors son champ est fortement limité et ne s’étend plus qu’à cette société. Il faudrait en fait répertorier les traits du chamanisme toungouse, et on s’autoriserait alors à appliquer ce terme à toutes les institutions partageant exactement tous ces traits énumérés. Probablement cela couvrirait alors l’ensemble sinon une partie de la Sibérie, mais certainement pas tous les groupes pour lesquels on parle de chamanisme. Toutefois, si l’on en prend les traits principaux, on peut alors utiliser le terme de "chamanisme", celle-ci devenant une catégorie, et le chamanisme toungouse un modèle. Car ce que l’on peut comparer ce sont les modèles tirés de ces sociétés, et non les sociétés elles-mêmes, ni leurs rituels.

Cela étant établi, pour placer des éléments, pratiques, institutions, sous la catégorie "chamanisme" il faut donc de la rigueur. Ainsi, lors du Congrès international sur le chamanisme de 1997, on a pu assister à des communications soulevant le problème du « développement des pratiques dites alors chamaniques, auprès d’Européens en mal d’exotisme » ; et à ce sujet deux avis s’opposaient, l’un déniant le caractère « chamanique » (D. Vazeilles), l’autre ne voyant pas de raison illégitime qui interdirait cette dénomination, puisque selon C. Kappler, l’Europe avait jusqu’au Moyen Âge des pratiques également « chamaniques », citant Jeanne Favret-Saada (Les mots, la mort, les sorts), donc associant la sorcellerie au chamanisme.

Le débat, loin d’être fini, pose toujours problème. Dans l’application du terme « chamanisme » à d’autres sociétés, il convient de justifier ce choix par une description précise des faits et pratiques qui forment le modèle que l’on veut comparer au modèle toungouse. Pour utiliser le « chamanisme » comme élément de comparaison, il faut en effet pouvoir comparer des modèles entre eux.

Chamanisme et religion [modifier]

La nature du chamanisme n'a pas fini de faire couler beaucoup d'encre ! Les scientifiques, ethnologues et érudits divers ne se sont guère intéressés à l'idéologie du chamanisme, certains refusant même de discuter de son éventuelle nature religieuse.
Le chamanisme est appréhendé comme tel dès le XVIIe et XVIIIe siècles par les premiers observateurs en Sibérie. C'est le contact avec les esprits qui est considéré, à la fin du XIXe siècle, comme le phénomène religieux de base. Au XXe siècle, Mircea Eliade, influencé par le mysticisme du christianisme russe orthodoxe, rattache le complexe chamaniste (croyances, rites et mythes) à la religion. C'est surtout l'expérience extatique qui est définie comme l'expérience religieuse de base. Mais cette dernière notion est actuellement très controversée, certain la considérant comme une imposture scientifique[4], d'autres lui préférant le terme de transe, la seule à impliquer un élément musical.
Ake Hultkrantz présente le chamanisme comme un complexe culturel religio-magique et conclut : puisque le monde surnaturel est le monde de la religion, le chamanisme joue donc un rôle religieux et il n'est pas interdit de supposer que toutes les expériences extatiques à l'origine de renouveaux religieux remontent aux chamans des temps anciens [5].
Wilhelm Schmidt considère le chamanisme comme de la magie, voire comme une dégénérescence religieuse. Pour Bertrand Hell, le chamanisme, à l'instar de la possession, est placé sous le signe de l'efficacité pratique et pragmatique, rejoignant par là Marcel Mauss pour qui la magie est la manipulation des forces immanentes, alors que la religion s'attache plus à la métaphysique, la transcendance et à un au-delà meilleur.
D'autres considèrent le chamanisme comme de la sorcellerie (Roland Dixon), voire comme une imposture entretenus par le chaman.
Inversement certains auteurs présentent la religion des peuples du nord de la Sibérie comme chamanique !
L'observation, par les médecins et administrateurs coloniaux, de l'aspect thérapeutique et du comportement du chaman ont mis un doute sur ce caractère religieux, rejoignant l'échec des théories sociologiques à le définir comme tel, notamment du fait de l'absence de doctrine, de clergé et de liturgie.
L'anthropologie contemporaine ramène plutôt le chamanisme à un mode d'organisation des expériences des individus chamanes. Pour Roberte Hamayon, le chamanisme s'enracine dans la vie de chasse, et, à ce titre, est conditionné "par la donnée empirique qu'est le caractère imprévisible de l'apparition du gibier", "la pensée chamanique s'interprète comme la création de moyens symboliques pour agir sur cet aléa"... "les changements dans la place et la nature des aléas commandent l'évolution du chamanisme"[6]. Au centre des rituels chamaniques Bouriate, il y a le jeu, jeu rituel dont l'issu rappelle les aléas de la vie de chasse, et "qui récuse la transcendance et impose l'altérité". Il est remarquable que les Bouriates se définissaient eux-mêmes comme peuples à chamanes, par opposition aux peuples à Dieux pour se différencier des Russes lors de la colonisation.

Enfin, la question de l'assimilation ou non du chamanisme à la religion a permis de se (re)poser des questions quant à la nature du phénomène religieux, conduisant par là à une reconceptualisation de celle-ci.

