# Vos créations # [Poèmes dessins etc.]

Échanges de vidéos, d'images et musiques.
- Au sujet de la magie uniquement; les hors sujets seront déplacés.
- On peut aborder les thèmes d'actualité ici, lorsqu'ils sont directement liés à l'approche spirituelle.

Modérateurs : Cless, Proxydore des Rivières

Créations Des Membres

# Vos créations # [Poèmes dessins etc.]

Messagepar Créations Des Membres » Dim Déc 31, 2006 13:04 pm

Nous vous encourageons à poster ici vos créations ou des liens vers vos créations.

Il y a longtemps qu'on pensait à regrouper les créations des membres dans une section, mais créer un forum pour cela ne semble pas adapté (trop de petits forums nuit à la navigation).

Donc on va en faire un grand fil de discussion ici sur le forum Médias car la création artistique est intrinsèquement liée à la spiritualité.

D'autre part il existe déjà des fils de discussion avec vos créations, si vous vous souvenez, merci d'envoyer les liens d'adresse à l'admin pour qu'il puisse tout regrouper ici.

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Eloha
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Messagepar Eloha » Mar Fév 17, 2015 9:26 am

:)


Bonjour à tous



Alors n'hésitons pas :)



HARMONIE





A l'origine en SOI, en un parfait équilibre palpite un son d' Or
Harmonisant des contraires, bas rejoint haut, et haut devient bas
-Sagesses données en des détachements en tissent les étendues.

En l'unité, communiant en la lumière, coule une énergie Universelle
Régénérant en des Nous, sa vibration engendre des mutations
-Être en la source éternelle s'y abreuve et recrée.

En Moi est Nous, en des pensées claires, il et elle sont UN
Existant en sa propre lumière, sa noblesse s'exprime en l'équilibre
- Esprit appelé aux puretés révèlent leurs simplicités.

Au delà des galaxies, en l'harmonie, résonne un chant au pouvoir apaisant
Au plus profond de Soi, ici et là, des illuminations composent sa mélodie
-Joies d'Exister redonnées nourrissent ses ampleurs.

En élevé dans l'aérien, vibrent des savoirs d'autres fois
Associant ce qui fut en ce qui Est, s'entrevoit ce qui sera
-Conduite équitable s'inspire des sciences en mouvements.

En l'élan charitable, s'embrase un feu généreux
Réunissant ce qui Est en l'Un, améliore l'après
-Passion maitrisée augmente ses portées.

En et sur la terre, des multiplicités s'animent
Offrant sa vie à la VIE, l'infini se dévoile
-Libéré des peurs, l'inconnu s'explore.

Aux teneurs des vérités, s'attisent les sensibilités
Alliant le bon au juste, l'émotionnel s'apaise
-Harmonie c'est en SOI que tout s'Exprime



Merci :)
...

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Messagepar Eloha » Mar Fév 17, 2015 11:25 am

:)



L'Oracle lève les voiles.

En ses fonctions, il puise en l'insondable, puis expose des causes à des clartés.
En l'appréhension de la "raison", c'est au juste et sain que l'instant s'illumine, en ses portes.
Emporté au delà des seuils, il explore des portées de tout temps.

Au delà des paraitres, s'y révèlent leurs instants passés
Remontant un courant jusqu'en sa source, s'y révèlent des émotions en stagnations.
Découvrant ce qui créer faiblesse, il expose les maux en ses possibles "effets" à ricoché.

Au delà des paraitres, s' y écoute d'autres sens
Appréhendant multiples courants, s'y perçoit un juste pour tous, en son sens du moment.
Exposant des clartés saines, c'est happé aux lumières, qu' il exprime un tout temps.

Au delà du visible et méconnu, l'oracle lève les voiles
En porteur de lumière, c'est a son essentiel, qu'il instruit l'instant .
En conscience des multiples possibles, s'y exprime l'inconnu..

Image


Merci :)
...

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Messagepar Eloha » Mar Fév 17, 2015 12:17 pm

:)


Pour ce jour :) un troisième en Inspiré pour tous .

Mars 2009.


Terre dans un passage, mère est sa nature

--- Si la vie était rose ; il n'y aurait plus d'ombre

Disciple de la vie est en sa conscience
Aux dedans de ce qui fut, ai construit son présent

De l'opposer à sa nature, il s'est éloigné
Aux dehors de leurs effets, il a observé

--Si l'Amour était présent ; Sa magie serait

Attiré en multiples couleurs, il a apprit leurs valeurs
Aux cotés de leurs attraits, il les a reliés

Terre dans un passage, mère est sa nature
Par delà des rêves , il vit sa vie

--Si les hommes savaient aimer ; Ils seraient ANGES

Unis au cœur palpitant, il est les mouvements
Au-delà des évidences, il avance en confiance

Partageant multiples souffles, l'unicité s'érige
Aux intérieures des paraîtres, il exprime le vivant


--Si l'ombre n'existait pas; il n'y aurait que LUMIERE....

Alimenté a l'Eau d'une source, ses substances sont essences
Aux supérieurs de l'âme, l'Esprit est sens.

Animé d'un Feu joyeux, des valeurs d'unité croissent
Aux mouvements réunis , l'Esprit est vie

-- S'il n'y avait que Lumière ; Terre serait Abstrait

Aux Antérieures éveillés, son Esprit est Lié
Vivant ce qui a été ou sera en ses présents, il approfondit l'instant

En des infinis révélés, son Esprit est projetés
Visitant les composés des étendues, il vit en des multidimensionnel

---Terre dans un passage, mère est sa nature
Dans ses mouvements, s'expriment les sens de son vivant.


Image

Merci :)
...

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Messagepar Eloha » Mer Fév 18, 2015 9:18 am

bonjour à tous :)


ESPRIT


Image


A son expression, ce lie mon attention
Attirée au-delà d'un paraître, des clartés m'appellent
Aspirée en son âme, son souffle est mien

A ses instincts ,ce lient mes intuitions
Alertée au-delà de ce qui se sait, s'annonce ce qui sera
Reliée à ses sensations ,ses impressions sont miennes

A ses rémanences, ce lient mes sens
Projetée au-delà de ce qui est, émerge ce qui fut
Attisée en sa source, son essence est mienne

A ses perceptions , ce lie mon esprit
Inspirée au-delà des apparences, la nature retrouve ses sens
Unifiée en son mouvement, son aspiration est mienne

-----------


Ensemble


Image


S'inspirant dans l'instant, s'entremêlent des courants
Des mémoires relatées, imprégnées de tous vents,
Ensemble vivant en l'esprit, s'y invite des moments.

S'imprégnant des non-dits, l'empathie s'y exprime
Des émotions éprouvées, discernées en leurs sens
En soi vivant l'autre, s'y distingue des besoins

Réunissant l'autre à soi, l'instant s'y étend
Des valeurs démontrées, renouvelées en l'innée
En l'ensemble grandissant, s'exprime Soi


Aspirant un même souffle, l'unis vit
Des idées partagées, recréant un réel
Du présent vient l'après, s'y dessine un possible

Assemblant une vie en sa vie, s'y vise le devant
Des mouvements complétés, accordés au même sens
Parcourant le fil du temps, l'ensemble s'y développe .

.........

De la chenille au Papillon


Image


Avançant le plus souvent la tête en bas, je ne vois qu'horizon.
Cheminant en des sillages, j'expérimente l'origine et la portée de l'instant
Ressentant les sous-courant, mes sens sont la terre en mouvement.
-Subsistant des mannes de mon arbre, sa sève donne vie à mon sang.


Observant ce qui m'entoures, l'instant n'est qu'ondes
Traduisant ce qui m'attise, mon instinct crée ma survie.
Evoluant au fil du temps, l'automne s'annonce comme mon replie.
-Créant mon abri, c'est en moi et vient de soi quand tout ce construit.

Disparaissant du monde courant ,l'opacité fait place
Rentrant au delà d'un moi même, s'ouvrent les portes de SOI
Expérimentant les sciences de la vie , c'est en sa source que je mute
-Réapprenant comment vivre, des légèretés m'aspirent aux libertés.

Recevant des rayons d'une source extérieure, ces chaleurs m'animes
Puisant en ces énergies, mes vitalités se décuplent
Brisant ce qui fut les limites de mon monde, m'apparait l'espace infini
- Renaissant métamorphosé, mon paraître et être sont UN

Déployant mes ailes sous un soleil de lumière, s'évadent mes pensées
Visitant ce qui compose l'élevé, s'y superposent les mondes en SOI
Reliant des dimensions opposées, l'Origine est l'instant présent
-Existant simplement, je m'envole et me fond en la Vie.

......


Merci :)
...

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Messagepar Eloha » Jeu Fév 19, 2015 8:26 am

Bonjour a tous :)




Antérieures


Avec des profondes douleurs, des passés ce réveillent
En s'armant de douceurs, les profondeurs s'animent
En conscience, il est reliés à des avants

Dans des lâcher prises, l'inconnu ce dévoile
En s'équilibrant dans des réunions, les profondeurs s'ouvrent.
En conscience, il est attiré en son cœur

Plongeant en son centre, l'essence vibre et chante
En écoutant les raisons, les Antérieures vivent aux présents
En conscience, il est uni par l'esprit

Vivant autant en dedans qu'aux dehors; l'esprit est nourrie
En recréant des harmonies, les antérieures sont supérieures
En conscience, il en redonne les chaleurs

Visitant le cœur de ses matières, d'autres esprits ce relient
En allant plus avant, en arrière et au-delà , les antérieures paraissent
En conscience, il vit le dimensionnel en intemporelle

S'alimentant avec constance, l'essence croisse et s'élève
En perceptions sondées, les en nous et tout autour ne font qu'UN
En conscience, il accepte ses transformations.


..........


Spiritualité


Les extérieures formulent, Il Entend
Ses profondeurs s'expriment, Il Ecoute.
En conscience, Il est AIR et EAU

Ses intérieures s'expriment, Il Est.
Les Antérieures s'animent, ils Sont
En conscience, Il est FEU et EAU

Ses actes sont équilibres, nous Sommes
Son Esprit vit des multiples possibles
En conscience , Il est FEU et AIR

les réunions créent les dynamismes
Les associations créent les fusions
En conscience, Il est TERRE, AIR, EAU, FEU...

En approfondissant , il a expérimenté l'Inconnu
En éprouvant, il a analysé l'Impensable
En conscience, il a assimilé les teneurs
et valeurs de ...

Ses moteurs Créateurs.
..........................................


........Sérénité



Dans la douceur de mes intérieures,
je me ressources.
Plongeant dans mes profondeurs cachées,
Je décèle des passés scellés...

Dans le calme de mes pensées,
je m'inspire
Baignant dans mes couleurs innées,
Je génère des présents patient....

Dans la paix de mon cœur,
j'analyses
Observant tous les courants ambiant
Je discerne des après conscient...

Dans les repos de mon corps,
je voyage
Contemplant d'autres paysages
Je mémorise des valeurs en images...

Dans les quiétudes de ma conscience,
je créé
Utilisant mes fonctions dans les dons
Je partage les représentations de mes

Sérénités.....

( Osmose .. Acrylique ; Novembre 2014 )

Image


Merci :)
...

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Hécate
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Messagepar Hécate » Jeu Fév 19, 2015 12:11 pm

Ce dernier tableau me parle, ce sont les couches successives qui entourent le Cœur, le Centre enfin pour moi :)

Ça me fait également penser à ce passage de la Bible.

Et Dieu dit : Qu'il y ait une étendue entre les eaux, et qu'elle sépare les eaux d'avec les eaux.

Et Dieu fit l'étendue et sépara les eaux qui sont au-dessous de l'étendue et les eaux qui sont au-dessus de l'étendue, et cela fut.

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Messagepar Hraefn » Jeu Fév 19, 2015 15:01 pm

Damabiah a écrit :Douceur intérieure, ambiance feutrée
lueur des bougies dans une pièce encensée,
les lames sont là, prêtes à me dévoiler
les secrets de ma vie, futurs et passés

Douleur extérieure d'une malchance innée
malheurs de la vie dans une caisse oubliée
la femme est là, refaite par des baisers
d'un aimé secret, mature et posé


L'Impératrice bat la mesure, d'un rythme
lancinant, et regarde l'Ermite, s'éloignant
tranquilement. Elle martelle... patiemment...
le temps...

Temps, Tempérance, endurance, patience,
eaux mélées, âmes liées,

Diable, Papesse, incitent à l'ivresse.
Puissante attirance, résurection des sens.
Volupté, sensualité, magnétisme, érotisme.
Tout y est

pour des nuits enfievrées sous les rayons de
la Lune

Maitresse de mes nuits, que fais tu face à
lui, le Pendu!!? Tes pieds et tes mains sont
noués, le veux-tu?? En attente volontaire mais
qu'attends tu?

Destruction de Babel? Caprices du soleil?
Trompette divine?

Non! Fonces, tel le Chariot, vers l'Empereur,
l'homme de ton coeur.
Bats toi comme le Premier, armes toi de la
Faux et nettoie le sentier du passé.