Chamanisme et préhistoire [modifier]

Le culte des cervidés célestes [modifier]

C'est Spitsyne[7] qui a révélé au public la découverte de plaques chamaniques coulées dans le bronze, nommées les plaques de Perm, sur les bords de la Kama et de l'Ob, dans l'Oural. Elles datent du Moyen-Âge.
le vol du chamane

Recouvertes de figurations mi-humaines mi-cervidés, de têtes d'élans, de dragons, de bêtes à fourrure et d'oiseaux, dont certains à masque humain sur la poitrine. Les créatures bipèdes à figures animales ont été appelé par Spitsyne souldé [8].

Sur certaines d'entre elles, il s'agit de figuration de deux femmes-élanes, debout sur un énorme dragon et formant, à l'aide de leurs têtes d'élanes, la voute céleste sous laquelle on peut voir soit de petites silhouettes humaines, soit une silhouette masculine coiffée d'un masque d'élane.

Pour certaines de ces plaques, un parallèle a été fait, par A.V. Schmidt, avec la littérature orale laponne fixée en 1926-1927 et relatant la légende de l'homme-renne[9]. Pour Boris Rybakov [10]le culte des cervidés célestes, qu'on retrouve également sur certaines de ces plaques, est très répandu chez les peuples sibériens : chez les Evenki de la Toungouzka il y a l'élane céleste Bougady Enintyne, chez les Kéty il y a la déesse Tomane, chez les Selkoupy il y a Yliuonda Kotta. Le culte des deux maîtresses célestes du monde, semi-femmes semi-cervidés est également répandu (Nganassanes, Evenki, Dolganes, Nivkhi des îles Sakhaline).

Les femmes-rennes :
En entrant, la chamane aperçut deux femmes nues, semblables à des rennes : elles étaient couvertes de poils, portaient des bois sur la tête. Le chamane s'approcha du feu, mais ce qu'il avait pris pour du feu, c'étaient les rayons du soleil. Une des femmes était enceinte. Elle mit au monde deux faons... La deuxième femme mit aussi au monde deux faons... Ces faons doivent devenir les ancêtres des rennes sauvages et domestiques.
Cité par Boris Rybakov citant Anissimov.

La coiffure chamanique décorée d'un museau d'élane est attesté également par des données archéologiques. On la trouve sur une sculpture d'os provenant de la nécropole mésolithique de l'île au Renne de l'Onéga (Vè millénaire avant notre ère) et coiffant un officiant s'élevant vers le monde céleste, entouré de deux femmes, la tête tournée vers le chamane . Spitsyne l'identifie au casque de souldé des plaques de Perm. On la trouve aussi dans l'île au Renne de la Mer de Barents, dans la tourbière de Chiguir dans l'Oural, près de Palanga sur les bords de la Baltique.

Pour Boris Rybakov, le culte des cervidés célestes, étroitement associé au chamanisme, est ainsi attesté au mésolithique il y a cinq mille ans, au cours de la période du folklore de bronze du VIIe au XIe siècles siècle, et dans les mythes cosmogoniques sibériens collectés au XIXe et XXe siècles. Son étendu géographique est celui de l'ensemble ethnique tongouze, samoyède et ougrien, mais s'étend bien au-delà d'après ses conclusions (Europe et Asie). Par contre, d'après cet auteur, aucune base ne permet de supposer qu'il ait existé chez les chasseurs de l'époque glaciaire. Bien que les figurations de cervidés soient fréquentes dans l'art paléolithique, elles ne se distinguent pas de la masse des autres animaux. Concernant peut-être la seule exception, le Dieu Cornu ne pourrait-être finalement, selon Rybakov, qu'un simple chasseur ayant mis sur lui une peau de renne pour approcher un troupeau, dans le cadre d'un déguisement. L'interprétation de l'anthropologue Margaret Murray, suivant laquelle le Dieu cornu serait invoqué dans un rituel chamanique, semble controversée.

Chamanisme au paléolithique ? [modifier]

Horst Kirchner a tenté d’expliquer l'art pariétal européen par un chamanisme paléolithique en 1952[11]. Cette hypothèse a été critiquée dès le début. Elle a cependant été reprise par Andreas Lommel en 1960. Elle a été formulée à nouveau en 1988 par deux anthropologues d'Afrique du Sud, David Lewis-Williams et T. A. Dowson. Lewis-Williams avait établi une comparaison entre le chamanisme chez les San (Bushmen) et les peintures pariétales des sites sud-africains. Cette thèse a été reprise, pour l'art paléolithique eurasiatique, par le préhistorien Jean Clottes, auteur (avec D. Lewis-Williams) des Chamanes de la préhistoire, paru en 1996. Elle reste âprement controversée chez les préhistoriens.

Principes du chamanisme [modifier]

Le chamane [modifier]

Le chamane est un être complexe chez qui on a voulu voir un guérisseur, un sorcier, un prêtre, un magicien, un devin, un médium ou un possédé[12].

* Il existe en fait une polyvalence dans ses attributions. Celles-ci s'effectuent dans un cadre rituel bien précis. Elles varient d'une région à l'autre, mais aussi et surtout d'une époque à l'autre[13].

On peut citer parmi ces attributions :

-faire du tort à un ennemi
-traiter certaines maladies.
-nommer un enfant
-faire tomber la pluie
-faire venir le gibier
-retrouver un objet perdu

* Pour communiquer avec les esprits, le chamane se met en transe grâce à ses rituels. Ceux-ci se caractérisent par une expression corporelle et un état psychique particulier, dont les tremblements sont l'élément le plus évocateur (un esprit est présent dans le corps du chamane). La transe est toujours associée à un élément musical et dans son étymologie il y a la notion de passage et de changement. Enfin, la transe s'effectue au service de la croyance. Le chamane se met aussi en rapport avec l'au-delà par le moyen de songes ou de visions.
* Le rituel du chamane n'est pas figé, il existe une personnalisation de sa pratique. Chaque chamane fait différemment des autres, il n'y a pas de liturgie et il possède un talent personnel à exercer une fonction héréditaire.
* L'expression du chamane lorsqu'il est en contact avec les esprits donne une apparence de folie. En fait elle est trompeuse[14]. Le chamane est normal en dehors des séances. Son comportement pendant le rituel n'affecte ni son autorité ni son sens des responsabilités. Sont confiées au chamane des fonctions capitales pour la vie de sa communauté.

Le chamanisme de chasse [modifier]
Natif Américain "conjurant" un mauvais sort dans une gravure datant de 1590.

Le chamanisme de chasse a pour but de répondre à un besoin essentiel : trouver du gibier. Certains peuples de Sibérie ou d'Amérique du Nord vivant de la chasse ont conservé ses fonctions primitives. On croit que les animaux sont animés par des esprits. Le chaman les rejoint dans le monde non sensible de la «surnature». Pour ce faire, il doit lui-même se transformer en animal et épouser la fille de l'esprit donneur de gibier (l'esprit de la forêt), qui lui servira de guide[15],[16]. Cet esprit a souvent la forme d'un cerf. Les gesticulations du chaman, que les Européens ont parfois pris pour de la folie, ne sont rien d'autre que la manifestation de sa nature animale. De son épouse, à l'aide de séduction et de ruse, il obtient des promesses de gibiers, animaux qui viendront donner aux chasseurs leur principe vital. Mais la chasse est un échange: les esprits des chasseurs sont eux-mêmes dévorés, ce qui leur cause des maladies et conduit à une mort inéluctable. Le rôle du chaman n'est pas, normalement, d'y remédier. Il doit seulement faire en sorte que l'échange se produise, mais de façon à retarder le plus possible l'échéance de la contrepartie, c'est-à-dire la seconde phase de l'échange, par le biais d'une manipulation.

Le chamanisme d'élevage [modifier]

Le chamanisme est marqué par des changements et des mutations lorsque la chasse cède le pas aux activités agricoles et d'élevage[17]. La survie de la communauté ne dépend alors plus des esprits des animaux, mais d'esprits à caractère humain, notamment de ceux des ancêtres[18]. Le monde des esprits, auparavant confiné à la forêt, s'étire vers le haut et le bas, vers ce qui deviendra le Ciel et les Enfers. Ce monde non phénoménal est souvent perçu comme étant une échelle à barreaux ou encore parfois un arbre, avec ses branches et ses racines. Le chaman est celui qui a la capacité de monter et descendre le long de ces différents niveaux de réalité, vers le Ciel ou les Enfers, de rencontrer des entités des mondes supérieurs et inférieurs (des esprits, par exemple) et de ramener de son voyage conseils, soins et pouvoirs "magiques", expansion de conscience etc.

Ainsi, pour effectuer un soin, le chamane entre d'abord dans un état de conscience modifié par le biais de transes et d'extases provoquées, par exemple, par des techniques de visualisation, de respiration, la musique, la danse ou l'utilisation de plantes psychoactives. Cet état est censé lui permettre d'accéder au monde non phénoménal. Il est souvent aidé par un ou plusieurs esprits alliés (animaux, plantes, objets ou même ancêtres) et doit alors faire face à la maladie de son patient, qui peut être visualisée sous la forme d'un monstre ou d'un mauvais esprit. Il utilise un ensemble de techniques choisies en fonction de sa situation et de sa culture, et qui peuvent aller de l'aspiration du mauvais esprit au don d'énergie... À la fin du processus, le patient est souvent censé avoir récupéré un morceau de son âme qui lui aurait été volé, ou avoir fait sortir hors de son corps un mauvais esprit.

Les thèmes majeurs du chamanisme [modifier]
Cette section est vide, pas assez détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue !

La "maladie initiatique" [modifier]

[19]

Elle révèle l'élection du futur chamane. Les symptômes sont conventionnels, attendus, plus ou moins provoqués. Elle est interprétée comme une absence de l'âme qui est partie dans l'au-delà. L'évanouissement est le symptôme caractéristique de la maladie. Dans le cas du chamanisme d'élevage, les esprits se sont humanisés, et l'électeur est l'esprit d'un ancêtre. L'évanouissement est le moment particulier où les ancêtres emmènent l'âme du future chamane pour y être instruit.
Elle donne l'apparence de la folie et exprime la présence d'un danger de mort. Le premier évanouissement indique une future carrière de chamane.
L'élection du futur chamane est vécue, en général, comme un fléau, aussi bien par le candidat que par la famille de celui-ci. Il y a un danger de mort en cas de refus d'assumer la fonction de chamane. C'est l'esprit électeur qui s'en charge.

Le dépècement et la dévoration du corps [modifier]

[19] [20]

Le morcellement du corps, ou dépècement, ou dévoration est une mort rituelle qui est suivie d'une résurrection. Elle marque le passage du profane au sacré, l'initiation par les esprits, et s'inscrit dans le cadre de la "maladie initiatique".

Ces souffrances physiques correspondent à la situation de celui qui est "mangé" par le démon-fauve, est dépecé dans la gueule du monstre initiatique, est digéré dans son ventre[20].