La derniere lame dévoilée est celle des
Lauriers,

La femme cloture le rituel,
humblement, souffle les bougies ,
éteint le charbon ardent,
et se souviens de l'appel de Bertrand

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Messagepar Hraefn » Jeu Fév 19, 2015 15:08 pm

Estel a écrit :Image
Modifié en dernier par Hraefn le Jeu Fév 19, 2015 15:18 pm, modifié 1 fois.

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Messagepar Hraefn » Jeu Fév 19, 2015 15:09 pm

Jagannath a écrit :Juste pour rappel, j'avais autrefois scanné les dessins que je faisais quand j'étais collégien ou lycéen et ils sont toujours dans un coin du forum :
http://pandore.net/magies/galeries/polarites/index.php

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Messagepar Hraefn » Jeu Fév 19, 2015 15:37 pm

Image
Crayons de couleur

Image
Aquarelle et pastel

Image
Crayons de couleur et thé noir

Image
Stylo à bille

Image
Aquarelle

Image
Gouache

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Messagepar Hraefn » Jeu Fév 19, 2015 15:54 pm

D’étoile devenir supernova.

Puis maintenant juste exploser.

Offrir ces millions d’éclats,
Pour le simple plaisir de donner.

Et ne rien attendre.

Admirer ce reflet,
Illuminer tes yeux.

Et tes bras se tendre,
Pour étreindre les cieux.

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Messagepar Hraefn » Jeu Fév 19, 2015 15:54 pm

Du fond de nos entrailles
tapie, haletante, apeurée
espérant que personne n'aille
d'ici la déloger
veille la paix intérieure
attendant des temps apaisés
car seulement elle apparait
dans un instant de bonheur

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Messagepar Hraefn » Jeu Fév 19, 2015 15:56 pm

En silence, le pèlerin
Sur la voie chemine,
Ecoutant le chant du monde.
Il avance serein,
L'esprit en paix. Il devine,
Que si son coeur il sonde,
Il pourra aller loin.

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Messagepar Hraefn » Jeu Fév 19, 2015 16:09 pm

Il y a quelques temps, dans le cadre d'un atelier, nous avons eu envie d'écrire une nouvelle à plusieurs mains. Le projet s'est arrêté en cours de route mais je vous en livre le début ... si certains se sentent de la continuer :-)

Le jour se lève, il est temps de partir.
Des hauteurs où nous nous sommes installés pour la nuit nous contemplons le soleil qui, paresseusement, émerge d’un océan de brume. Quelques houppiers de chênes centenaires crèvent en ilots verts ce tapis ondoyant ... ou peut-être est-ce le dos du dragon vert, gardien des forêts.

Aurions-nous dû être sur les hauteurs ou alors dans la profondeur des cavernes d'en bas? Mais cela est relié et il nous faut continuer le chemin vers...???
L'aube pointe, nous avons froid, il faut nous réchauffer ensemble et regarder le soleil se lever au-dessus de l'horizon; serrés les uns contre les autres.
Où allons-nous? Qui va faire la prière au soleil levant? Peut-être le petit insecte sur cette pierre?

Le froid, la peur, le doute... Nous sommes perdus ! Mais ce n'est qu'une illusion, ces sentiments sont éphémères. Nos cœurs sont chauds, l'amour entre nous, en nous, est notre guide. Ressentez-vous cet amour ? Ressentez-vous cette force ? Nous gardons confiance, car nous sommes ensemble.

D'une tignasse blonde ébouriffée sort un bâillement sonore. Un geste se joint à cette parole. (Ou grognement au choix du lecteur) : deux petits poings vibrants tentent d'entraîner, style homme de Vitruve, les deux bras dont ils sont le prolongement. Que c'est bon de s'étirer après cette longue nuit.
Bon faut s'organiser à présent.
Pour l'instant tout baigne. Mais cet instant de grâce de l'Eveil ne dure qu'un Instant.
L'UN.
Va falloir composer avec toute la panoplie de nos individualités. Et c'est là que ça se corse. C'est que le Monolithe est là de toute éternité le soleil juste derrière. Certains comprennent vite. À d'autres il faudra plus de temps. Mais au fait, c'est quoi le Temps ?
Juste un jeu d'ombre et de lumière.

La lumière inonde maintenant cette vaste étendue verte à nos pieds.
Nous nous levons, encore sous le charme de la nuit passée où la Lune nous berçait en son sein.
Des arbres à perte de vue...
Nous respirons à pleins poumons l'air pur de la vie avec l'espoir dans les cœurs.
Par où aller? Le chemin sera long.
Mais quel que soit notre choix, nous savons qu'il nous mènera vers notre destinée.
Le Tout, l'Un veille sur nous...

Le feu du ciel embrassait peu à peu le dos vert du dragon qui sommeillait sous la brume enchantée. La vie allait s'éveiller bientôt, et déjà la musique des oiseaux se mêlait au somptueux silence que la Nature seule sait observer. Du haut de la falaise, nous ne pouvions que plier l'échine devant l'indécision des brumes et l’insolente claire lumière de l'aube.

Doucement nous nous mettons en branle, bouger un peu nous sortira de cette torpeur dans laquelle le froid d’un matin gris nous plonge bien malgré nous. Déjà la bouilloire siffle sur le petit feu allumé à la hâte, autant pour chasser les ténèbres d’une nuit agitée que pour nous donner l’illusion d’un peu de chaleur. Un vent de novembre naissant nous fait regretter notre choix d’être monté sur les hauteurs plutôt que d’avoir choisi la profondeur des cavernes, mais le ventre de cette région hostile peu abriter bien plus féroce qu’un vent coulis.

Un thé vert et une tranche de pain au miel réchauffe un peu nos corps et nos cœurs.
Mais alors que le maigre repas du petit matin fut avalé, un majestueux papillon aux ailes bleues azur vient virevolter autour de nous avec insistance.
Un papillon en novembre et sur ses hauteurs? Cela nous semble bien étrange...
Intrigués, nous suivons des yeux ses battements d'ailes. Il s'éloigne...
Et si nous prenions sa direction?
Les regards se croisent un instant. Et d'un accord silencieux, nous nous mettons debout soudain décidés.
"Et bien, ce petit messager sera notre guide de l'instant..." s'élève une voix parmi nous.
Le petit feu est éteint à la hâte et tous nous sommes prêts à suivre le chemin tracé par notre petit messager bleuté.

Seule dans les profondeurs de mon âme, nous oscillons entre ciel et terre. Ténébreuse agonie, me sauveras-tu de mon mal-être? Ignores-tu ce Soleil majestueux ? Cette beauté incalculable ne sachant qu’Être ! Foudroyante et insaisissable Vérité immuable ! Humble dans sa splendeur ! Mais, la brume tarde à se dissiper sur les vergers prêts à fleurir. Création de Son Amour radiant. Or, rien ne presse. Prendre le temps qu'il faut, c'est aussi donner de l'amour.
NB: Entre ciel et terre pourrait peut-être être remplacé par enfer et terre dans mon cas.

Dissipant aussitôt nos pensées respectives qui subsistent, souvenirs du passé que nous nous sommes promis de surmonter, nous nous unissons la joie dans le cœur, ramassant nos quelques affaires du voyage.
Et c'est d'un pas commun que nous commençons la descente de la montagne dont la hauteur nous a servi de refuge pour la nuit.
Le papillon bleu azur virevolte devant nous, semblant nous attendre par moments. Il n'y a pas de doute à avoir, c'est bien le guide que nous attendions.
"Suivez-moi", ce sont les mots qui semblent se dessiner à nos yeux par ses battements d'ailes.
Et vaillamment, oublions la fatigue et l'appréhension de l'inconnu, nous le suivons, pas à pas, les mains et les cœurs joints.

Solitaire dans ma caverne, torche à la main et protection de l’autre, contre les intempéries de la jungle maudite.
Les parois dessinent des ombres familières. L’écho de ma voie semble provenir des bas-fonds de ces temps lugubres. Perçant aux travers le rock, une fenêtre s’ouvre sur le ciel étoilé et d’une Lune resplendissante. Quelques gouttes d’eau claire-voyante et gorgée de poussière d’étoiles se fracasse contre mon crâne dégarni. Alors, je vois. Je vois, la pourriture des mares stagnantes et l’étroitesse de mon trou me harcelant comme une folie. Des araignées tissent leurs toiles selon un schéma précis, presque diabolique. Captant moucherons névrosé et cigales apeurées. Un papillon de nuit, libre et étincellent, meurt aussitôt qu’il m’émerveille.
Un jour, une pluie torrentielle s’abat sur la Terre inondant terres et marrés. Je prie Dieu du Soleil pour empêcher la dévastation de ma sombre demeure, mais rien ne s’arrête. Les déversements boueux balayent tout sur son passage. Restreint à quitter ma tanière, ainsi dépouillé de ma bulle vitale, je perds ma si précieuse sécurité, aussi puante et illusoire qu’elle puisse paraître. Perdu et désespérer, je me tourne vers le Soleil et compris qu’il m’avait entendu. La réalité dévastée ne devint qu’un vieux rêve et le rêve une réalité commune. C’est à ce moment que j’aperçu un papillon bleu azur…

D'une tignasse blonde ébouriffée sort un bâillement sonore. Un geste se joint à cette parole : deux petits poings vibrants tentent d'entraîner, style homme de Vitruve, les deux bras dont ils sont le prolongement. Que c'est bon de s'étirer après cette longue nuit.
Bon faut s'organiser à présent.
Pour l'instant tout baigne. Mais cet instant de grâce de l'Eveil ne dure qu'un Instant. Une impression étrange plane, un petit air de déjà vu, le rêve d’un papillon bleu azur virevoltant autour de notre camp de base… Tiens ! De ce papillon ci justement !
Un peu hagarde, la tignasse blonde réveille ses compagnons de voyage. L'aube pointe, nous avons froid, il faut nous réchauffer ensemble et regarder le soleil se lever au-dessus de l'horizon; serrés les uns contre les autres.
Où allons-nous? Qui va faire la prière au soleil levant? Peut-être le petit insecte sur cette pierre?
Tout le monde se retourne pour regarder l’insecte en question et dans les yeux de chacun peut se deviner une lueur de surprise : ce papillon n’est inconnu de personne, voilà plusieurs nuits qu’il vole d’un rêve à l’autre. Un papillon en novembre et sur ses hauteurs? Qui est-il ? L’anachorète nous avait pourtant prévenu que notre guide serait des plus improbables.
"Suivez-moi", ce sont les mots qui semblent se dessiner à nos yeux par ses battements d'ailes, ces mêmes mots qui quelques minutes plus tôt hantaient encore nos rêves.

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Alex
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Messagepar Alex » Jeu Fév 19, 2015 20:32 pm

Dommage, mon plus beau dessin révélateur que j'ai fait dans ma vie, je l'ai donné à une patiente lors de mon internement. Elle m'a demandé gentiment si elle pouvait l'avoir. Apparemment, cela lui parlait beaucoup. Je lui ai donné avec plaisirs.

C'était vraiment incroyable ce que j'avais fait. Comme je fais souvent, je part de rien sans avoir de plan et cela fini par révéler certaines choses petit à petit. Mais là, j'étais vraiment au sommet de mon art. Dommage que je n'ai pas pensé à faire une photocopie. C'était vraiment bien, très révélateur. Je me souviens seulement qu'il y avait une colombe qui traversait le tableau et à travers celle-ci beaucoup de détails et de scènes, mais malheureusement je ne me rappelle plus du tout de ces scènes. À part qu'il y avait une forêt bien dense très loin dans l'horizon au bout d'un chemin.

Petite anecdote. C'est cette jolie femme qui m'a demandé gentiment si je voulais dessiner avec elle. Elle dessinait des cartons à numéro. Ah bah oui! J'ai rien à faire et j'aime dessiné. Je me suis assis devant elle, j'ai pris un carton à numéro et je l'ai regardé quelque seconde. N'aimant pas le principe des petites cases déjà prédéterminées, j'ai retourné le carton et je me suis mis à dessiné avec le Coeur et l'intuition.

J'ai toujours un point au coeur quand j'y repense parce qu'elle a demandé que je signe mon oeuvre et je lui ai fait une horreur, énorme, qui gâche tout le portrait. :(

Sinon, jai peut-être un ou deux dessins intéressants que j'ai fait adolescent, je vais voir si je les trouve...

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Odin
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Messagepar Odin » Jeu Fév 19, 2015 21:31 pm

Que de beauté ! :)



31/03/09 :

Bruissement d’ailes

Ma lumière est le scintillement des rayons de Lune sur le givre.
Je recouvre la nature de silence, je suis son plus pur langage.

Les pierres seules m’ont vu sous le clair de l’Astre.


27/01/13 :

Pleine Lune du Loup

La lumière de la Lune recouvre mon corps
D'un vêtement magique éclairant mes rêves ;
Je hurle la beauté du sauvage
Brisant l'harmonie du chant des loups :
Balance inégale de l'indompté, de la beauté...
Mon esprit s'évade avec les chouettes
Dans le silence de mes pensées,
Hors de ce corps soudain libre,
Fou, chaotique, animalisé,
La nuit m'offre mille plaisirs
N'appartenant pas au monde,
Découvrant mon âme où la raison s'enfouit
Dans les ténèbres.