Dans le chamanisme de chasse, le morcellement du corps est le fait des esprits auxiliaires qui mangent la chair et boivent le sang du futur chamane. Il s'agit surtout d'une dévoration interne. À la fin du rituel, le chaman peut alors incorporer les esprits auxiliaires dans les accessoires que la communauté lui a confectionné. Chaque séance chamanique sera par la suite l'occasion de nourrir les auxiliaires, ce qui est le prix à payer pour le service rendu : il s'agit donc d'un processus continue qui a lieu toute la vie du chamane, ce qui est à mettre en rapport avec son teint blême.

les esprits lui coupent la tête qu'ils mettent de côté (car le candidat doit assister de ses propres yeux à sa mise en pièces) et le taillent en menus morceaux qui sont ensuite distribués aux esprits des diverses maladies. C'est à cette condition seulement que le futur chaman gagnera le pouvoir de guérir[20].


➝ Dans le chamanisme d'élevage, le dépècement s'effectue généralement en une fois, lors de la "maladie initiatique". C'est une dévoration externe, c’est-à-dire qui a lieu en général en dehors du corps du chamane. Il existe certaines particularités comme la cuisson de la chair et le comptage des os. Elle est l'œuvre des ancêtres. Cependant, dans le chamanisme d'élevage, coexistent des éléments du chamanisme de chasse, ce qui se traduit par l'existence parallèle d'esprits animaux et d'esprit des ancêtres : la dévoration interne continue persiste donc parallèlement.

Tout autre est la dévoration de la chair humaine consécutive à la prédation des esprits, dont l'action entraine la maladie par le biais du départ de l'âme, voire la mort en cas de départ définitif. Ce cadre est celui de tout un chacun qui peut devenir la proie d'un esprit :

Les hommes sont le butin de la chasse des esprits, comme les rennes sont le butin de la chasse des hommes... le monde des esprits est un monde d'affamés en quète perpétuelle de gibier humain[19].

L'esprit électeur et les esprits auxiliaires (alliés) [modifier]

Les variations concernant ce thème sont très importantes suivant les ethnies et les époques. Il existe cependant des lignes communes qui sont abordées ici. La distinction entre l'esprit électeur (ou protecteur), et les esprits auxiliaires (ou familiers, ou gardiens) revient constamment.

L'esprit électeur est unique. C'est lui qui choisit le chamane et le protège toute sa vie. Il possède une double identité sexuelle, féminine et masculine. Il est impossible de s'y soustraire, sous peine de mort. Il accorde au chamane le service des esprits auxiliaires. Au cours de la séance chamanique, l'éclat de furie du chamane correspond à son union avec son électeur et assure le départ et le voyage du chamane dans l'au-delà, avec le concours des esprits auxiliaires.
Dans les sociétés de chasse, l'esprit protecteur choisit "par amour" son (ou sa) chamane et devient son conjoint surnaturel. Il est l'esprit de la fille ou du fils de la forêt, le donneur de gibier. Son exigence est de l'ordre de la jouissance. Il existe ainsi une forte connotation sexuelle avec celui-ci. Il octroie au chamane son droit de chasse dans l'au-delà.
Dans les sociétés d'élevage, l'esprit protecteur est en général l'esprit d'un ancêtre, lui-même ayant été chamane. Et de ce fait l'enseignement du chamane provient souvent de cet esprit, le préparant à des révélations et à des contacts avec des êtres divins ou semi-divins (rôle de psychopompe).
Parfois l'électeur est un esprit céleste mineur.

Les esprits auxiliaires sont en général soumis à l'esprit électeur : c'est ce dernier qui les transmet au chamane (chamanisme de Sibérie). Parfois, la transmission se fait par héritage. Parfois leur concours doit être un acte de volonté et de recherche personnelle de la part du chamane (chamanisme nord américain). Pour obtenir leurs services, le chamane doit les nourrir de son propre corps : leur exigence est alimentaire. Ils donnent au chamane les moyens de la chasse dans l'au-delà: ce sont les pouvoirs chamaniques. Chacun est spécialisé dans un service. Un chamane peut en avoir plusieurs ; c'est d'ailleurs au nombre d'esprits auxiliaires qu'un chamane est fort ou faible. La relation d'un auxiliaire au chamane est soit de l'ordre du bienfaiteur, soit de l'ordre du serviteur. Le transfert des esprits auxiliaires se voit et s'effectue dans les accessoires de son costume. La réunion des esprits auxiliaires peut parfois prendre plusieurs années, et fait intervenir une grande partie de la communauté.
La plupart du temps ils ont la forme d'un animal : ours, loup, cerf, lièvre mais aussi oie, aigle, hibou, corneille... Ils peuvent également être des esprits de la nature : esprit des bois, de la terre, d'une plante, du foyer, fantôme... Le chamane prend possession de l'esprit auxiliaire au cours de la séance chamanique. Bien plus qu'une imitation de celui-ci, il est identifié à cet esprit et se métamorphose en lui : c'est l'ensauvagement du chamane, suivant Roberte Hamayon. L'auxiliaire a alors un rôle de psychopompe, c’est-à-dire qu'il accompagne le chamane dans l'au-delà : c'est l'expérience ou le voyage extatique du chamane, suivant Mircea Eliade.

Les voyages de l'âme [modifier]

Avertissement : le folklore est très prolixe sur les voyages de l'âme. Les variantes et les techniques sont foisonnantes et il est impossible d'en embrasser l'ensemble des conceptions. Parfois les données sont mêmes contradictoires suivant les points de vue des auteurs. Les points de vue décrits ci-dessous forment un schéma général qui permet d'y voir plus clair et de s'orienter plus facilement lors de la lecture d'ouvrages traitant du chamanisme.

L'âme a la faculté de quitter le corps, chez les gens ordinaires, comme chez le chamane et le héros épique.
Chez les gens ordinaires, elle le quitte à certains moments particuliers : pendant le rêve, l'ivresse et la maladie. Ils ne sont pas contrôlés.
Chez le chamane, le départ de l'âme se voit au cours de la maladie initiatique (absence d'âme), au cours de la furie pendant la séance chamanique (ensauvagement selon Roberte Hamayon), au cours de son voyage dans le monde des esprits (l'extase de Mircea Eliade). Il réalise ici-bas et autant de fois qu'il le désire la "sortie du corps".

Les voyages de l'âme sont largement attestés dans la culture : littérature, croyances et mythologie, récitation des épopées.
Il existe une similarité entre les récits des extases chamaniques et certains thèmes épiques de la littérature orale : l'aventure héroïque s'apparente au voyage du chamane dans la surnature. Souvent il s'effectue sous la forme et l'apparence d'animaux. Il s'agit de franchir des espaces dont la forme humaine interdit l'accès. Les épopées exirit-bulagat sont ainsi des modèles et le véhicule d'une idéologie où ces voyages et ces métamorphoses sont largement attestés.
Le support concret et naturel des voyages de l'âme est représenté par certains oiseaux, notamment les cygnes qui sont les porteurs d'âmes par excellence : ils rapportent de l'âme pour les enfants et les animaux à naître, témoignant de l'animation et du renouvellement de la vie, conformément à la pratique des grands rituels de printemps et d'automne. Il est d'ailleurs instructif de savoir que l'âme prend l'apparence d'un oiseau, aussi bien chez l'enfant avant l'acquisition de la parole, que chez le vieillard, lors de la perte des dents et l'apparition de la confusion verbale : dans les zones sans parole, en deçà et au-delà, l'âme est dans un état potentiel, elle peut quitter le corps en s'envolant.
L'âme ne reste dans le corps qu'à condition d'y être bien nourrie. Tout affaiblissement augmente la vulnérabilité du corps et devient la proie des esprits dont la stratégie est d'expulser l'âme et de la maintenir à l'écart de celui-c. Nourrir les esprits est donc un acte préventif et protecteur.

D'une façon schématique, le voyage du chamane fait suite à l'accès de furie pendant la séance chamanique. Cette folie est l'ensauvagement qui correspond à l'union avec un esprit. Pour Roberte Hamayon, cet ensauvagement est la condition de la réalisation du voyage et traduit l'éloignement du monde des hommes. Pour Mircea Eliade, l'incorporation et la possession par des esprits sont des phénomènes universellement répandus qui n'appartiennent pas stricto sensu au chamanisme.
A sa suite, le chamane s'effondre, en général en un lieu réservé. Il est inanimé. C'est un état de transe que la médecine qualifiera de cataleptique. Son âme est dans l'au-delà, avec les esprits. L'angoisse règne dans l'assistance : va-t-il revenir ? C'est la période de l' extase de Mircea Eliade, au cours de laquelle s'effectue les expériences de vol magique, d'ascension au Ciel, ou de descente dans les Enfers. Pour ce dernier, l'extase est la cause de l'incorporation des esprits, et non son résultat. C'est même l'élément spécifique du chamanisme.
De retour, le chamane raconte ce qu'il a vu, ce qu'il a fait. Il peut le mimer également, le chanter, le danser, l'accompagner de cris et d'exclamations. Pour Mircea Eliade, la danse peut faire partie intégrante de l'extase, de même que l'imitation chorégraphique d'un animal. Lorsqu'il répond aux questions de l'assistance, c'est parfois l'esprit qui habite le chamane qui parle. Il s'agit alors d'une transe dramatique.

Le vol magique du chamane est largement tributaire de la cosmologie du monde. Celui ci est divisé en trois parties : le Ciel, monde des divinités, la Terre, monde des hommes, et les Enfers, monde des ancêtres. Le vol traduit la transcendance du chamane par rapport à la condition humaine, et l'autonomie de son âme. Il traduit également l'intelligence et la compréhension des choses secrètes et des vérités métaphysiques. Parce qu'il est capable de monter et de descendre dans les sphères, les esprits peuvent descendre et s'incorporer au chamane. Mais le vol magique déborde aussi le cadre du chamanisme puisque c'est une idéologie de la magie universelle.
Le vol s'effectue donc vers le haut et vers le bas.
Vers le haut, c'est l'ascension, la montée vers les puissances célestes. Le Chamane peut passer par l'orifice de l'étoile polaire, le clou du ciel, ou le nombril du ciel. Le chamane intercède auprès des divinités qui règnent sur le monde animal : il va chercher des âmes. Mais il peut aussi intervenir dans le cadre d'une famine. Ou dans le cadre de la divination.
Vers le bas, c'est la descente dans le royaume des ombres, ou au fond de la mer où se trouve les divinités des animaux marins (cas des esquimaux). Le chamane descend chercher l'âme d'un malade, ou pour voler une âme et la faire naitre dans notre monde. Ou pour chasser des mauvais esprits. Ou pour rétablir un contact spirituel avec la mère des animaux.
Le vol magique s'effectue essentiellement au cours des rituels. Les plus fréquemment cités sont :