10/05/13 :

Debout sous le soleil âgé,
Je repense à Mai et cette journée :
La lumière du jour me fait voyager
Dans l'infini de l'instant présent,
Cet immense et sauvage océan
Si calme, et si bavard
Contant l'histoire des rivières et des fleuves.
Tout semble sans fin au coeur de cet éternel hasard :
Ce monde qui songe, où nul ne s'abreuve.
Mais mon coeur murmure la vérité,
Éveillant à chaque instant ce sourire
Comme l'on sourit à l’Être aimé.
D'autres merveilles restent à venir :
Promesses d'un voyage sans fin
Bien au-delà du lointain.


30/12/13 :

(âme soeur)

Tu me décevras, et je t'aimerai,
Dans ton imperfection, toi cette malédiction,
Je t'aimerais comme un garçon,
Qui aime trop la mort.

Et je trouverai l'union dans ton caractère insaisissable,
Âme divine en perpétuelle cavale,
Car tu as choisi l'infini,
Et moi l'éphémère vie,

Tu me hantes amoureusement...
Ou bien sont-ce mes désirs ardents...

Ah ! Misère, indigence, tristesse, colère !

Je te découvre un jour dans l'infini
Où tu m'aimes depuis la première Nuit...

Tu te recouvres de mystère,
Me revoilà les pieds sur terre...
Fais de l'Amour ta magie

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Eloha
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Messagepar Eloha » Jeu Fév 19, 2015 23:51 pm

:)


Magnifique ! Autant dans les images en couleurs, que les verbes et les mots en leurs sens et sensibilités.

Merci beaucoup à tous pour ces beaux et bons moments en vos partages :)


Hraefn<<<< Il y a quelques temps, dans le cadre d'un atelier, nous avons eu envie d'écrire une nouvelle à plusieurs mains. Le projet s'est arrêté en cours de route mais je vous en livre le début ... si certains se sentent de la continuer :-)



A étudier...Avant.. mais pourquoi pas essayer :)
...

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Messagepar Eloha » Ven Fév 20, 2015 13:45 pm

:)

Le jour se lève, il est temps de partir.
Des hauteurs où nous nous sommes installés pour la nuit nous contemplons le soleil qui, paresseusement, émerge d’un océan de brume. Quelques houppiers de chênes centenaires crèvent en ilots verts ce tapis ondoyant ... ou peut-être est-ce le dos du dragon vert, gardien des forêts.

Aurions-nous dû être sur les hauteurs ou alors dans la profondeur des cavernes d'en bas? Mais cela est relié et il nous faut continuer le chemin vers...???
L'aube pointe, nous avons froid, il faut nous réchauffer ensemble et regarder le soleil se lever au-dessus de l'horizon; serrés les uns contre les autres.
Où allons-nous? Qui va faire la prière au soleil levant? Peut-être le petit insecte sur cette pierre?

Le froid, la peur, le doute... Nous sommes perdus ! Mais ce n'est qu'une illusion, ces sentiments sont éphémères. Nos cœurs sont chauds, l'amour entre nous, en nous, est notre guide. Ressentez-vous cet amour ? Ressentez-vous cette force ? Nous gardons confiance, car nous sommes ensemble.

D'une tignasse blonde ébouriffée sort un bâillement sonore. Un geste se joint à cette parole. (Ou grognement au choix du lecteur) : deux petits poings vibrants tentent d'entraîner, style homme de Vitruve, les deux bras dont ils sont le prolongement. Que c'est bon de s'étirer après cette longue nuit.
Bon faut s'organiser à présent.
Pour l'instant tout baigne. Mais cet instant de grâce de l'Eveil ne dure qu'un Instant.
L'UN.
Va falloir composer avec toute la panoplie de nos individualités. Et c'est là que ça se corse. C'est que le Monolithe est là de toute éternité le soleil juste derrière. Certains comprennent vite. À d'autres il faudra plus de temps. Mais au fait, c'est quoi le Temps ?
Juste un jeu d'ombre et de lumière.

La lumière inonde maintenant cette vaste étendue verte à nos pieds.
Nous nous levons, encore sous le charme de la nuit passée où la Lune nous berçait en son sein.
Des arbres à perte de vue...
Nous respirons à pleins poumons l'air pur de la vie avec l'espoir dans les cœurs.
Par où aller? Le chemin sera long.
Mais quel que soit notre choix, nous savons qu'il nous mènera vers notre destinée.
Le Tout, l'Un veille sur nous...

Le feu du ciel embrassait peu à peu le dos vert du dragon qui sommeillait sous la brume enchantée. La vie allait s'éveiller bientôt, et déjà la musique des oiseaux se mêlait au somptueux silence que la Nature seule sait observer. Du haut de la falaise, nous ne pouvions que plier l'échine devant l'indécision des brumes et l’insolente claire lumière de l'aube.

Doucement nous nous mettons en branle, bouger un peu nous sortira de cette torpeur dans laquelle le froid d’un matin gris nous plonge bien malgré nous. Déjà la bouilloire siffle sur le petit feu allumé à la hâte, autant pour chasser les ténèbres d’une nuit agitée que pour nous donner l’illusion d’un peu de chaleur. Un vent de novembre naissant nous fait regretter notre choix d’être monté sur les hauteurs plutôt que d’avoir choisi la profondeur des cavernes, mais le ventre de cette région hostile peu abriter bien plus féroce qu’un vent coulis.

Un thé vert et une tranche de pain au miel réchauffe un peu nos corps et nos cœurs.
Mais alors que le maigre repas du petit matin fut avalé, un majestueux papillon aux ailes bleues azur vient virevolter autour de nous avec insistance.
Un papillon en novembre et sur ses hauteurs? Cela nous semble bien étrange...
Intrigués, nous suivons des yeux ses battements d'ailes. Il s'éloigne...
Et si nous prenions sa direction?
Les regards se croisent un instant. Et d'un accord silencieux, nous nous mettons debout soudain décidés.
"Et bien, ce petit messager sera notre guide de l'instant..." s'élève une voix parmi nous.
Le petit feu est éteint à la hâte et tous nous sommes prêts à suivre le chemin tracé par notre petit messager bleuté.

Seule dans les profondeurs de mon âme, nous oscillons entre ciel et terre. Ténébreuse agonie, me sauveras-tu de mon mal-être? Ignores-tu ce Soleil majestueux ? Cette beauté incalculable ne sachant qu’Être ! Foudroyante et insaisissable Vérité immuable ! Humble dans sa splendeur ! Mais, la brume tarde à se dissiper sur les vergers prêts à fleurir. Création de Son Amour radiant. Or, rien ne presse. Prendre le temps qu'il faut, c'est aussi donner de l'amour.
NB: Entre ciel et terre pourrait peut-être être remplacé par enfer et terre dans mon cas.

Dissipant aussitôt nos pensées respectives qui subsistent, souvenirs du passé que nous nous sommes promis de surmonter, nous nous unissons la joie dans le cœur, ramassant nos quelques affaires du voyage.
Et c'est d'un pas commun que nous commençons la descente de la montagne dont la hauteur nous a servi de refuge pour la nuit.
Le papillon bleu azur virevolte devant nous, semblant nous attendre par moments. Il n'y a pas de doute à avoir, c'est bien le guide que nous attendions.
"Suivez-moi", ce sont les mots qui semblent se dessiner à nos yeux par ses battements d'ailes.
Et vaillamment, oublions la fatigue et l'appréhension de l'inconnu, nous le suivons, pas à pas, les mains et les cœurs joints.

Solitaire dans ma caverne, torche à la main et protection de l’autre, contre les intempéries de la jungle maudite.
Les parois dessinent des ombres familières. L’écho de ma voie semble provenir des bas-fonds de ces temps lugubres. Perçant aux travers le rock, une fenêtre s’ouvre sur le ciel étoilé et d’une Lune resplendissante. Quelques gouttes d’eau claire-voyante et gorgée de poussière d’étoiles se fracasse contre mon crâne dégarni. Alors, je vois. Je vois, la pourriture des mares stagnantes et l’étroitesse de mon trou me harcelant comme une folie. Des araignées tissent leurs toiles selon un schéma précis, presque diabolique. Captant moucherons névrosé et cigales apeurées. Un papillon de nuit, libre et étincellent, meurt aussitôt qu’il m’émerveille.
Un jour, une pluie torrentielle s’abat sur la Terre inondant terres et marrés. Je prie Dieu du Soleil pour empêcher la dévastation de ma sombre demeure, mais rien ne s’arrête. Les déversements boueux balayent tout sur son passage. Restreint à quitter ma tanière, ainsi dépouillé de ma bulle vitale, je perds ma si précieuse sécurité, aussi puante et illusoire qu’elle puisse paraître. Perdu et désespérer, je me tourne vers le Soleil et compris qu’il m’avait entendu. La réalité dévastée ne devint qu’un vieux rêve et le rêve une réalité commune. C’est à ce moment que j’aperçu un papillon bleu azur…

D'une tignasse blonde ébouriffée sort un bâillement sonore. Un geste se joint à cette parole : deux petits poings vibrants tentent d'entraîner, style homme de Vitruve, les deux bras dont ils sont le prolongement. Que c'est bon de s'étirer après cette longue nuit.
Bon faut s'organiser à présent.
Pour l'instant tout baigne. Mais cet instant de grâce de l'Eveil ne dure qu'un Instant. Une impression étrange plane, un petit air de déjà vu, le rêve d’un papillon bleu azur virevoltant autour de notre camp de base… Tiens ! De ce papillon ci justement !
Un peu hagarde, la tignasse blonde réveille ses compagnons de voyage. L'aube pointe, nous avons froid, il faut nous réchauffer ensemble et regarder le soleil se lever au-dessus de l'horizon; serrés les uns contre les autres.
Où allons-nous? Qui va faire la prière au soleil levant? Peut-être le petit insecte sur cette pierre?
Tout le monde se retourne pour regarder l’insecte en question et dans les yeux de chacun peut se deviner une lueur de surprise : ce papillon n’est inconnu de personne, voilà plusieurs nuits qu’il vole d’un rêve à l’autre. Un papillon en novembre et sur ses hauteurs? Qui est-il ? L’anachorète nous avait pourtant prévenu que notre guide serait des plus improbables.
"Suivez-moi", ce sont les mots qui semblent se dessiner à nos yeux par ses battements d'ailes, ces mêmes mots qui quelques minutes plus tôt hantaient encore nos rêves.

Nous sommes là, contemplant la réelle matérialité d'un rêve que nous avons tous partagés, lorsque sous nos yeux, le battement de ses ailes s'accélèrent . Nous sommes comme hypnotisés devant ce ballet.

Nous tous, sommes ici en cet instant de magie des sens, nous formons un même Esprit dévoué, abandonné a un inconnu qui toujours ce perpétue..

Sous nos yeux émerveillés, le papillon s'élève et l'air ce fait mouvements, puis vibration. Un onduleux qui s'étend, enfle, comme le déferlement d'une vague

Observant en étant tous reliés , c'est en même temps et ensemble, que nous y reculons de trois pas.

Devant Nous apparaît un Portail, dont l'intérieur ressemble a des vaguelettes en alignement vertical. Des valeurs en tons blanc, or et lumière crépitent en son intérieur.

En notre écoutes de l'instant, un doux son s'y fait chœurs, un chant raisonnant, pénétrant en résonnances et murmures en nos cœurs, ce que le mouvement requiert.

Ravivés, animés d'une toute nouvelle clarté, c'est ensemble que nous expirons, ce qui nous a été inspirés.

Puis ..Après coup.. Dans un silence grandissant hors d'un temps, c'est en laissant tout derrière nous, qu'appelés et happés nous nous dirigeons a son Entrée.

......


Sinon dans les petits jeux :) Vous proposes..



Dans l'instant .. Je suis ..


Un nuage .. je survole des terres et mers. Passant aux dessus des monts et vallées, je déverse par averses les fruits de mes voyages.

Un Vent.. je suis une brise avec tendresses, caresses. Je peux être inspirations et souffles en crescendo, des idées redonnées aux grés de leurs portées.

Un chêne... Je suis ancrée à ma mère, lié par mon sang à sa chair . Relié à sa conscience, je l'a représente en apparence.

Un aigle.. Je vois ce que vous ne pouvez voir d'en bas. Mes visions sont des anticipations. Mes perceptions ce manifestent en dimensions.

Un ours... je prépare mon hiver.. Je vais m'isoler d'un monde crée renversé. En hibernation, je visiterais les réalités invisibles.


Je suis .. L'instant d'un moment présent..


-Et Vous .. Qui êtes-vous ??.. ;)


Merci :)
...

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Messagepar Eloha » Sam Fév 21, 2015 9:40 am

Bonjour à tous :)



Si Être fait Être




Si Être aux normes fait Être morne

Aux dedans ; Je m'épuise
Aux dehors ; Moi valorise

En mon cœur ; Être y demeure
Aux douceurs ; Soi s'y étend


Si Être matérialiste fait Être Triste

Aux dedans ; Je suis vide
Aux dehors ; Moi rivalise

En mon âme ; Source aux trésors
Aux spontanés offert ; l'héritage perdure


Si Être sourd fait Être aveugle

Aux dedans ; je m'ignore
Aux dehors ; Moi adore

En mon esprit ; Tout y est vit
Aux attentions en Dons ; Lumière ce crée


Si Être Amour fait Être Jour

Aux dedans ; je m'éclaire
Aux dehors ; Moi rayonne

En mon Être ; Source s'y exprime
Aux partages sans nom ; résonne Aûm


.......