* les rituels d'élection d'un nouveau chamane
* les rituels de l'animation du tambour, afin que celui-ci soit utilisable
* les rituels de renouvellement de la vie, printaniers, comme promesse de gibiers et coïncidant souvent avec l'arrivée des oiseaux migrateurs
* les rituels automnals
* les rituels de cure chamanique, souvent privés et de guérison

Le tambour [modifier]

[19]
Tambour de chaman

Le tambour, de même que le costume, est un accessoire obligatoire chez tous les chamans. D'autres instruments peuvent également servir de tambour : les cannes chevalines, une cloche, une guimbarde, une poêle à frire, une corde. L'identité sexuelle du tambour est à la fois mâle (pour la peau) et femelle (pour le cadre). L'animation du tambour est cruciale pour l'entrée en fonction du chaman.

Ses fonctions sont multiples :

* fonction d'instrument de musique. Sa sonorité doit ressembler (Mongols) au brame du cerf pour effrayer les esprits ennemis. La peau est chauffée pour être tendue afin qu'elle résonne mieux (mais aussi parce que le feu est lié à l'idée de réanimation : voir ci-dessous).
* fonction de véhicule, de monture terrestre, aérienne ou de barque (dans le monde aquatique).

La fonction de monture n'est qu'un cas particulier, et ne représente pas généralement un acte de soumission de l'animal à l'homme. C'est d'un art autre que celui de l'équitation dont il s'agit : la réputation de l'ardeur amoureuse de l'épouse surnaturelle du chaman en est un exemple[21].

* d'arme défensive et offensive
* de porte-parole
* de double animal (que sa peau se déchire et son maître en meurt). Le tambour et le chaman forment le couple chamanique.
* de support d'esprits et d'âmes, humaines (celles du groupe) ou animales (rapportées de chez l'esprit de la forêt en gage de gibier à venir).

Bien que la peau du tambour porte souvent un dessin de cervidé à large ramure, le tambour n'est pas qu'une simple figuration d'esprit. Il est un support ou un lieu de rassemblement des esprits (auxiliaires notamment). Du statut d'objet, il passe ainsi au statut d'être animé grâce aux rituels d'animations qui redonne vie (ou renouvelle la vie) à l'animal dont la peau a servi à le fabriquer[22].
Dans certains groupes (les Sor) le chaman épouse son tambour (l'esprit féminin du tambour est alors une véritable épouse), concrétisant ainsi le mariage avec la surnature (la fille de l'esprit de la forêt) et traduisant l'alliance surnaturelle (le tambour héberge l'épouse surnaturelle).
Les rituels d'animation sont variables d'une contrée à l'autre. Ils nécessitent la coopération des membres de la communauté. Les rituels de grandes ampleurs se font principalement au printemps (Selkup). L'animation du tambour, dans ce cadre, est une promesse de gibier, garantissant le succès à la chasse. Les rituels évoquent alors une chasse symbolique à l'animal imaginaire. Mais les rituels d'animation peuvent être plus autonome, faisant suite, par exemple, à la chasse réelle d'un animal destinée à fournir la peau du tambour : le chant du chaman peut alors retracer la vie de cet animal.
C'est l'esprit clanique (par exemple l'esprit de la montagne) qui déterminera l'utilisation future du tambour, ainsi que le nombre de ses remplacements.


[ Dérouler ]
chamanes et tambours

Un homme parti en voyage au loin finit par rencontrer une femme à laquelle il demande où il y a un tambour ; "Epouse-moi, je te le dirai", lui répond-elle, ajoutant le lendemain, une fois mariée : "Il y en a chez mon frère, seulement il ne t'en donnera pas pour rien" ; chez le frère, où tout est tambour (maison, vaisselle...), il en obtient un en échange de perles pour la femme de ce dernier. De retour chez sa femme, celle-ci lui donne six airs pour "visiter toute la nature, converser avec tous les esprits animaux, converser avec tous les esprits de la surface de la terre, converser avec tous les esprits souterrains, triompher de tous les chamans ennemis, acquérir la légèreté de l'oiseau, la rapidité du cygne, le vol de la mouette". Lorsqu'il revient chez les siens avec son tambour, tous les gens sont convoqués, perdant connaissance au premier coup du tambour, ranimés par le second. C'est depuis ce temps qu'il y a sur terre des chamanes et des tambours.
(Bogoraz 1900, cité par Lot-Falck 1974a, 739-740, cité par Hamayon "La chasse à l'âme" - Société d'ethnologie p.485)

Le chamanisme dans le monde [modifier]

Le chamanisme chinois [modifier]

Le chamanisme a existé en Chine. Il a été repris par le taoïsme. Selon un ouvrage du IIIe siècle, le Baopuzi, le prêtre connaît des voyages extatiques qui l'emmènent au ciel, où il peut rencontrer des dieux, des ancêtres, ou trouver des remèdes médicaux. Il est aidé par des animaux, dragons, tigres ou cerfs. Une caractéristique générale des chamans est justement de pouvoir se rendre au Ciel ou dans les Enfers.