Lumin-essence


Incessante renaissance ...Jusqu'a l'accomplissement.
Réactivités des émis grandissant, nourries en une source éclatante.


Enfant de l'infini, grandissant en ça lumière,
C'est en "disciple de la vie" que tout ce réunis.
C'est en des "harmonies" que tu recrées ton origine

Réunissant tes perpétuels mouvements, en son sein
c'est en un temple nommée "vérité", que la lumière jaillit
C'est en des "justes" que tu poursuis la voie de ton royaume.

Accomplissant les structures d'un tout en Un
C'est en la lumière de qui tu "Est" qu' apparaît le Possible
C'est en ce qui est "conscient", que l'Universel s'étire

S'abreuvant et recréant, En l'esprit de ce qui compose Soi
C'est en l'origine qu' on y respire, Soi inspire et expire
C'est en ce qui est "mouvement", que les portes s'ouvrent.

Finissant ce qui a été perpétué, la roue s'arrête.
C'est en "renaissant" libéré que s'inverse son mouvement
Irradiant en de perpétuel présent , attire la source vive

Accomplissement d'une réalisation, s'y expose l'Univers
C'est en son "déploiement", que les résonnances chantent
C'est en son "Réajustement" que chacun retrouve sa place.


.......


..............Autres mondes ...


Image


J'en ai rêvée, y suis peut être allée, ou bien l'ai recréé .. qui sait ...

Des paysages aux mille visages, multiple bonheurs pour nos intérieures,
Ils sont des paradis pour les rêveurs, pour les créateurs d'harmonies.

Des mondes anciens ou nouveaux... Qu'importe ... Ils SONT

Des jardins conçues pour des pèlerins, ceux qui n'ont peur de rien.
Des à cotés invisible aux yeux de chairs, mais visible aux esprits clairs.

Ces édens nous renvoies les teneurs de nos propres couleurs...
Il sont nos valeurs manifestées , les harmonies de nos profondeurs.

Aux- delà des vibrations lumineuse, ils SONT. Accompagné ou seul, nous visitons
Dans de l'air semi palpable, nous progressons aimanté vers un inconnu.

Imprégnés d'ondes codés, sans réel conscience, nous gardons en mémoires...
Dans les études de nos souvenirs imprégnés d'essences et de sciences, nos connaissances s'enrichissent.


-J'en ai rêvée, y suis peut être allée, ou bien l'ai recréé ... Je sais ... ;)


......

Merci :)
...

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Messagepar Eloha » Dim Fév 22, 2015 11:37 am

Bonjour à tous :)





Lorsque j'ai demandée à mon cœur, pourquoi l'Amour faisait souvent mal, à ceci, mon esprit a voulu se joindre à lui, pour d'une seule voix, chanter les valeurs de l'Amour.


Détachement

Aimer l'autre, n'est pas de l'enfermer dans nos désirs, on ne peut qu'y souffrir
lorsqu'il n'y a pas de désir, l'Amour est Don de soi, dans des moments présents.


Aimer l'autre, n'est pas de l'enfermer dans nos vouloirs, nous n'y avons aucun pouvoir
Lorsqu'il n'y a pas de vouloir, l'Amour est une harmonie, illuminant l'instant présent

Aimer l'autre, n'est pas de l'enfermer dans nos exigences, seulement d'en reconnaître les raisonnantes
Lorsqu'il n'y a pas d'exigences, l'Amour est un chant, résonnant en l'instant présent

Aimer l'autre, n'est pas de l'enfermer dans nos possessivités, il, elle ne peut qu'y étouffer
Lorsqu'il n'y a pas de possession, l'Amour est une danse, se composant d'instant en instant.

Aimer l'Autre, n'est pas de l'enfermer dans notre vie, seul(e) il ,elle doit en avoir l'envie
Lorsqu'il n'y a pas d'attente, l'Amour est une Alchimie des sens, sublimant l'instant présent.


........



Lorsque j'ai demandé à mon Esprit, ce que pouvait contenir le mot "Alchimie"...
Mon Être s'est invité, pour redonner ce qu'il connaît.

ALCHIMIE


Animé par des aspirations, il appel les clartés

Une image intérieure s'impose, des reflets de lune miroitent à la surface
d'une Eau.

La vision s'anime ; une vague s'enroule autour des clartés, une superposition qui l'attire.

Plongeant au cœur d'une onde ; C'est au dedans d'une mère qu'il porte son attention.

Retrouvant les ethos de ce qui sommeil, il ressent l'avant.

Les fréquences des pulsations révèlent les charges des émotions.
Y saisissant les effets d'après, leurs reconnaissances en complètent les sens.

- Reconnaissant les sens de ses émotions passés, dans leurs échos, son présent EST.

Relié à sa mère par l'Esprit, il entend ses appels

Un ressentit d'appartenance, qui dans l'instant le met en résonnance à sa matière .

La sensation se répercute dans des tréfonds, sa vision intérieure suit le chemin du ressentit.

Progressant dans un inconnu ; C'est au cœur d'un atome, qu'il trouve son essence.

Réanimant d'une onde son étincelle, la porte des antérieures s'ouvre.
Aspiré en d'autres matières, c'est en l'Esprit de tous qu'il vit.

- Reconnaissant l'essence de son vivant, c'est en la terre et toutes ses créations qu'il vit.

Unis dans un chemin de renouveau, il progresse avec foi.

Un Esprit emplie ses courages, un Feu intérieur constant démontre les valeurs de ses moteurs.

Une évidence l'habite, les mouvements recréateurs sont des instants conscient.

Réunissant ce qui l'habite à ce qui le compose ; Ses forces sont décuplés.
Expérimentant des possibles méconnus, C'est dans les profondeurs que les puretés résident.

Alimentant en constance le vivant, ses progressions sont les retours des joies créent.
Réveillé en sa conscience, ses attentions s'ouvrent aux tous.

- Reconnaissant les valeurs de ses forces, ses constructions consciente apaisent la terre.

Inspiré en ses multiples sens, c'est en l'Esprit qu'il choisit sa voie.

En respirant ce qui compose son présent, ce qui fut Emis s'impose en l'instant.

Son espace n'est pas un temps défini, ce sont les âges qui créent l'Espace.

S'inspirant de ce qui fut inspiré; C'est avec des tous, qu'il s'initie.

Recomposant l'étendue des multiplicités, c'est dans l'invisible qu'il poursuit

Observant le vivant aux delà de ce qui l'entoure, c'est dans des à cotés, qu'une lumière l'invite.
Emerveillé en sa conscience, il expire les sens du vivant.

- Reconnaissant les origines de ses inspirations, ses expirations portent échos à ce qui fut, tout en faisant relais à ce qui sera.

Invité en multiples royaumes, l'infini prend vit en son Esprit.

En découvrant l'infiniment grand, il y retrouve les résonnances de l'infiniment petit.

En approfondissant des aux -dessus, les cycles révèlent les raisonnantes à leurs perpétuités.

S'harmonisant sur les valeurs de leurs raisons; Son chant intérieur s'élève.

Explorant d'autres dimensions, il perçoit les événements futurs et à la fois Anciens.
Recréant les valeurs qui le compose, l'impalpable devient palpable.
Eveillé en sa conscience, c'est au cœur de ce qu'il EST, qu'il réside.

- Reconnaissant les sens de la vie dans leurs essences, c'est dans ce qui est
infini, qu'il perçoit les sources.

.......................................


-------------Potentiels

Image


D'une nature empathique, des ondes sont aimantés
Attirant des multiplicités d'effets, ils s'expriment dans les sens
En conscience , il est dons De soi...

D'une nature créatives, des ondes sont retransmises
Offrant des valeurs diversifiés, Ils se révèlent dans les écoutes
En conscience, il est dons En soi

D'une nature cérébral, des informations sont étudiées
Composant des teneurs dans leurs portées, ils anticipent dans des détachements
En conscience, il est lucide

D'une nature subtile, les ondes mutent en images
S'interceptant dans des moments silence, ils suggèrent des imminences
En conscience, il voit des avances...

D'une nature entière, les approfondissements sont passionnel
Fusionnant avec l'intelligence, ils s'équilibrent pour des continuités associées.
En conscience, il tisse le sens de son existence .....

D'une nature généreuse, les partages sont spontanées
S'alimentant aux sources, ils captent les courants dans leurs réseaux

-En conscience, il est des faisceaux...

.....

Merci :)
...

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Messagepar Eloha » Lun Fév 23, 2015 11:32 am

Bonjour à tous :)



L’important…


Ce qui parait, ce voit dans ce qu’ont veux voir
Ce qui transparaît, ce voit lorsqu’on sait voir
L’important ce n’est pas d’y croire sans savoirs.

Ce qui apparaît comme croyances pour les uns
Peut « Naître » comme savoirs pour les autres
L’important ce sont les multiplicités considérées

Ce qui semble, présente comme surfaces
Ce qui naît, éclot après gestation
L’important c’est d’être Réunis

Ce qui est Mal est humain, dans la conscience
Ce qui est Bien est humain, dans les apparences
L’important c’est d’être Essence.

Ce qui est sentiment est humain, dans des quotidiens
Ce qui est Amour est Être, dans des continuités

- L’important c’est d’être UN


........


La peur…

( L’homme s’invente un monde de peurs,
il a oublié ou chassé les valeurs de l’Amour,
Dominé par ses maux, il faiblit à ses mal-à-dits )

S’enfermer dans ce qui est passé, par peurs de ré-ouvrir
S’étouffer dans ce qui est connu, par peurs de l’inconnu
Avoir peur, n’exclu pas l’après..

Se persuader de vivre l’instant, par peurs des possibles
Se perturber dans des après en créant des impossibles
Avoir peur, immobilise les sens de la vie

Se détruire par des souvenirs, par peurs de ce qui vient
S’ abîmer par des pleures, par peurs des joies
Avoir peur, c’est aussi fermer son cœur

S’empêcher de souhaiter, par peurs des désespoirs
S’ancrer dans des finis, par peurs des infinis
Avoir peur, crée des torpeurs


S’interdire de vivre, par peurs de mourir
S’enliser dans des impressions, par peurs de créations

-Avoir peur, des émotions qui te Brises …


.........................


Sagesse

Image

Je est Nous

Je regarde ce qui est, et non ce qu’il voudrait voir
Je étudie pour savoir, il observe et écoute en silence
Je ne juges pas, il remarque, perçoit et constate.

Je pense aux Nous, il décide et crée avec équité
Je se sait Nous, il évolue avec ce qui « est », pour des « sera »
Je se souvient, il c’est transformés depuis des « a été «

Je sais ouvrir pour voir, il reconnaît Nous, dans tout ses états
Je puise en Nous et analyse, il regarde l’arrière, puis énumère
Je a entreposé des mémoires émotionnel, il est capable d’être rationnel

Je est force vive, il montre la volonté d’être, dans toutes ces clartés
Je est communications, il est conscient d’univers intérieurs , intégrés à d’autres Mondes
Je est visionnaire, il sait anticiper en imagés, des prévisionnels sans facteur X


Je est Nous , il vit l’un de ses mondes dans des instants présent
Je est Nous, il est des enchaînements vivant, des mémoires d’ existences
Je est Nous, il est la terre et ses matières, des éléments issues du père.


...........

Merci :)
...

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Magie pratiquée : La voie du Coeur

Le don de soi

Messagepar bastet » Mar Fév 24, 2015 0:57 am

Pour apporter ma petite contribution, voici un poème que j'avais écrit dans un atelier de Pandore, fin 2011.

Le don de soi

Ôter la pierre du chemin qui peut blesser ton pied,
C'est de la prévenance, de la délicatesse.
Heurter la même pierre, avoir mal comme toi,
C'est le don de soi.

Partager mon repas avec toi, l'affamé,
C'est de la charité, de la délicatesse.
Te donner mon repas, avoir faim comme toi,
C'est le don de soi.

Sécher tes pleurs et te réconforter,
C'est de la compassion, de la délicatesse.
Comprendre ta douleur et pleurer comme toi,
C'est le don de soi.

Se battre pour t'extraire des démons acharnés,
C'est beau et courageux, véritable prouesse.
Descendre dans l'horreur, avoir peur comme toi,
C'est le don de soi.

NB : Inutile de vous dire que je suis encore bien loin du don de soi, mais je continue à m'y atteler.

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Messagepar Eloha » Mar Fév 24, 2015 9:35 am

:)


Bonjour à tous

J'aimes beaucoup les sens de ta contribution Bastet :)


.........

Poussière d'Etoile

Aux sens des courants ; J'ai traversée des galaxies
Aux mouvements de la vie ; J'ai grandit en des corps
Au vivant conscient ; l'étincelle s'illumine

Aux sens des collectifs ; Nous ne formons qu'Un
Aux mouvements progressif ; Nous s'étend en Soi
Au vivant conscient ; l'origine s'exprime

Aux sens des courants ; des tout venant s'invitent .
Aux mouvements de la vie ; s'érige la Lumière
Au vivant conscient ; l'Être irradie

Aux sens des clartés ; Nous progressons en l'Est
Aux mouvements d'épurations ; Nous grandissons en l'Est
Au vivant conscient ; Nous est IMPORTANT en l'Est

Universelle en l'Être , mon essentiel est une poussière d'Etoile.


..........

Eloha Matéra

D'Un battement de son cœur, un nouveau Berceau ce crée.
Aux vagues générées en tout autour et au-delà, Un tout s' allie.

Harmonisé au Son d'un Cœur, Matéra prend souffle en ses formes.
Equilibré aux sens des bons, ses mouvements sont progressions.

Issue d'une impulsion, a sa résonance s'émet ses concordances.
Aux ondes propagées en tout autour a l'infini, Eloha s'entend.

Crée par des liens de cause-effet, Matéra est née
Œuvres perpétuées en l'éternel , Eloha demeure.

......


Homo Universalis
Relié de l'Essence a la source

"Trame, ordre et mouvement"



En mon Être coexiste l'Univers. En une Lumière infini où tout Vivant s'exprime.
Un tout qui est Esprit; Un Esprit en lequel nous sommes tous Réunis.

En mon âme Universelle un Savoir existe. Une existence où le multiple demeure.
Un multiple qui est Présence en l'habité. Une Présence aimante en mes élans naturel.

En mon âme Terre Est ma Mère en Conscience. Une Conscience me liant à Elle.
Un lien en lequel Elle m'initie en ses formes vivante . Des formes multiples aux sens .

Des sens où les affinés s'étirent aux transparences . Des affinés où son Esprit fait Relais.
Explorant ça Voie d'Esprit, ma conscience s'expand en tout ce qui la manifeste.

Des manifestations matérialisant mes expansions en ça Conscience. Une Conscience de Vie.
Une vie qui est mouvement en multiples supports matériel.

Un mouvement qui ce fait l'écho de l'instanté. Un instanté où s'y révèle l'omniscience.
Des supports où le matériel et l'immatériel se côtoient, se combinent et fusionnent.

........

Equilibre .. Acrylique . Décembre 1999
Image

.....

Merci :)
...

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Nouvelle/ La mer, autrefois (sur le thème des sirènes)

Messagepar belladone » Mar Fév 24, 2015 22:10 pm

La mer, autrefois

Autrefois, en ville, on disait que voir la mer était un privilège.

Il fallait d'abord justifier de partir. On cherchait un médecin qui croyait aux
vertus de l'eau. On affirmait être légèrement bronchiteuse ou souffrir de
rhumatismes. On prétendait avoir grandement besoin d'une cure. Si cela ne
fonctionnait pas, on se tournait vers un adepte de Freud et l'on s'inventait des rêves curieux, où l'on embrassait son père et tuait sa mère, en amazone sur un lion. On n'hésitait pas à parler dans un état hystérique quelconque. Cela faisait alors en général l'affaire, les thérapeutes étaient aux anges, satisfaits de découvrir une preuve supplémentaire de l'exactitude de leurs théories. Leurs regards brillaient et c'était entendu : on partirait.

Alors, il n'était plus question que de cela. On en parlait pendant des semaines entières. Dans les dîners, au théâtre ou lors des « tea time », en promenade au parc ou chez la couturière. La ville bruissait de ce qui restait un petit scandale. Madame X partirait bientôt à la mer. Celle qui partait faisait l'objet de toutes les convoitises, de toutes les jalousies. En fonction de la réussite des mariages, certaines pariaient qu'elle serait seule et l'enviait, d'autres prétendaient qu'elle allait rejoindre un amant et l'enviait tout autant. Aucune n'imaginait qu'elle partirait avec son propre époux. Toutes vivaient par procuration cette échappée belle.

Venait le jour où l'on prenait le train. On descendait sur les quais de gare qui étaient aussi les quais des bateaux voguant vers l'Amérique ou l'Afrique. On
aurait voulu trotter vers la jetée mais il y avait cette légère odeur, celle que l'on préférait oublier mais qui était pourtant intrinsèquement celle de l'endroit.

On prétendait qu'il s'agissait du bon air iodé et l'on faisait mine de respirer à
pleins poumons. A vrai dire, cela empestait le poisson et puait. Mais l'on aurait préféré être brûlée vivre que de l'admettre et celle qui osait poser un mouchoir sur son nez était étiquetée « minaudant » et regretterait à son retour en ville cet acte snob. Savourer une liberté chèrement acquise, cela valait bien quelques sacrifices.

A sa suite, on avait des malles entières et au minimum une chambrière. C'est
qu'il fallait prévoir de quoi parader sur la jetée. Robes longues et capelines étaient un minimum pour paraître époustouflante et achever d'écrire l'histoire
romantique commencée en ville. Les plus coquettes, ou celles qui avaient le
plus grandement besoin de se sentir jalousées, avaient de ces délicieuses
ombrelles en dentelle qu'elles tenaient négligemment. Bien entendu, comme il
faudrait un jour ou l'autre revenir à sa vie ordinaire, et que paraître brunie
serait considéré comme une faute de goût, toutes portaient gants et manches longues. Finalement, il fallait toujours tellement s'apprêter qu'il ne restait que peu de temps pour se baigner. Tout au plus osait-on l'expérience une fois, et encore, tellement harnachée dans des couches de vêtements et entourée d'une cabine de bains, que cela ressemblait à beaucoup de choses sauf à une immersion dans l'eau. Heureusement que ces rhumatismes, bronchites et autres maladies des nerfs n'avaient jamais existé que dans le cabinet d'un médecin complaisant.

Elsa avait assisté de nombreuses fois au cérémonial qui précédait ces séjours :sa mère partait souvent et avait tout aussi fréquemment des crises d'hystérie. Pas besoin de feindre dans son cas, elle était réellement folle. N'avait-elle pas brisé un vase de Chine en hurlant que tout était la faute des autres ? L'été où Elsa avait eu cinq ans, l'état de sa mère avait justifié un départ précipité et tout ce que la ville comptait de bourgeois et de demi-mondaines avait dit qu'il y avait anguille sous roche. La rumeur avait raison : certaines partent retrouver un amant. Ce que la rumeur ne disait pas, c'est que si les vagues connaissent le flux et le reflux, les mères, elles, parfois, ne reviennent pas.

Elsa avait attendu un peu, comme il lui semblait qu'elle devait le faire. Elle avait patienté jusqu'aux fêtes de fin d'année. Quand sous le sapin de Noël, elle trouva de jolis cadeaux mais pas sa mère, elle comprit qu'il n'y aurait pas de retour. Cela lui fit mal l'espace d'un instant, comme lorsque l'on se pique avec une aiguille mais que, très vite, le bonheur de continuer à coudre pour finir une robe de bal prend le dessus. Elsa avait déjà appris à apprécier la paix qui régnait désormais chez elle, sans bris de vaisselle, portes qui claquent et cris théâtraux. Elle se contenta de l'affection du personnel, en particulier celle de la cuisinière qui n'était pas bavarde – c'était peu de le dire –, ce qui convenait bien à Elsa, qui n'avait pas envie de parler, trop occupée à savourer le silence et sa sérénité.

Le temps passa. Elsa grandissait. Au premier coup d’œil, elle paraissait sage, comme toutes les filles de bonne famille. En fait, elle était taciturne, et cela
inquiétait beaucoup son père qui s’imaginait toutes sortes de choses. Il le lui
reprochait et disait : « Tu m'en fais voir de toutes les couleurs ». Elle répondait du tac au tac « Au moins, l'un de nous y voit quelque chose ». Et cela inquiétait encore plus son père. Il fut donc décidé qu'Elsa irait voir la mer. Elsa détestait l'idée : la trouvait-on donc folle comme sa mère avant elle ? Toute la ville en parlait.

- « Faut-il qu'il soit dérangé, ce pauvre monsieur de Taverne ! Sa fille n'y voit goutte, à quoi bon l'emmener à la mer, ce n'est quand même pas pour les odeurs de poisson ! », qu'elle disait, Madame Livernoix, racontait la femme de chambre à la cuisinière.

- C'est honteux de parler ainsi, avait répondu Ann.

- Mais voyons, elles ont raison. Nous savons tous que je n'y vois rien. A quoi bon préparer des malles pendant deux semaines ? A quoi bon ces heures de train ? A quoi bon, dites-le moi ! On dit que la mer fait du bien aux jambes, aux bronches. On n'a jamais dit qu'elle rendait la vue. Que fais-je aller faire au bout du monde ? Mon cher Papa perd la tête comme ma mère avant lui. Je ne suis qu'un poids qui rend fou.

La cuisinière lui avait fichu une gifle colossale. « Je perdrais peut-être ma place, mais tu ne parleras pas ainsi. La mer... Faut-il que tu sois sotte pour y croire si peu ».

Et Ann était partie, laissant Elsa complètement sonnée au milieu de la grande pièce qui empestait le poulet aux champignons, un plat qu'elle avait toujours détesté et qui n'allait pas remonter dans son estime après cet épisode.

Le soir, Ann avait raconté elle-même l'épisode à Monsieur de Taverne. Elle était une femme d'action et avait toujours préféré prendre les devants. « Ah, Ann ! Que ferions-nous sans vous » avait-il murmuré en bourrant sa pipe. Un long silence s'installa mais tous deux n'y voyaient pas d'inconvénient, Monsieur de Taverne parce qu'il ne parlait jamais pour rien dire, Ann parce que, où qu'elle soit, il n'y avait pas de silence, mais le doux écho des vagues, comme dans ces coquillages que l'on porte à ses oreilles. Il finit par dire : « Elsa pense que cela ne sert à rien, mais elle ne sait même pas de quoi elle a besoin. Moi, je vous crois. Enfant, l'espace d'un instant, j'ai connu cette sensation dont vous m'avez parlé. Et comme Elsa ressent les choses beaucoup plus profondément que nous, elle le vivra aussi. Il le faut. Espérons ».

On était parti le lendemain de l'incident. L'ambiance ne ressemblait en rien à
celle que l’on avait connue du temps de la mère d'Elsa. Pas de grands bagages, pas de malles à n'en plus finir dans le vestibule. Sur le quai de la gare, Elsa avait plaisanté auprès de son père « Nous partons sans rien parce que tu vas m'y abandonner ? ». Son père l'avait foudroyée et lui avait asséné : « Crois-tu que seule Ann sache gifler » ? Elsa n'avait plus bronché, trop occupée à se demander comment son père pouvait être au courant. Elle avait fini par somnoler et c'est lui qui l'avait secouée pour descendre du train.

« C'est curieux, tout le monde dit que cela empeste le poisson, mais pas du tout », avait relevé Elsa. Ann avait éclaté de rire : « Ma Belle, tu es à Paris ». A cet instant précis, le monde d'Elsa s'était écroulé. Son père se moquait d'elle. Pourquoi n'était-on pas à Ostende ? Pourquoi lui avoir fait miroiter qu'elle était comme les autres, qu'elle aussi pouvait aller voir la mer si finalement tout ceci n'était qu'une mascarade ? Que faisait-on ici ? On n'allait tout de même pas la laisser dans une de ces institutions pour aveugles ? Elle pleurait comme une toute petite fille, avec de gros sanglots qui font rougir les joues et couler le nez.

- Comment peux-tu avoir si peu confiance en nous, l'avait houspillée Ann.
Il ne s'agit que d'une escale, nous continuons le voyage, voyons !

- Mais pourquoi n'allons-nous pas à Ostende ?

- A Ostende, ils sont fous, ils vont nager tout habillé. Ils marchent en chaussures sur le sable et même jusque dans l'eau. Ô, pardonne-leur ! On dirait que c'est la Ville même sur la plage. Encore quelques années et tu verras, ils mettront des pavés partout.

- Mais je veux voir la mer !

- La mer, elle n'est plus à Ostende. Par contre, elle t'attend dans mon pays,
en Bretagne.

- Tu n'es pas Bretonne.

- Ah non ?

- Non... enfin, tu ne me l'as jamais dit.

- Je ne te dis pas tout, Mademoiselle de Taverne. Il y a des choses que l'on
ne dit pas.

- Je n'y comprends rien. Tu es Bretonne mais c'est un secret ?

Ann ne répondit pas directement. C'était comme une ratatouille. Les légumes
sont tellement intimement mélangés que l'on ne sait plus les distinguer. Pour
elle, c'était les souvenirs et les émotions qui vont avec qui s'étaient tout
emmêlés et elle avait du mal à tout détricoter. Elle écouta le bruit dans ses
oreilles. Elle le laissa prendre toute la place, lui apporter la paix nécessaire et alors, elle raconta.

- Je suis née au bord de l'eau. Mon père était marin. Mes frères étaient
marins. Ma mère vendait le poisson au port. Toute ma famille vivait de
l'eau. Moi, j'étais une petite fille qui ramassait des coquillages et puis j'ai
appris à nager en barbotant dans les vaguelettes, puis un peu plus loin,
et puis finalement, je plongeais et j'allais ramasser les coquillages qui
dormaient dans les eaux profondes. Je connaissais la mer comme
d'autres connaissent les chemins de campagne. Je savais les trous, les courants, les rochers. Je m'étais habituée à croiser les créatures les plus
diverses, des monstres marins de ce monde à ceux des légendes. L'eau
était mon élément. Tout était bien.