Le chamanisme grec antique : les Hyperboréens [modifier]

On qualifie d'« hyperboréens » ou d'« apolliniens » un groupe de penseurs ou de mages ou de chamans antérieurs à Socrate et même au premier des présocratiques (Thalès) : Aristéas de Proconnèse (vers 600 av. J.-C.), Épiménide de Crète (vers 595 av. J.-C.), Phérécyde de Syros (vers 550 av. J.-C.), Abaris le Scythe (vers 570 av. J.-C. ?), Hermotime de Clazomènes (vers 500 av. J.-C.). Les Grecs en faisaient une école, qui anticipait le pythagorisme. Pour Apollonios Dyscole, « À Épiménide, Aristéas, Hermotime, Abaris et Phérécyde a succédé Pythagore (...) qui ne voulut jamais renoncer à l'art de faiseur de miracles. »[23] Le pythagoricien Nicomaque de Gérasa (vers 180) a sa liste : "Marchant sur les traces de Pythagore, Empédocle d'Agrigente, Épiménide le Crétois et Abaris l'Hyperboréen accomplirent souvent des miracles semblables." Clément d'Alexandre met ensemble (Strômates, I, 133) Pythagore, Abaris, Aristéas, Épiménide, Zoroastre, Empédocle, Phormio. Pline (Histoire naturelle, VII, 174) groupe Hermotime, Aristéas, Épiménide, Empédocle. Walter Burkert énumère comme "faiseurs de miracles" : Aristéas, Abaris, Épiménide, Hermotime, Phormio, Léonymos, Stésichoros, Empédocle, Zalmoxis.[24] Ces personnages sont à la fois des chamans et des penseurs ou même des philosophes. Le premier à noter l'aspect chamanique fut Meuli.[25], suivi par Alföldi et Eric Robertson Dodds[26]. Avec Abaris et Aristéas, voici, dit Giorgio Colli, « le délire d'Apollon à l'ouvrage. L'extase apollinienne est un sortir hors de soi : l'âme abandonne le corps et, libérée, elle se transporte au dehors. Cela est attesté par Aristéas, et on dit de son âme qu'elle volait.[27] À Abaris, en revanche, on attribue la flèche, symbole transparent d'Apollon, et Platon fait allusion à ses sortilèges. Il est permis de conjecturer qu'ils ont réellement vécu. (...) Ce que relate Hérodote à propos de la transformation d'Aristéas en corbeau[28] est aussi digne d'intérêt : le vol est un symbole apollinien. (...) D'autres renseignements sur Épiménide en donnent une représentation chamanique qui est à mettre en relation avec Apollon Hyperborée. Dans ce cadre prennent place sa vie ascétique, sa diète végétarienne, voire son fabuleux détachement vis-à-vis de la nécessité de se nourrir. (...) C'est, en effet, chez Épiménide que l'on peut saisir pour la première fois les deux aspects de la sagesse individuelle archaïque de source apollinienne : l'extase divinatoire et l'interprétation directe de la parole oraculaire du dieu.[29] Le premier aspect est déjà repérable chez Abaris et Aristéas. (...) Phérécyde de Syros se présente à première vue comme un personnage apollinien. En effet, de Phérécyde est attestée l'excellence dans la divination, et Aristote lui-même[30] lui attribue une pratique miraculeuse de la magie, qualité récurrente dans le chamanisme hyperboréen. »[31] Aristote classe Phérécyde de Syros et quelques autres comme proche des Mages.[32] Phormio, blessé dans une bataille, fut guéri en allant - sans doute par voyage chamanique, par transe - à Sparte, chez les Dioscures (Castor et Pollux), souvent liés à Apollon et immortels. Selon Élien, « les habitants de Crotone ont appelé Pythagore Apollon Hyperboréen. »[33]. Pythagore a des aspects chamaniques, sans être un chaman : il distingue nettement l'âme du corps, il utilise des guérisons magiques, il croit en la solidarité entre humains et animaux, etc. Empédocle (vers 460 av. J.-C.) pouvait, dit-on, "retenir le vent", détourner la peste, délivrer les terres de la stérilité, guérir par la musique, et même faire revenir à la vie.

Les Grecs ont été en contact avec le chamanisme vers 630 av. J.-C. quand ils ont colonisé la région de la mer Noire, où vivaient des Scythes. Les Scythes avaient leurs chamanes, qui respiraient la fumée de chanvre et entraient en extase (Hérodote, IV, 75). Abaris est un Scythe.

Le chamanisme scandinave [modifier]

Il y a des exemples très nets de chamanisme dans le monde indo-européen, surtout dans sa mythologie. Ainsi, le dieu Odin des Scandinaves peut quitter son corps, qui gît alors comme endormi, sous une forme animale, et voyager là où il le désire. Il possède un cheval à huit pattes, très rapide, qui est aussi identifié à un arbre cosmique (Yggdrasill) semblable à celui utilisé par les chamans lors de leurs voyages. Par ailleurs, Odin est un grand magicien et il peut forcer les morts à livrer les secrets de l'Au-delà, ce qui est une prérogative du chaman. Dans la Grèce antique, on connaît le poète Aristée de Proconnèse. Il était transporté au loin lors de «délires apolliniens» (Apollon étant un dieu apparenté à Odin). Il abandonnait son corps, qui gisait comme mort. Sur son île, une statue le représentait à côté d'Apollon (Hérodote, IV, 13-15). Pline l'Ancien rapporte qu'elle représentait son âme quittant son corps sous la forme d'un corbeau.