Un jour, je suis tombée amoureuse. Il s'appelait Jean. Il venait de la ville
et n'avait jamais vu la mer. Je l'ai emmené nager. Il ne savait pas s'y prendre, on aurait dit un chiot qu'on avait jeté à l'eau. On a beaucoup ri.
On est revenu des dizaines de fois. Je lui ai appris à faire la planche, à
flotter, et de fil en aiguilles, il a su. A la fin, c'était vraiment un bon
nageur. Un jour, on a fait l'amour dans l'eau. Je ne sais pas si tu
comprends... C'était pour moi quelque chose de sacré, me donner à lui,
sans être mariée, dans l'eau, ma chère eau... Cela valait toutes les
promesses, toutes les bagues. Jean n'a pas compris à quel point s'était
important. Il a raté un de nos rendez-vous, puis un autre, puis encore un
autre. J'ai fini par ne plus l'attendre mais par le suivre.

Je l'ai vu sur la plage, en rejoindre une autre. C'était une fille de la ville. J’imagine que c’est ce qu’il avait toujours désiré, une fille comme lui. Il
l'a déshabillée, enfin, elle a tout de même gardé sa chemise, et l'a
entraînée nager. Je pense qu'il voulait refaire la même chose qu'avec moi,
enfin, peut-être pas, c’est toujours tellement compliqué pour les gens du
beau monde. En tous cas, c'est ce que j'ai pensé. J'étais furieuse. J'ai
hurlé, le vent hurlait tout autant que moi et il ne s'est rendu compte de
rien. Au plus il s'enfonçait dans les vagues avec elle, au plus ma rage
montait. J'ai dit : « Tu ne peux laisser cet homme s'enfoncer en toi avec
elle. Tu ne peux le laisser me trahir. Agis ! ». Le ciel est devenu gris et
lourd, l’eau a pris la même couleur. Eux ne la regardaient pas, alors ils
n'ont pas pris garde. La mer s'est déchaînée d'un coup. Jean a essayé de
revenir vers le rivage en nageant, mais elle ne pouvait pas le suivre, elle
ne nageait pas bien et sa chemise lui pesait. Il a essayé de la tenir d'un
bras et de nager de l'autre. C'était impossible dans cette tempête. Je n'ai
rien fait, je regardais, pleine de colère. Il y a eu un éclair et c'était fini, je
ne les ai plus vus. Je suis partie et le lendemain, la mer les a rendus à la
terre.

Dès que ma mère a eu vent de l'histoire, elle est venue me trouver. « Tu les as tués, n'est-ce pas » ? Je n'ai pas nié. Je ne savais pas expliquer ce qui s'était passé mais j'étais certaine que c'était moi qui ait fait se déchaîner la mer. Ma mère m'a regardée avec une tendresse incroyable dans les yeux. Elle a dit que c'était à la fois un don et une malédiction. Que je pourrais toujours protéger mes frères et mon père lorsqu'ils seraient sur l'eau, car je pourrais demander à la mer d'être lisse comme de la glace. Mais que sur le coup de la colère, je pourrais faire monter le vent, ou qu'avec la tristesse, je ferais pleuvoir jusqu'à noyer les bateaux.

Elle me parlait en breton, c'est une belle langue, Elsa, tu sais. Pour moi, c'est une langue qui parle aux mondes, à tous les éléments. Ma mère souriait qu'avec mes cheveux roux et mes yeux verts, elle l'avait toujours su. « C'est ainsi, me disait-elle. Tu n'aurais pas pu y échapper. Et en plus, tu as choisi de t'y donner pour la première fois, tu as renforcé le lien ». Ca, j’'ai essayé de le nier, perdre sa virginité, c'était quelque chose, alors, avec un noyé... Je ne voulais pas que ma mère y croit. Elle m'a regardé tendrement : «Enfin, Ann, tu ne comprends pas ? Je suis comme toi, moi aussi, la mer me parle et je lui parle. A chaque fois que tu es entrée dans l'eau, elle m'a prévenue et je lui ai demandé de prendre soin de toi. Quand tu y es allée avec Jean cette fois-là, je l'ai su aussi. La mer et moi, nous savions qu'il ne te méritait pas. Mais j'ai choisi de te laisser essayer de lui faire confiance. C'est important, d'essayer. Je savais que toi, tu serais digne quoi qu'il arrive, et je savais aussi que le moment venu, tu lui ferais payer son inconsistance. La mer et moi, nous avons souri, c'était un pacte. La mer ne trahit jamais les
filles de la famille ».

Voilà, Elsa. Tu connais mon secret. La mer, autrefois, elle a tué pour moi. Je ne sais pas trop comment on peut appeler ça, peut-être que je suis ce qui est le plus proche d'une sirène. J'ai essayé de rester. J'adorais toujours aller nager mais dès que je plongeais, il me semblait que je voyais Jean, perdu aux fonds des eaux. J'avais peur qu'il m'attrape. Je sortais à toute vitesse, triste, apeurée, et autour de moi, c'était le déluge. Je prenais peur pour mon père, mes frères. Je me maudissais car je mettais tous les hommes du village en danger. Et au plus je m'inquiétais, au plus je déchaînais les éléments.

Alors, j'ai arrêté d'aller nager. J'ai fini par partir. Rester là, sans plus vivre dans l'eau, cela n'avait plus aucun sens. Je suis venue à Bruxelles, au hasard et je me suis mise au service de ton père, l'année de ta naissance.
J'ai juré de tout oublier. La Bretagne, la mer, Jean, même le poisson. Tu
n'as jamais remarqué ? Je n'en fait jamais.

- Pourquoi y allons-nous alors ? Tu vas me noyer ?

- L’abandon, c'est décidément une idée fixe chez toi !

Ann se renfrogna et n'adressa plus la parole à Elsa de tout le reste du trajet.

Finalement, la Bretagne fut là. Elsa était impatiente d'aller au bord de l'eau mais il fallut patienter jusqu'au matin. Dès les premières lueurs, elle appela et
demanda à ce qu'on lui enfile une tenue de bain. Elle sentit que le vêtement
qu'on lui enfilait n'était en rien un de ces costumes de bains dont parlaient les femmes de la ville.

- Qu'est-ce donc ? demanda-t-elle.

- Ce qu'il faut pour sentir la mer, répondit Ann.

- Je ne vais pas sortir dans cette tenue, tout de même ?

- Non peut-être !

- Je n'ai même pas de chaussures !

- Il n'en faut pas pour marcher sur le sable.

On sortit. Elsa découvrit que le sable est doux sous les pieds. Elle huma l'air. Cela ne sentait pas le poisson mais le sel, un sel piquant, odorant. Il y avait des odeurs d'herbe dedans et même de fleurs. Ann la tenait par les épaules et semblait la guider. Elle murmurait des phrases incompréhensibles pour Elsa.

Tout était parfait : il faisait soleil, Elsa le sentait sur sa peau nue, mais pas trop chaud – elle ne brunirait pas, tant mieux, tant pis. Il y avait du vent, mais comme un souffle. C'était peut-être la respiration de la mer. L'eau vint lécher les orteils d'Elsa et tout de suite après, elle revient mouiller ses chevilles.

Comme Ann continuait à la pousser en avant, Elsa eut bientôt de l'eau jusqu'aux mollets et puis la taille. Curieusement, elle n'avait pas peur.

« Laisse-toi basculer dans l'eau », souffla Ann à l'oreille d'Elsa, qui obéit. La cuisinière avait fait passer ses mains sous elle et la berçait lentement. « Tu
flottes, Elsa ». Ann voulut lui apprendre à rester immobile mais Elsa
s'empressa : « Fais-mois plonger, je veux aller dans son ventre » ! Après
quelques dizaines de minutes, Elsa fut suffisamment à l'aise pour barboter
seule. Ann veillait au grain et chuchotait régulièrement à la mer. Parfois, une
vague était un peu plus forte, comme si la mer hochait du menton. Elsa finit
par crier : « Elle me berce ! Oh, Ann, elle me berce ! ». On n’aurait su dire si
elle criait de bonheur ou si sa voix était mêlée de larmes. C’était peut-être les deux à la fois.

Alors, Ann se retourna vers le rivage et vit que Monsieur de Taverne avait
entendu. Il souriait. Elle se rapprocha doucement de lui, laissant Elsa profiter
de cette merveilleuse sensation. Contre toute convenance, il prit Ann dans ses bras : « Vous aviez raison. Elle ressent enfin la paix. Merci, Ann, merci ! ». Lui, il pleurait, des larmes de joie mais aussi les larmes refoulées, celles qu'il avait toujours eues au coin des yeux face à cette petite fille abandonnée par une mère qui ne l'avait jamais acceptée.

Ann était heureuse. Elle et la mer avait fait quelque chose de bien. La malédiction était rompue. Elle pourrait mourir tranquille, en sachant que la mer et elle, elles réparaient aussi les gens.

- Monsieur de Taverne, je vais rester. La mer m'a trop manquée.

- Je veux rester aussi.

Elle le regarda sans comprendre. Alors il précisa : « Vous avez consolé Elsa.
Vous m'avez consolé moi. Certains hommes méritent ce qu'on leur donne, Ann. Je veux rester ».

Pendant qu'Elsa plongea à nouveau, Monsieur de Taverne prit Ann par la main.

La mer bruissait d’impatience. Elle n'attendait qu'une chose : sceller leur union et effacer la souillure.

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Huli
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Messagepar Huli » Mer Fév 25, 2015 7:58 am

J'adore.
lei zou sha gui jiang jing

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Eloha
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Messagepar Eloha » Mer Fév 25, 2015 9:12 am

Bonjour à tous :)



---VOUS… Il… JE


Vous réclamez le respect,
Alors qu’Il ne sait pas en donner
Je veux dominer.



Vous jugez mériter,
Alors qu’Il ne crée rien de continu
Je se surestime.



Vous vous octroyez des droits de supériorité
Alors qu’Il oubli ses devoirs d’humanité
Je s’aveugle seul.



Vous tuez pour des Dieux d’Amour
Alors qu’il ne sait pas AIMER
Je pour ses choix s’enlise


Vous vous décrétez élus
Alors qu’Il ne se connaît pas
Je ne sait pas resituer



Vous croyez sans savoir
Alors qu’Il connaît ses ignorances
Je s’enferme dans des exposer



Vous encouragez l’artificiel
Alors qu’il oubli être de terre
Je s’éloigne de son centre



Vous vénérez paraître
Alors qu’Il trompe son Être
Je se dépossède de ses valeurs


Vous vivez la dualité par croyances
Alors qu’Il pourrait trouver l’unicité


---Je est trinité dans le NOUS---



........

Réman'essence


Au dedans des corps, l'essence vibre
Irradiante pour qui, est en confiance
Elle initie des présents, avec des passés vivant

Aux delà des visibles, les invisibles vivent
Entretenues par croyances, ils s'attachent
Comme des empreintes en continues, de ce qui fut.

Aux affinités des masses, les réman'essence s'étendent
Vivantes pour qui en a conscience
Elles s'expriment dans des chants d'infini

Dans des aux- dessus , se poursuit « des » ce qui a été
Essence exprimée dans des passés, vivante en réman'essence
Elles sont aussi sources d'inspirations, pour des recréations.


.........


Je suis …

- Mon ESPRIT est issue d’un feu primordial, mon étincelle est généreuse

Un tourbillon m’a détaché de mon ensemble, j’aspire a le retrouver.

- Mon AME est issue d’une mer sereine, je SUIS TOUS

Je suis …

-Une montagne, je suis les formes de mon ensemble.

-Un arbre , je suis les extensions de mon bas vers mon haut

-Une abeille, je disperse les essences et contribue aux progressions

-Un Dauphins, je vit et reconnais les sons dans les courants d’ondes

- Un loup, j’enseigne et ensemence les valeurs de mes natures à la meute


Je suis ma mère, je grandit avec et en ELLE..

Dans les continuité , je tend vers mon père et m’élèves à ses aspirations de perpétuités.


Et VOUS qui êtes-vous ??…. ;)

.......

Free.. Acrylique 2013.

Image

......

Merci :)
...

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Proxydore des Rivières
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Messagepar Proxydore des Rivières » Mer Fév 25, 2015 9:40 am

Bella, je me suis régalé à lire ta nouvelle ! C'est puissant, bien pensé, vraiment excellent. Si tu en as d'autres n'hésite pas !
"Saint Socrate, priez pour nous !" - Erasme

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belladone
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Messagepar belladone » Mer Fév 25, 2015 13:44 pm

Merci pour vos compliments!

Autrefois, je tenais un blog :http://emmastuyts.skynetblogs.be/, il doit y avoir une vingtaine de textes, si l'envie vous en dit.

Je n'ai plus écrit pendant plusieurs années, La mer, autrefois est le premier texte que j'ai écrit depuis des lunes. Ca me fait plaisir d'avoir retrouvé ce moment à moi :-)

Bella

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Totem
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Messagepar Totem » Mer Fév 25, 2015 14:53 pm

J'ai adoré ta nouvelle Bella, tu décris si bien le bord de mer à une époque donnée, je vis au bord de la mer depuis toute petite, j'ai quitté la mer des Antilles pour celle de la Normandie et j'ai pu voir de beaux tableaux de l'époque que tu décris avec les cabines et les tenues vestimentaires des femmes qui ne se baignaient pas mais se promenaient avec leurs ombrelles.

Puisque tu parles de la mer je mets un poème récent d'une connaissance qui est en grande souffrance psychologique et se bat depuis longtemps pour aller mieux peut être qu'en mettant son poème ici que des bonnes ondes du forum iront vers lui pour l'aider :


Allons voir la mer.

Mon amour, allons voir la mer.
Il pleut, le vent s'est levé, c'est l'hiver.
Nous nous tiendrons sur les rochers, main dans la main.
Vacillants sous la pluie, battus par le vent et les embruns.

le bleu de tes yeux éclaire le gris du ciel et les eaux vertes.
Le soleil horizontal et blanc fait briller la tempête,
les cristaux de pyrite sur les rochers de granit,
les flocons des embruns se battent avec l'averse.

C'est la guerre entre l'eau et la pierre,
c'est la guerre entre le ciel et la mer,
tu connais l'impermanence,
je n'aime pas la violence.

Tu sais le vainqueur de ce combat féminin,
partout le sable envahira les rivages,
et la mer triomphante s'étendra aux confins
du monde que l'homme croyait le sien.

Mon amour, allons voir la mer,
ce que je dis n'a aucune importance,
écoute : nous sommes dans la tourmente,
pour le meilleur et pour le pire, sur la rive amère.

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Hécate
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Messagepar Hécate » Jeu Fév 26, 2015 10:39 am

...
Modifié en dernier par Hécate le Jeu Juil 23, 2015 17:38 pm, modifié 1 fois.

Louis
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Messagepar Louis » Jeu Fév 26, 2015 10:45 am

C'est vraiment vraiment magnifique Kass (Bastet est juste parfaite !!) :)

Les autres aussi d'ailleurs :)

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belladone
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Spéciale dédicace à un certain fil du forum Gaîa

Messagepar belladone » Jeu Fév 26, 2015 21:41 pm

En paix

Emilie se réveilla avec un sentiment de paix. Il allait bientôt être six heures, elle avait juste le temps de faire une rapide toilette avant de descendre. Dans la salle de bains, elle fit couler un fin filet d’eau qu’elle recueillit entre ses mains, pour n'utiliser que la juste quantité ; elle s’en aspergea le visage. Rafraîchie, elle revêtit une longue robe de coton et comme mai était pluvieux, elle choisit une cape et des bottes de caoutchouc assorties. Les deux accessoires étaient fondamentalement moches, mais leurs couleurs orange et fuschia permettaient qu’on leur pardonne leur état. Elle tressa rapidement ses longs cheveux noirs (elle avait renoncé aux reflets du henné il y a plusieurs mois) et se coiffa d’une capeline en feutre.

Ainsi accoutrée, elle descendit dans le parc qui s’étendait devant son immeuble. Elle courut vers un érable qu’elle aimait particulièrement. A une cinquantaine de centimètres de son tronc, elle ralentit d’instinct et reprit son souffle. Quand elle sentit son cœur battre au ralenti et le calme s’instaurer au plus profond d’elle-même, elle s’approcha de l’arbre et toucha l’écorce du bout des doigts. Elle sembla attendre quelque chose puis, comme si elle avait entendu une réponse silencieuse, elle posa sa main toute entière sur le tronc et après un nouveau temps d’attente, elle y posa le front.

« Bonjour, Odin » dit-elle. « Tes racines me rappellent pour toujours d’où je viens. Tes branches m’invitent à regarder où j'irai. Grâce à ton feuillage, je mesure l’importance de respirer correctement. Les oiseaux qui piaillent en toi soulignent la générosité que nous devons tous avoir. Merci à toi, Odin ». Elle resta ainsi, le front posé sur l’arbre, les bras l’enlaçant, pendant quelques secondes.

Puis, elle se détacha du tronc et éleva les bras autour de la tête, paumes jointes, comme pour se couronner. Alors, elle se redressa, déploya chacune de ses vertèbres, tendit chacun de ses muscles. Celui qui l’aurait observé aurait vu qu’elle grandissait effectivement d’un à deux centimètres. Elle releva une jambe et posa le pied droit sur le genou gauche. En équilibre, elle salua : « Bonjour à toi, Soleil. Merci pour la lumière, pour la chaleur, pour la vie ». En réponse, elle obtint un gros coup de vent qui fit se rejoindre les nuages et obscurcir le ciel : « L’Univers est décidément plein d’humour », sourit-elle. Elle souffla : on peut aimer la Nature mais ne pas aimer être trempée par la pluie. Néanmoins, avant de courir vers son immeuble, elle se retourna vers l’arbre et lui chuchota : « Tu vas me manquer, vieille branche ». Les feuilles d’Odin se soulevaient comme si elles respiraient, lentement, en rythme. Le vent s’engouffra dans les branches et les fit craquer. Alors, elle alla poser sa main sur l’écorce. « Beau chant de départ », dit Emilie. « Merci pour tout, Odin».

***

Une fois rentrée dans son appartement, elle se connecta sur www.videgreniers.fr et vérifia ses messages privés. Une mamy bordelaise était preneuse de sa collection de Vierges à l’Enfant. Elle lui avait écrit un courriel particulièrement touchant où elle évoquait à la fois le bonheur qu’elle aurait à accueillir toutes ces jolies pièces et la tristesse qu’elle imaginait être celle d’Emilie au moment de se séparer d’elles.

Elle se confiait : sa mère était morte en couches, les Vierges à l’Enfant l’avaient remplacée. « Quand je les regarde, j’ai l’impression que moi aussi, on m’a tenue un jour dans les bras et chérie d’un amour incommensurable ». A ces mots, Emilie aurait voulu prendre la vieille dame dans les bras et l’inviter à sentir que cet amour était là, au creux d’elle-même, qu’il était là parce que chacun d’entre nous est enfant du Divin. Mais c’était impossible, la mamy habitait à l'autre bout du pays. Alors, elle lui envoya l’adresse du Centre d’Amma. Cette Indienne embrasse, au sens premier, elle serre dans les bras, quiconque se présente à elle. Ils sont des centaines à avoir senti la force de son amour et à témoigner que cela change tout. Aujourd’hui, ses disciples font à leur tout la même chose. Cela marcherait aussi pour la vieille dame, si elle osait franchir le pas.

Un père de famille apparemment peu épanoui au travail se réjouissait de lui acheter le talisman « Réussite » mais lui demandait de bien vouloir le planquer dans la commode en pin qu’elle proposait à cent euros, prix à discuter. Il ne fallait apparemment pas que sa femme soit au courant pour le talisman. « Encore un qui ne comprend rien. Comment s’épanouir si l’on ne peut être soi-même devant celle que l’on aime ? A quoi bon réussir si l’on doit toujours porter un masque ? ». Emilie pestait : « Ca ne marchera pas, de toute façon. Il n’y croira pas assez ». Mais elle s'était promis de ne rien discuter. Elle envoya donc une réponse sèche mais polie et elle dit inconsciemment au-revoir à ce bijou celtique qu’un ferronnier avait spécialement coulé pour elle, lors d’un festival au solstice d’été.

La mère de jumeaux de dix mois qui lui avait acheté son Dreamcatcher amérindien véritable (ramené d’un voyage initiatique à Québec) la remerciait : depuis que celui-ci flottait devant la fenêtre de leur chambre, les enfants dormaient tous les deux et faisaient enfin leur nuit complète. « Les cinq euros demandés, ce n’est vraiment pas cher payé ! », plaisantait-elle. Emilie pensa au chamane qui l’avait aidée à le confectionner et sentit automatiquement l’odeur de l’herbe séchée qu’il fumait sans cesse. Il disait avoir cent huit ans, il devait en avoir soixante-dix tout au plus, l’âge parfait pour être un papy idéal. Elle invita la mère à aller le rencontrer, il montrerait aux enfants comment trouver leur animal totem, ça serait une chouette expérience pour eux.

Il y avait d’autres messages en attente et elle se réjouit : tout partait comme des petits pains. La preuve, comme lui avait seriné toute son enfance son grand-père brocanteur, qu’« il y a un pot pour chaque couvercle », une autre manière d’exprimer que la magie est partout et agit pour le mieux.

***
Elle prit la matinée pour répondre à chacun, puis organisa les envois. Evelyne, la postière la connaissait bien, puisque cela faisait plusieurs jours qu’elle se rendait quotidiennement au bureau de poste, jonglant avec les colis à peser, les enveloppes rembourrées, les timbres spécifiques pour envoi à l’étranger et les recommandés.

- Tout de même, c’est dommage de tout vendre ainsi, marmonna Evelyne.
- Pourquoi est-ce que vous dites cela? s’enquit Emilie.
- Eh bien, tous ces souvenirs… vous ne les aurez plus près de vous.
- Ce sont des objets, Evelyne. Pas des souvenirs. Les souvenirs, ils sont dans mon cœur, dans ma tête. Vous comprenez la différence ?

Evelyne fit oui de la tête bien qu’elle ne soit pas d’accord. Elle, elle ramenait toujours des breloques de sa semaine de congés payés et elle savait bien que c’était des souvenirs. Elle n’était pas la seule à le savoir d’ailleurs, puisque tout le monde parle de « souvenirs pour touristes ». Et si elle n’avait pas ramené tout ça, elle ne penserait plus aux sites visités comme... elle l’avait sur le bout de la langue… comme… Voilà ! Sans ses objets à portée de mains, elle ne savait plus ce qu’elle avait vu. C’était bien à cela que ça servait, tout ça.

Elle garda cependant ses commentaires pour elle car elle savait qu’il ne fallait pas contrarier Emilie. « C’est une fille très gentille mais bizarre, elle porte souvent une robe comme dans les photos de David Hamilton, mais comme il fait glacial, elle met une parka au-dessus, tu vois ? » avait-elle expliqué à son mari un soir. « Elle est zinzin, quoi » avait-il analysé. Et depuis, Evelyne faisait attention. Avec les fous, on doit toujours se méfier, c’est de l’eau qui dort.

Quand Emilie eut tout empaqueté – sauf la commode en pin, il faudrait que le mari honteux de croire aux talismans trouve une solution pour venir la chercher, ce serait sa punition et qui sait peut-être sa bénédiction -, elle se tourna vers Evelyne. « J’ai un cadeau pour vous », lui dit-elle. La postière la regardait interdite et un peu méfiante. « Je sais que pour vous, les objets sont importants ». Evelyne avait des frissons qui lui parcouraient l’échine : était-ce possible que cette fille lise dans les pensées ? Ou avait-elle parlé à voix haute sans s’en apercevoir ? Emilie la rassura : « Il suffit de regarder vos yeux s’émerveiller devant tout ce que je viens poster. J’ai donc choisi de vous offrir un objet très spécial ».

Emilie sortit de la poche de sa robe une statuette de Bouddha, en métal doré. « Regardez : sa paume est placée vers le haut. Cela signifie qu’il souhaite recevoir de la Vie. Vous devez le garder dans un endroit qui vous est cher : votre table de nuit, une cheminée, votre bureau… Un endroit où vous le regarderez souvent et où vous pourrez vous rappeler : « J’ai le droit de recevoir ce que je désire ». Alors, vous l’obtiendrez. C’est le principe de Création ».

Evelyne dit poliment merci, comme sa mère le lui avait appris. Elle n’avait rien compris à ce qu’Emilie lui avait dit. Enfin si, elle avait compris les mots mais croire qu’il allait suffire de regarder ce petit Bouddha pour obtenir la mutation tant attendue à Perpignan… Elle n’était quand même pas née de la dernière pluie ! Elle voyait bien qu’Emilie était sincère, qu’il n’y avait pas un gramme de méchanceté dans ce qu’elle venait de dire. Elle ne s’était pas moquée d’elle, elle pensait vraiment ce qu’elle disait. Evelyne était partagée entre l’envie de rire et une tristesse profonde envers Emilie. Pourrait-elle un jour comprendre, cette jeune femme, qu’elle se mentait à elle-même ? Que la Vie, comme elle disait, c’était se lever le matin, aller travailler, avoir un salaire qui permette de vivre ô pas comme des Grands Ducs mais enfin, suffisamment bien que pour ne pas avoir de dettes et pouvoir s’offrir le restaurant chaque premier dimanche du mois, les vacances au soleil pendant les dix jours de congés payés, et une journée de shopping sans compter à chaque fois qu’il y avait les soldes (deux fois par an) ?

La postière prit son courage à deux mains : elle allait expliquer tout cela à Emilie, ce serait sa bonne action du jour. Mais alors qu’elle relevait les yeux de sa statuette, elle s’aperçut qu’elle était seule. Sans un bruit, Emilie était partie. « Comme par magie » pensa Evelyne. Et elle eut à nouveau des frissons.