La cosmologie indo-européenne ressemble au chamanisme néolithique : l'univers est constitué de trois mondes, le Ciel, la Terre et les Enfers, qui sont reliés par un arbre. La voyance, la divination ou la magie sont plus l'affaire des femmes que des hommes (d'où les croyances aux sorcières). Le chamanisme masculin se voit relégué dans la mythologie tandis que les fonctions sacerdotales sont exercées par une classe de prêtres.
Chamane Saami avec son tambour magique

Les Scandinaves considéraient leurs voisins Lapons (de langue finno-ougrienne) comme de grands magiciens. Ils appelaient aussi ce peuple les Sameh (singulier Same), comme les Lapons se nomment eux-même. De toute évidence, le chamanisme était très développé chez eux. Les chamans sameh étaient appelés des noaides. Leurs pratiques ont été décrites au XIIIe siècle dans l'Historia Norwegiae. Ils officiaient grâce à des assistants qui chantaient et ils utilisaient un tambour (comme leurs homologues sibériens) et un marteau de corne. Ils pouvaient prendre une forme animale pour aller se battre contre un confrère, découvrir un voleur ou même le mutiler à distance, attirer le gibier à portée des chasseurs ou le poisson dans le fjord, provoquer des états d'hypnose ou d'illusion des sens. Les Finno-Ougriens sont originaires des forêts du nord de la Russie. D'une manière ou d'un autre, une analyse fine du chamanisme le fait toujours provenir du nord de l'Eurasie.

Le chamanisme corse [modifier]

En Corse, peut être trouvé le Mazzeru (voir Mazzérisme). Le Mazzeru n'est pas toujours considéré comme faisant partie de ce monde à part entière. N'étant ni du monde des vivants, ni du monde des morts, il se situe plutôt à la limite de ces deux mondes. Il est également désigné, selon les régions, sous les noms de Culpadore, d'Acciacatore et bien sûr de Mazzeru. Ces trois termes sont formés à partir des verbes acciacà, culpà, amazzà, qui signifient « tuer » en frappant. Cette fonction de tuer provient de la capacité du Mazzeru à « chasser en rêves ». Lors du sommeil du Mazzeru son double spirituel va dans le monde des rêves participer a une partie de chasse, le Mazzeru tuant le premier animal (sauvage ou domestique) qu'il croise. En retournant la bête sur le dos, la tête de celle-ci se transformera en visage humain. Cet humain, connu du Mazzeru, est condamné à mourir entre trois jours et un an plus tard. Hommes et femmes peuvent être des Mazzeru, même si les femmes sont réputées être plus acharnées que les hommes dans leur façon de tuer.Mais il existe aussi le Spalisti.

Le néo-chamanisme [modifier]

Le néo-chamanisme commence en 1968 avec Carlos Castaneda, quand il publie The teachings of Don Juan (trad. fr. : L'Herbe du diable et la Petite Fumée). Ce livre se présente comme une enquête ethnologique auprès d'un chamane indien d'origine yaqui, Don Juan, mais c'est une fiction ésotérique sur les plantes hallucinogènes utilisées par les Huichol du Mexique. Michael Harner, à partir de son étude des Jivaro, a élaboré un néo-chamanisme en 1980 : The Way of the Shaman (trad. fr. : Chamane). Joan Halifax, lui aussi ethnologue défroqué[réf. nécessaire], Harley Swift Deer, Rolling Thunder, ou Archie Fire Lame Deer, Amérindiens des États-Unis, se disent medicine-men" (Michel Perrin).[34] Le Français Mario Mercier, écrivain, poète, artiste, est l'un des rares néo-chamanes français aujourd'hui en activité, il a publié un "Manifeste pour un nouveau chamanisme" (2002), Chamanisme et chamans (1977). Il y a loin du chamanisme sibérien au néo-chamanisme, à commencer par l'environnement naturel, sans parler de ses méthodes et de son aspect souvent commercial.


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choupette
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Messagepar choupette » Mar Jan 13, 2009 17:48 pm

le sphinx a parlé...méditez à présent...mdr...je te taquine serval...je lis toujours avec beaucoup de plaisir (et de douleur pour mon petit esprit de juriste) tes paroles...AU plaisir mon ami (si tu me le permet)

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Messagepar Serval.T » Mer Jan 14, 2009 12:21 pm

:)
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Messagepar meje » Sam Jan 17, 2009 11:27 am

Et bah, il chôme pas sur Wikipédia ;)

Il y a un terme qui revient souvent.
"Surnature"

Quel est votre avis ? Quel sens vous lui donnez ?
Je découvre, alors j'ai pas encore décidé.

En tout cas, merci pour cet article Serval ^^
Celui qui n'a pas été éprouvé que sait il?

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Odin
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Messagepar Odin » Mar Jan 20, 2009 1:11 am

Bonjour Meje !

Je pense que la Surnature, c'est tiré de surnaturel ? Je pense que c'est un mot qui devrait être inexistant ;p il n'a pas vraiment de sens quand on sait que tout est illusion. La notion de surnature (supérieur) voudrait dire qu'il existe une nature simple (inférieure). Si l'ont ne conçoit pas la nature en niveaux, je pense que la surnature est une notion purement illusoire.
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Messagepar Serval.T » Jeu Jan 29, 2009 12:15 pm

Sur... Nature... Pour moi meje cela signifie : Au dessus des lois de la Nature ... ;)
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