***
- Vous êtes venue ! Quel bonheur !
- Bonjour Docteur Marisse.
- Emilie, je suis vraiment heureuse que vous ayez changé d’avis depuis la dernière fois.
- Docteur, je n’ai pas changé d’avis.
- Mais Emilie ! Je vous l’ai dit, tout est possible… Vous êtes si jeune encore, vous devez y croire. Vous ne devez pas laisser tomber, pas maintenant !

Emilie regarda pleinement le Docteur Marisse. C’était une femme aux traits réguliers, un peu classiques. Elle devait avoir cinquante ans. Les photos autour d’elle témoignaient d’une vie riche – elle était mère de quatre enfants -, bourgeoise et paisible. Mais c’étaient surtout les anges accrochés partout dans son bureau qui disaient tout d’elle : le Docteur Marisse croyait en la vie après la mort et c’était bien la moindre des choses lorsque l’on est oncologue.

A l’université, on lui avait fait croire qu’elle les guérirait, ses patients, car on apprenait aux médecins que soigner, c’est guérir. Et puis, ils pratiquaient et découvraient avec horreur que soigner, parfois, souvent – selon les services - cela ne signifie rien ou à peine. Retarder l’échéance, se voiler la face, faire semblant. Le Docteur Marisse avait trouvé un pis-aller : elle était devenue une ardente défenderesse des soins palliatifs. Pour elle, soigner était devenu synonyme d’accompagner. Jusqu’au dernier souffle, elle avait tenu les mains, recoiffé les cheveux, écouté les mots murmurés entre deux râles. Elle avait rassuré, bercé, réchauffé. Parfois, elle avait ouvert grand les fenêtres ou cherché à orienter le lit face à la Mecque, parce que c’était cela qu’on lui demandait, laisser s’envoler l’âme ou mourir en bon musulman. Elle s’était exécutée car malgré toutes ces années d’apprentissage, elle n’avait rien d’autre à offrir.

Elle en avait beaucoup retiré. Inconsciemment, elle avait guetté, dans les lueurs des veilleuses, un ange, réminiscence de ses années d’internat au Couvent de Sainte-Famille. Un soir, elle en était certaine, elle en avait vu un. Depuis, elle n’était plus tout à fait la même. Partout où elle allait, elle déplaçait une auréole de lumière, une aura scintillante émanait d’elle. Tout le monde la trouvait merveilleuse.

Emilie l’avait pris en grippe à la minute même où elle l’avait rencontrée. Elle n’était pas été dupe : sa mère était morte d’un cancer du sein, alors les oncologues, elle connaissait leurs refrains. Les soins palliatifs, c’était encore pire. Faire croire qu’on va continuer à soigner, comme leur nom le laisser espérer, alors qu’il n’y a plus rien à faire. A dix ans, Emilie y avait cru. Sa maman était la plus belle du monde. Elle ne pouvait pas mourir, c’était évident, dans les contes, les jolies reines gagnent toujours à la fin. Et puis, sa mère était morte et Emilie était devenue grande. Les soins palliatifs, ce n’était qu’une façon de s’accrocher pour se rassurer, se conforter dans l’idée qu’elle, le Docteur Marisse, servait à quelque chose.

Le jour où le Docteur Marisse avait annoncé à Emilie que le cancer avait gagné du terrain, elle avait refusé de venir une énième fois en traitement. A quoi bon : les résultats étaient désastreux. Chimio, radio, placébo, tout cela n’avait servi à rien, à part peut-être à la transformer en guenon expérimentale. Et ça aussi, Emilie savait comment ça finit. On vous fait miroiter le traitement de demain, on vous injecte des produits instables, que les autorités n’ont pas encore approuvés. On vous traite comme une souris de labo, parce que votre vie ne faut plus que quelques cents.

- Docteur, je ne suis pas venue me faire soigner. Je vous l’ai déjà dit. Vos soins, ça ne sert à rien. Je veux juste une prise de sang.
- Pardon ?
- Faites-moi une prise de sang.
- Je ne comprends pas Emilie. Vous ne venez pas pour des soins mais je dois vous faire une analyse ? De quoi ? Pourquoi ?
- Faites comme si j’allais faire mon traitement. Demandez ces paramètres-là. Prenez-le comme le dernier souhait d’une patiente capricieuse. S’il vous plait.

Le Docteur Marisse regarda Emilie curieusement. Elle s’exécuta. Une prise de sang de plus ou de moins… Et puis, qui sait, peut-être qu’avec les nouveaux chiffres sous les yeux, elle pourrait la convaincre davantage ? En six mois, le bilan avait dû fameusement empirer. Le pronostic vital, qui était déjà engagé, devait maintenant être largement compromis. Elle aurait voulu tirer Emilie de mois en mois, parce qu’en six mois, la médecine aurait fait des progrès. Et Emilie avait tout fichu en l’air. Enfin, elle avait tenu le coup et la médecine n’avait pas fait tellement de progrès, mais si elle avait tenu six mois sans soins, en six mois, avec des soins, peut-être aurait-elle été retapée ? Emilie l’interrompit :

- Ne vous inquiétez pas tant, Docteur Marisse. La fin est proche, le dénouement arrive. En attendant, je vous attends à la bibliothèque.

Une heure plus tard, le Docteur Marisse entra en trombe dans la pièce où Emilie lisait négligemment une biographie de Sainte-Thérèse d’Avilla:
- Comment avez-vous fait ? C’est impossible !
- Ca en jette, hein ?
- Vous ne pouvez pas être en rémission totale, c’est tout à fait impossible.
- Pour quelqu’un qui prétend croire aux anges, je vous trouve bien définitive. Allons, Docteur Marisse, un peu de magie, de grâce.
- Emilie… Comprenez-moi bien. C’est merveilleux et je suis ravie pour vous. Mais c’est inexplicable, cela ne peut être que faux. Je passe ma vie à m’interroger sur ce qu’il faut faire pour soigner, pour guérir. Je surfe sur des sites scientifiques la nuit, je vais à des conférences au bout du monde. Tout ceci n’a pas de sens. On ne guérit pas du cancer sans rien faire.
- Mais j’ai fait quelque chose ! J’ai passé les six derniers mois à ne faire que ça ! Vous vous souvenez de notre dernière visite ? Vos yeux me condamnaient, même si vos mots n’arrivaient pas à me le dire. Dès que j’ai compris, j’ai pensé que je ne voulais pas mourir chauve. Je me souviens bien de maman, elle n’avait plus ses jolis cheveux, tout était tombé en mèches éparses autour d’elle. Elle me disait qu’ils repousseraient, mais on sait bien comment ça finit, n’est-ce pas ? C’est bête mais j'ai toujours eu l'impression que si j'étais chauve, j'aurais froid et, voyez-vous, je suis frileuse, alors je voulais bien mourir mais avec mes cheveux. C'est bizarre, hein ? Mais je crois vraiment que c'est cela qui m'a décidée. J'allais mourir, soit, mais je voulais mourir tranquille, pas en pensant : « J’ai froid ».

Alors, je suis partie. Et puis, j'ai commencé à chercher comment mourir tranquille. En paix. J’ai commencé à raconter mon histoire, à gauche, à droite, sur le net. C’est curieux, chacun pense savoir ce qu’est le bonheur et où il se cache. Et c’est différent pour tout le monde. Tous les gens que j’ai croisés m’ont donné quelque chose : un objet, une croyance, un rituel, un p’tit truc. J'ai trouvé du mystique, de l’ésotérique. De la folie aussi. Parfois, j'ai bien ri. Ma petite voisine de trois ans m'a proposé de faire une formule magique avec sa baguette de princesse, et son « Perlinpin lapin, Hocus pocus, chat russe » a fait probablement plus d’effet que votre placebo. Tout cela s’est tissé, je ne sais pas comment. Un matin, je me suis levée. J'étais prête pour mourir, et là, j'ai compris qu'en fait, j'allais vivre. Il n'y avait plus de cancer, il n'y avait plus que le bonheur. Vous comprenez, Docteur Marisse ? Le bonheur avait pris toute la place. Vraiment. Il n'y avait plus rien d'autre.

Tout était dit. Emilie sortit sans un bruit et si elle n'avait pas laissé un ange en plâtre doré sur la table, le Docteur Marisse se demanderait encore longtemps si elle n’avait pas rêvé toute cette histoire.

***
Dehors, il pleuvait. Odin en avait assez de la pluie, depuis longtemps. Il n’avait jamais aimé ça. La première fois qu'Emilie était venue, il avait saisi cette chance. Il l’avait prise sous son aile, et son cancer avec. Il l'avait nourri, entretenu, chéri. Et ça y était : demain, on l'abattrait. Son bonheur à lui était de s'imaginer finir en bonnes flambées. Lui non plus n’aimait pas avoir froid.

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Eloha
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Messagepar Eloha » Jeu Fév 26, 2015 22:10 pm

:)


Waouh !! superbe !.. <3 <3 beaucoup ton auto portrait intérieur ainsi que le suivant korvus-kasi :)

Merci beaucoup pour toutes les richesses et variétés de vos partages :)
...

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bastet
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Messagepar bastet » Jeu Fév 26, 2015 22:17 pm

Merci à toi Eloha de nous enrichir de ton partage.

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Messagepar Eloha » Ven Fév 27, 2015 10:57 am

:)

bastet a écrit :Merci à toi Eloha de nous enrichir de ton partage.



Merci à Vous de l'accueillir :)


.........................

Ma mère la Terre


Ma mère la Terre
De ta matière , je suis créée
J'ai été terre, puis suis devenue forêt.

En énergie évoluée, je me suis transmutée dans une araignée
Mes pensées rejoignant la voie lactée
En tissant ma toile, je dessinais les étoiles

En l'animal j'ai voulu être Loup en mon âme, pour continuer de transmettre tes savoirs
Des savoirs "Antique" dans les perceptions de l'inorganique
Des connaissances "Ancestral" qui nous ramènent tous en l'Astral

Devenue humaine en Toi , transmutation en mon Âme,
Pour d'autres Évolutions...

.....


Mon Père l'Univers....

Univers mon Père nous sommes relié..
Entité en l'Unité
En Toi j'existe aussi, à l'infini en l' Energie.

Tu es Matière et Souffle..
Tu Crées, anéantis et recrées la vie.
La fréquence est ton moteur, elle fait battre ton cœur.

Dans ta Conscience tout est évolutions par transmutations.
En ton ESPRIT , tout est continuités par transmigrations.

Avec toi, le hasard n'existe pas , tu as tout calculé.
Aux seins de tes éternités, Nous y sommes tous reliés.....

..........


Ame pure

Aux contraires épurés, elle s'est retrouvée
Aux courants réunis, elle s'est sut

Lessivée en profondeur, elle rayonne par son éclat.
Apparaissant vivifiante, elle est naturellement belle

Aux superficiels, elle parait tâche
Aux illusionnés, elle est éclipse

Animée aux meilleurs, elle progresse toujours
Eloignée des surfaces, elle s'étire en l'espace

Au vrai saisi de source, s'impose l'Un sensé
Habité en paix, tout en l'Est demeure.

Eclairée aux tréfonds, elle ravive son essence
Retrouvant l'Un en tout, elle étend son royaume

Aux mouvements poursuivant, en présence est Don.
Aux regards d'attention , elle fait grâce.

........

Nous ne sommes pas seul.. Acrylique 2000.

Image

......

Merci :)
...

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Hécate
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Messagepar Hécate » Ven Fév 27, 2015 22:01 pm

...
Modifié en dernier par Hécate le Jeu Juil 23, 2015 17:40 pm, modifié 1 fois.

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Eloha
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Messagepar Eloha » Sam Fév 28, 2015 17:13 pm

:)

( Ecrit fin 99)

Vous..

Vous Esprit Infini
Vous qui Êtes vie

Ma prière est Votre
Unité est l'un des mots "clé"
Nous retrouver une espérance
L'Amour en est les Forces

Prière pour tous les hommes
Qu'en Eux, ils retrouvent les volontés d'Aimer

Merci aux infinis..

.......


----------Petit Ara


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Posé sur une branche, mes sens ouverts, j'analyse les courants
Au dehors , au dedans voir tout autour.. J'écoute .. l'air est murmures

Enivré par toutes ces beautés, mes rêves sont paix, mes intérieurs sont sereins
En dedans, je retrouve ce qui est passé... J'exprime... mon chant est raisonnant.

Entouré de fleurs, mes sens aiguisés par des odeurs grisantes, j'inspire et pressent.
En dedans je ressent ce qui est imminent... J'agis.. Mes actes sont survie.

Baigné dans des parfums d'ambiance, lié à tous, la nature je suis
Au-dedans, au –dehors et tout autour...A ETE, EST et SERA...une énergie en perpétuel mouvement ....

-------------

Savane .. Acrylique 2012


Image

Merci :)
...

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Margotland
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Messagepar Margotland » Sam Fév 28, 2015 22:02 pm

Si je te donne, peut m'importe le retour.
Si je te donne, ce n'est pas moi c'est LUI
Si je te donne, en m'oubliant
C'est que nous sommes liés divinement.

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Hécate
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Messagepar Hécate » Sam Fév 28, 2015 23:08 pm

Ce poème te ressemble, c'est du pur Margot ça


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